La collecte nette des SCPI du 2ème trimestre 2026 accuse un très léger repli. Cette phase de stabilisation reste marquée par les mêmes fondamentaux : une concentration sur un nombre restreint de véhicules. Côté parts en attente, la situation s’est améliorée, mais exclusivement en raison de la remise à zéro des carnets d’ordre des SCPI passées en capital fixe. Datas.
La collecte nette des SCPI ressort à 1 072 M€ au 2T 2026, contre 1 155 M€ au 1T. Soit un repli de 7% (contre 5% pour la collecte brute, à 1 321 M€). Sur le semestre, le marché totalise 2,7 Md€ bruts et 2,2 milliards nets. Mais la comparaison annuelle devient légèrement défavorable (-4,6% face au 2T 2025). Le nombre de SCPI collectrices se réduit aussi : 71 véhicules affichent une collecte nette positive, contre 83 au 1T, et 14 sont en décollecte. La capitalisation du marché recule à 86,0 Md€ au 30 juin, contre 88,6 milliards au 31 mars.
Corum AM reprend la tête des sociétés de gestion, la concentration s’accentue
Comme au trimestre précédent, l’essentiel de la collecte reste capté par une poignée de sociétés de gestion. Corum AM redevient premier collecteur avec 180,1 M€ sur ses six SCPI (170,8 M€ au 1T), devant Iroko (152,9 M€, contre 163,1 M€), Alderan (139,0 M€, contre 144,2 M€) et Arkéa REIM (131,3 M€, contre 149,4 M€). À eux quatre, ils représentent 603 M€, soit 56% de la collecte nette trimestrielle. Suivent Atland Voisin (68,3 M€, en repli depuis 85,6 M€), Edmond de Rothschild REIM (48,8 M€, en forte hausse), Inter Gestion REIM et Sofidy (39,0 M€ chacun), Remake AM (26,0 M€, contre 40,8 M€) et Sogenial Immobilier (25,2 M€).
Moins de SCPI en situation de décollecte
Côté décollecte, les montants restent modestes en valeur absolue : Praemia REIM France affiche -4,1 M€ sur ses sept SCPI (contre -7,5 M€ au 1T, la suspension de la variabilité de Primovie ayant mécaniquement gelé les registres), Aestiam -3,4 M€, Axipit REP -2,4 M€ et Fiducial Gérance -1,6 M€. Au niveau des véhicules, les principales sorties nettes concernent Primovie (-3,7 M€), Aestiam Horizon (-3,4 M€), AEW Commerces Europe (-3,4 M€), Laffitte Pierre (-2,6 M€) et Upeka (-2,4 M€), cette dernière basculant en négatif après un premier trimestre positif.
Comète prend la tête, Transitions Europe et Iroko Zen décélèrent
Le podium des SCPI se rejoue également. Comète (Alderan) passe première avec 133,1 M€ de collecte nette, quasi étale sur le trimestre précédent (132,2 M€). Corum Origin suit à 131,3 M€, en hausse de 10% (119,4 M€ au 1T) — la plus grosse progression en valeur du haut de tableau. Transitions Europe (Arkéa REIM) recule à 125,8 M€ après 145,1 M€, et Iroko Zen à 106,0 M€ après 124,7 M€, soit -13% et -15% : les deux SCPI qui avaient porté la dynamique du premier trimestre marquent le pas. Derrière, Épargne Pierre Europe (Atland Voisin) collecte 67,2 M€ (-11%). Tandis que deux véhicules accélèrent nettement : EDR Europa (Edmond de Rothschild REIM) bondit à 48,8 M€ contre 30,7 M€ (+59%), et Iroko Atlas à 46,9 M€ contre 38,4 M€ (+22%). Suivent Cristal Life (37,1 M€), Sofidynamic (32,3 M€) et Corum Eurion (27,5 M€).
Des variations de collecte significatives d’un trimestre à l’autre pour quelques SCPI
Deux décrochages méritent d’être signalés : Wemo One chute de 46,3 à 18,6 M€ (-60%) et Remake Live de 35,9 à 22,3 M€ (-38%). Ce qui illustre le caractère très volatil de la collecte des jeunes SCPI diversifiées, dont les flux dépendent de quelques campagnes de distribution. À l’inverse, Atlantique Mur Régions (Otoktone 3i) passe de 5,0 à 12,1 M€, avec une collecte brute de 28,6 M€, et Allianz Diverscity de 12,1 à 19,5 M€. Cette concentration se lit aussi dans le classement par véhicule : les quatre premières SCPI totalisent 496 M€, soit 46% de la collecte nette du trimestre. Et les dix premières, 756 M€, soit 71%. Autrement dit, sur 231 SCPI recensées, dix véhicules font les sept dixièmes du marché primaire.
Le stock de parts en attente recule de 21%, un dégonflement concentré sur six SCPI
Le marché secondaire, avec 489 M€ de demandes de rachat compensées et de parts échangées au semestre (18% de la collecte brute) rappelle, en parallèle, que la sortie des associés mobilise une part croissante des capitaux collectés. La société de gestion qui n’a pas de véhicule « nouvelle génération » dans son offre reste, elle, à l’écart de la reprise. Le stock de parts en attente des SCPI recule de 21% au 2T 2026, à 1,93 milliard d’euros. Contre 2,45 milliards à fin mars. Une détente en apparence spectaculaire, qui masque en réalité une aggravation de la tension sur le reste du marché. Sur le trimestre, 42 SCPI voient leur stock de parts en attente diminuer, pour un total de -710 M€. Mais six d’entre elles concentrent 685 M€ de ce recul, soit 97%.
Six SCPI concentrent 97% de la baisse du stock
Il s’agit de Primovie (-236 M€), Patrimmo Commerce (-120 M€), Sélectinvest 1 (-112 M€), LF Grand Paris Patrimoine (-108 M€), Crédit Mutuel Pierre 1 (-84 M€) et Patrimmo Croissance Impact (-26 M€). Leur carnet cumulé passe de 688 M€ à 2,7 M€ : une remise à zéro, donc, pas une résorption. Car le mécanisme est identique dans les six cas : la suspension temporaire de la variabilité du capital annule les demandes de retrait inscrites aux registres et ouvre un marché secondaire par confrontation d’ordres. C’est exactement la lecture qu’en fait l’ASPIM : la baisse de 31% du stock depuis fin 2025, à 1,9 Md€ et 2,2% de la capitalisation, « résulte intégralement des suspensions temporaires de variabilité du capital et de la mise en place de marchés secondaires », écrit l’association dans son dernier communiqué de presse.
Hors suspensions, la file d’attente continue de s’allonger
Les onze SCPI concernées depuis janvier, environ 12% de la capitalisation du marché, ont vu leur carnet reculer de 1,2 Md€. Autrement dit, le vendeur n’a pas été servi : il est passé de la file d’attente au marché secondaire, où le prix d’exécution peut s’écarter fortement du dernier prix de souscription. Le mouvement inverse est tout aussi net : 63 SCPI voient leur stock progresser au 2T, pour +191 M€ cumulés. L’ASPIM chiffre à environ 330 M€ depuis janvier la hausse des parts en attente des SCPI restées à capital variable. La progression est concentrée sur les grandes SCPI de bureaux, celles qui n’ont pas (encore) recouru à un dispositif de place : Épargne Foncière franchit 351 M€ (+29 M€), premier stock du marché et 8,5% de sa capitalisation ; Rivoli Avenir Patrimoine atteint 187 M€ (+13 M€), Edissimmo 148 M€ (+14 M€),
Une photographie de la liquidité plus tendue qu’il n’y paraît
On trouve aussi Accimmo-Pierre 119 M€ (+10 M€), Efimmo 1 99 M€ (+6 M€), Accès Valeur Pierre 92 M€ (+5 M€), et Élysées Pierre 76 M€ (+9 M€). LF Europimmo (+5 M€, à 7,6% de sa capitalisation) et LF Opportunité Immo (+4 M€, ratio quasi doublé à 3,0%) complètent le tableau. Deux cas plus atypiques : Affinités Pierre, dont le carnet passe de 3,5 à 24,8 M€ (0,5% à 3,8% de la capitalisation), et GMA Essentialis, qui apparaît ex nihilo à 15,2 M€ — soit 33,8% de sa capitalisation, de très loin le ratio le plus élevé du marché, effet d’une taille réduite (45 M€). Au total, 113 SCPI affichent des parts en attente au 30 juin, contre 115 au 31 mars : le nombre de véhicules concernés ne baisse donc pas.
Toutes les collectes du 2T 2026
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L’Association française des Sociétés de Placement Immobilier (ASPIM) représente et défend les intérêts de ses adhérents, les gestionnaires de fonds d’investissement alternatif (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI et autres FIA « par objet »). Créée en 1975, l’ASPIM est une association à but non lucratif qui réunit tous les acteurs du métier de la gestion des fonds immobiliers non cotés. En France, au 31 décembre 2024, les FIA en immobilier représentaient une capitalisation totale de 294 milliards € et 4 millions d’épargnants.
A propos de l’IEIF(i)
Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion. L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement), les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, FIA) et le financement.
(i) Information extraite d’un document officiel de la société.



