La collecte nette globale des fonds immobiliers non cotés ressort à environ 1,6 milliard d’euros au premier semestre 2026. Elle est intégralement portée par les SCPI. OPCI et unités de compte immobilière restent en décollecte, mais celle-ci s’atténue nettement. Data.
Après une collecte confirmée stable au premier trimestre 2026, l’ASPIM et l’IEIF ont livré en août dernier leurs statistiques pour l’ensemble du premier semestre. Le constat reste le même : les SCPI collectent, à un rythme modéré mais régulier. Les OPCI et les sociétés civiles (SC) en unités de compte peinent toujours à convaincre. Même si leur décollecte se réduit trimestre après trimestre.
Une collecte nette globale proche de 1,6 milliard d’euros
Sur le semestre, SCPI, OPCI et SC affichent une collecte nette cumulée d’environ 1,6 milliard d’euros. Elle est portée dans sa totalité par les SCPI. Au deuxième trimestre isolément, la collecte nette globale ressort à environ 0,9 milliard d’euros, contre 0,7 milliard au premier trimestre. L’amélioration tient moins à un rebond des SCPI, dont la collecte a plutôt ralenti, qu’au repli de la décollecte des OPCI et des SC.
2022-2025 : une lente reconstruction du marché
Rappelons qu’après un pic de collecte nette proche de 15 milliards d’euros en 2022, la remontée des taux a provoqué un retournement brutal. Les OPCI sont passés en décollecte dès le quatrième trimestre 2022, suivis par les SC puis, plus tardivement, par les SCPI. L’année 2023 s’était soldée par une collecte nette globale de seulement 2,1 milliards d’euros. 2024 a marqué le point bas du cycle, avec à peine 594 millions d’euros sur l’exercice. L’année 2025 a ensuite renoué avec 2,7 milliards d’euros, portés par un bond de 30 % de la collecte des SCPI.
Neuvième trimestre consécutif de collecte positive
Le premier semestre 2026 prolonge cette normalisation : c’est le neuvième trimestre consécutif de collecte nette globale positive, une séquence entamée mi-2024. Le rythme reste toutefois très inférieur aux standards de 2019-2022. « Le premier semestre 2026 confirme le maintien de la collecte des SCPI à un niveau stable sur le long terme », commente Philippe Depoux, président de l’ASPIM. Il souligne un rythme annualisé proche de 5,6 milliards d’euros, un niveau comparable à celui de 2018, avant le cycle de forte croissance 2019-2022.
SCPI : une collecte stable, portée par les diversifiées
La collecte brute des SCPI atteint 2,7 milliards d’euros au premier semestre, en hausse de 2,6 % sur un an. Elle ralentit légèrement au deuxième trimestre (1,3 milliard, contre 1,4 milliard au premier), une normalisation après plusieurs trimestres de forte progression des SCPI diversifiées. La collecte nette suit une trajectoire comparable, à 2,2 milliards d’euros (+2,5 %). Les diversifiées captent 70,9 % de la collecte brute semestrielle, contre 64 % un an plus tôt, loin devant les SCPI de bureaux (21,5 %, en repli face à 24 %). Le marché secondaire reste actif, avec 489 millions d’euros de demandes de rachat compensées, soit 18 % de la collecte brute.
Liquidité : une amélioration en trompe-l’œil
La valeur des parts en attente recule de 31 % depuis fin 2025, à 1,9 milliard d’euros, soit 2,2 % de la capitalisation du marché. L’ASPIM nuance toutefois ce résultat : il découle intégralement des onze SCPI ayant suspendu temporairement leur variabilité de capital, dont les carnets d’ordres ont été réinitialisés via des marchés secondaires. Pour les SCPI restées à capital variable, la valeur des parts en attente a au contraire continué de progresser, d’environ 330 millions d’euros depuis janvier. Signe que la tension sur la liquidité ne se relâche pas partout.
Taux de distribution et valeur des parts
Le taux de distribution moyen s’établit à 2,30 % au premier semestre, quasi stable par rapport à 2025 (2,29 %). Cette stabilité masque des trajectoires opposées : 47 % des SCPI ont maintenu ou relevé leur acompte, 53 % l’ont réduit d’environ 14 % en moyenne, notamment celles exposées aux bureaux franciliens. Le prix des parts à capital variable reste lui aussi stable. Les SCPI à capital fixe, en revanche, affichent 14 baisses pour 4 hausses, avec un repli moyen de 33 % depuis janvier. Au 30 juin, la capitalisation totale du marché s’élève à 86 milliards d’euros, en baisse de 1 % sur un an.
OPCI grand public : une décollecte en net ralentissement
Les OPCI grand public restent en décollecte, mais celle-ci s’atténue fortement : -337 millions d’euros au premier semestre. C’est un recul de 53 % par rapport au second semestre 2025, et de 42 % sur un an. La décollecte se limite à -63 millions au deuxième trimestre, contre -274 millions au premier. L’ASPIM invite toutefois à la prudence : la quasi-totalité des véhicules restent en décollecte. La performance globale du segment ressort à 0,0 % sur le semestre. Son actif net s’établit à 10,5 milliards d’euros au 30 juin, en repli de 11 % sur un an.
Sociétés civiles en UC immobilières : décollecte persistante
Les SC proposées en unités de compte affichent une décollecte de 265 millions d’euros au premier semestre, en repli de 45 % par rapport au second semestre 2025. Elle reste toutefois plus du double de celle du premier semestre 2025 (-101 millions), signe d’une pression toujours plus forte qu’il y a un an. La performance globale ressort à -1,6 % sur le semestre, contre -0,5 % à l’issue du seul premier trimestre — une moyenne qui recouvre des résultats très hétérogènes selon les véhicules. Leur actif net atteint 20,3 milliards d’euros au 30 juin, en baisse de 5,5 % sur un an.
Un marché immobilier qui reste sous tension
L’ASPIM rappelle que l’environnement reste difficile pour les sociétés de gestion, en particulier sur le marché des bureaux. Le redressement des volumes d’investissement observé au deuxième trimestre en France reposerait encore largement sur quelques opérations exceptionnelles. Le marché locatif tertiaire, lui, cumule offre abondante et délais de relocation allongés. Dans un contexte de taux longs durablement élevés, ces deux défis pèsent sur les revenus locatifs et la valorisation des actifs.
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A propos de l’ASPIM(i)
L’ASPIM – Association française des Sociétés de Placement Immobilier- est l’association qui regroupe les professionnels de l’investissement immobilier collectif. Créée il y a 50 ans, elle réunit 146 adhérents dont 112 sociétés de gestion. Encadrées par l’Autorité des marchés financiers (AMF), les fonds qu’elles gèrent investissent près de 300 milliards d’euros confiés notamment par 4 millions d’épargnants, dans des actifs immobiliers répondant à des besoins essentiels aux territoires et aux Français. Logistique, commerces, bureaux, établissements de santé et d’enseignement, résidences gérées, logements : les fonds d’investissement immobilier contribuent de manière tangible et directe à l’économie réelle.
A propos de l’IEIF(i)
Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion. L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement), les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, FIA) et le financement.
(i) Information extraite d’un document officiel de la société.



