Les SCPI ont investi 1,46 Md€ au 2T 2026. Leur trimestre le plus actif depuis au moins le début de 2025. Les cessions, elles, restent contenues : 316 M€. L’international grimpe à 82,8 % des acquisitions, un point haut. L’Espagne détrône le Royaume-Uni. Et le bureau, longtemps boudé, capte à nouveau plus de la moitié des montants engagés. Datas.
Les SCPI ont investi 1 460 M€ au deuxième trimestre 2026. C’est 62 % de plus qu’au 1T 2026 (903 M€). Et 51 % de plus qu’au 2T 2025 (965 M€). Aucun trimestre de 2025 n’avait atteint ce niveau. Le meilleur d’entre eux, le 4T, culminait à 1 269 M€. Extrapolé, ce rythme projette une année proche de 4,7 Md€. Soit 21 % au-dessus des 3,89 Md€ de 2025.
Le 1er semestre 2026 efface celui de 2025
Sur six mois, les acquisitions atteignent 2,36 Md€. Le 1S 2025 n’avait produit que 1,48 Md€. La progression dépasse 59 %. A lui seul, le 2T 2026 égale presque tout le premier semestre de l’an dernier. Côté cessions, le contraste est saisissant. Les SCPI ont vendu 316 M€ ce trimestre, après 178 M€ au 1T. Le cumul semestriel ressort à 494 M€. Il atteignait 808 M€ un an plus tôt. Et 1,83 Md€ sur l’ensemble de 2025. Le robinet des ventes contraintes semble bien refermé. Rapportées aux acquisitions, les cessions ne pèsent plus que 22 % ce trimestre. Contre 47 % en 2025.
L’international à 82,8 %, Paris fait son retour
L’international capte 82,8 % des acquisitions du trimestre. Il était de 74,8 % au 1T 2026, et de 75,6 % sur 2025. En montants, 1 209 M€ ont été engagés hors de France. La poche domestique se réduit donc à 251 M€. Sa composition change aussi. Paris revient : 7,5 % du total, après une part quasi nulle au 1T. La région parisienne, elle, reste absente (0,2 %). Les autres régions reculent nettement, à 9,4 %, contre environ 25 % au trimestre précédent. Rappelons qu’en 2016, moins de 20 % des investissements des SCPI se faisaient hors de l’Hexagone.
Espagne 38,5 % : le Royaume-Uni perd son leadership
La hiérarchie européenne se recompose. L’Espagne capte 38,5 % des sommes investies hors de France. Elle n’en représentait que 18,6 % au 1T 2026. Le Royaume-Uni, leader du trimestre précédent avec 30,9 %, retombe à 16,4 %. Les Pays-Bas conservent leur troisième rang (14,3 %, après 13,2 %). L’Allemagne redevient visible, à 9,3 %. Deux mouvements s’inversent. L’Europe de l’Est, révélation du 1T (10,8 %), se replie à 5 %. Le Canada, apparu à 7,2 %, disparaît totalement. Le Portugal fait son entrée (2,7 %). L’Italie (4,2 %) et l’Irlande (3,3 %) restent loin de leurs niveaux de 2025 (13,7 % et 11,3 %).
Analyse sectorielle : le bureau capte 55,1 % des acquisitions
Le renversement sectoriel est le fait marquant du trimestre. Le bureau absorbe 55,1 % des acquisitions. Il n’en représentait que 31,8 % au 1T 2026, et 33,6 % sur 2025. Les locaux commerciaux, très en vue début 2026 (26,4 %), retombent à 16,4 %. Les locaux d’activité suivent le même chemin : 6,8 %, après 13 %. La logistique se tasse à 6,7 %. L’hôtellerie décroche : 4 %, contre 9,6 % au 1T. La santé et l’éducation se redressent légèrement. Crèches, Ehpad et centres médicaux cumulent 7,7 % des montants, après 6,1 % au 1T. Le résidentiel, lui, est totalement absent des acquisitions.
Cessions : le commerce rejoint le bureau
Côté ventes, la nouveauté vient des locaux commerciaux. Ils représentent 46,6 % des cessions du trimestre, contre une part quasi nulle au 1T. Le bureau reste premier, mais s’allège : 49,9 %, après 73,8 % trois mois plus tôt. Les deux classes d’actifs concentrent 96 % des ventes. Le résidentiel, poste notable au 1T (13,3 %), retombe à 2,3 %. Les Ehpad, massivement cédés en 2025 (15,7 %), sont cette fois épargnés. Géographiquement, les cessions se réinternationalisent : 26 % hors de France, après 1,3 % au 1T. L’Europe du Nord (58,4 % des ventes internationales) et l’Europe de l’Est (34,1 %) en portent l’essentiel. La France reste majoritaire, à 74 %.
Un marché français en trompe-l’œil, des SCPI ailleurs
Le contraste avec le marché hexagonal est instructif. L’immobilier d’entreprise français affiche 6,6 Md€ investis au 1S 2026, selon ImmoStat. Soit 9 % de plus qu’un an plus tôt. Mais l’embellie doit presque tout au rachat du portefeuille Proudreed par Blackstone, pour près de 2,3 Md€. Hors cette opération, Colliers chiffre le repli de l’activité à 29 %. Les SCPI, elles, n’ont pas eu besoin d’une transaction hors norme pour progresser. Leur moteur est ailleurs : 82,8 % de leurs achats se font hors de France.
Bureau, commerce, logistique : trois lectures croisées
Le bureau résiste des deux côtés. En France, Cushman & Wakefield le crédite de 1,13 Md€ au 2T 2026, après 1,06 Md€ un an plus tôt. Mais ce bureau français est ultra-francilien : l’Île-de-France en capte 85 %. Les SCPI, à l’inverse, achètent leur bureau à l’étranger. Le commerce, ensuite. Le marché français rebondit fortement, à 876 M€ au 2T, contre 424 M€ en 2025. Les SCPI en profitent pour vendre : 46,6 % de leurs cessions. La logistique, enfin, s’effondre en France (192 M€, soit -78 %). Chez les SCPI aussi, elle se tasse, à 6,7 % des acquisitions. Les communiqués du trimestre confirment l’axe européen. Euryale, par exemple, a investi près de 25 M€ en Espagne, en France et au Royaume-Uni fin juin.
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