Les SCPI ont investi un peu plus de 0,9 Md€ sur les trois premiers mois de l’année, et cédé moins de 0,2 Md€. L’international reste leur terrain de jeu quasi exclusif (plus des trois quarts des acquisitions). Le Royaume-Uni se distingue, tant en termes d’investissement que de désinvestissement. Les cessions, en net repli, redeviennent presque intégralement françaises. Datas.
Avec 903 M€ investis au 1T 2026, les SCPI conservent le rythme retrouvé en seconde partie de 2025. Ce trimestre projette une année pleine proche des 3,6 Md€ d’acquisitions. Soit un niveau à peine en deçà des 3,9 Md€ réalisés sur l’ensemble de 2025.
Investissements des SCPI : un début d’année dans le sillage de 2025
Surtout, ce premier trimestre s’affiche en progression par rapport au 1T 2025 (0,52 Md€). Il fait aussi mieux que la moyenne trimestrielle du 1er semestre 2025 (environ 0,75 Md€). Mais sans encore égaler la cadence du second semestre (près de 1,2 Md€ par trimestre). Côté désinvestissements, le ralentissement est net. Les SCPI n’ont cédé que 178 M€ au 1T 2026. Très loin du rythme de 2025 (1,83 Md€ sur l’année, soit environ 460 M€ par trimestre). Ce tarissement des ventes est-il le signe d’un desserrement de la contrainte de liquidité qui pesait sur les véhicules en situation de rachats forcés ? A confirmer. La destination géographique des investissements reste aussi dans la même tendance que l’an dernier.
L’international concentre toujours les trois quarts des acquisitions, et la région francilienne est aux abonnés absents
L’international capte 74,8 % des acquisitions au 1T 2026. Contre 75,6 % sur 2025. Rappelons que ce mouvement d’internationalisation s’est progressivement accentué à partir de 2016, année où moins de 20% des investissements des SCPI se faisaient alors hors de l’hexagone. Mais une rupture se dessine au sein de la poche domestique : Paris et la région parisienne s’effacent presque totalement, au profit exclusif des autres régions. La zone parisienne ne capte que 0,6% des investissements ce trimestre. Contre 6% sur l’ensemble de l’année 2025. Les autres régions, près de 25%. Contre seulement 18% l’an dernier. Le contraste avec les cessions est frappant. Et semble confirmer une autre tendance de fond : les SCPI vendent en France ce qu’elles achètent ailleurs…
International : le Royaume-Uni creuse l’écart, l’Est de l’Europe et le Canada émergent
Les désinvestissements sont en effet à 98,7 % hexagonaux au 1T 2026. Un ratio qui n’était que de 72,8 % en 2025. L’international ne représente donc plus que 1,3 % des ventes. Contre 27,2 % un an plus tôt. En termes géographiques, le Royaume-Uni consolide son leadership. Il attire 30,9% des sommes investies hors de France (675 M€), après 27,5 % en 2025. L’Espagne reste solidement deuxième (18,6 %, en hausse par rapport à 2025). Et les Pays-Bas conservent leur rang (13,2 %, vs 12% en 2025). Deux mouvements nouveaux émergent: la montée en puissance de l’Europe de l’Est (10,8 %, contre 1,7 % en 2025). Et l’apparition du Canada (7,2 %), quasi inexistant l’an dernier. Conséquences, sans doute, de la multiplication des lancements de véhicules ciblés hors zone euro. A l’inverse, l’Italie retombe lourdement (2,4% vs 13,7 %) et l’Irlande recule significativement elle aussi (3,1% vs 11,3 %).
Analyse sectorielle : le bureau tient, le commerce et l’activité montent, la santé recule
Sur le plan sectoriel, le bureau reste la première classe d’actifs acquise (31,8 %, stable par rapport aux 33,6 % de 2025). Mais il est de plus en plus talonné par les locaux commerciaux (26,4 %, en progression par rapport à 2025). Faits marquants du trimestre : la nette montée des locaux d’activité (13 % vs 5,3 %) et le maintien de la logistique (9,7 %). L’hôtellerie, grande gagnante de 2025, reste bien orientée (9,6 %). En revanche, l’immobilier de santé et d’éducation (crèches, résidences seniors, Ehpad, centres médicaux) voit son poids divisé par deux. D’environ 12,6 % en 2025 à 6,1 % au 1T 2026.
Le bureau concentre 73,8% des cessions au 1T 2026
Côté cessions, la logique de « nettoyage » se durcit : le bureau concentre ce trimestre 73,8 % des ventes. C’était 52,9 % en 2025. Mais deux inflexions à noter. Le résidentiel devient un poste de cession significatif (13,3% vs 1,7 %). Tandis que les Ehpad, très vendus en 2025 (notamment à l’étranger), refluent nettement (2,8% vs 15,7 %).
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