Les SCPI toujours aussi présentes à l’international

Selon les dernières données ASPIM/IEIF, les SCPI ont procédé à 2,3 Md€ d’acquisitions au 1er semestre 2018. Un montant quasi identique à celui du 1er semestre 2017 (2,4 Md€). La part des investissements à l’étranger est en léger recul (36% vs 40%), mais reste historiquement très élevée. Les actifs «alternatifs» montent en puissance.

L’européanisation des portefeuilles des SCPI se poursuit… Selon les dernières données ASPIM/IEIF, ces véhicules ont dirigé 36% de leurs investissements hors de France au 1er semestre 2018, soit près de 830 M€. Une tendance amorcée timidement en 2015 devenue aujourd’hui une tendance lourde.

Plus de 10% des portefeuilles hors de France

Fin 2014, la part du patrimoine des SCPI détenu hors de France était anecdotique. Selon l’IEIF¹, elle est passée de 4% en 2015 à près de 10% fin 2017, les flux investis à l’étranger ayant quant à eux plus que doublé – en part relative – sur la période 2016/2017. Au 1er semestre 2016, ils représentaient environ 18% du total des investissements des SCPI. Et 40% au 1er semestre 2017… Si le chiffre du 1er semestre 2018 est donc en léger tassement (36%), il confirme néanmoins l’engouement croissant des véhicules de la pierre-papier pour l’investissement international, ces derniers, comme le rappelaient Béatrice Guedj et Patrick Boério en janvier dernier, allant chercher hors des frontières le moyen de diversifier le placement d’une collecte toujours abondante – quoique quelque peu assagie au 1er semestre dernier – dans le cadre d’une «approche pragmatique de sécurisation des rendements à long terme ».

Evolution semestrielle de la répartition géographique des investissements des SCPI

Sources : IEIF, ASPIM – Données 1er semestre années N. En % du total des investissements.

L’Allemagne toujours en top position

C’est toujours l’Allemagne qui attire prioritairement les capitaux des SCPI, même si sa part relative (45% vs 58% au 1er semestre 2017) se contracte au profit de nouveaux pays, comme l’Espagne (13% vs 3%), le Royaume-Uni (6% vs 0%), ou l’Europe du Nord (17% vs 2%). A l’inverse, la Belgique, qui apparaissait il y a deux ans comme une source de diversification naturelle pour les investisseurs français, est aujourd’hui délaissée au profit, là encore, de pays aujourd’hui mieux positionnés dans le cycle immobilier. De façon globale, outre les SCPI qui se sont spécialisées sur le créneau de l’international, de plus en plus de véhicules, y compris parmi les acteurs historiques, détiennent désormais des actifs hors de France. Fin 2017, l’IEIF estimait déjà à 27 le nombre de SCPI présentes sur le seul marché allemand…

Evolution semestrielle de la répartition par pays des investissements des SCPI

Sources : IEIF, ASPIM – Données 1er semestre années N – En % des investissements hors de France.

Montée en puissance des actifs « alternatifs »

Côté sectoriel, les dernières données confirment le déclin relatif des deux typologies d’actifs historiquement privilégiées par les investisseurs : bureaux et commerces. La part des bureaux est ainsi passée de 74% au 1er semestre 2016 à 60% au 1er semestre 2018. L’évolution de la part des commerces est plus contrastée, mais semble tendanciellement vouloir s’installer sous la barre des 20%. Une tendance que confirment également les désinvestissements réalisés par les SCPI. Au 1er semestre 2018, elles ont en effet cédé pour environ 330 M€ d’actifs, essentiellement de bureaux (80%), les commerces se situant, loin derrière, en seconde position (5%). En revanche, la montée en puissance des actifs de santé et hôteliers est une évidence : le secteur santé pèse aujourd’hui 13% des investissements semestriels, contre 4% en 2016, quand le secteur hôtelier voit sa part relative doubler chaque année. Une tendance qui s’explique, là encore, par la recherche de rendements plus sécurisés sur le long terme.

Sources : IEIF, ASPIM – Données 1er semestre années N. En % du total des investissements.

Evolution semestrielle de la répartition sectorielle
des investissements des SCPI

Frédéric Tixier

[1] « Le patrimoine immobilier des grands investisseurs français » – IEIF- Août 2018


A propos de l’ASPIM(i)
L’Association française des Sociétés de Placement Immobilier (ASPIM) promeut, représente et défend les intérêts de ses adhérents, les gestionnaires de fonds d’investissement alternatif (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI et autres FIA « par objet »). Créée en 1975, l’ASPIM est une association à but non lucratif, qui réunit tous les acteurs du métier de la gestion des fonds immobiliers non cotés.

A propos de l’IEIF(i)
Créé en 1986, l’Institut de l’Epargne Immobilière et Foncière est un organisme d’étude et de recherche indépendant qui met à disposition des décideurs immobiliers des outils de veille, d’analyse et de prévision. Il a pour vocation d’être un incubateur d’idées pour la profession et un cercle de réflexion des professionnels de l’immobilier et de la finance. L’IEIF s’articule autour de quatre pôles d’activité : les marchés immobiliers (Tertiaire et Logement) ; les fonds immobiliers non cotés (SCPI-OPCI) ; les fonds immobiliers cotés (SIIC-REITs) ; le Club Analyse et Prévision.

(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société