Immobilier d’investissement : le rendement en capital est devenu négatif en 2020

Les performances 2020 des différents secteurs immobiliers, retracées par l’indice MSCI France Annual Property, sont en ligne avec les préférences aujourd’hui affichées par les investisseurs. L’indice affiche une progression de 3,2%. Qui repose uniquement sur sa composante revenus locatifs.

Sa performance annuelle reste positive (3,2%) en 2020. Mais marque un recul prononcé par rapport à 2019 (8,4%). L’indice MSCI France Annual Property, calculé annuellement à partir d’un échantillon de plus de 6 100 actifs immobiliers[1], tous secteurs confondus, affiche ainsi son plus mauvais score depuis 11 ans.

Le rendement en capital en territoire négatif pour la 1ère fois depuis 2009

La baisse affecte les deux composantes de sa performance. La partie « revenus locatifs » passe de 4,1% en 2019 à 3,8% en 2020. Cette composante, qui s’érode année après année (elle était de 4,2% en 2018), reste toutefois encore en territoire positif. Ce n’est plus le cas de la composante « revenus en capital ». Son poids relatif avait considérablement chuté depuis la crise financière de la fin des années 2000. Avant cette date, les rendements en capital étaient alors systématiquement supérieurs aux revenus. En 2019, les deux composantes étaient revenus quasiment à parité. La partie capital (4,2%) avait même progressé par rapport à 2018 (2,4%). 2020 marque donc clairement une rupture. Avec un taux de -0,6%, le rendement en capital est devenu négatif. «Il reste néanmoins supérieur aux niveaux observés en 2008 », précise Carine Dassé, Executive Director chez MSCI.


Contre-performances marquées pour les secteurs hôtellerie et commerce

Comme les années précédentes, les performances sectorielles restent en revanche très contrastées. Les secteurs les plus exposés à la crise sanitaire subissent un recul à la fois des rendements locatifs et des rendements en capital. C’est d’ailleurs la chute de ces derniers qui explique le passage en territoire négatif de cette composante pour l’ensemble de l’immobilier. Le secteur hôtelier est le plus touché. Sa contre-performance s’établit à -5,4%. Rappelons qu’en 2019, il affichait la deuxième performance sectorielle (+13,5%)… Le secteur commerce poursuit quant à lui sa descente aux enfers. Sa composante rendement en capital, devenue négative dès 2018, était jusqu’à présent compensée par les revenus locatifs. En 2019, le secteur affichait encore une performance globale de 2,2%. En 2020, avec un score de -3,6%, la digue a cédé… A l’inverse, les trois secteurs les plus prisés des investisseurs depuis le début de la crise sanitaire, font de la résistance.

Logistique, résidentiel, santé, les gagnants 2020

La logistique, déjà en première place en 2019 (16,2%), reste en tête (12,3%). Le résidentiel, au coude à coude en 2019 avec les bureaux (8,9%), se maintient à 6,5%. Comme la santé, qui passe de 8,5% à 6,4%. « Sur ces secteurs, les valeurs vénales ont continué à progresser. Et ont entraîné une érosion du rendement locatif », explique Carine Dassé. Les bureaux, enfin, sont en plus net repli. Leur performance globale chute à 3,2% (vs 8,9% donc, en 2019). Elle est toutefois variable selon les zones géographiques. « Paris a continué à enregistrer des croissances de valeurs. Tandis qu’elles ont baissé en dehors de la capitale », précise MSCI. Qui rappelle également que, sur le long terme, l’immobilier reste un placement largement rémunérateur. Sur les 23 dernières années, il a affiché une performance moyenne de 8,7% par an…

Frédéric Tixier

[1] Pour une valeur globale de 183 Md€ fin 2020. La couverture de l’indice progresse chaque année. Il couvre déjà plus de 50% du marché.


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A propos de MSCI(i)

MSCI is a leading provider of critical decision support tools and services for the global investment community. With over 50 years of expertise in research, data and technology, we power better investment decisions by enabling clients to understand and analyze key drivers of risk and return and confidently build more effective portfolios. We create industry-leading research-enhanced solutions that clients use to gain insight into and improve transparency across the investment process

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Covivio : la diversification a été bénéfique en 2020

La pandémie aurait pu avoir des répercussions très négatives pour Covivio en 2020. La crise sanitaire a en effet affecté le portefeuille hôtelier de la Foncière. Mais la diversification a joué.  Finalement la valeur du patrimoine a progressé, notamment grâce aux logements détenus en Allemagne. 

Le patrimoine de Covivio est de 17 milliards d’euros à fin 2020.

À titre de comparaison,

  • celui d’Unibail Rodamco Westfield s’élève à 56 milliards d’euros
  • celui de la Société Foncière Lyonnaise s’élève à 7,5 milliards d’euros.

Cette Foncière a joué la diversification.

Aussi bien géographiquement que par secteurs immobiliers :

  • Par zone géographique : 40 % en France et 37 % en Allemagne. Mais aussi 17 % en Italie. Et 6 % dans le reste de l’Union européenne
  • Par secteurs :  les bureaux représentent 60 % de son portefeuille. Ils se situent principalement à Paris. Mais également à Milan et Berlin.  Le résidentiel constitue 25 % du patrimoine. Il se trouve surtout en Allemagne. Les  15 %  restants sont des hôtels. Ils sont situés dans les grandes villes touristiques européennes.

Quels sont les faits marquants de l’exercice 2020  ?

Il faut analyser de plus près la baisse des loyers de Covivio

Les loyers nets collectés ont baissé de 9,4 %. Mais derrière ce chiffre la situation est contrastée. En effet, les loyers hors secteur hôtelier ont augmenté de 1 %.

Les évolutions ont naturellement été très différentes selon les secteurs :

  • Les revenus locatifs ont progressé de 2,3 % pour le résidentiel.
  • Ils ont été stables pour les bureaux.
  • Et se sont effondrés de 54,8 % dans le secteur hôtelier.

De façon similaire, l’évolution de la valeur du patrimoine varie selon les secteurs  :

  • Les bureaux ont progressé très légèrement, de 0,8 %
  • Le résidentiel a connu une évolution plus forte, de 8,2 %.
  • Avec une baisse de 6,9 % des hôtels.

Au total, la valeur du patrimoine de Covivio a progressé de 1,3 % en 2020.

Il faut savoir aussi que  cessions et acquisitions ont été importantes au cours de cette année. Les cessions se sont élevées à 871 millions d’euros. Elles ont d’ailleurs été réalisées avec une prime de 8 % par rapport aux valeurs d’expertises qui étaient prises en compte pour le calcul de l’ANR (actif net réévalué).

La principale acquisition concerne la Foncière allemande Godewin. Covivio a ainsi acquis un portefeuille de bureaux d’une valeur de 1?1 milliards d’euros.

Signalons aussi des constructions en cours pour un montant de 1,3 milliards d’euros, surtout des bureaux :

  • Pour un montant de 1 milliard d’euros en France
  • Et de 200 millions en Italie.

On peut donc parler d’une gestion active du portefeuille immobilier pendant cette année 2020.

Des points forts qui fonctionnent

Le ratio LTV (« Loan-to-Value ») de Covivo a légèrement augmentéa augmenté : de 38,3 % à 40,9 %. Le coût de la dette, quant à lui, a baissé de 1,55 % en 2019 à 1, 29 % en 2020. Ce qui entraîne une progression du ratio ICR (Interest Coverage Ratio) de 5, 7 à 6,1 fois.

En fin de compte, le résultat net récurrent a baissé de 15 %. La société a décidé de diminuer le dividende plus fortement. De 4,80 euros en 2019 à 3,60 en 2020, il baisse de 25 %.

Ce qui ressort de l’année 2020 est que Covivio a bénéficié de ses point forts qui sont :

  • Une gestion dynamique avec cessions, acquisitions et constructions. La Foncière prévoit d’ailleurs de nouvelles cessions à hauteur de 600 millions d’euros en 2021.
  • Un endettement maîtrisé pour soutenir la croissance
  • L’ exposition à l’immobilier résidentiel alllemand, qui représente aujourd’hui 43 % de son patrimoine. L’effet “diversification” a joué à plein, et amorti la partie hôtelière.

Doit-on rappeler le parcours impressionnant de Covivio, depuis ses origines ? Des logements ouvriers de la sidérurgie jusqu’à une Foncière européenne…

Les mutations  de son modèle économique font penser à la  devise du Capitaine Nemo : « Mobilis in mobile ».


     

 QUIZZ

 

 

1) Quelle  Foncière cotée a pour origine des logements ouvriers de la sidérurgie lorraine ?

2) Quelle Foncière cotée a comme principaux locataires des opérateurs de télécommunications ?

3) Quelle Foncière cotée a fusionné avec sa filiale italienne ?

La réponse à ces trois questions est Covivio.

  • Covivio est l’ancienne Foncière des Régions, elle-même issue des Garages Souterrains de Metz. GSM détenait un portefeuille de logements ouvriers acquis auprès d’Usinor. Il faut noter que le siège social de Covivio est toujours situé à Metz.
  • Les principaux locataires de Covivio sont Orange et Telecom Italia. Orange représente 7 % des loyers et Telecom Italia 6 %.
  • Covivio a fusionné avec sa filiale Italienne Beni Stabili en décembre 2018. Covivio est coté à Paris mais aussi à Milan.

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Immobilier d’entreprise : baisse des volumes au 1T, mais des signes de reprise…

Les membres du groupement ImmoStat viennent de rendre publiques les dernières données trimestrielles des marchés de l’immobilier d’entreprise. Le volume des investissements et le niveau de la demande placée sont en forte baisse sur un an glissant.  Mais « un léger frémissement de l’activité est perceptible depuis février »….

La demande placée[1] de bureaux en Ile-de-France est en baisse de 30%. Selon Immostat[2], elle s’établit à 327 400 m² au 1er trimestre 2021. Contre 467 100 m² au 1er trimestre 2020. Mais ce repli, commentent les membre de ce groupement, s’expliquerait surtout par une opération exceptionnelle enregistrée l’an dernier[3].

Des signes de reprise de la demande

« Même si l’incertitude économique et sanitaire et la généralisation du télétravail continuent de peser sur le marché tertiaire francilien, un léger frémissement de l’activité est perceptible depuis le mois de février », considère d’ailleurs Grégoire de la Ferté, Executive Director Bureaux Ile-de-France chez CBRE. De fait, « le marché des grandes surfaces[4] se caractérise par un bon début d’année », renchérit Éric Siesse, Directeur Général Adjoint en charge du pôle Bureaux Location Île-de-France de BNP Paribas Real Estate Transaction France. Il totalise 115 000 m² pour 13 transactions. Contre 10 transactions seulement un an auparavant. Le marché des petites et moyennes surfaces[5] enregistre quant à lui « une baisse moins marquée que les trimestres précédents ».

L’attentisme des utilisateurs commence « à se dissoudre »

Le marché, en dépit de ces volumes encore en baisse, serait-il donc en phase de reprise ? « L’attentisme des utilisateurs, très prégnant en 2020, semble commencer à progressivement se dissoudre », estime CBRE. Pour preuve : l’offre immédiate de bureaux en Ile-de-France, en augmentation constante depuis le début de la crise sanitaire, marque le pas. Elle était de 3 787 000 m² au 31 mars 2021. Soit 30 % plus élevée qu’à la fin du 1er trimestre 2020. Comparée à la fin 2020, cette hausse n’est plus en revanche que de 3%. Le signe que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à s’engager dans des projets immobiliers. « Mais pour des surfaces plus restreintes », observe CBRE. C’est la conséquence d’une désormais plus forte hybridation des modes de travail.

Des investissements en baisse, mais qui restent dans la moyenne des dix dernières années

Mais aussi la preuve que « les entreprises ne se projettent pas dans une organisation sans bureaux », comme le pense Savills, un autre broker en immobilier. Côté investissement, la tendance reste néanmoins aussi pour l’heure baissière. 4,9 Md€ ont été investis en immobilier d’entreprise, en France, au 1T 2021. C’est 39% de moins qu’au 1T 2020. Un volume qu’il convient lui aussi de relativiser. En raison de transactions exceptionnelles menées durant les 3 premiers mois de l’année écoulée. Le 1er trimestre 2021 resterait de ce fait « en phase avec la moyenne des dix dernières années », estime BNP Paribas RE. Ce dernier souligne que le recul des transactions touche moins les bureaux (-28%) que d’autres secteurs immobiliers. Ceux de la logistique (-59%) et du commerce (-77%) sont en effet plus pénalisés. En raison de l’absence « de grands portefeuilles ».

Stabilité des taux de rendement

Côté rendement, enfin, les taux ont peu évolué au cours des derniers mois. Toujours selon BNP Paribas RE, les taux de rendement « prime » se situeraient respectivement à 3,80 % pour la logistique, à 3,15 % pour le commerce. Et à 2,70 % pour le bureau. Dans ce secteur, en Ile-de-France, et sur le segment des biens neufs ou restructurés, les loyers ont progressé de 1% sur un an. Mais sans tenir compte des mesures d’accompagnement. Qui représentaient, fin 2020, 20,8% du montant des loyers…

Frédéric Tixier


[1] Volume des transactions locatives et ventes à utilisateurs
[2] BNP Paribas Real Estate, CBRE, Cushman & Wakefield et JLL
[3] La transaction TOTAL sur la future tour The Link à La Défense sur près de 130 000 m²
[4] Plus de 5 000 m²
[5] Moins de 5 000 m²


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A propos d’ImmoStat(i)

ImmoStat est un groupement d’intérêt économique (GIE) créé en 2001 par les principaux conseils en immobilier d’entreprise : BNP Paribas Real Estate, CBRE, JLL et Cushman & Wakefield. Grâce à ses règles communes de traitement, le GIE ImmoStat restitue des informations harmonisées à ses membres et fournit des statistiques homogènes sur l’offre, la demande et les prix aux acteurs de l’immobilier, qu’ils soient utilisateurs ou investisseurs. Cette initiative originale renforce la lisibilité du marché et dote l’Ile-de-France d’un véritable organe de place qui contribue à son attractivité à l’international.

A propos de CBRE(i)

CBRE Group, société listée au Fortune 500 et au S&P 500 ayant son siège social à Los Angeles, est la plus grande société au monde dans le secteur des services et de l’investissement dans l’immobilier d’entreprise (en termes de chiffre d’affaires pour l’année 2019). La société emploie plus de 100 000 personnes (hors filiales) et sert les investisseurs et les occupants de biens immobiliers par l’intermédiaire de plus de 530 bureaux (hors filiales) dans le monde entier. CBRE offre une large gamme de services intégrés, notamment la gestion des installations, des transactions et des projets, la gestion immobilière, la gestion des investissements, l’évaluation et la valorisation, la location de biens immobiliers, le conseil stratégique, la vente de biens immobiliers, les services hypothécaires et les services de développement.

A propos de BNP Paribas Real Estate(i)

BNP Paribas Real Estate est un leader international de l’immobilier, offrant à ses clients une large gamme de services couvrant l’ensemble du cycle de vie d’un bien immobilier : Promotion, Transaction, Conseil, Expertise, Property Management et Investment Management. Avec 5 000 collaborateurs et en tant qu’entreprise « à guichet unique », BNP Paribas Real Estate accompagne propriétaires, locataires, investisseurs et collectivités grâce à son expertise locale, dans près de 30 pays (à travers ses implantations et son réseau d’alliances) en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. BNP Paribas Real Estate fait partie du groupe BNP Paribas, leader mondial de services financiers.

A propos de Savills(i)

Conseil international en immobilier coté à la Bourse de Londres, Savills possède un réseau de plus de 600 bureaux et associés et emploie plus de 39 000 employés à travers le monde. Savills propose une large gamme de services (conseil, gestion, transaction, expertise etc.) à ses clients du monde entier. Les employés de Savills associent l’esprit d’entreprise à une connaissance approfondie de leur secteur et proposent un service sur-mesure à leurs clients.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Les SCPI s’inscrivent dans le futur

Marc-Olivier PENIN
SCPI, quelles sont les tendances en 2021 ?

 

PF Grand Paris : hausse du prix de souscription et poursuite du recentrage francilien

La SCPI à dominante francilienne gérée par Perial AM augmente le prix de sa part. En 2020, elle a poursuivi son recentrage sur l’Ile-de-France. Et va se diversifier, cette année, sur le secteur des résidences gérées.

PF Grand Paris tient ses promesses. Comme l’annonçait Perial AM en février, sa SCPI dédiée à l’immobilier francilien a bénéficié l’an dernier d’une revalorisation de son patrimoine. De 3,3%, à périmètre constant, précise aujourd’hui la société de gestion. Conséquence : le prix des parts de la SCPI a été révisé le 1er avril dernier. Il est alors passé de 532 € à 544 €. Soit une hausse de 2,2%.

Quatrième année de revalorisation

C’est la quatrième année consécutive que PF Grand Paris procède ainsi à la revalorisation de son prix de souscription. En 2020, la hausse était de 4%. En 2019, de 3,6%. Et de 4,9% en 2018. Comme l’explique la société de gestion, cette nouvelle révision « valide la stratégie d’investissement de la SCPI ». Une stratégie « résolument réorientée » en octobre 2017. Perial AM décidait alors de rouvrir aux souscriptions ce véhicule historique, l’un des plus anciens du marché[1]. Et de le repositionner sur le projet du Grand Paris. Une décision suivie, quelques mois plus tard, par un changement de dénomination. PF 1 devenait alors officiellement PF Grand Paris.

Poursuite du recentrage francilien

La SCPI se concentre depuis lors sur son nouveau créneau : les immeubles « de qualité situés dans des zones disposant de marchés locatifs profonds en Ile-de-France ». Ce recentrage francilien passe aussi par l’arbitrage « des actifs n’étant plus en ligne avec la qualité du patrimoine ». En 2020, PF Grand Paris a ainsi encore cédé pour 63 M€ d’actifs. Après 22 M€ en 2019. Dans le même temps, la SCPI a poursuivi ses acquisitions. 106 M€ en 2019. Et 122 M€ en 2020. L’an dernier, ce sont trois nouveaux immeubles qui sont venus rejoindre son patrimoine. Des bureaux à Rueil-Malmaison. Plusieurs étages d’un immeuble de bureaux parisien. Et, dernièrement, l’immeuble Cap Sud à Malakoff. Résultat : la part des actifs franciliens, qui s’établissait à 77% fin 2017, représente aujourd’hui 88,7% du patrimoine de PF Grand Paris.

Hausse du taux de distribution en 2020

La SCPI est en outre encore plus positionnée sur le secteur des bureaux qu’auparavant. 94,8% fin 2020, vs 92% fin 2017. Une exposition sectorielle qui lui a jusqu’à présent réussi. Outre la revalorisation régulière de son patrimoine, la SCPI a réussi à accroître le niveau des dividendes servis à ses associés. En 2020, elle leur a versé 23,50 € par part. Soit 6,8% de plus qu’en 2019 (22 € par part). Dans un marché où le taux moyen de rentabilité des SCPI s’est orienté à la baisse l’an dernier (4,18% vs 4,40% en 2019), PF Grand Paris a donc réussi à accroître son taux de distribution. Passé de 4,40% à 4,53%. Mais cette exposition quasi exclusive au secteur des bureaux, dans le nouveau contexte sanitaire, pourrait poser problème. La SCPI a d’ailleurs vu son taux d’occupation financier légèrement reculer en 2020. Il est passé de 88,5% à 87,3%. Notamment à cause d’un poste franchise de loyer qui a presque doublé (6,9% vs 3,6% fin 2019)…


Début d’une diversification vers le secteur des résidences gérées

Perial AM a donc décidé d’anticiper. Il va, cette année, « débuter la diversification de ses acquisitions en deuxième couronne parisienne ». Avec un focus spécifique sur les résidences gérées, séniors et étudiantes. « Ce type d’immeubles bénéficie d’une forte demande en Ile-de-France. Ils sont souvent loués à des locataires-exploitants de référence sur leur secteur », explique la société de gestion. Qui espère ainsi davantage sécuriser ses baux. Et, sans doute, également sa rentabilité. Le secteur des résidences gérées offre encore, de fait, des taux de rendement supérieurs à ceux des bureaux prime. Mais l’engouement des investisseurs est tel qu’ils sont désormais en phase de compression rapide. Selon CBRE, la barre des 4% a été franchie fin 2020…

Frédéric Tixier

[1] Participation Foncière a été lancée en 1966.


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A propos de Perial AM(i)

Perial Asset Management gère 4,5 milliards d’euros au 31/12/2020, distribue des produits SCPI, OPCI par l’intermédiaire des CGP, banques privées, compagnies d’assurance, réseaux nationaux et investisseurs institutionnels. Perial Asset Management compte plus de 520 immeubles en portefeuille pour les fonds gérés, plus de 1500 entreprises locataires et 47 000 associés, porteurs de parts de SCPI et d’OPCI.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Pourquoi payez-vous une prime d'assurance-vie ?

Nous avons tous l’habitude de payer des primes d’assurance. Ainsi pour l’assurance habitation ou automobile, ou pour l’assurance-vie. Mais une “prime” est une récompense, non ? Voici une nouvelle anecdote de Guy Marty. C’était le dimanche matin 14 février 2021, sur les ondes de Sud Radio. Dans l’émission Osez investir animée par Philippe David et Thomas Binet.

Thomas Binet : Guy, une histoire savoureuse sur l’assurance-vie ?


La prime d’assurance est une récompense… pour la compagnie

Guy Marty : Eh bien, mon cher Thomas, vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous payez des « primes » d’assurance ? La prime d’assurance auto, ou d’habitation, ou d’assurance-vie…  Pourtant une prime, c’est une récompense ! Prime de fidélité, prime exceptionnelle, le bonheur en prime…

Thomas Binet : Et l’explication ?

Ce n’est que depuis les années soixante que les banques s’occupent des particuliers(1). Avant, il y avait surtout les caisses d’épargne, et les compagnies d’assurances. Les contrats d’assurance-vie(2) étaient pratique courante. Les compagnies avaient même des contrats dits « populaires », pour la petite épargne.

Mais voilà, autre époque, autre langage ! La compagnie faisait à ses clients la faveur de bien vouloir les assurer… en échange, le client « récompensait » la compagnie. D’où la « prime » d’assurances. Les mots sont restés.

Thomas Binet : Il y a d’autres conséquences dans le vocabulaire que la seule “prime” d’assurance ?

Oh oui, par exemple le « risque décès » dont parlent les assureurs n’a rien à voir avec le chagrin de vos proches : c’est le risque, pour la compagnie d’assurances, d’avoir de l’argent à verser. Vous voyez, nos amis assureurs veulent que vous restiez en bonne santé !

Et puis, il y a un autre aspect important, puisqu’aujoud’hui l’assurance-vie est devenue un moyen courant d’épargner, ou de préparer sa retraite. Quand vous souhaitez reprendre votre argent, en fait la compagnie, dans son immense bonté, accepte de vous racheter votre contrat. D’où la « valeur de rachat » pour désigner l’argent dont vous pouvez disposer. Cela revient au même dans la pratique, mais il y a la façon de le dire.


Notes

(1) C’est à partir de 1967 que les particuliers ont ouvert des comptes dans les banques. Voir par exemple Histoire de la banque

(2) On payait autrefois des primes pour :

  • Des contrats d’assurance-vie. Il s’agissait d’une assurance à la foi “décès” et “vie”. Soit un capital  était versé aux bénéficiaires au moment du décès, soit on recevait son épargne à la fin.
  • Et des contrats de “capitalisation”. Pour épargner uniquement.

Les contrats d’assurance-vie d’aujourd’hui sont en réalité l’équivalent des anciens contrats de capitalisation.

Si vous aimez le “bonheur des mots”, voici d’autres anecdotes :

Promoteur, vous avez dit promoteur ?

La belle histoire du crowdfunding immobilier

Immobilier et finances, même combat

Novapierre Résidentiel profite toujours de la revalorisation du logement francilien

Son prix a été revalorisé de 6% le 1er avril. Car le patrimoine de cette SCPI investie en résidentiel francilien s’est apprécié de 12% en 2020. La conséquence d’une progression de la valeur de ses actifs. Mais aussi de « l’important travail de développement » mené l’an dernier, souligne son gestionnaire, Paref Gestion.  

L’ex-Pierre 48 garde la forme… Rebaptisée Novapierre Résidentiel en 2019, la SCPI de Paref Gestion dédiée à l’immobilier résidentiel francilien signe une nouvelle année de forte revalorisation. Selon son gestionnaire, le patrimoine de Novapierre Résidentiel s’est apprécié de 12,3% en 2020. Une hausse qui s’explique d’abord par celle de ses marchés sous-jacents.

Forte revalorisation du patrimoine en 2020

« A périmètre constant, c’est-à-dire en prenant en compte uniquement les appartements présents dans le portefeuille, à la fois sur l’exercice 2019 et 2020, le patrimoine progresse de 7,6% », explique Paref Gestion dans le dernier bulletin de la SCPI. Novapierre Résidentiel a bénéficié de l’évolution favorable des prix de l’immobilier en Ile-de-France. Ainsi que de la revalorisation progressive des biens qu’elle avait acquis avec une forte décote. C’est en effet le crédo de la SCPI : acheter des logements occupés. Dont le titulaire du bail dispose de garanties, soit en termes de maintien dans les lieux, soit en termes de niveau de loyers. Originellement placée sur le créneau de la loi de 1948, la SCPI s’est progressivement ouverte à d’autres dispositifs lui permettant de bénéficier d’une décote à l’acquisition. Décote qui disparait lorsque les biens retrouvent un statut locatif classique.

Onze nouveaux actifs résidentiels en 2020

L’an dernier, Novapierre Résidentiel s’est ainsi portée acquéreur de 11 actifs résidentiels assortis d’une situation locative particulière. Trois appartements parisiens loués en loi de 48 ont notamment rejoint son patrimoine. Trois autres ont été acquis en viager. Novapierre Résidentiel a également acheté un ensemble résidentiel situé dans le 7e arrondissement parisien. Loués dans le cadre d’un bail emphytéotique de 30 ans à un bailleur social, ces 471 m² ont été acquis pour 3,19 M€. Soit une décote de 57% sur les prix du marché, précise la société de gestion. La SCPI a aussi signé l’acquisition de la nue-propriété de deux programmes en VEFA à Paris et Neuilly-sur-Seine. Le programme parisien, situé rue de Clignancourt, dans le 18e arrondissement, porte sur près de 3 000 m² de surfaces habitables. Il a été acquis avec une décote d’environ 40% par rapport à la valeur libre.

Revalorisation du prix de la part le 1er avril

L’appréciation régulière de son patrimoine est le premier moteur de performance de Novapierre Résidentiel. Qui, pour rémunérer ses souscripteurs, procède régulièrement à la revalorisation du prix de ses parts. A une époque, cette revalorisation était systématique, et trimestrielle. Depuis le 1er janvier 2020, la SCPI a opté pour une nouvelle stratégie. La revalorisation est dorénavant annuelle. L’an dernier, le prix de souscription de Novapierre Résidentiel a été revalorisé de 4%. La hausse atteint, cette année, 6%. Le prix de la part est en effet passé de 1 467 € à 1 555 € le 1er avril dernier. En dix ans, la valeur des parts de la SCPI s’est ainsi appréciée d’un peu plus de 60%…

Distribution de 30 € de plus-values par part en 2020

Mais ces revalorisations ne sont pas le seul « revenu » dont bénéficient les porteurs de parts. Novapierre Résidentiel les récompense également via la distribution régulière de plus-values. En 2020, cette distribution s’est élevée à 30 €. Contre 26,82 € en 2019, 26,36 € en 2018, 21,36 € en 2017 et 25 € en 2016. Pour matérialiser ces plus-values, la SCPI procède donc tout aussi régulièrement à des cessions d’actifs. En 2020, ces ventes ont généré près de 5 M€ de trésorerie. Selon Paref Gestion, ce programme de cessions pourrait s’accélérer en 2021. « La SCPI poursuit un important programme d’arbitrages portant sur les adresses les plus anciennes du portefeuille. Afin de dégager une plus-value optimale, tout en atténuant le plus possible l’impôt sur les plus-values immobilières », explique la société de gestion dans un communiqué.


Accélération du programme d’arbitrages

Cette accélération des arbitrages vise également à préparer l’avenir. « Afin de pouvoir distribuer davantage de plus-values de cessions en cas de stagnation de la valeur du patrimoine », reconnaît Rémi Juzanx, le gérant de Novapierre Résidentiel. Face à une possible baisse du résidentiel francilien, les associés peuvent donc a priori compter sur le passage en mode turbo du second moteur de performance de leur SCPI, celui des plus-values. D’autant que le fonds de remboursement mis en place par la SCPI[1] est désormais de moins en moins mis en contribution.

Rééquilibrage entre demandes de rachat et nouvelles souscriptions

Certes, Novapierre Résidentiel subit encore une érosion régulière de son capital social. Celui-ci est passé d’un peu plus de 223 000 € fin 2016 à environ 190 000 € fin 2020. Mais le nombre de parts en attente de retrait est désormais en chute libre. De 18 745 fin 2018, elles sont passées à 3 160 fin 2020. Et au 4e trimestre 2020, pour la 1ère fois depuis des années, la compensation des parts s’est faite sans recourir au fonds de remboursement. C’est autant de trésorerie supplémentaire disponible pour les distributions…

Frédéric Tixier

[1] Afin d’assurer le remboursement des parts en attente de rachat


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Résidentiel en Ile-de-France : une baisse des prix s’amorce pour les logements franciliens

Paref : l’activité de gestion pour compte de tiers marque le pas


A propos du groupe Paref(i)

Paref se développe sur deux secteurs d’activités complémentaires : (i) investissement au travers de la société immobilière SIIC Paref principalement dans l’immobilier d’entreprises en région parisienne (0,2 Md€ de patrimoine au 31 décembre 2020) et (ii) gestion pour compte de tiers au travers de Paref Gestion (1,8 Md€ de fonds gérés au 31 décembre 2020), société de gestion agréée par l’AMF et Paref Investment Management (0,4 Md€ au 31 décembre 2020). Paref est une société foncière SIIC, cotée sur le compartiment C de Euronext Paris.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

 

OPCI : fallait-il y aller ?

La performance des OPCI n’a pas été bonne en 2020. Cela veut-il dire qu’il ne fallait pas s’intéresser à ce placement ? Pas si simple, répond Guy Marty au micro de Fabrice Cousté, sur Radio Patrimoine. L’OPCI n’est pas un produit pur. Sa diversification est avantageuse à long terme. Et l’on découvre au passage le rapport entre la fameuse musique de “jeux interdits” et l’art de la gestion de patrimoine…



Fabrice Cousté : On s’intéresse ce matin aux OPCI, les Organismes de Placement Collectifs dans l’Immobilier. Ils ont connu une année 2020 très compliquée. Tout d’abord, revenons sur la construction de ce produit.

Guy Marty : L’OPCI est le dernier né des grands produits immobiliers, c’est un Organisme de Placement Collectif en Immobilier. Par différence avec les Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières. OPC…I, OPC…VM. La différence avec la SCPI est que la SCPI est de l’immobilier pur. Alors que l’OPCI détient pour environ 60% d’immobilier, et 40% de financier au sens large, c’est-à-dire aussi bien des liquidités que des actions en Bourse, et pourquoi pas des obligations. etc… Parmi les actions en Bourse, les OPCI détiennent surtout des Foncières cotées.

La partie Foncières cotées a pénalisé les OPCI en 2020

Fabrice Cousté :  Avec la pandémie mondiale, l’ensemble des valeurs cotées ont été durement touchées. Qu’en a-t-il été dans le secteur des Foncières ?

Guy Marty : Il y a eu de l’inattendu à l’intérieur de l’inattendu. D’abord à Paris, le CAC40 a fait -7.14% sur l’année 2020. Ce n’était pas une très bonne année. Même s’il y a eu une grosse chute en mars-avril et une remonté ensuite. Et puis, les Foncières cotées ont fait moins encore. Une baisse de 27 %. Et c’est là qu’il y a eu un grand choc. Alors que le commerce avait toujours été une valeur défensive, cette fois-ci il a été brutalement touché par les mesures sanitaires. Or dans les Foncières cotées, les plus beaux fleurons étaient des valeurs de centres commerciaux. Donc les Foncières cotées ont été très pénalisées par la Bourse. Cela dit, pour les OPCI cela n’a tout de même abouti qu’à une performance de -1.50% en 2020. Ce n’est quand même pas un drame !

Fabrice Cousté : Donc -7% pour le CAC, environ -27 % pour les Foncières, et seulement -1% pour les OPCI.  Cela veut dire qu’il ne fallait pas en faire en 2020 ?

La diversification paie dans le temps

Guy Marty : C’est toute la question de la nature du produit que l’on choisit. Quand on choisit une SCPI, comme c’est un produit pur immobilier, on organise sa diversification à l’extérieur du produit. Alors que l’OPCI organise la diversification à l’intérieur du produit, entre immobilier et valeurs mobilières, et pour celles-ci des Foncière cotée.

Évidemment, il y aura des écarts de rythme. Par exemple en 2019, la Bourse a été bonne, donc la performance moyenne globale des OPCI a été de 5.60%. En 2020, la Bourse, et surtout le secteur des Foncières, a été momentanément catastrophique, donc on a cette performance de -1.50%. Mais il faut savoir ce qu’on veut ! Sur longue période, il y a des écarts de rythme, mais l’OPCI tient très très bien a route par rapport aux SCPI. En fait on a fait les tests, on a imaginé qu’il existait depuis 25 ans et puis on a regardé les chiffres. Eh bien, finalement, par sa diversification, il assure une rentabilité un peu meilleure. Mais avec des fluctuations que ne connaissent pas les SCPI.

Fabrice Cousté : Concrètement, pour les conseillers en gestion de patrimoine, que fait-on aujourd’hui ? On recommande l’investissement en OPCI, ou pas ?

Investir ou ne pas investir en OPCI ?

Guy Marty : Grande question ! Je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit mais il y a le « jeux interdits » du gestionnaire de patrimoine. Vous savez, quand un gamin ou une gamine apprend à jouer de la guitare, il y a un jour où ils vont pouvoir jouer « jeux interdits » et puis après, les choses sérieuses commencent. Le « jeux interdits » du conseil en gestion de patrimoine, c’est ceci : est-il déstabilisé par une mauvaise année pour un placement long terme ?

Ou est-il est capable d’expliquer à son client que lui, conseiller en gestion de patrimoine, vaut mieux :

  • qu’un bilan annuel,
  • ou que ce que l’on trouve sur internet,
  • ou encore que ce que désigne la presse financière ou patrimoniale comme meilleur produit de l’année, etc…

« Je vous emmène dans une construction de patrimoine à long terme, et nous avons raison d’aller dans cette direction, donc une mauvaise année, ça n’a aucune importance, ça ne veut pas dire que vous avez été mauvais, ça ne veut pas dire que j’ai été mauvais, cela veut simplement dire que dans un placement long terme, nous avons des hauts et des bas et c’est normal ».

La seul chose qu’il faut, c’est construire le patrimoine dans la bonne direction.

Voir aussi :

Qu’est-ce qu’un OPCI ?

OPCI SwissLife Dynapierre : cap sur Barcelone

Colivim, un nouvel OPCI dédié au coliving

Lawrence Delahaye, Atland Voisin : « Nous disposons d’un certain nombre de leviers pour maintenir nos rendements »…

Lawrence Delahaye, Directeur général adjoint Investissements d’Atland Voisin, est l’invité de l’émission « Les acteurs de la pierre-papier ». Au programme : tour d’horizon de l’état des marchés immobiliers, et de leur potentiel. Mais aussi focus sur les rendements à venir des SCPI. Dont ceux d’Epargne Pierre, la SCPI phare du groupe, qui devrait obtenir le label ISR très prochainement. Interview.



Atland Voisin, je le rappelle, c’est environ 2 milliards d’euros d’encours sous gestion aujourd’hui. Gérés pour le compte de 2 OPCI et de 3 SCPI, dont la SCPI Epargne Pierre. Parlons d’abord investissements. L’an dernier, Atland Voisin a investi près de 600 millions d’euros, en immobilier d’entreprise notamment. Un marché dont le volume de transaction a baissé d’environ 30% en 2020. Que peut-on dire de l’état de ce marché aujourd’hui ?

Lawrence Delahaye – Le marché a effectivement baissé. Notre volume d’investissement en 2020 est lui aussi en retrait par rapport à 2019, mais dans des proportions moindres. Il s’est ajusté à la collecte réalisée l’an dernier. Mais ces flux nous ont quand même permis de mener plus de 550 M€ d’acquisitions pour le compte des SCPI que nous gérons. Y compris pour le compte de MyShareSCPI, logée dans la structure MyShareCompany détenue conjointement avec AXA France. Nous avons donc poursuivi nos investissements dans un contexte de marché assez étonnant.

Y compris pendant les périodes de confinement ?

Lawrence Delahaye – Les périodes de confinement ont évidemment un peu compliqué nos interventions. Mais ne nous ont pas empêché de conclure 36 opérations en 2020. Y compris durant les confinements. En réalité, le marché s’est adapté. Car les signatures et la rédaction des actes restaient possibles. Les investisseurs ont aussi adapté leurs stratégies. Quand un marché commence à vaciller, c’est la recherche de la sécurité qui prime. C’est clairement la tendance qui s’est imposée en 2020.

Le « flight to quality », qui pousse les investisseurs à rechercher les meilleurs immeubles, les mieux placés, dotés des meilleures normes énergétiques…

Lawrence Delahaye – Exactement. Mais plus particulièrement sur les classes d’actifs traditionnelles. Conséquence : les prix des bureaux dits sécurisés, donc neufs, occupés par de « bons » locataires, se sont envolés. A des niveaux tout à fait stratosphériques. Parallèlement, les investisseurs se sont portés plus massivement sur des classes d’actifs considérées comme protégées. Les institutionnels sont revenus sur le secteur du logement. Cette tendance, amorcée il y a 3-4 ans, s’est nettement accélérée en 2020. Avec l’essor de la consommation à distance, les investisseurs ont également privilégié la logistique. Là encore, les prix se sont envolés. Les taux prime ont franchi la barre des 5%. Puis des 4%. Et l’on se rapproche maintenant du seuil des 3,5%. Les investisseurs sont désormais convaincus que ce secteur mérite d’être payé au prix fort…

A côté de ces actifs très bien placés, dans les grandes métropoles européennes, n’y a-t-il pas aussi un intérêt croissant pour les marchés un peu plus étroits, en régions ?

Lawrence Delahaye – A l’instar de l’ensemble des marchés d’immobilier d’entreprise, les marchés régionaux ont subi une baisse de leurs volumes. Mais elle est moins prononcée (-39% environ) qu’en Ile-de-France. Les disparités régionales sont toutefois assez sensibles. Certaines régions ont réalisé des scores supérieurs à leur moyenne décennale. C’est le cas notamment pour l’ensemble Aix-Marseille. Ou Nice-Sophia Antipolis. D’autres ont moins bien résisté. Comme Lille ou Toulouse, cette dernière ayant subi les conséquences de la crise sur le secteur aéronautique. Mais, globalement, il reste possible de trouver des marchés régionaux qui présentent de bons fondamentaux. Où les taux de vacance sont assez bas. Où, faute d’emballement spéculatif, il n’y a pas de phénomène de sur-offre, comme on peut le constater sur certains marchés en Ile-de-France.

C’est-à-dire ?

Lawrence Delahaye – Paris intramuros est relativement protégé. Il y a très peu de foncier disponible. On travaille donc quasiment à « iso-stock ». Les immeubles parisiens sont rénovés, restructurés. Mais, au final, peu de mètres carrés supplémentaires viennent s’ajouter au marché. Ce qui n’est pas du tout le cas pour des marchés comme ceux de la première couronne ou du secteur péri-Défense. Il y a eu énormément de développement spéculatif. Avec un contexte de contraction de la demande placée, ces marchés vont donc beaucoup plus souffrir que les marchés en régions.

J’évoquais précédemment votre SCPI phare, Epargne Pierre. Sa stratégie, compte tenu de l’évolution des marchés sous-jacents que l’on vient de souligner, va-t-elle, elle aussi, évoluer ?

Lawrence Delahaye – Epargne Pierre est très largement positionnée sur les métropoles régionales. Elles constituent environ 75% de son patrimoine. Notre intention est de continuer à investir dans ces marchés régionaux, auxquels nous croyons tout particulièrement. Mais en affinant encore le positionnement sectoriel de nos acquisitions. Exemple : investir aujourd’hui à Toulouse dans le secteur aéronautique est sans doute délicat. Mais investir, comme nous l’avons fait, dans le centre de recherche en oncologie de Pierre Fabre, c’est tout à fait différent. Cet actif, qui mixte bureaux et laboratoire, n’est pas du tout exposé au secteur aéronautique. Mais à celui de la santé, particulièrement plébiscité en 2020.

Cela veut-il dire qu’Epargne Pierre va élargir son champ sectoriel ? A la santé. Mais aussi, peut-être, à la logistique ou à d’autres classes d’actifs ?

Lawrence Delahaye – Nous nous sommes, pour l’instant, toujours tenus à l’écart du secteur logistique. Parce que nous n’avons pas d’expertise particulière dans ce domaine. Et que nous considérons qu’il faut une taille critique pour s’intéresser à ce marché, étant donné qu’il y a peu de repreneurs potentiels. Ceci dit, nous avons néanmoins l’intention de diversifier l’allocation d’Epargne Pierre sur des classes d’actifs alternatives. Ces classes d’actifs, cela pourra être l’hébergement, au sens large. C’est-à-dire le secteur du coliving, celui des résidences gérées. Ou celui de la santé. Nous n’avons pas encore pris position sur ces marchés. Mais nous suscitons des rencontres pour essayer de mieux les comprendre. Nous sommes d’ailleurs en train de finaliser une opération, conjointement avec l’un de nos homologues, sur un portefeuille d’hôtellerie de plein air…


La question que se posent bien évidemment les souscripteurs de SCPI est de savoir si vous serez en mesure de maintenir les rendements à leur niveaux actuels (5,36% pour Epargne Pierre en 2020, je le rappelle) au cours des prochaines années ?

Lawrence Delahaye – Maintenir un tel niveau de distribution est-il un objectif absolument impératif ? On peut se poser la question. Car il faut prendre en compte la réalité du marché. La réalité du marché est que les investissements sécurisés, totalement sécurisés, ne rapportent rien. En plaçant votre argent sur un Livret A, ou en assurance-vie, vous ne compensez même pas l’inflation. Les rendements des SCPI d’Atland Voisin sont aujourd’hui positionnés à des niveaux très élevés. Très largement supérieurs à la rémunération d’un placement sans risque. A mon sens, il ne serait donc pas dramatique que ces rendements baissent, à la marge, tant qu’ils se positionnent très au-delà de ce que peuvent offrir les placements sans risque.

Mais ces rendements seront-ils maintenus ?

Lawrence Delahaye – Nous n’avons pas l’intention d’aller concurrencer nos homologues qui achètent des immeubles neufs, à Paris ou en première couronne. Et qui les louent à des sociétés du CAC 40 via des baux de 12 ans. Ce marché est très cher, avec des taux compris entre 3% et 4%. Ce n’est pas notre crédo. Donc, les rendements d’Epargne Pierre vont probablement continuer à fluctuer entre 5% et 5,5%. Nous ne sommes pas contraints d’acheter les actifs qui se présentent pour placer, à tout prix, notre collecte. Que nous essayons d’anticiper. Tout dépend des opportunités de marché. Notre ancrage régional nous permet de saisir des opérations qui sont en dehors du champ d’intervention des grands brokers parisiens. Et donc de continuer à délivrer des performances assez significatives. D’autant que nous disposons d’autres leviers pour maintenir nos rendements…

La plus-value, j’imagine ?

Lawrence Delahaye – Non. Epargne Pierre a été créée en 2013. Son patrimoine est donc assez jeune. Nous pourrions néanmoins dégager de la plus-value sur les premières acquisitions réalisées. Et même sur celles finalisées il y a plus de deux ans. Mais nous ne le souhaitons pas. Nous pensons que nous sommes en mesure d’améliorer nos rendements par d’autres voies. En optimisant davantage la gestion de notre patrimoine. En optimisant les coûts qui y sont associés. Ou en augmentant aussi, marginalement, le levier financier de la SCPI. Son endettement est aujourd’hui de l’ordre de 10%, si l’on ne tient pas compte des opérations en VEFA[1]. Nous disposons donc d’un certain nombre de leviers pour maintenir nos rendements.

Quid de 2021 ?

Lawrence Delahaye – Nous avons dû, en 2020, adopter des mesures pour protéger nos locataires. Donc renoncer à, ou différer, certains loyers. En 2021, nous ne sommes pas à l’abri face à la réédition de tels évènements. Nous serons peut-être amenés à faire des efforts significatifs envers certains de nos locataires du secteur commerce par exemple.

En tout cas, nous avons bien compris que les rendements étaient sous contrôle. Lawrence Delahaye, je vous remercie.

Lawrence Delahaye – Merci.


Propos recueillis par Frédéric Tixier

[1] Les échéanciers de VEFA entrent dans le ratio d’endettement des SCPI


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SCPI Atland Voisin : des rendements 2020 de 5,34% en moyenne

Epargne Pierre : sa croissance n’affecte pas sa rentabilité


A propos d’Atland Voisin(i)

Pionnier en matière de placement immobilier collectif, avec la création d’Immo Placement dès 1968, Atland Voisin gère plusieurs SCPI en immobilier d’entreprise qui représentaient un patrimoine de 1,6 Md€ pour le compte de 30 000 associés environ au 31/12/2020. Depuis septembre 2016, la société est présente sur le marché des OPCI professionnels avec les véhicules Transimmo et Dumoulin, qui représentent plus de 435 M€ de patrimoine (au 31/12/2020). Atland Voisin est filiale de Foncière Atland, Société d’Investissement Immobilier Cotée.

(i) Information extraite d’un document officiel de la société

Le label ISR déjà à la croisée des chemins

Ce n’est pas faire injure à l’auguste institution qu’est l’Inspection Générale des Finances (IGF) de rappeler que nombre de rapports produits en son sein connaissent une destinée éphémère. Tel ne devrait cependant pas être le cas du « Bilan et perspectives du label ISR » daté de décembre 2020, et diffusé récemment.

Ce n’est pas faire injure à l’auguste institution qu’est l’Inspection Générale des Finances (IGF) de rappeler que nombre de rapports produits en son sein connaissent une destinée éphémère. Trop souvent, et en dépit de la qualité du travail réalisé, la publication d’un nouvel opus donne lieu à un droit de réponse des personnes visées. Quelques échos dans la presse spécialisée sans que soient modifiés les pratiques ni le droit positif… Tel ne devrait cependant pas être le cas du « Bilan et perspectives du label ISR » daté de décembre 2020 et diffusé récemment.

Un bilan sévère sur l’efficacité du label ISR paru en 2016

Le bilan de la mission sur le label paru en 2016 est sévère et à peine tempéré par le langage diplomatique d’usage. Extraits : « À moins qu’il n’évolue radicalement, le label ISR s’expose à une perte inéluctable de crédibilité et de pertinence. Nonobstant son succès quantitatif, il présente des faiblesses intrinsèques qui obèrent son adaptation à un marché en forte évolution » (p. 1). « Aucun critère ne vient encadrer la construction des notes ESG, par exemple en définissant des standards à partir desquels évaluer la durabilité des entreprises » (p. 7). « Les exigences du label sont difficilement conciliables avec l’objectif de contribution au développement durable, pourtant affiché dans ses documents fondateurs et ses supports de communication » (p. 13). « Cette situation est de nature à occasionner des malentendus et expose le label et ses parties prenantes à un risque de réputation » (p. 14). Aïe !

Un rapport qui préfigure la nécessaire réforme du label, cinq ans après son lancement

Mais plutôt qu’une critique définitive de cette entreprise dans laquelle certaines sociétés de gestion françaises ont particulièrement brillé, le rapport de l’IGF préfigure la nécessaire réforme structurelle du label cinq ans après son lancement. Au fond, l’Inspection ne fait qu’exposer ce que les professionnels de la Place savent déjà. Apparu dans le sillage du plan de la Commission européenne pour le financement de la croissance durable (2018), un nouveau tsunami réglementaire est en train de rebattre les cartes, qu’il soit d’origine nationale (loi Pacte, article 29 de la loi Énergie-Climat) ou européenne (taxonomie, SFDR, éco-label). La préoccupation des autorités publiques sur les macro-enjeux environnementaux (biodiversité, climat, ressources en eau …) est tardive mais sincère. Elles entendent désormais permettre à l’investisseur d’apprécier effectivement si les acteurs de la finance agissent conformément à ses convictions et/ou ses engagements. Nul ne s’en plaindra.

Et l’immobilier dans tout ça ? Tout va bien, merci !

Le rapport de l’IGF ne fait que mentionner l’intégration récente de la gestion d’actifs réels dans le champ du label, par un arrêté ministériel du 8 juillet 2020 : « Pour ces fonds immobiliers, le label ISR prévoit toutefois des exigences spécifiques distinctes de celles applicables aux instruments mobiliers » (ann. III, p. 2). Surtout, les professionnels de la gestion des SCPI et OPCI à l’origine du référentiel immobilier ont eu tout loisir d’analyser le cadre existant. Et de prendre en considération les caractéristiques de ce métier pour pousser au maximum le curseur des exigences opposables aux gestionnaires. On rappellera principalement que le fonds immobilier labellisé ISR, au contraire de celui spécialisé dans les titres financiers, est directement propriétaire de l’actif qui est la source de « l’effet ESG ».


Le fonds immobilier dispose de leviers d’actions effectifs

Il dispose donc des leviers d’action effectifs pour agir positivement et faire connaître aux investisseurs les résultats de son travail et les progrès à venir. Quand on améliore la performance énergétique d’un immeuble, quand on veille à la qualité de l’air intérieur, quand on promeut l’accès non polluant au bâtiment ou encore quand on sensibilise les locataires sur les bonnes pratiques ESG, on est typiquement dans une démarche ISR.

L’ESG et l’immobilier font décidément bon ménage. Peut-être le sujet d’un prochain rapport d’une mission de l’IGF ?

Arnaud Dewachter


En savoir plus

Bilan et perspectives du label « Investissement socialement responsable » (ISR) – Décembre 2020


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Six premiers fonds immobiliers labellisés ISR en 2020


A propos d’Arnaud Dewachter

Arnaud Dewachter a été délégué général de l’ASPIM de 2008 à 2018. Il est consultant indépendant et associé-fondateur d’Ethiket, un cabinet spécialisé dans l’accompagnement dans le développement durable des gestionnaires d’actifs immobiliers