Atream a fait du tourisme et de l’hôtellerie sa marque de fabrique. Mondialisation qui s’essouffle, hausse des taux, tentation de la diversification tous azimuts : le contexte est-il encore porteur ? Face à Guy Marty, Grégory Soppelsa, président et co-fondateur de la société de gestion, défend ses convictions. Il explique aussi comment la SCPI Atream Hotels profite de la conjoncture pour investir dans des emplacements jusqu’ici inaccessibles..
Guy Marty : Bonjour Grégory. Atream est une société de gestion créée en 2008. Cela fait donc bientôt vingt ans. Votre spécialité, c’est le tourisme et l’hôtellerie. Or le monde d’aujourd’hui est difficile, compliqué. Alors, question simple : gardez-vous vos convictions dans le tourisme ?
Le tourisme, une conviction de long terme pour la SCPI
Grégory Soppelsa : Oui, sans hésiter. Quelques chiffres suffisent à le comprendre. L’Europe accueille un touriste sur deux dans le monde. La France est la première destination mondiale en nombre d’arrivées, et la troisième en recettes. C’est donc un territoire de prédilection pour investir. Nous y voyons une croissance de long terme. Et c’est précisément cette industrie qui porte nos produits d’épargne, en immobilier comme en private equity.
Guy Marty : Tu parles de croissance de long terme. Pourtant, on a le sentiment que la mondialisation marque le pas. On assiste plutôt à un retour des frontières, à des antagonismes entre grandes régions du monde. Dans ce contexte, le tourisme a-t-il encore des leviers de croissance ?
Tourisme : une croissance plus rapide que le PIB
Grégory Soppelsa : Je le crois, oui. Regardez les chiffres. Depuis 2019, les revenus du secteur ont progressé de près de 40 %, en France comme en Europe. C’est plus que la croissance du PIB, en moyenne européenne comme pays par pays. Et cette croissance repose sur des fondamentaux solides, de long terme. Le premier, c’est l’émergence d’une classe moyenne supérieure à l’échelle mondiale. Elle vient surtout d’Asie, mais aussi d’Amérique du Sud. C’est elle qui porte ce développement.
Tourisme expérientiel et seniors, deux relais de croissance
Grégory Soppelsa : Le deuxième moteur, c’est le tourisme expérientiel. On se déplace pour vivre un événement. Les concerts en sont un bon exemple. Les seize concerts de Céline Dion à Paris l’illustrent parfaitement. Enfin, il y a le vieillissement démographique en Europe. Les seniors ont du temps. Ils ont parfois aussi du pouvoir d’achat. Et ils consomment du tourisme.
Guy Marty : Il y a tout de même un paradoxe. Aujourd’hui, quand les sociétés de gestion lancent ou font évoluer leurs fonds, leur discours est plutôt : « Dans le monde tel qu’il est, on ne se spécialise pas. On reste diversifié. ». L’idée, c’est de pouvoir basculer s’il se passe quelque chose, ou de saisir les opportunités. Alors, chez vous : diversification ou pas ?
SCPI thématique ou SCPI diversifiée ?
Grégory Soppelsa : Les deux ne s’opposent pas. Même dans une stratégie thématique, on peut diversifier. Prenons notre SCPI Atream Hotels. Elle a été pionnière sur ce créneau. Depuis dix ans, elle investit dans le tourisme en zone euro. Et nous diversifions à plusieurs niveaux. D’abord par segment : tourisme de loisirs, tourisme d’affaires. Ensuite par pays : nous sommes présents dans six pays de la zone euro, en Europe du Nord comme en Italie et en Espagne.
Guy Marty : D’accord, mais ça reste du tourisme. Tout le tourisme, rien que le tourisme !
Quand l’hôtellerie réinvente le bureau
Grégory Soppelsa : Pas seulement, justement. Nous investissons aussi dans de l’immobilier plus traditionnel. Mais nous y apportons notre savoir-faire du tourisme, pour y créer du service.
Guy Marty : Un exemple ?
Grégory Soppelsa : Le tertiaire, par exemple. La vraie question, c’est : comment réinventer le bureau ? Bien sûr, la localisation et la connectivité restent décisives pour investir aujourd’hui dans le bureau. Mais les services comptent aussi. Il s’agit de redéfinir les codes du bureau à partir de ceux de l’hôtellerie. On le voit bien : ces codes se diffusent de plus en plus dans les classes d’actifs traditionnelles, et en particulier dans le tertiaire. J’en suis donc convaincu : on fait mieux du bureau quand on est un expert de l’hôtel.
Guy Marty : Dernière question. La hausse des taux a-t-elle un impact sur vous ?
Hausse des taux : l’hôtellerie face à l’inflation
Grégory Soppelsa : Le tourisme a su accompagner l’inflation. Pourquoi ? Parce que nous travaillons avec des marques fortes. Elles parlent directement à leurs clients. Et elles ont un vrai pouvoir de fixation des prix, le fameux pricing power. Ces quatre ou cinq dernières années, elles ont pu passer des hausses de prix significatives. Nos produits d’épargne en ont directement profité. Côté diversification, nous profitons de cette période de hausse des taux pour investir dans des emplacements centraux. C’est un peu le flight to quality. Ce contexte nous permet de nous repositionner sur des localisations qui, jusque-là, n’étaient pas accessibles. Un exemple : en début d’année, nous avons acheté un hôtel à Berlin pour notre SCPI Atream Hotels. Jusqu’en 2022, Berlin était hors de portée pour une SCPI. Aujourd’hui, les taux permettent de s’y positionner à des valeurs attractives pour nos fonds.
L’hôtellerie, un support d’épargne qui offre de la visibilité
Guy Marty : C’est un excellent tour d’horizon. Le mot de la fin ?
Grégory Soppelsa : L’hôtellerie et le tourisme sont un excellent support pour l’épargne. C’est un immobilier incarné, exploité sur le long terme. Et quand on le traduit en produit d’épargne, cela donne des baux longs, voire très longs. C’est ce qui nous donne de la visibilité sur les revenus.
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A propos d’Atream(i)
Créée en 2008, Atream est une société de gestion spécialisée dans la gestion d’actifs et de fonds immobiliers adossés à l’industrie du tourisme et l’hospitality en Europe. Forte d’une équipe de près de 60 experts de l’investissement immobilier et du Private Equity, elle conçoit et développe des solutions sur mesure pour les investisseurs institutionnels et des solutions collectives patrimoniales à destination des investisseurs privés. Atream gère plus de 4 milliards d’€ d’encours pour le compte d’une soixantaine d’investisseurs institutionnels et plus de 6000 clients privés. Atream a rejoint le Groupe Carac en 2024.
(i) Information extraite d’un document officiel de la société.


