Vincent Lamotte, directeur général délégué chez Perial AM, détaille les résultats obtenus par ses véhicules sous gestion en 2025. Livre son analyse sur les marchés immobiliers en 2026 et sa vision du débat jeunes/vieilles SCPI. Avant d’évoquer les décisions prises sur PERIAL O2 et PERIAL GP… Interview.
Frédéric Tixier – Première question, sur les résultats 2025. Je rappelle que, comme la plupart des acteurs historiques, Perial et ses véhicules ont été fortement impactés par la crise immobilière. En 2023, vous avez annoncé des baisses de prix de part. Et mis en place un ambitieux programme d’optimisation patrimoniale. En 2024, vous avez lancé deux fonds, dont une SCPI. Les résultats 2025 viennent de tomber. En êtes-vous satisfait ?
Perial : 140 millions d’euros d’actifs cédés en 2025
Vincent Lamotte – Globalement, oui, nous sommes satisfaits. 2025 a été une année extrêmement active pour les équipes de Perial Asset Management. Active sur le plan immobilier, d’abord : nous avons cédé environ 140 M€ de patrimoine. Avec des plus-values représentant une trentaine de millions d’euros. Nous avons donc été très sélectifs dans nos arbitrages. En parallèle, nous avons lancé deux nouveaux fonds. Une SCPI d’abord, Perial Opportunités Territoire, dédiée à l’accompagnement des acteurs locaux dans leurs problématiques immobilières en région. Ce véhicule développe donc une approche résolument ancrée dans les dynamiques territoriales françaises. Et un fonds professionnel ensuite, Perial Next Value 1, consacré à la rénovation, au redéploiement et à la transformation d’actifs immobiliers. Ce dernier est réservé aux investisseurs professionnels, avec un seuil d’entrée supérieur à 100 000 euros.
Frédéric Tixier – Et en termes de performance, quid de 2025 ?
Des taux de distribution pour les SCPI Perial en 2025 compris entre 4,65% et 7,50%
Vincent Lamotte – Les taux de distribution s’échelonnent entre 4,65% et 7,50%. Perial O2, notre navire amiral ESG dédié à la décarbonation, affiche 4,65%. La SCPI Perial Grand Paris se situe autour de 4,80%. En haut du classement, Perial Opportunités Territoire, notre dernière-née, distribue 7,50%.
Frédéric Tixier – Une jeune SCPI, donc nécessairement d’excellents résultats…
Vincent Lamotte – Exactement. Comme toutes les SCPI récemment lancées, le vrai défi reste la durée. Nous avons d’ailleurs relevé le prix de part de 2 % cette année, ce qui mérite d’être souligné. Enfin, Perial Opportunité Europe, notre SCPI européenne, délivre un rendement de 6,10 %, avec un TRI depuis la création du fonds de 7,32 %. C’est une SCPI qui a trente ans d’existence, qui a traversé différents cycles. Un beau modèle de résilience.
Le marché des SCPI scindé en deux blocs
Frédéric Tixier – Justement, en raison de cette dichotomie entre anciennes et nouvelles SCPI — d’un côté celles qui collectent et affichent d’excellents rendements, de l’autre celles qui ne collectent plus et font face à des problèmes de liquidité —, le marché semble profondément fracturé. La question est simple : s’il n’y avait pas ces nouvelles SCPI, pourrait-on encore parler d’un marché qui collecte ?
Vincent Lamotte – Nous sommes effectivement dans un marché en rupture. Un nouveau cycle s’est amorcé depuis quelques mois. D’un côté, des SCPI qui ont investi avant 2022, à des niveaux de rendement contractés. Le rendement immobilier étant, rappelons-le, un taux sans risque auquel on ajoute une prime de risque…. De l’autre, de nouvelles SCPI qui ont bénéficié d’une correction majeure des valeurs à l’acquisition, en France comme en Europe. Et qui affichent aujourd’hui des taux de rendement parfois très élevés.
Une fracture conjoncturelle ?
Frédéric Tixier – Oui, 15,27% pour la meilleure d’entre elles…
Vincent Lamotte – Tout à fait. Mais cette fracture est conjoncturelle. Elle va s’estomper. Pourquoi ? Parce que les nouvelles SCPI vont mécaniquement voir leurs rendements s’éroder. Le marché va progressivement se recontracter, la collecte va ralentir. Et les délais de jouissance vont jouer leur rôle. Et de l’autre côté, les SCPI plus anciennes vont progressivement travailler leurs actifs : asset management, arbitrages, relocation. Elles réintègreront un cycle immobilier ascendant.
Frédéric Tixier – Mais dans quel délai ?
Vincent Lamotte – Cela dépendra des véhicules, de leur taille et de la nature de leurs actifs. Nous restons convaincus que la classe d’actifs bureaux est pérenne et qu’elle a de l’avenir. Mais elle va encore se contracter avant de se redresser. Dans tous les cas, il faut compter au minimum vingt-quatre mois pour restructurer sérieusement un fonds. C’est incompressible.
L’investissement immobilier européen repart à la hausse
Frédéric Tixier – Avant d’évoquer les perspectives 2026, revenons aux marchés immobiliers eux-mêmes. Sont-ils revenus à des niveaux de prix ou de liquidité tels que l’on puisse parler de fin de crise ?
Vincent Lamotte – Ce que nous observons, c’est que les investissements immobiliers en Europe ont atteint 142 Md€ en 2025. 11 % de plus qu’en 2024. La reprise est bien là. En France, on approche les 20 Md€. Soit une hausse de 7 %. C’est légèrement en retrait par rapport à certains voisins européens. Le Royaume-Uni progresse fortement. L’Allemagne reste en difficulté. L’Espagne et l’Italie affichent une belle dynamique. La reprise est donc bien réelle à l’échelle du continent. Et un nouveau cycle se dessine, avec un rééquilibrage des classes d’actifs.
Frédéric Tixier – Et sur la liquidité ? Le bureau reste le sujet le plus sensible. Vous y êtes exposé. La liquidité s’est-elle réellement améliorée ?
La liquidité sur les bureaux reste inégale selon les marchés
Vincent Lamotte – Les bureaux ne représentent plus que 30% des investissements en Europe, environ 20% en France. Les commerces, l’hôtellerie et les loisirs oscillent entre 15% et 20%. Ce rééquilibrage n’avait pas été observé depuis des années. Sur les bureaux, la liquidité revient, progressivement. Mais il ne faut pas mettre tous les marchés dans le même panier. En Europe, les bureaux se comportent bien, avec de bons taux locatifs et des transactions qui se réalisent dans de bonnes conditions. En Île-de-France, en revanche, la situation reste tendue. Notamment en deuxième couronne et en périphérie de La Défense. Trouver de la liquidité y est plus difficile. Et quand on en trouve, c’est parfois à des niveaux de prix plus décotés qu’escompté. C’est précisément pour cela que nous n’avons pas cherché à vendre massivement. Nous préférons travailler nos actifs en profondeur, pour espérer retrouver des conditions de cession satisfaisantes…
Propos recueillis le 24 février 2026
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A propos du groupe PERIAL(i)
Le Groupe PERIAL, présidé par Éric COSSERAT, est un groupe indépendant, pure player de l’immobilier depuis plus de 55 ans. Le Groupe s’organise autour de 2 métiers : la gestion d’actifs immobiliers avec PERIAL Asset Management et une activité d’investisseur-développeur avec PERIAL Investment & Development. PERIAL Asset Management gère près de 6 Milliards d’euros, distribue des SCPI, SCI, OPPCI et FCPI par l’intermédiaire des CGP, banques privées, compagnies d’assurance, réseaux nationaux et investisseurs institutionnels.
(i ) Information extraite d’un document officiel de la société.



