Les SCPI font un carton

Avec 2,1 Md€ collectés sur le 1er trimestre 2019, les SCPI ne rééditent pas l’exploit du 1er trimestre 2017 (2,4 Md€). Mais signent un nouveau bond en avant par rapport au 1er trimestre 2018 (+79%). La hiérarchie des sociétés de gestion les plus collectrices n’est en revanche pas bouleversée…

C’est confirmé : la collecte des SCPI repart de l’avant… Alors que plusieurs sociétés de gestion faisaient état, ces dernières semaines, d’un fort rebond du niveau des souscriptions enregistrées sur les premiers mois de l’année (voir notamment « +112,9% pour les SCPI Voisin »), les dernières données trimestrielles publiées par l’ASPIM et l’IEIF viennent homologuer cette tendance.

+79% par rapport au 1er trimestre 2018

Selon elles, les SCPI immobilier d’entreprise et résidentielles (non fiscales) ont bénéficié d’une collecte nette de 2,1 Md€ sur le 1er trimestre. C’est 79% de plus que le chiffre enregistré au 1er trimestre 2018. Certes les SCPI ne rééditent pas l’ « exploit » du 1er trimestre 2017 qui, avec une collecte nette de 2,4 Md€, demeure à ce jour le trimestre record. Mais ce fort rebond peut laisser entrevoir la perspective d’une année 2019 plus « collectrice » que prévu (voir « SCPI : quel niveau de collecte en 2019 ? »). Il peut même laisser penser que l’année 2018 n’aura été qu’une pause dans la croissance exponentielle des SCPI depuis fin 2016… L’IEIF souligne d’ailleurs que la collecte du 1er trimestre 2019 représente déjà « 41% du total collecté sur l’année 2018 ».


En réaction à la baisse des marchés financiers ?

Parmi les causes de ce sursaut, plusieurs gestionnaires évoquent un « effet marché », la baisse des marchés financiers, fin 2018, ayant poussé les épargnants à rechercher des placements non cotés moins volatils – et plus rentables -. Ils rappellent que les facteurs qui avaient pu impacter négativement la collecte des SCPI dès le second semestre 2017 (incertitudes fiscales notamment, avec la mise en place de l’IFI et l’exclusion des revenus fonciers au bénéfice de la flat tax) sont désormais moins prégnants. Côté ASPIM, on avance également la chute des marchés, mais aussi « l’éloignement de la perspective d’une remontée prochaine des taux d’intérêts » ou « la bonne santé des différents marchés locatifs immobiliers, en particulier celui des bureaux » comme des facteurs ayant pu contribuer « à la dynamique des souscriptions ». Pour Frédéric Bôl, son président, ce rebond « témoigne une nouvelle fois du professionnalisme des gérants et des distributeurs, qui ont su conserver la confiance des investisseurs en dépit des nouvelles contraintes réglementaires (MIF2, PRIIPs) imposant une présentation moins intuitive des produits ».

Le palmarès des sociétés de gestion les plus collectrices

Il est clair, en tout cas, que les sociétés de gestion les plus dynamiques en termes de collecte n’ont pas baissé la garde au 1er trimestre. Comme sur l’ensemble de l’année 2018, c’est Primonial REIM (voir « Collecte SCPI 2018 : Primonial REIM toujours en pole position ») qui s’impose au premier rang des gestionnaires les plus collecteurs. Avec ses SCPI Primovie et Primopierre aux 1ère et 3positions du classement, la collecte de Primonial est deux fois plus élevée (363 M€) qu’au 1er trimestre 2018 (183 M€). On retrouve également aux deuxième et troisième places Amundi Immobilier (276 M€, +62% vs 1T 2018) et Corum (192 M€, +53,7%). Le reste du classement est marginalement modifié, à l’exception près du score impressionnant enregistré par Perial Asset Management qui, avec une collecte en progression de +185% au 1er trimestre, passe de la 8à la 5place du palmarès trimestriel.


Le palmarès des SCPI les plus collectrices

Sans surprise, on retrouve dans le palmarès trimestriel des SCPI les plus collectrices les produits vedettes des sociétés de gestion les plus dynamiques. A noter toutefois le retour aux avant-postes de la SCPI Epargne Foncière, à la Française REIM, dont le prix de souscription a été revalorisé en janvier dernier et qui enregistre au 1er trimestre une collecte (125 M€) supérieure à celle de l’ensemble de l’année 2018 (117 M€). Et les débuts prometteurs des deux SCPI lancées par Altixia REIM en mars dernier (voir « Altixia REIM se lance sur le marché des SCPI »), et déjà dotées, chacune, de 10 M€ d’encours.

Frédéric Tixier


A propos de l’IEIF

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion. L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement) et les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, autres FIA).

L’IEIF compte aujourd’hui plus de 120 sociétés membres (2/3 d’investisseurs, 1/3 d’autres acteurs : promoteurs, banques, experts immobiliers, conseils en immobilier, etc.). Le patrimoine immobilier des membres investisseurs représente une valeur globale de près de 300 milliards d’euros. L’IEIF s’appuie sur une équipe de 20 personnes issues à la fois des mondes de la finance et de l’immobilier, dont 6 chercheurs associés. Il dispose de nombreuses bases de données économiques, financières et immobilières, dont certaines ont plus de 30 ans d’historique.

A propos de l’ASPIM

L’Association française des sociétés de placement immobilier (ASPIM) promeut, représente et défend les intérêts de ses adhérents, les gestionnaires de fonds d’investissement alternatif (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI et autres FIA « par objet »). Créée en 1975, l’ASPIM est une association à but non lucratif qui réunit tous les acteurs du métier de la gestion des fonds immobiliers non cotés. Au 31 décembre 2018, les fonds d’investissement alternatifs (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI, OPPCI et autres FIA) ont une capitalisation globale supérieure à 177 milliards €.