Le président de l’Anacofi Immo rappelle, face à Guy Marty, les missions et services de son association. Des formations, notamment, mais pas que. Yann Gagnier souligne aussi le rôle actif qu’elle joue auprès des pouvoirs publics. Il reste par ailleurs un fervent défenseur des SCPI. Même à capital fixe… Interview.
Guy Marty – Yann Gagnier, vous êtes conseiller en gestion de patrimoine depuis de nombreuses années. Et actuel président d’Anacofi Immo. En quelques mots, qu’est-ce qu’Anacofi Immo ?
Yann Gagnier – Anacofi Immo est un syndicat professionnel qui représente l’ensemble des métiers de l’immobilier auprès de ses adhérents. Cela concerne aussi bien l’immobilier d’investissement patrimonial que l’investissement en immobilier d’entreprise.
Anacofi Immo : 1 200 membres, dans 800 entreprises
Guy Marty – Combien comptez-vous de membres aujourd’hui ?
Yann Gagnier – Nous rassemblons aujourd’hui près de 1 200 membres, répartis dans environ 800 entreprises. Certaines structures comptent plusieurs adhérents. Nous faisons par ailleurs partie de l’Anacofi confédérale, qui représente désormais près de 30 000 membres.
Guy Marty – Donc Anacofi Immo est véritablement la branche spécialisée dans l’immobilier au sein de la grande famille Anacofi.
Yann Gagnier – Exactement.
Former et accompagner les professionnels de l’immobilier
Guy Marty – Quels sont, par exemple, les principaux services proposés aux professionnels de l’immobilier ?
Yann Gagnier – Le premier service, et c’est probablement celui qui nous caractérise le plus, concerne la formation. Nous proposons ce que l’on appelle des formations « validantes ». Dans notre métier, les professionnels de l’immobilier doivent justifier de 42 heures de formation tous les trois ans. Nous leur permettons d’accéder à ces formations dans des conditions particulièrement avantageuses. Nous apportons également beaucoup d’informations sur les évolutions du métier, les changements réglementaires et les tendances du marché. Enfin, nous jouons un rôle actif auprès des pouvoirs publics. Grâce à nos échanges avec les députés, les sénateurs ou encore les administrations, nous contribuons à faire remonter les préoccupations du terrain. Nous sollicitons régulièrement nos adhérents afin de recueillir leurs idées et leurs propositions, puis nous les portons auprès des décideurs.
Transformer les besoins exprimés par nos adhérents en projets législatifs
Guy Marty – Avez-vous un exemple concret ?
Yann Gagnier – Oui. Lorsque les discussions autour du statut du bailleur privé ont émergé, nous avons consulté nos adhérents. Nous avons voulu identifier les bonnes pratiques et recueillir des exemples concrets. Ensuite, nous sommes allés rencontrer des députés et des sénateurs, le plus largement possible, afin de leur présenter des propositions construites à partir de cette expérience de terrain. L’objectif est toujours le même : transformer les besoins exprimés par nos adhérents en projets susceptibles d’être portés au niveau législatif.
Guy Marty – Si l’on se place maintenant du côté des conseillers en gestion de patrimoine, quels services leur apportez-vous ?
Le rôle d’Anacofi Immo auprès des CGP
Yann Gagnier – Notre mission consiste avant tout à représenter leur profession et à la rendre la plus utile et la plus efficace possible. Mais cela vaut également pour leurs clients. Un conseiller en gestion de patrimoine travaille d’abord pour ses clients. Il les accompagne dans la définition de leurs objectifs et dans le choix des investissements les plus adaptés à leur situation. À partir du moment où nous sommes capables de dialoguer avec le législateur ou le régulateur, nous pouvons faire valoir leurs intérêts. Et contribuer à améliorer l’environnement dans lequel ils exercent leur activité. Nous organisons aussi de nombreuses rencontres en région. Ces événements permettent non seulement de répondre aux obligations de formation, mais aussi de favoriser le partage d’expériences entre professionnels.
Guy Marty – Je ne peux pas m’empêcher de poser une question à la fois au président d’Anacofi Immo et au conseiller en gestion de patrimoine. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur les SCPI, notamment sur certaines SCPI historiques qui envisagent ou ont déjà décidé de passer à capital fixe ?
SCPI : un actif toujours pertinent dans une allocation patrimoniale
Yann Gagnier – D’abord, les SCPI sont un actif que j’apprécie énormément. Je considère qu’elles sont absolument utiles et même indispensables dans la construction d’une allocation patrimoniale équilibrée. Elles répondent notamment à une problématique qui concerne beaucoup d’investisseurs : la création de revenus, aujourd’hui comme demain.
Cette question nous ramène naturellement à ce qui s’est passé depuis 2023. Certaines SCPI ont connu des difficultés de liquidité. Dans plusieurs cas, le passage au capital fixe est davantage une conséquence de cette situation qu’un véritable choix stratégique. Mais lorsqu’on prend un peu de recul et que l’on regarde ce qui s’est produit dans les années 1990, on constate que certaines SCPI passées à capital fixe ont continué à créer de la valeur. Elles ont poursuivi leur mission : acquérir des actifs de qualité, les gérer efficacement et maintenir une dynamique de valorisation sur le long terme.
Historiquement, certaines SCPI passées à capital fixe ont continué à créer de la valeur…
Guy Marty – Concrètement, lorsqu’une SCPI passe aujourd’hui à capital fixe, pourriez-vous la recommander à certains de vos clients ?
Yann Gagnier – Oui, potentiellement. Mais comme toujours, cela suppose une analyse approfondie. J’examinerais la qualité du patrimoine, la qualité des revenus distribués, le niveau d’endettement, la stratégie de gestion et l’ensemble des indicateurs que nous regardons habituellement. Si ces éléments sont satisfaisants, alors oui, je pourrais considérer qu’il s’agit d’une opportunité pertinente pour certains clients.
Guy Marty – Donc, sous réserve d’une analyse complète, le passage au capital fixe n’est pas forcément un frein.
Yann Gagnier – Exactement. Ce n’est qu’un élément parmi d’autres dans l’évaluation globale d’une SCPI.
Une association utile pour défendre la profession
Guy Marty – Le mot de la fin ?
Yann Gagnier – Nous sommes aujourd’hui près de 1 200 membres au sein d’une organisation qui rassemble bien davantage de professionnels à travers la confédération Anacofi. Notre vocation est de faire en sorte que tous les conseillers en gestion de patrimoine disposant également des différentes cartes professionnelles – qu’ils soient CIF, courtiers ou agents immobiliers – rejoignent Anacofi Immo. Je tiens à rappeler un point essentiel : nous ne sommes pas une association obligatoire. Nous sommes une association utile. Et nous sommes aussi une association capable de porter une voix forte auprès des pouvoirs publics. Plus nous serons nombreux, plus nous pourrons défendre efficacement les intérêts de nos professions.
Guy Marty – J’aime beaucoup cette formule : pas obligatoire, mais utile.
Lire aussi
- « Il n’existe pas encore une marque qui soit un « pur robot » » – David Charlet, Anacofi
- « Environ 15% des Français sont clients d’un conseil en gestion de patrimoine » – David Charlet, Anacofi
- David Charlet, Anacofi : « nos professionnels ne sont pas la cause de la crise. Mais ils font partie de la solution »
- L’Anacofi et la pierre papier
A propos de l’Anacofi Immo(i)
L’ANACOFI IMMO est le principal syndicat professionnel immobilier à représenter les gestionnaires de patrimoine et les spécialistes de la fusion acquisition, réalisant des transactions immobilières, patrimoniales ou d’entreprises. Le rôle de l’ANACOFI-IMMO est de porter à la connaissance des pouvoirs publics les spécificités de nos métiers et de participer aux décisions concernant les dispositifs législatifs et réglementaires de l’immobilier.


