David Charlet, Anacofi : « Nos professionnels ne sont pas la cause de la crise. Mais ils font partie de la solution »

Le président de l’Association nationale des conseils financiers est face à la caméra de pierrepapier.fr. Son constat : le corps de métier qu’il représente a « fait le job » depuis le début de la crise sanitaire. Son espoir : qu’il continue à créer de l’emploi et de la richesse. Interview.

Une rapide présentation…

Bonjour, je m’appelle David Charlet. Je suis président de l’Association nationale des conseils financiers. Je vais me faire un plaisir de vous expliquer ma vie, mon offre. Et puis, de répondre aux questions qui vous intéresseront. L’Anacofi, c’est l’Association Nationale des Conseils Financiers. Ce que ça veut dire ? Cela signifie que c’est la principale organisation des entreprises du courtage et du conseil, en banque, finance, assurance. Pour le consommateur, on utilise souvent deux termes qui leur parlent plus : les conseils en gestion de patrimoine. Et les conseils en finance et développement d’entreprise. Au départ, l’Anacofi, c’est un club. Un club de chefs d’entreprise de différents univers qui, un jour, se posent la question de savoir ce que sera leur avenir. Ce que sera leur avenir réglementaire. Mais pas que… Et puis qui se cherchent ensemble des solutions.

Et l’Anacofi, aujourd’hui ?

Au départ, c’est donc bêtement un think tank. Ce think tank va devenir une organisation professionnelle. Se doter de tout un tas de moyens. Pour devenir aujourd’hui une organisation avec plus d’une centaine d’élus, qui s’occupent des territoires, et une trentaine de salariés. Mais qui ne perdra jamais cette idée générale. Celle d’un club, qui a simplement grossi. Et qui s’est doté de moyens. L’Anacofi représente à peu près 3 300 entreprises cotisantes, 5 000 entreprises avec les filiales. Soit une trentaine de milliers d’emplois dans ce pays. Voilà ce qu’est l’Anacofi aujourd’hui. Et l’on veut vraiment que dans 10, dans 20, dans 30 ans, on ait gardé ce positionnement.

Qu’est-ce qui vous fait « courir » ?

Ce qui me fait courir, c’est tout simplement d’avoir été un homme de ce métier. D’avoir créé un think tank. On s’y est amusé, on y a réfléchi. On y a traité des choses sérieuses, et des choses moins sérieuses. Aujourd’hui, l’Anacofi, c’est en beaucoup plus grand, toujours la même chose. Et après 10, 15, 18, 20 ans à me battre pour mes membres, l’objectif est de continuer à le faire. Parce qu’un type que vous croisez dans le couloir vous dit juste merci, alors qu’il avait des problèmes. Voilà, c’est ce genre de choses qui me font courir.

Jusqu’à quand ?

Ce qui pourrait faire que je n’aurai plus envie de courir ? C’est le jour où tout le monde me dira : « mais qu’est-ce que tu fais encore là ! ». Ce n’est pas le cas. Et puis il y a la richesse des rencontres. Je n’avais pas prévu de rencontrer tous les gens que j’ai rencontrés. La première fois que je me suis retrouvé devant un ministre de l’Economie, c’était inenvisageable pour le petit CGP que j’étais à l’époque. Et ça, il faut quand même reconnaître que, quand on peut avoir ce type d’échanges, beaucoup de choses changent de dimension. Et qu’on se dit :« okay, j’ai envie de continuer ! »…

La crise vous a-t-elle changé ? Vous et vos membres ?

Est-ce que cette crise nous a obligé à changer ? Va-t-elle nous permettre de sortir par le haut ? Vraie question… A priori, oui. Je pense que, pour nos métiers, nous en ressortirons par le haut. Pourquoi ? Tout simplement parce que nos professionnels ne sont pas causes de la crise. Mais ils font partie de la solution. Donc, c’est très simple. Leur image a été positivée par tous les médias. Ils ont fait leur job, quand d’autres entreprises ont fermé. Donc nous pensons très, très, très honnêtement que nous en sortirons par le haut, pour ce corps de métier que nous représentons.

Mais la gestion de la crise en elle-même ?

Pour ce qui est de la gestion et l’accompagnement de nos membres, là, en revanche, il a fallu tout repenser. Oui, nos entreprises, comme les autres entreprises dans d’autres corps de métier, sont impactées. Les adhérents ont voulu de l’aide juridique, de l’aide sur leurs droits, sur leurs avantages. Simplement aussi de l’écoute, parfois. Ou pouvoir basculer tout ce qu’ils faisaient en présentiel vers des solutions digitales. Or, tout n’est pas transformable… Je pense toutefois que nos métiers sont bien placés, beaucoup mieux placés que d’autres types d’entreprises. Et que nous devrions même pouvoir, in fine, créer de l’emploi et de la richesse…

Propos recueillis par pierrepapier.fr


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A propos de l’Anacofi(i)

L’objet de l’Anacofi est la représentation de ses membres pour leur permettre d’exercer leurs professions dans les meilleures conditions et dans le respect de leurs clients. Ces actions sont menées au bénéfice du consommateur, de l’investisseur et du chef d’entreprise, en collaborant avec leurs organes de représentations propres. Initialement un club de dirigeants d’entreprises et un think tank, l’association a à cœur de préserver l’ambiance et de maintenir une « vraie » vie associative, partout en France, y compris dans les départements et territoires d’Outre-Mer.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société