SCPI, OPCI : l’année 2020 avait si bien démarré

SCPI, OPCI : l’année 2020 avait si bien démarré

Comme le laissait entendre la plupart des sociétés de gestion de SCPI et d’OPCI, la collecte du 1er trimestre 2020 était partie pour battre un nouveau record. L’ASPIM et l’IEIF viennent de le confirmer. La progression globale est de 47% par rapport au volume du 1er trimestre 2019. Mais ce trimestre record n’est évidemment pas un indicateur de la tendance 2020…

« S’il est encore trop tôt pour mesurer les conséquences des crises sanitaire et économique sur le secteur et la performance des fonds, force est de constater que les SCPI et OPCI ont abordé la crise en bonne condition », explique Frédéric Bohl, le président de l’ASPIM, dans le communiqué diffusé par l’association des gestionnaires d’actifs immobiliers mardi dernier.

Un 1er trimestre 2020 très porteur

Avec une collecte trimestrielle en hausse, tous véhicules confondus, de 3,8 Md€, SCPI et OPCI avaient effectivement très bien commencé l’année. Les SCPI, avec une collecte nette de 2,56 milliards, enregistrent une progression de 22% par rapport au 1er trimestre 2019. Et réalisent le meilleur 1er trimestre de leur histoire. Les OPCI font mieux en pourcentage. Leur collecte du 1T 2020 – 1,28 Md€- s’avère 130% plus élevée que celle du 1T 2019, période où les souscriptions commençaient déjà à rebondir. Et il s’agit, là aussi, d’un quasi record historique en termes de collecte trimestrielle. Au total, la collecte des SCPI et des OPCI affichait, fin mars, un rebond de 47% par rapport au 1er trimestre 2019.


Fort ralentissement, mais pas d’arrêt de la collecte depuis le confinement

Ce trimestre performant n’est toutefois plus un indicateur fiable de la tendance 2020. Pendant la période du confinement, et surtout à partir d’avril, toutes les sociétés de gestion le reconnaissent, la collecte s’est essoufflée. Mais pas totalement tarie. « La collecte s’est poursuivie en avril. Et, comme attendu, son rythme est très inférieur à celui de la période avant confinement », confirme l’ASPIM, pour le segment des SCPI. La tendance reste donc néanmoins positive. D’autant que les SCPI ne font pour l’heure l’objet d’aucune demande de rachat significative. Mais impossible d’estimer les flux à venir… Côté OPCI, « aucun ralentissement notable des souscriptions n’est à relever avant la 1ere quinzaine du mois d’avril », constate l’ASPIM. Leur flux net s’élevait alors à 60 M€. Contre 190 M€ sur la dernière quinzaine de mars.


Le poids des performances

Là encore, impossible d’anticiper si de nouvelles souscriptions – essentiellement en provenance des contrats d’assurance-vie – viendront alimenter l’encours des OPCI au cours des prochains moins. Les performances obtenues par les véhicules de la pierre-papier entreront sans doute pour partie dans les choix des souscripteurs. Côté SCPI, on sait qu’une partie d’entre elles ont décidé de réduire le premier acompte trimestriel, en anticipation de taux d’impayés en augmentation. « Ces baisses conjoncturelles ne préjugent néanmoins pas du niveau de distribution annuel », rappelle l’ASPIM. Le rendement 2020 dépendra effectivement d’autres facteurs, davantage liés aux conséquences de la crise économique qui s’annonce, qu’à celles du confinement lui-même.

Entre 3,5% et 4% pour les SCPI en 2020 ?

Il devrait toutefois rester largement positif. Plusieurs plateformes de distribution estiment qu’il pourrait être compris entre 3,5% et 4% en 2020. Donc parmi les plus élevés des rendements servis par les placements de long terme. Sur un an glissant, la performance globale des SCPI, mesurée par l’indice EDHEC IEIF Immobilier d’Entreprise France, reste d’ailleurs très confortable. Elle s’établissait à +6,7% à fin mars. Un niveau à peu près identique à celui observé en fin d’année dernière (+6,42%).


Performance flat sur un an pour les OPCI

Côté OPCI, les résultats sont en revanche moins flatteurs. En raison de la chute des indices boursiers et du cours des valeurs foncières cotées en Bourse (-35% sur les 3 premiers mois de l’année[1]), leurs valeurs liquidatives ont, elles aussi, reculé. Dans des proportions heureusement bien inférieures. Fin mars, l’indice IEIF OPCI Grand Public[2] accusait un repli de 2,47% par rapport à fin février. Et de 2,9% depuis début janvier. Les détenteurs d’OPCI Grand Public ont toutefois vu fondre, sur un an glissant, les gains précédemment engrangés. La performance moyenne de l’indice, sur la période, ressort en effet à …0%.

Frédéric Tixier


[1] Indice Euronext IEIF SIIC France

[2] Indice qui mesure la performance des OPCI Grand Public


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A propos de l’IEIF(i)

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion. L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement) et les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, autres FIA).

A propos de l’ASPIM(i)

L’Association française des sociétés de placement immobilier (ASPIM) promeut, représente et défend les intérêts de ses adhérents, les gestionnaires de fonds d’investissement alternatif (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI et autres FIA « par objet »). Créée en 1975, l’ASPIM est une association à but non lucratif qui réunit tous les acteurs du métier de la gestion des fonds immobiliers non cotés. Au 31 décembre 20198, les fonds d’investissement alternatifs (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI, OPPCI et autres FIA) ont une capitalisation globale de 200 milliards d’euros.

(i) Information extraite d’un document officiel de la société