OPCI : la performance plus impactée que la collecte

OPCI : la performance plus impactée que la collecte  

Sur l’ensemble du 1er semestre 2020, les OPCI affichent une collecte en progression par rapport à l’an dernier. Ils font donc mieux, de ce point de vue, que les SCPI. Mais, côté performance, le bilan est moins positif. La faute à la poche foncières cotées…

Les OPCI ont eux aussi pâti de la période de confinement. Ces véhicules immobiliers s’étaient offerts un 1er trimestre 2020 historique, avec une collecte en progression de 130%. Une croissance stoppée nette par la crise sanitaire.

Forte chute du rythme de la collecte mensuelle

Alors que leur collecte mensuelle dépassait encore les 500 M€ en février et mars, « les souscriptions nettes ont chuté à 130 M€ en avril », constatent l’ASPIM et l’IEIF dans leur communiqué du 25 août dernier. En mai, les OPCI n’auront même collecté que 34 M€. Le mois de juin amorce, avec 168 M€, un semblant de reprise. Mais, au total, le second trimestre se termine avec un solde certes positif (332 M€), mais en retrait de 50% par rapport au second trimestre 2019. Un recul important, mais néanmoins inférieur à celui subi par les SCPI sur la même période (-60%). Surtout, les OPCI affichent un 1er semestre 2020 en progression. Avec une collecte de 1,6 Md€, ils progressent de 32% par rapport au 1er semestre 2019. Contre un repli, rappelons-le, de 20% pour les SCPI.


Contre-performance des OPCI

Côté performance, le bilan est moins positif. Alors que les SCPI, sur un an glissant à fin juin, rapportaient encore en moyenne 5,35%, les OPCI, eux, étaient passés dans le rouge : -0,2%. Cette contre-performance, mesurée par l’indice IEIF OPCI Grand Public, s’explique surtout par les résultats du 1er semestre 2020. L’indice des OPCI recule, sur cette période, de 2,6%. La faute, essentiellement, à la poche d’immobilier coté dont sont pourvus, dans des proportions plus ou moins importantes, la quasi-totalité des OPCI. Les foncières cotées ont, on le sait, à l’instar de l’ensemble des actions, été fortement corrigées durant la crise sanitaire. Même si certains sous-secteurs ont mieux tiré leur épingle du jeu (secteur résidentiel et logistique, notamment), le repli a été massif. L’indice Euronext IEIF SIIC France, par exemple, a reculé de 32,4% sur le 1er semestre…

Un 3e trimestre peu porteur

Compte tenu de la poursuite de la baisse des Bourses, au comportement de plus en plus erratique, il a peu de chances que la performance des OPCI se redresse au cours du 3e trimestre. En juillet, elle s’était toutefois reprise, avec un gain de 0,16%. Mais le recul de l’immobilier coté, qui s’est encore creusé depuis fin juin (-37,64% pour l’indice Euronext IEIF SIIC France au 4 septembre[1]) débouchera nécessairement sur un repli encore plus accentué pour les OPCI sur les 9 premiers mois de l’année. La collecte, elle, à l’instar de ce qu’anticipent les gestionnaires sur le segment des SCPI, pourrait fort bien se reprendre…

Frédéric Tixier

[1] Performance depuis le 1er janvier 2020


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A propos de l’IEIF(i)

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion.

L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement), les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, FIA) et le financement.

A propos de l’ASPIM(i)

L’Association française des Sociétés de Placement Immobilier (ASPIM) représente et défend les intérêts de ses adhérents, les gestionnaires de fonds d’investissement alternatif (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI et autres FIA « par objet »). Créée en 1975, l’ASPIM est une association à but non lucratif qui réunit tous les acteurs du métier de la gestion des fonds immobiliers non cotés. En France, au 31 décembre 2019, les FIA en immobilier représentaient une capitalisation totale de 231 milliards d’euros.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société