OPCI : une collecte 2019 toujours en demi-teinte

OPCI : une collecte 2019 toujours en demi-teinte

542 M€ au 1er trimestre 2019, 686 M€ au second, la collecte des OPCI ne progresse que de 9% par rapport au 1er semestre 2018. Le faible dynamisme du marché des OPCI grand public, comparé à celui des SCPI, s’explique notamment par la baisse de régime du leader du marché. Et par des performances plus décevantes.

Après un 1er trimestre dynamique, sans pour autant être exceptionnel (voir « OPCI : la collecte rebondit, mais moins que celle des SCPI »), les OPCI ne transforment pas réellement l’essai sur l’ensemble des six premiers mois de l’année. Avec une collecte cumulée d’un peu plus de 1,2 Md€, leur progression, comparée au 1er semestre 2018, ne s’affiche qu’à 9%. C’est beaucoup, beaucoup moins que la forte reprise des souscriptions des SCPI, qui rebondissent de 78% sur le dernier semestre (voir « Collecte des SCPI, une nouvelle année historique en perspective »).

Collecte OPCI 2019 : +9% seulement par rapport au 1er semestre 2018

La collecte des OPCI reste toujours aussi loin des niveaux de collecte exceptionnels enregistrés en 2016 (3 995 M€ au total, dont 1 994 M€ sur le 1er semestre) et surtout en 2017 (3 982 M€ au total, dont 2 553 M€ sur le 1er semestre). Pour expliquer cette relative consolidation, plusieurs raisons peuvent être avancées. La première est évidemment à rechercher du côté des performances. Alors que les OPCI affichaient une solide progression de leur valeur en 2017, de près de 4% (voir « Les performances annuelles des OPCI »), ces véhicules en partie investis en foncières cotées ont pâti du recul des marchés enregistré fin 2018. L’an dernier, ils ont même subi un recul de leur valeur liquidative (-0,39%), réduisant leur performance globale à 0,8% en moyenne.


OPCI : faible reprise des performances

Depuis le début de l’année, les OPCI ont toutefois profité du meilleur comportement d’une partie du compartiment immobilier coté. Au 30 juin dernier, leur performance sur 6 mois mesurée par l’indice IEIF OPCI grand public mensuel s’affichait à 2,5%, et à près de 2,75% sur un an glissant. C’est donc un léger mieux, qui aurait pu relancer la collecte de ces produits essentiellement distribués via des contrats d’assurance-vie – et souvent en remplacement des traditionnels fonds en euros -. Mais, alors que la plupart des gestionnaires et/ou promoteurs d’OPCI enregistrent effectivement un rebond des souscriptions, notamment sur le second trimestre, la collecte du leader du marché reste toujours en deçà des niveaux qu’il avait coutume d’afficher ces dernières années.

La collecte OPCI d’Amundi Immobilier en deçà de ses niveaux historiques

Amundi Immobilier, toujours numéro 1 incontesté en termes de capitalisation (plus de 8 Md€ fin juin 2019), et en dépit d’un rebond de sa collecte au second trimestre (173,2 M€, essentiellement sur son OPCI phare Opcimmo, vs 138,2 M€ au 1er trimestre), affiche en effet des scores bien inférieurs à ses chiffres habituels, lorsque la société de gestion et ses banques partenaires (Crédit Agricole, Société Générale, Crédit du Nord) étaient imbattables (voir notamment « Amundi Immobilier: une année à 3 Md€ »). Sur les 3 premiers mois de l’année 2019, son statut de premier collecteur du marché lui avait même été ravi par AXA REIM. Une place qu’il retrouve sur le second trimestre et sur l’ensemble du semestre, essentiellement en raison d’un repli important de la collecte d’AXA REIM (62 M€ au 2trimestre, contre 171 M€ au 1er). La montée en puissance d’autres sociétés de gestion, AXA REIM, mais également BNP Paribas REIM France (222 M€ au 1er semestre, soit +155% par rapport au 1er semestre 2018), ou Swiss Life Asset Managers France (132 M€, + 1 286% d’un semestre à l’autre), ne suffit donc pas à compenser le repli du leader, dont la collecte s’affiche en retrait de 50% par rapport au 1er semestre 2018…

Frédéric Tixier


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Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion. L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement) et les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, autres FIA). L’IEIF compte aujourd’hui plus de 120 sociétés membres (2/3 d’investisseurs, 1/3 d’autres acteurs : promoteurs, banques, experts immobiliers, conseils en immobilier, etc.). Le patrimoine immobilier des membres investisseurs représente une valeur globale de près de 300 milliards d’euros. L’IEIF s’appuie sur une équipe de 20 personnes issues à la fois des mondes de la finance et de l’immobilier, dont 6 chercheurs associés. Il dispose de nombreuses bases de données économiques, financières et immobilières, dont certaines ont plus de 30 ans d’historique.

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L’Association française des sociétés de placement immobilier (ASPIM) promeut, représente et défend les intérêts de ses adhérents, les gestionnaires de fonds d’investissement alternatif (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI et autres FIA « par objet »). Créée en 1975, l’ASPIM est une association à but non lucratif qui réunit tous les acteurs du métier de la gestion des fonds immobiliers non cotés. En France au 31 décembre 2018, les fonds d’investissement alternatifs (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI, OPPCI et autres FIA) avaient une capitalisation globale de 180 milliards d’euros. Le nombre total des membres de l’ASPIM est de 97, dont 84 adhérents qui sont des sociétés de gestion de portefeuille (SGP) de SCPI, OPPCI, OPCI et autres FIA en immobilier agréées par l’AMF, qu’elles soient filiales de groupes bancaires, d’assurance, de gestion immobilière étrangère ou entrepreneuriales, et 13 experts correspondants qui sont des professionnels de l’écosystème immobilier (avocats, consultants, auditeurs et experts).