L’accession, coûte que coûte…

Le « Plan d’actions pour le logement » de Christine Boutin traduit bien le discours ambiant : faire du social avec les moyens du bord. Il n’y a pas assez de logements sociaux ? On va en libérer, en sortant les locataires qui n’ont plus rien à y faire pour y accueillir ceux qui en ont le plus besoin. Le parc social n’a pas vocation à loger tout le monde ? Ceux qui peuvent accéder à la propriété seront vivement invités à le faire, d’autant que leur acquisition sera comptabilisée dans le quota communal de 20 % de logements sociaux. Achetez votre logement HLM pour le prix de votre loyer ! Devenez propriétaire de votre maison ou de votre appartement pour seulement 15 euros par jour ! Des petits montants, certes, mais pendant très longtemps. Les prix de vente ont beau être tirés vers le bas et la TVA réduite dans le neuf, les remboursements sont programmés sur 25 à 40 ans. Une vie de labeur, avec tous les incidents de parcours que l’on peut imaginer. Il est à craindre que, dans quelques années, on parle du coût social de l’accession sociale… Et pour les autres, un peu plus fortunés ? Exclus du logement social, ils vont probablement devoir s’orienter, eux aussi, vers l’accession à la propriété, faute d’offre locative privée suffisante. Car l’investissement n’est guère encouragé. Ce n’est pas un nouveau zonage qui va relancer les dispositifs Robien et Borloo, dont plus personne ne veut entendre parler. Ce n’est pas le remplacement de la caution personnelle par une assurance collective et conditionnelle qui va redonner confiance aux propriétaires bailleurs. Le parc locatif privé est dans une impasse. Comment pourrait-il en sortir ? L’heure n’est plus à la mobilisation des investisseurs particuliers, qui ont déjà beaucoup donné pour souvent ne récolter que mépris. Le moment est venu de relancer l’investissement résidentiel des fonds immobiliers. Moins vite on le fera, plus tôt il manquera.

Christian Micheaud

Le « Plan d’actions pour le logement » de Christine Boutin traduit bien le discours ambiant : faire du social avec les moyens du bord. Il n’y a pas assez de logements sociaux ? On va en libérer, en sortant les locataires qui n’ont plus rien à y faire pour y accueillir ceux qui en ont le plus besoin. Le parc social n’a pas vocation à loger tout le monde ? Ceux qui peuvent accéder à la propriété seront vivement invités à le faire, d’autant que leur acquisition sera comptabilisée dans le quota communal de 20 % de logements sociaux. Achetez votre logement HLM pour le prix de votre loyer ! Devenez propriétaire de votre maison ou de votre appartement pour seulement 15 euros par jour ! Des petits montants, certes, mais pendant très longtemps. Les prix de vente ont beau être tirés vers le bas et la TVA réduite dans le neuf, les remboursements sont programmés sur 25 à 40 ans. Une vie de labeur, avec tous les incidents de parcours que l’on peut imaginer. Il est à craindre que, dans quelques années, on parle du coût social de l’accession sociale… Et pour les autres, un peu plus fortunés ? Exclus du logement social, ils vont probablement devoir s’orienter, eux aussi, vers l’accession à la propriété, faute d’offre locative privée suffisante. Car l’investissement n’est guère encouragé. Ce n’est pas un nouveau zonage qui va relancer les dispositifs Robien et Borloo, dont plus personne ne veut entendre parler. Ce n’est pas le remplacement de la caution personnelle par une assurance collective et conditionnelle qui va redonner confiance aux propriétaires bailleurs. Le parc locatif privé est dans une impasse. Comment pourrait-il en sortir ? L’heure n’est plus à la mobilisation des investisseurs particuliers, qui ont déjà beaucoup donné pour souvent ne récolter que mépris. Le moment est venu de relancer l’investissement résidentiel des fonds immobiliers. Moins vite on le fera, plus tôt il manquera.