L’été risque de ne pas être fameux, et alors ?

Avec le CAC 40 de retour dans la zone des 4.000 points, un certain degré de confiance semble avoir été retrouvé. Nous disons « semble », parce qu’il faut reconnaître que ce n’est pas l’euphorie et que les investisseurs restent sur leurs gardes, malgré les bonnes nouvelles apportées par les derniers jours de juin.

Ces bonnes nouvelles sont en effet marquées par  le sceau du provisoire. Le gouvernement grec a pu faire adopter son programme d’austérité par le Parlement, ce qui lui  permet de recevoir de l’Europe et du FMI les chèques tant attendus,  mais il reste à savoir comment ce plan pourra être appliqué dans un pays déjà durement affecté par les précédentes mesures. Quant aux banques françaises, elles ont présenté un plan d’aide qui a le mérite de pouvoir être accepté par leurs homologues européennes et les dirigeants politiques et devrait permettre à la Grèce, s’il est appliqué, d’aller jusqu’en 2013 ; d’autres solutions sont également à l’étude.  Mais, dans tous les cas de figure, ce pays est loin d’être tiré d’affaires : les mesures prises en interne et à l’extérieur vont lui permettre de gagner du temps, il n’est pas encore sûr qu’il pourra retrouver une activité suffisamment élevée  pour réussir à dégager les recettes budgétaires lui permettant de faire face aux échéances de ses crédits.

Le feuilleton n’est donc  pas terminé : la Grèce reste sous surveillance. A la moindre alerte, les marchés peuvent de nouveau s’emballer. La décision de Moody’s de dégrader brutalement la note portugaise nous rappelle  que l’Europe est toujours dans une zone dangereuse.

Interrogations sur la conjoncture

Par ailleurs, les interrogations sont multiples. La première porte évidemment sur le dynamisme de l’économie européenne. Après un bon premier trimestre, la croissance donne des signes de faiblesse, les industriels se montrent moins confiants dans l’avenir et la consommation des ménages donne des signes d’hésitation.  Certains économistes s’inquiètent d’autant plus  de ces signes avant-coureurs d’une activité moins soutenue que la Banque centrale européenne semble vouloir continuer à relever ses taux directeurs.

Aux Etats-Unis, la croissance reste molle : les créations d’emploi sont modestes, la consommation n’est pas très vigoureuse et les prix dans l’immobilier résidentiel restent à un niveau très faible, ce qui ne permet pas d’anticiper une forte reprise dans ce secteur. La fin du programme de politique monétaire très souple (quantitative easing) de la Réserve fédérale dans ce contexte soulève  des inquiétudes : quel va être le moteur de la croissance américaine ? En avril, l’indice RPX composite du prix des logements des vingt-cinq principales métropoles a monté, pour le deuxième mois d’affilée, mais les prix des logements sont encore inférieurs en moyenne de près d’un tiers à ce qu’ils étaient au plus haut, en juin-juillet 2006, il y a cinq ans. Il n’est pas étonnant dans ce contexte que les mises en chantier de maisons individuelles, malgré une petite hausse en mai, soient encore très près de leur plus bas niveau de ces trente dernières années.

En Chine, le ralentissement est sensible aussi : les mesures  prises pour calmer la progression du crédit et éviter la surchauffe commencent à produire leurs effets.

L’hypothèse du « trou d’air »

Faut-il vraiment être inquiet ? Une partie des problèmes actuels s’explique par les suites du tremblement de terre au Japon et les perturbations provoquées dans les autres pays industriels par le manque de composants dans des secteurs clés comme l’informatique ou l’automobile.  La forte hausse du prix des matières premières et du pétrole en début d’année fait aussi sentir ses effets. Le ralentissement  qui se manifeste actuellement a donc de fortes chances de n’être que temporaire. « Les chocs s’atténueront, à mesure que l’économie japonaise récupérera du traumatisme du 11 mars ou que la fièvre sur le marché des matières premières se modérera », estime Jean-Luc Proutat, responsable économies 0CDE à la direction des études de BNP Paribas. Cette opinion est assez largement partagée. L’hypothèse d’un « trou d’air » paraît raisonnable, même si les avis divergent sur le rythme de croissance qui pourrait être atteint ensuite.

Il n’empêche que les informations de cet été risquent fort d’être peu réjouissantes. Ne vous laissez pas décourager et gardez confiance : pour un investisseur dans la pierre-papier, ce ne sont pas les chiffres du jour qui comptent, mais les perspectives à moyen et long terme.

Gérard Horny

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