52% des SCPI ont versé un acompte sur dividende inférieur à celui du 1er trimestre de l’an dernier

52% des SCPI ont versé un acompte sur dividende inférieur à celui du 1er trimestre de l’an dernier

C’est le chiffre estimé par l’IEIF dans l’une de ses dernières publications. A fin mars, la baisse moyenne constatée est de 15% (pondérée par la capitalisation). Un tiers des SCPI a maintenu un niveau d’acompte identique. Les SCPI de commerces et spécialisées dans l’hôtellerie sont, logiquement, les plus touchées.

C’est la prudence qui domine… Une majorité de SCPI a décidé de baisser, dans des proportions plus ou moins importantes, le niveau de leur 1er acompte sur dividende de l’année. L’IEIF, qui a compilé les données disponibles fournies par les sociétés de gestion à fin mars[1], estime qu’elles sont 52% à avoir versé un acompte 2020 inférieur à celui du 1er trimestre 2019.

Une baisse moyenne de 15%

Toujours selon l’IEIF, la baisse moyenne constatée est de 15% (moyenne pondérée par les capitalisations). On le sait, certaines sociétés de gestion ont acté des diminutions encore plus élevées. C’est le cas notamment d’Amundi Immobilier qui annonçait, dès le 15 avril dernier, des reculs compris entre 20% et 30%. La société de gestion a en effet décidé de retenir une approche « maximaliste ». Et de répercuter, dès le 1er acompte, le risque maximal de perte estimé par ses « crash test ». D’autres ont préféré ne matérialiser qu’une partie de ce risque extrême. C’est le cas notamment de sociétés comme Perial AM, Sofidy, Immovalor Gestion, ou de Fiducial Gérance. Les reculs annoncés sont alors dans cette fourchette moyenne de 6% à 18% estimée par l’IEIF.


14% des SCPI ont augmenté leur 1er acompte 2020

D’autres gestionnaires ont choisi une autre approche, qualifiée de pragmatique : distribuer les loyers effectivement perçus, sans pour autant sous-estimer les risques à venir. Sur le 1er trimestre, le taux de défaut ayant été extrêmement faible, le premier acompte est donc souvent en phase avec celui de l’année précédente. C’est le cas, par exemple, pour Primonial REIM. Il en sera sans doute autrement pour l’acompte du 2e trimestre. Période au cours de laquelle les reports -ou annulation- de loyers auront été plus conséquents. Mais toutes les SCPI n’affichent pas, pour l’heure, de recul de leurs résultats. Selon les données de l’IEIF, sur l’ensemble des SCPI d’immobilier d’entreprise ou résidentiel non fiscale, 33% ont maintenu un 1er acompte 2020 identique à celui de 2019.


Les SCPI commerces et hôtellerie plus touchées

Elles sont même 14% à l’avoir augmenté, de 5% en moyenne[2]. C’est le cas, par exemple, de la SCPI Cœur de Régions, chez Sogenial Immobilier. Ou de Vendôme Régions, chez Norma Capital. Cette « résistance » des revenus diffère bien sûr selon la spécialisation de la SCPI. Ce sont logiquement, écrit l’IEIF, « les SCPI spécialisées en commerces et dans l’hôtellerie qui ont le plus, en proportion, ajusté leur acompte ». Il s’agit en effet des secteurs dont l’activité a été la plus durement touchée par le confinement. 91% des SCPI commerces ont ainsi réduit leur 1er acompte, de 17% en moyenne. Aucune ne l’a augmenté. Les SCPI diversifiées sur plusieurs classes d’actifs -dont, souvent, le commerce- sont 83% à avoir baissé leur acompte. Mais de seulement 13% en moyenne.

Les SCPI de bureaux plus résilientes ?

Les SCPI de bureaux semblent avoir été les plus résilientes. 42% d’entre elles affichent des niveaux de distribution inchangés. Et elles ne sont que 37% à accuser un recul. Mais celui-ci est, en moyenne, plus élevé que pour les autres catégories de SCPI : 18%. S’agissant d’une moyenne pondérée par les capitalisations, les décisions prises par les plus grosses SCPI de bureaux du marché -comme celles d’Amundi- expliquent sans doute en partie ce taux plus important. Mais il pourrait aussi refléter les craintes d’un impact plus sévère que prévu des conséquences de la crise économique sur les actifs de bureaux…

Frédéric Tixier


[1] Le marché des SCPI Immobilier d’entreprise et Immobilier résidentiel (non fiscales) du 1er trimestre 2020 – Mai 2020 – IEIF

[2] Moyenne pondérée par les capitalisations


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A propos de l’IEIF(i)

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion. L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement) et les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, autres FIA).

(i) Information extraite d’un document officiel de la société