Le coliving peut-il devenir une tendance immobilière durable ?

Le coliving pour le logement après le coworking pour ls bureaux ? Les projets sont nombreux. Le concept est attrayant. Mais s’agit-il d’une mode appelée à disparaitre ou d’une tendance de fond? Guy Marty était  sur les ondes de Sud Radio, dimanche 4 juillet 2021, Dans l’émission Osez investir animée par Philippe David et Thomas Binet.


Thomas Binet  : Nous avons eu le coworking, et maintenant le sujet qui monte est le coliving. Au-delà du fait que nous sommes passés d’un américanisme à un autre, pensez-vous que cela pourrait se développer en France ?

Pourquoi ne pas dire colocation au lieu de coliving?

Guy Marty : La colocation est un phénomène qui s’est beaucoup développé chez les jeunes ces dernières années. Pour des questions évidentes de budget par rapport au niveau des loyers. Et ce n’est pas un phénomène seulement français d’ailleurs. En Angleterre, il est courant depuis très longtemps que plusieurs familles habitent ensemble. Toujours pour des questions de budget par rapport à la cherté du logement.

Thomas Binet : Donc rien de vraiment nouveau en réalité ?

Logement et lien social

Guy Marty : Si, il y a aujourd’hui deux nouveautés. D’abord, la recherche nouvelle de lien social. On a vu par exemple des familles se regrouper pour construire et habiter un immeuble adapté à une vie plus en commun. Pourquoi ne pas partager une cuisine ou un salon ?  Organiser à plusieurs une partie des courses, ou l’accompagnement des enfants ? On a vu aussi dans certains territoires sinistrés des associations réhabiliter une vielle maison inoccupée et y mettre une personne âgée, un jeune couple en difficulté, et autres personnes à aider. Avec l’intention aussi de rompre les solitudes. Donc cette vision du coliving consistant à sortir du schéma « un logement, une personne » ou « un logement, une famille », est une tendance nouvelle et intéressante.

Thomas Binet : Vous avez parlé de deux nouveautés…

Coliving et économie de services

Guy Marty : C’est une caractéristique de notre époque, on invente sans cesse de nouveaux services. En bon américain dans le texte, après le coworking pour les entreprises, qui a révélé une demande potentielle considérable, pourquoi pas le coliving ? Un promoteur puis un investisseur, plus un prestataire de services. Et l’on offre à des particuliers ou des familles de se regrouper dans un immeuble bien conçu pour cela. Donc avec des parties privatives et des parties vraiment communes. Le prestataire de services propose une sorte de gardiennage super développé, peut-être même des animations. Avec la règle d’or de notre époque, le zapping. Chacun peut s’installer durablement, ou être de passage.

Thomas Binet : Donc le coliving n’est pas une mode superficielle ?

Guy Marty : Difficile de dire quelles formules exactement finiront par s’imposer. Mais ce qui est sûr c’est que beaucoup de gens veulent renouveler la façon de vivre ensemble. Et le coliving s’inscrit dans cette tendance de. fond.


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