La dette abyssale doit-elle nous empêcher de dormir ?

La dette de la France est un grand sujet. Qui occupe et divise. On ne peut pas la rembourser, mais il faudra la rembourser. Non, il faudrait trouver une solution brillante. Si, toute dette doit être payée. Ces débats et controverses  occupent beaucoup d’attention. Et mobilisent du temps d’information. Cherchez l’erreur…



Bonjour,

J’espère que vous êtes en forme, et aujourd’hui je voudrais partager avec vous mon étonnement, voire mon incrédulité. Devant l’information économique qui nous recevons jour après jour.

La dette de la France

Par exemple l’un des grands sujets occupent l’actualité est celui de la dette. La France est endettée de 2 700 milliards d’euros. Les uns disent qu’il faut d’urgence commencer à rembourser, les autres plaident que le remède serait pire que le mal. Et l’on se chamaille, à grand renfort d’arguments et de doctrines ! Mais tous ceux qui débattent de ces 2 700 milliards savent-ils de quoi ils parlent ?

Personnellement, je ne sais pas penser en milliers de milliards, et vous allez tout de suite comprendre l’absurdité de l’exercice.

Remplaçons un euro par une seconde, et essayons de compter.

Un million de secondes, c’est douze jours. Pas de souci, nous sommes en terrain connu.

Maintenant, passons à un milliards de secondes. Cela correspond à 32 ans. Revenons 32 ans en arrière, donc en 1989. De beaux films, comme Le cercle des poètes disparus ou Indiana Jones. Mais aussi, l’année de la chute du mur de Berlin et de la fin de la guerre froide. La Chine était encore absente de la scène économique internationale. La mondialisation ne nous avait pas encore bousculé. Internet n’existait pas, ni les smartphones, ni les réseaux sociaux, ni d’ailleurs les inquiétudes sur le climat. Que ce monde est loin ! Déjà irréel, un autre monde en fait.

Et allons vers mille milliard de secondes. C’était il y a trente-deux mille ans ! Où en était l’humanité ? Mille milliards de secondes, cela ne veut plus rien dire. Alors mille milliards d’euros, ou deux mille sept cent milliards d’euros ?

Pourquoi parler des milliers de milliards de dette ?

Oui, les Banques Centrales vont devoir s’occuper du monstre qu’elles ont créé. Il est certain que le système monétaire dans lequel nous vivons depuis des décennies va devoir évoluer, peut-être radicalement. Mais ce n’est pas un sujet pour notre actualité quotidienne, comme si telle ou telle prise de position faisait soudain avancer les choses. Ou alors c’est un alibi, pour occuper les esprits au lieu de redescendre sur terre…

Voici à quoi cela me fait penser. Autrefois il y avait des dieux. Les anciens Grecs, par exemple, passaient beaucoup de temps à se préoccuper des caprices de Zeus, ou d’Athena la guerrière, ou de Poséidon qui faisait les tempêtes. Et les prêtres expliquaient que ces divinités pouvaient créer de grandes perturbations, qu’il fallait les prendre en compte, beaucoup penser à elles, mais qu’on ne pouvait rien y faire. Alors, quand les économistes et les politiques nous parlent aujourd’hui de dette, ou de PIB – ah, plus de deux mille milliards d’euros celui-là aussi – j’ai l’impression qu’on est dans le même mécanisme.

Réconcilier l’actualité et la vie économique

En fait, les vrais chiffres de l’économie, ceux qui devraient être sur le devant de l’actualité parce que l’on peut éventuellement agir, ce sont les chiffres de l’emploi par exemple. Combien d’emplois créés dans le bâtiment, ou dans l’informatique et internet ? Comment évolue l’emploi des jeunes ? Il y aussi les chiffres des entreprises, le nombre de créations, leur profitabilité, comment elles évoluent. Là il y aurait des analyses à faire, des solutions à chercher, des décisions à prendre. Là les débats seraient en prise avec les réalités économiques.

Chacun de nous est un acteur économique. Chacun de nous peut agir, dans son propre domaine, à sa propre échelle, pour résoudre des situations et améliorer un peu ou beaucoup les choses autour de lui.

Ce ne serait quand même pas mal si nous avions dans les actualités, des informations qui nous soient utiles.

Je vous souhaite une très bonne journée.

Voir aussi :

Que faire pour vraiment réussir la reprise économique ?

Économie, comment les chiffres nous trompent