Colonial envisage de sortir de Foncière Lyonnaise

rond-immeubleLe désengagement de cet actionnaire de contrôle espagnol donnera le coup d’envoi à la consolidation du secteur des sociétés foncières cotées à Paris

C’est presque dans l’indifférence qu’une étape sur la recomposition du capital de la société Foncière Lyonnaise se prépare. Son cours de bourse est resté stable vendredi à 39 euros, dans un volume d’échanges sans relief de 800 titres, alors même qu’une offre publique semble probable si ce retrait se concrétise. L’action SFL conserve une décote de 14% sur son actif net réévalué (ANR) triple net EPRA de 45,2 euros, toutefois les opérations, inamicale visant Foncière Paris France, ou amicale lors de l’offre d’échange Silic/Icade ont montré que l’ANR a perdu son rôle de protecteur absolu des actionnaires minoritaires dans la fixation du prix des offres publiques d’achat ou d’échange.

Dans un avis financier déposé hier auprès du régulateur boursier espagnol, la CNMV, Colonial envisage la vente de certains actifs ou la réalisation d’une augmentation de capital, précisant n’avoir pris aucune décision à ce stade. Parallèlement, Colonial a averti sa filiale française, la société d’investissement immobilier cotée (SIIC) Foncière Lyonnaise (SFL), dont il détient 53,5 % du capital, qu’il envisageait une cession « partielle ou totale » de sa participation au sein du groupe immobilier français. Ces déclarations de l’actionnaire espagnol s’inscrivent dans le cadre de la négociation de sa dette, dont l’échéance tombe fin 2014. La cession des parts dans SFL constituerait « l’une des alternatives explorées ».

De son côté, SFL acte de la nouvelle donne et indique simplement suivre avec attention les évolutions de la situation et les impacts éventuels pour la société.

Il ne devrait donc plus avoir à attendre longtemps pour connaître l’épilogue d’un dossier présent sur la table des spéculateurs depuis le début de la crise économique en Espagne. Parmi les issues possibles d’un nouveau tour de table, on remarquera que deux prétendants sont déjà sur les rangs : Unibail-Rodamco est entré au capital de SFL il y a trois ans et détient 7,2 % de son capital, dépassant ainsi le groupe Orion qui avait ramassé auparavant 6,4 % de celui-ci.

Après le renouveau du compartiment des sociétés foncières dans la foulée du statut de transparence fiscale des SIIC, créé en 2003, nombre d’observateurs attendent depuis plusieurs années une consolidation du secteur qui tarde à venir. Jusqu’ici à l’exception du rapprochement en cours entre Silic et Icade, et la cession de la moitié de la participation de BNP Paribas dans Klépierre, les changements de contrôle dans le secteur des foncières n’ont concerné que des acteurs de second rang. Ce qui n’a pas empêché des opérations pleines de sens. Dernièrement, le réassureur Scor a repris à bon compte, MRM, dont il a finalisé la renégociation d’une dette menaçante. Scor a ainsi discrètement signé le retour des institutionnels français dans le contrôle des foncières cotées. Parmi les autres dossiers les plus attendus dans le secteur figure au premier plan l’avenir de Gecina, dont le principal actionnaire espagnol Metrovacesa est, comme Colonial, en proie à des difficultés financières. De même, BNP Paribas n’a pas vocation à conserver sa participation actuelle dans Klépiere et pourrait céder le solde de sa participation à l’Américain Simpon Property avec qui il a déjà négocié son désengagement partiel l’an dernier.

A propos de SFL
SFL affiche un patrimoine évalué à 3,8 milliards d’euros, essentiellement centré sur le Quartier Central des Affaires de Paris. Entièrement dédié à l’immobilier tertiaire « prime » parisien, SFL a restructuré son portefeuille d’actifs afin de disposer d’un périmètre focalisé sur ce segment de l’offre à Paris. L’objectif : être et rester le leader incontesté sur ce marché. Pour cela, SFL dispose d’atouts majeurs : une offre d’immeubles de bureaux incomparables en termes de taille, de localisation et de typologie de produits ; un savoir-faire pointu dans le développement et la restructuration d’immeubles sur les sites les plus complexes et les plus attractifs de Paris ; une forte capacité à mettre en place des produits et services adaptés à l’accueil des équipes du front office des entreprises performantes.
Vendredi 7 juin 2013, au cours de 39 euros, sa capitalisation boursière ressort à 5,84 milliards d’euros.

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