Thomas Laforêt, Atland Voisin : « Certains indicateurs, autour desquels se cristallise la communication des SCPI, nous semblent trop réducteurs… »

Thomas Laforêt, directeur marketing d’Atland Voisin, est face à la caméra de pierrepapier.fr. La communication autour des SCPI est souvent trop réductrice, estime-t-il. On ne peut pas se fier au seul « TDVM ». Le niveau des frais est aussi un indicateur à relativiser. Prise de parole.

Une rapide présentation ?

Thomas Laforêt, 37 ans. Je travaille chez Atland Voisin depuis maintenant 6 ans. J’en suis le directeur marketing. Ce qui me fait me lever le matin ? C’est justement l’idée de pouvoir participer au développement de notre entreprise. Et puis d’accompagner nos partenaires, nos clients, dans la gestion de leur épargne.

Un défi en particulier, dans votre quotidien ?

Un des plus gros défis que j’ai en ce moment, c’est de faire passer nos messages dans un climat qui est forcément anxiogène. A raison, car il y a effectivement des raisons de s’inquiéter. Mais il y a aussi des raisons de continuer à croire dans l’intérêt des SCPI. Les SCPI que nous gérons, ou celles gérées par nos confrères. En pratique, l’an dernier, nous avons renforcé notre communication. Nous avons pris la parole tous les 15 jours, dès le premier jour du premier confinement. Pour informer nos clients, nos partenaires, sur le niveau de liquidité de leur SCPI, sur les prévisions d’impacts, sur les négociations avec les locataires…

Mort des bureaux, des commerces : vous répondez quoi ?

Soyons clair, les bureaux et les commerces ne vont pas mourir. Ils vont s’adapter. Aujourd’hui, nous sommes face à des phénomènes qui, certes, existent, mais vont s’étaler dans le temps long. Il n’est pas question de les ignorer. Mais simplement de dire que les gérants de SCPI sauront s’adapter. Si l’on raisonne « factuel », rappelons par exemple que les loyers à Paris, ou en Ile-de-France, sont au moins 2 fois supérieurs à ceux des métropoles régionales. On ne parle pas de la même chose selon les marchés. Les salariés, par exemple, vont passer beaucoup plus de temps dans les transports à Paris ou en Ile-de-France que dans d’autres métropoles régionales. L’attente des salariés vis-à-vis du télétravail n’est pas uniforme. Il est donc impératif de distinguer court et long terme, et de raisonner par type de marché sous-jacent…

Que penser de la communication autour des SCPI ?

Je suis en désaccord avec certaines des communications aujourd’hui faites autour des SCPI. Mon premier désaccord porte sur les classements qui se concentrent quasi uniquement sur les rendements, sur les fameux TDVM[1]. Cette information est insuffisante. Il est impératif de la mettre en relation avec la taille de la SCPI, son ancienneté. Il est nécessaire de préciser si ce rendement inclus, ou pas, des distributions de réserve. D’indiquer si ce rendement est net de fiscalité à l’étranger, ou pas. Ce type d’information requiert donc un niveau d’analyse bien supérieur à ce que résument de simples tableaux de classement…

Et le sujet des droits d’entrée ?

C’est un autre point qui me pose problème : la communication autour des SCPI sans frais d’entrée. Un discours qui se réduit d’ailleurs souvent à un discours sur des SCPI « sans frais »… Il est évident que plusieurs modèles de facturation sont possibles. Chaque SCPI a le sien. Mais considérer qu’une SCPI sans frais d’entrée s’avèrera, sur toute la durée d’un placement, in fine plus favorable pour l’investisseur, est totalement réducteur. On peut même aller jusqu’à considérer qu’une comparaison des SCPI en termes de frais conduit à une perte de lisibilité. Certains indicateurs, autour desquels se cristallise la communication des SCPI, nous semblent donc trop réducteurs.


Propos recueillis par pierrepapier.fr

[1] Taux de distribution sur valeur de marché


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A propos d’Atland Voisin(i)

Pionnier en matière de placement immobilier collectif, avec la création d’Immo Placement dès 1968, Atland Voisin gère plusieurs SCPI en immobilier d’entreprise qui représentaient un patrimoine de 1,6 Md€ pour le compte de 30 000 associés environ au 31/12/2020. Depuis septembre 2016, la société est présente sur le marché des OPCI professionnels avec les véhicules Transimmo et Dumoulin, qui représentent plus de 435 M€ de patrimoine (au 31/12/2020). Atland Voisin est filiale de Foncière Atland, Société d’Investissement Immobilier Cotée.

(i ) Information extraite d’un document officiel de la société