Terreïs : les limites d’une gestion opportuniste

terreis-03Les valeurs d’expertise ressortent en forte hausse pour les immeubles acquis ces dernières années dans de très bonnes conditions. Mais aujourd’hui la stratégie de la foncière peine à convaincre.

La foncière Terreïs a publié un revenu annuel en croissance de 16,4% à 71,9 millions d’euros, dont 66,8 millions pour les bureaux (+19,8%) et 5,1 millions pour le résidentiel qui affiche un repli de 15,3%. Le seul quatrième trimestre a maintenu ou accentué ces tendances avec une progression de 18,3 % dans le bureau et une baisse de 18 % dans le résidentiel. Parallèlement, le taux d’occupation reste élevé à 95,3 % même si la vacance technique d’immeubles en cours de travaux soit considérée comme une occupation….

Le patrimoine de Terreïs a connu une appréciation considérable dans ses expertises puisque l’essentiel de la revalorisation touche le patrimoine existant pour 116,6 millions d’euros sur une croissance globale de 168 millions et que la valeur des immeubles acquis au cours de l’exercice ne soit responsable que de 85,3 millions dans la hausse de ce patrimoine. Cette évolution montre à quel point Terreïs a réalisé au cours des exercices précédents d’excellentes opérations d’acquisition. Mais aujourd’hui, le marché s’interroge sur la capacité du groupe à reconduire la saisie de belles opportunités d’investissement. Un gérant s’interroge ainsi « Terreis c’est une histoire qui prend fin, le management saura-t-il en écrire une nouvelle quand la hausse de l’immobilier tertiaire parisien qui a fait les choux gras de la société rend les nouvelles acquisitions dans la capitale peu rentable ? » tandis que les analystes d’Invest Securities qui louent les investissements judicieux du passé s’alarment du « marché devenu trop concurrentiel pour offrir des opportunités de taille et cette force est bien valorisée par le marché ». Ces derniers estiment qu’avec un multiple de 20,4 fois le cash-flow attendu pour 2015 est certes inférieur à celui de ses concurrents (21,5 fois) SFL, GECINA et FONCIERE 6&7 qui opèrent comme Terreïs sur les bureaux parisiens mais que cet avantage ne permet pas de justifier un rendement du dividende de seulement 2,3% au cours actuel qui est deux fois moindre que celui de ses pairs (4,7% en 2015e). D’autant que Terreïs reste plus endetté que ses pairs (LTV proche de 50 %) et que le projet réaffirmé des dirigeants de Terreïs de faire appel au marché pour poursuivre sa croissance suppose une légère décote sur la valeur d’ANR lors des augmentations de capital.

De quoi relativiser l’atout d’une décote du cours de Bourse (28,85 euros en baisse de 1,87 % lundi) sur la valeur d’ANR qui devrait selon Invest Securities enregistrer une nouvelle progression (+7,0% à 32,47 euros par action).

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