La montée en puissance des trackers immobiliers masque le déclin des fonds de sélection de valeurs

etfLeur poids relatif ne cesse d’enfler. Le 31 mars dernier, les ETF immobiliers ou fonds indiciels cotés investis en actions de sociétés foncières pesaient 61 % de la capitalisation totale des OPCVM de droit français sur le compartiment immobilier.

Ces 12 ETF sont responsables de l’essentiel de la croissance de la capitalisation du secteur, ils ne pesaient que 50 % de l’encours des OPCVM immobiliers il y a tout juste un an.

L’actif net du secteur s’établit à 6,6 milliards d’euros au 31 mars, soit 2,7 % des OPCVM Actions.

La collecte nette s’élève à 133 millions d’euros en mars, après une collecte de 88 millions en février. La collecte a bénéficié à l’ETF « IShares FTSE EPRA/NAREIT Developed Markets Property Yield ». Au 31 mars 2013, les 4 ETF de Barclays Ishares, domiciliés en Irlande mais commercialisés en France en application de la directive UCITS IV représentent à eux seuls 3,4 Mds € d’actifs nets, soit 51% de l’encours total des OPCVM immobiliers disponibles pour les investisseurs particuliers et institutionnels en France. A leur tête, l’ETF « Ishares FTSE EPRA/NAREIT Developed Markets Property Yield » atteint 1,9 Md € d’actif net au 31 mars 2013. Son allocation d’actifs est très internationale avec 52% d’exposition à des foncières cotées aux Etats-Unis, 11% à Hong-Kong et 9% en Australie.

Hors trackers, la capitalisation des OPCVM immobiliers a continué de s’effriter au premier trimestre 2013 avec un encours de 2 572,3 millions d’euros contre 2 592,4 millions en fin d’année 2012 … alors même que les Sociétés d’investissement immobilier cotées (SIIC) ont continué de surperformer les indices généraux. Un facteur important de ce déclin est à mettre sur le compte de la prohibition de nouveaux titres de SIIC et d’OPCVM immobiliers sur les PEA depuis la fin 2011.

Si on observe sur un an les deux poids lourds des Sicav immobilières (hors ETF), on constate que le nombre de parts en circulation est passé en un an de 1 721 730 à 1 582 769 parts pour AXA AEDIFICANDI, et de 8 847 096 à 7 551 757 parts pour ALLIANZ FONCIER.

Cette offre de fonds indiciels a pris le relais du fort développement du compartiment des foncières au sein de la cote parisienne autorisée par le statut SIIC qui en a fait le premier compartiment foncier européen (avec une capitalisation de près de 50 milliards d’euros) a permis de conforter la part du compartiment immobilier dans l’ensemble des OPCVM commercialisés en France. Cette part a presque doublé en 12 ans, en passant de 0,3 à 0,58%. Et si on retient l’univers des OPCVM actions, cette part qui était de 1,94 % le 31 décembre 2002 est aujourd’hui de 2,67%.

A noter que le rythme mensuel des souscriptions nettes en OPCVM immobiliers ralentit. Il était de 12,5 millions par mois en 2012. Il n’est plus que de 5,3 millions sur les trois premiers mois de 2013.

Du côté de la rentabilité globale moyenne des OPCVM immobiliers (hors ETF) sur 3 ans, le score est positif à la fin mars avec 14,4% et une volatilité de 15,6%.

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