L’immobilier de prestige, grand bénéficiaire ou victime de la mondialisation ?

Appartement-MonacoLa dérégulation financière a aussi impacté l’immobilier physique. Et plus encore l’immobilier de prestige, dont la valorisation peut fluctuer au gré de mouvements de capitaux internationaux globalisés. Il bénéficie en outre de l’augmentation croissante du nombre de millionnaires, partout dans le monde. Résultat : les prix de l’immobilier de luxe ont explosé dans les grandes métropoles mondiales, qui se livrent à une concurrence féroce pour attirer les clientèles fortunées…

« On n’achète pas un bien dans le luxe pour obtenir une rentabilité locative élevée… ». Nicolas Tarnaud[1], qui vient de publier une étude sur la mondialisation de l’immobilier de luxe dans la revue l’Observateur de l’Immobilier du Crédit Foncier, revient sur les grands drivers de l’immobilier de prestige au niveau mondial.

Marché globalisé – Pour l’économiste, l’immobilier résidentiel, et plus particulièrement l’immobilier de luxe, profitent de la financiarisation de l’économie depuis une trentaine d’années. Avec l’internationalisation des flux de liquidités, et la volatilité croissante de leurs allocations, les marchés immobiliers physiques sont devenus en partie dépendants de la bonne ou de la mauvaise santé des marchés financiers. Ainsi, rappelle-t-il, « le marché de l’immobilier haut de gamme à New-York, Miami ou Los Angeles a souvent été corrélé à la vitalité des marchés actions et obligataires américains. Le marché du luxe se ralentira rapidement à New-York, en Floride et en Californie au lendemain de la crise américaine des subprimes de 2008 ». Si l’immobilier de prestige peut pâtir des crises financières, la globalisation des échanges et la multiplication du nombre de millionnaires un peu partout dans le monde (fin 2013, il y avait 12,5 millions de High Net Worth Individuals[2] dans le monde, soit 46 % de plus qu’en 2008[3]), lui ont plutôt réussi.

Concurrence entre grandes métropoles mondiales – Entre 1998 et 2013, le prix au mètre carré d’un appartement parisien haut de gamme (place Fürstenberg, dans le 6e arrondissement parisien) est ainsi passé de 9 000 € le mètre carré à près de 30 000 €. Une augmentation de 226%, à comparer à une inflation du coût de la vie sur la même période de 27,9%… Et pourtant, à en croire le comparatif entre grandes villes mondiales établi par l’étude, Paris n’est pas la capitale la mieux positionnée. « De nombreux appartements de luxe se trouvent sur le marché depuis plusieurs années », écrit Nicolas Tarnaud, qui constate que si « Paris redevient attractif au niveau des prix », le fait que les non-résidents soient assujettis à l’ISF « peut être un frein pour les biens de plusieurs millions d’euros ». Autre obstacle à l’attractivité de la capitale française : elle ne dispose pas d’assez d’appartements neufs de prestige, dotés des prestations et des services (piscine, spa, concierge, régisseur…) auxquels sont habitués les millionnaires multipropriétaires…

luxe

A propos de Crédit Foncier(i)
Le Crédit Foncier est aujourd’hui la première société spécialisée dans les financements et services immobiliers en France. Filiale à 100 % du Groupe BPCE, 2e groupe bancaire en France, le Crédit Foncier s’adresse à l’ensemble des acteurs qui, à un titre ou à un autre, ont besoin d’une expertise et d’une compétence unique pour trouver une réponse à la mesure de leurs besoins immobiliers : les particuliers bien entendu, mais aussi les professionnels, les investisseurs et les collectivités locales. A tous, le Crédit Foncier apporte ses capacités d’innovation et de créativité, ainsi que son expérience d’un marché sur lequel il agit depuis plus de 160 ans.
(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

[1] FRICS, Docteur en économie, Titulaire de la chaire immobilier et société, Neoma Business School.
[2] Personnes qui possèdent plus de 1 million de dollars de liquidités, en plus de leur résidence principale, et sans intégrer les biens de consommation.
[3] Sources: World Wealth Report 2013 de Capgemini et Knight Frank.

1 réponse
  1. Avatar
    arnaud dit :

    Assez savoureux…
    Sur la triple comparaison mise en exergue, le fait d’être imposé à l’ISF à Paris est largement compensé par le delta du prix d’achat (12 M deuros en plus !!) et la taxe foncière et les charges (13500 euros en plus /MOIS !!! ), par rapport à NY par exemple, même s’il n’existe pas de piscine ou conciergerie, aisément accessibles par ailleurs

    Donc l’ISF ne dissuade en rien d’acheter à Paris versus NY ou la vilaine Monaco, ou alors ils ne savent pas compter… ni bien vivre !!

    Encore une étude inutile…..

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