Le pire n’est jamais sûr… Le meilleur non plus

Un souffle d’optimisme se répand sur les marchés financiers. Malgré la dégradation de la note de la France et de huit autres pays de la zone euro, la détente est nette sur le front obligataire.

Après des mois de stress, le regain des indices boursiers est net. Sensibles à l’air du temps les équipes d’économistes et d’analystes des banques et des grandes institutions de gestion relativisent maintenant les grands dangers encourus par la zone euro et la planète finance. Les hirondelles volent en escadrille, le printemps s’annonce tôt cette année.

Le plus étonnant dans les présentations faîtes à la presse en ce début d’année tient à l’absence de nuages. Les conséquences récessives de la baisse de la dépense publique en zone euro (près de 1,5 % du PIB en 2012), le prix de l’énergie prohibitif avec un baril de pétrole qui refuse de décrocher de la barre des 100 dollars, le ralentissement de la croissance mondiale, la reprise économique aux Etats-Unis assise sur une reprise de l’endettement des ménages, le besoin de refinancement de 300 milliards d’euros des acteurs de l’immobilier européen (selon les calculs de CBRE effectués en fin d’année dernière) sont rarement évoqués par les prévisionnistes…

Sans doute les Cassandre qui annonçaient que l’euro ne passerait pas Noël sont-ils condamnés au silence pendant quelques temps. Mais le voile rose que revêtent les analyses actuelles est-il tout autant excessif que la grisaille des mois précédents. Gérer c’est garder la tête froide et tenter de conserver un coup d’avance.
Attention au retour de bâton !

Christophe Tricaud

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