Ce que change le nouveau Plan d’épargne retraite…

Jean-Charles Naimi, journaliste indépendant, ancien conseiller en gestion de patrimoine, revient sur les contours du nouveau Plan d’épargne retraite (PER). Et sur les objectifs, en termes d’orientation de l’épargne, qui sous-tendent sa mise en place…

Pierre Papier – La création du nouveau PER, qu’est-que cela change ?

Jean-Charles Naimi – Le nouveau PER, qu’est-ce que ça change ? Aujourd’hui, vous avez plusieurs produits d’épargne consacrés à la retraite. On va juste définir ce que c’est que l’épargne retraite. Parce que, finalement, on peut faire la retraite avec beaucoup de placements, beaucoup de vecteurs, beaucoup de véhicules…

Pierre Papier – Donc l’épargne retraite, c’est…

Jean-Charles Naimi – L’épargne retraite, c’est une épargne dont vous ne pourrez disposer qu’au moment du départ en retraite. Et pas avant. Sauf dans des cas, on va dire, de force majeure. Mais sinon, c’est au moment de la demande de liquidation de la retraite. Jusqu’à présent, vous aviez deux produits individuels : le plan d’épargne retraite populaire, le fameux PERP. Et vous aviez le contrat Madelin pour les travailleurs non salariés. Et vous aviez les contrats en entreprise, que l’on appelle techniquement les articles 83, ou les plans d’épargne retraite en entreprise, qui sont souscrits par les employeurs. Et puis vous aviez aussi un autre contrat d’entreprise, dérivé de l’épargne salariale, qui s’appelle le PERCO, le plan d’épargne retraite collectif. Là aussi, c’est un contrat mis en place par l’entreprise pour tous les salariés.

Pierre Papier – Que va permettre le nouveau dispositif ?

Jean-Charles Naimi – Demain, l’épargne retraite issue de la fameuse loi PACTE va créer un seul produit, une seule enveloppe. Vous allez pouvoir y mettre les versements individuels. Et les versements de l’entreprise, qui peuvent être des versements à titre obligatoire, ou des versements à titre facultatif.

Pierre Papier – Quel est en réalité l’objectif poursuivi par ce nouveau PER ?

Jean-Charles Naimi – Ce que le gouvernement souhaite, c’est développer les fameux fonds à gestion pilotée. C’est-à-dire intégrant au départ une quantité de produits à risque assez importante, ces produits à risque ayant vocation à diminuer avec le temps. On parle donc d’une sorte de gestion à horizon, mais en fonction de l’âge. Et au niveau du rendement, ce sera le rendement des marchés financiers et celui de l’allocation d’actifs…

Propos recueillis par Pierre Papier

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A propos de Jean-Charles Naimi

Jean-Charles Naimi est journaliste indépendant, ancien conseiller en gestion de patrimoine, et ancien rédacteur en chef délégué de L’Agefi Actifs et responsable éditorial de Previssima.