Entretien avec Guy Marty

logoIEIF-150Le colloque de rentrée de l’IEIF donne la parole aux acteurs du changement

Pourquoi avoir choisi la tour Carpe Diem pour organiser le colloque de rentrée de l’IEIF intitulé « Immobilier : 2013 et après… » ?

Guy Marty : La tour Carpe Diem qui vient d’être inaugurée à La Défense est un beau témoin de notre monde qui change. A l’IEIF nous préférons des expériences concrètes aux réflexions prospectives trop déconnectées de la réalité. Carpe Diem est la première  tour de nouvelle génération construite dans le quartier d’affaires de l’ouest parisien. L’architecte Robert A. M. Stern a fait un travail remarquable. Il faut entrer à l’intérieur pour comprendre comment la qualité de vie de ses occupants a été prise en compte. Et justement nous voulons inviter les participants à notre colloque sur l’état de la question de l’immobilier durable.

Pour vous y aider Jean Carassus interviendra sur le thème « à quoi s’attendre » ?

Les normes ne cessent de changer dans un maelstrom impressionnant tout comme les procédures d’homologation et les nouvelles contraintes à prendre en compte dans les rapports entre propriétaires et locataires. Jean Carassus, professeur à l’école des Ponts Paris Tech, livre un point de vue riche et dynamique sur la question. Sans minimiser les nouvelles contraintes il saura aussi faire part de son enthousiasme sur les formidables potentialités de la révolution qui est en marche. Le train est lancé à vive allure, et d’ailleurs Stanislas de Chalambert lui succédera à la tribune en mettant l’accent sur les échéances à venir… dès 2015.  Les investisseurs sauront à quoi s’attendre.

Pour les investisseurs, aux côtés du développement durable, la mise en œuvre du « Grand Paris » reste difficile à appréhender ?

Oui c’est le deuxième axe de réflexion du colloque. Avec son talent d’historien Bernard Roth nous rappellera que l’histoire de la capitale est jalonnée de grands projets dont heureusement beaucoup d’entre eux n’ont pas vu le jour. Mais cette promenade dans le Paris rêvé nous l’avons réservée pour la fin de la journée avant de monter au 35 ème étage de la tour pour admirer la ville en fin d’après-midi (16h30) autour d’un cocktail où les participants pourront se retrouver pour échanger, car les colloques de l’IEIF c’est aussi ce qui se passe en dehors de l’auditorium… Quant au « Grand Paris » d’aujourd’hui, il est mouvant et instable.  C’est pourquoi nous avons invité Nicolas Buchoud, le tout nouveau président du « Cercle Grand Paris de l’Investissement Durable » pour nous dire ce qui se fera et ce qui ne se fera pas. Là aussi les investisseurs sauront à quoi s’en tenir.

Justement les investisseurs qui allouent une part de leurs actifs dans l’immobilier le font souvent car pour eux l’immobilier est synonyme de visibilité longue. Ces multiples changements ne modifient-ils pas la donne ?

La crise a fait prendre conscience aux institutionnels que l’immobilier n’était pas assez présent dans leur allocation d’actifs. Ils sont prêts à accompagner le mouvement pourvu qu’il soit suffisamment balisé. Leur retour sur l’immobilier est structurel et ce grand virage pris ne sera pas remis en cause quand les effets de la crise s’estomperont. Plusieurs grands investisseurs institutionnels viendront témoigner en ce sens le 22 octobre.

Qui sont ces investisseurs ?

Aujourd’hui on a affaire à une très forte pluralité d’investisseurs. Bien sûr les compagnies d’assurances restent centrales que ce soit pour leur gestion des contrats d’assurance-vie ou leurs fonds propres. A leurs côtés, on a vu se créer ou se développer ou venir en France beaucoup de fonds aux origines et aux finalités diverses. Ce sont les fonds de pension, les fonds souverains ou des fonds répondant à d’autres objectifs de gestion et d’épargne. Enfin, les collecteurs d’épargne que sont les banques, les compagnies d’assurance-vie et les sociétés de gestion indépendantes ont pris une place significative. Tous ces acteurs interviennent sur le marché en sélectionnant les actifs répondant à leur gestion, mais tous s’interrogent sur l’évolution de cette classe d’actifs, à court et à moyen terme. Lors  du colloque Laurent Flechet, président de Primonial REIM, Nadra Moussalem, Co-Head chez Colony Capital Europe et Jean-Pierre Quatrhomme, Président d’Immovalor Gestion répondront à ces interrogations en décrivant leur propre stratégie. Très concrètement, ils expliqueront ce qu’ils ont fait en 2013, et ils livreront à l’auditoire comment ils préparent 2014 et 2015. Là aussi ce sera du concret !

Dans cet environnement qui change la politique de gestion de l’Etat pour son patrimoine propre est également un facteur à prendre en compte pour l’industrie immobilière ?

Les acteurs de l’industrie immobilière au sens large doivent prendre en compte la gestion plus dynamique du patrimoine de l’Etat qui semble se dessiner bien au-delà des cessions qu’il opère pour rembourser une petite partie de sa dette. Le député de la Meuse, Jean-Louis Dumont qui est le président du Conseil Immobilier de l’Etat va venir pour dresser les enjeux de la transformation des immeubles détenus par l’Etat et les collectivités publiques qui prennent maintenant mieux en considération l’adéquation des besoins de leurs services avec l’état de leur patrimoine. Cession, promotion, rénovation et restructuration de ce patrimoine concerne toute la chaîne des intervenants de l’industrie immobilière. Si ces transformations s’accélèrent l’enjeu est de taille.

C’est donc un programme assez dense que vous avez dessiné pour ce colloque ?

Oui mais c’est nécessaire quand on veut que de grands professionnels nous livrent leur retour d’expérience. Notre ennemi ce sont les propos de café du commerce qu’on entend dans beaucoup trop de réunions. D’ailleurs même pour camper l’environnement économique dont ne saurait s’extraire l’immobilier, nous avons demandé à Jean-Marc Daniel de regarder les perspectives au regard de sa vision d’historien qui évite une réflexion abstraite et devrait permettre d’éclairer la situation actuelle au regard des crises précédentes. Enfin s’il y a domaine où la crise produit des ravages, c’est bien celui de l’information. Jean-François Grazi dont le groupe Business Immo est devenu le leader de l’information de l’industrie immobilière conclura la journée en nous expliquant  comment l’évolution de l’information va marquer nos métiers et d’ailleurs aussi les marchés immobiliers.

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Propos recueillis par Christophe Tricaud
Rédacteur en Chef Pierrepapier.fr