Du rififi sur la tour

buildingLe conflit larvé entre le principal actionnaire de Tour Eiffel et les dirigeants de la société d’investissement immobilier cotée (SIIC) atteint un point de non-retour. L’affaire est entre les mains de la justice.

Le principal actionnaire de la SIIC Tour Eiffel n’est pas satisfait des réponses des dirigeants de la société à ses questions sur l’importance de leurs rémunérations (1). Ces derniers, après voir formulé une longue réponse détaillée lors de l’assemblée générale de cet été, ont transmis à leur remuant actionnaire un rapport rédigé en réponse à celui réalisé par Thierry Bergeras, expert près la Cour d’appel de Paris spécialisé en finance d’entreprise, mandaté par le nouvel actionnaire. La société Tour Eiffel ne souhaite pas rendre public ce rapport ni révéler son auteur car elle s’apprête à un long combat judiciaire.

De son côté la société MI29, contrôlée par Chuc Hoang explique pour l’instant que le sens de son action judiciaire se limite à obtenir des explications sérieuses sur les rémunérations. Un représentant de Monsieur Chuc Hoang, président de MI29, explique que la procédure judiciaire lancée ne vise pour le moment que l’abus de biens sociaux supposé. Selon MI29, le niveau des rémunérations des dirigeants de la société Tour Eiffel « n’est pas fondé eu égard aux indicateurs du secteur et s’avère incompatible avec le résultat déficitaire de STE qui a essuyé en 2012 une perte de 6,1 millions d’euros ». Et de relever que « Les rémunérations de toute nature allouées aux trois principaux dirigeants de STE ont augmenté de 85 % pendant le dernier exercice. La rémunération du Président, M. Mark Inch, est 2.3 fois supérieure aux pratiques du marché. Celle du Directeur général, M. Renaud Haberkorn, est 5 fois supérieure. »

Mi29 indique vouloir agir ainsi « dans l’intérêt de STE et de l’ensemble de ses actionnaires ».

Parallèlement à cette action judiciaire, MI29 poursuit son grignotage du capital de la SIIC Tour Eiffel. Elle fait maintenant état d‘une participation de « un peu plus de 23 % du capital. Cette participation n’était encore que de 22 ,59 % lorsque Monsieur Chuc Hoang a déclaré à l’AMF le franchissement de seuil de 20 % résultant de la levée de l’option portant sur 8,5 % du capital de STE consentie par ses fondateurs Mark Inch et Robert Waterland. Dans ce document, il assurait ne pas vouloir prendre le contrôle de la société.

Pierrepapier.fr

(1) Voir pierrepapier du 9 octobre 2013 : Bal masqué à la Tour Eiffel