Frédéric Bôl
Les SCPI et les OPCI pour tous les épargnants ?

Une interview de Frédéric Bôl, Président de l’ASPIM,
par Hélène Sérignac et Guy Marty, PierrepapierTV

Hélène Sérignac : Vous êtes président de l’ASPIM, l’association française des sociétés de placement immobilier, nous sommes également sur ce plateau avec Guy Marty. Vous êtes le fondateur du site pierrepapier.fr, et vous serez avec nous dans chacune des émissions. Frédéric Bôl, est-ce que vous pourriez nous dire justement pourquoi un particulier devrait s’intéresser aux SCPI et aux OPCI ?

Frédéric Bôl : Déjà la première partie de la réponse, c’est un outil de diversification, c’est-à-dire qu’un particulier va avoir un portefeuille de valeurs mobilières, et je pense que l’immobilier a toute sa place dans son portefeuille, au-delà de sa résidence principale, en tant que placement. Donc, la SCPI et l’OPCI vont lui donner accès au marché de l’immobilier, à la diversification dans le secteur de l’immobilier, et avec une gestion par des professionnels lui permettant d’avoir un rendement annuel et une performance sur le long terme tout à fait intéressante.

Hélène Sérignac : Qu’en est-il des retraites ? C’est vrai que c’est un sujet qui préoccupe beaucoup les Français, est-ce que vous pensez que ces produits sont de bonnes alternatives, de bonnes options ?

Frédéric Bôl : C’est complètement une bonne alternative. Pourquoi ? Parce que ce qu’attend quelqu’un qui va partir à la retraite, c’est d’avoir une rentabilité, d’avoir un rendement, de toucher chaque année ou chaque mois ou chaque trimestre, des dividendes ou d’avoir une rentrée financière.

La SCPI ou l’OPCI permettent justement, par la distribution de dividendes, d’avoir de manière régulière un rendement tout à fait intéressant puisque aujourd’hui on est sur des rendements, selon les produits, compris entre 4 et 6 %.

Guy Marty : Avec la création de l’Impôt sur la Fortune Immobilière, le gouvernement a lancé un message selon lequel l’immobilier ne serait pas utile économiquement. Comment avez-vous répondu ou réagi à ce qui est une attaque contre votre profession ?

Frédéric Bôl : J’ai réagi de manière très vivre puisque moi-même j’ai écrit aux ministères concernés par cette réforme, surtout sur le fait de laisser entendre que l’immobilier n’a pas d’utilité économique. Or l’immobilier, aujourd’hui, il faut savoir qu’en termes de secteur dans le PIB français, le produit intérieur brut, c’est un peu plus de 15 %.

Ça va toucher tous les secteurs de l’immobilier, que ce soit la construction, la promotion immobilière, les travaux dans l’immobilier, etc. C’est un secteur qui contribue énormément à la richesse économique du pays, donc aussi à l’emploi. Quand on construit une résidence étudiante, quand on construit une résidence senior ou tout simplement du logement, on est contributeur à l’économie, ne serait-ce que pour construire et ensuite exploiter ces résidences et les entretenir.

On est donc vraiment un acteur qui a une utilité économique, et je dirais même plus qu’économique, une utilité sociale et sociétale…

Hélène Sérignac : Acteur du développement et créateur de richesse. J’ai une autre question. Vous, en tant que président de l’ASPIM, est-ce qu’il y a un projet qui vous tient particulièrement à cœur ?

Frédéric Bôl : Il y en a beaucoup ! Il y en a un que je mettrais particulièrement en avant, c’est ce qu’on appelle l’ISR, l’Investissement Socialement Responsable. Nous travaillons aujourd’hui au niveau de l’ASPIM, et je pense qu’on n’est pas loin d’aboutir, et ça aboutira cette année, pour que certains produits qui investissent dans des immeubles avec justement une vocation sociale, sociétale, qui intègrent le social, l’environnement dans la construction mais aussi dans la gestion des immeubles, que ces produits-là soient labellisés ISR, c’est-à-dire Investissement Socialement Responsable.

Donc, un investisseur particulier, quand il voudra choisir son produit, s’il y a un produit ISR, et qu’il veut directement ou indirectement contribuer à améliorer ou à mieux gérer l’environnement ou avoir une contribution sociale ou sociétale, il saura que ce produit est labellisé et donc ça veut dire que le gérant de ce produit-là, de ce véhicule intégrera un certain nombre de critères pour répondre justement à ces aspects ISR.

Guy Marty : C’est un projet très intéressant. J’ai une dernière question. En venant ici à votre bureau, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que c’est le 153 rue Saint-Honoré, or le nombre 153 est un nombre qui a plein de caractéristiques en mathématiques. D’abord, c’est la somme des nombres de 1 à 17, et il a beaucoup de qualités sur lesquelles on joue et surtout dans l’Antiquité, c’était un nombre très symbolique. Si l’on revient jusqu’au VIe siècle avant Jésus-Christ, on s’aperçoit que le 153, dans beaucoup de civilisations, était un symbole de l’universalité.

Un long détour pour arriver à une question très directe.

Les SCPI et les OPCI étaient jusqu’à présent relativement confidentielles ou relativement peu distribuées, est-ce que vous pensez qu’un jour les épargnants ou les particuliers pourraient pratiquer l’immobilier au travers des SCPI/OPCI exactement comme pour l’épargne de précaution où on passe par le Livret A ?

Frédéric Bôl : Complètement. Aujourd’hui, les SCPI et les OPCI Grand Public ont été pensés, conçus et sont gérés justement dans ce but-là. Aujourd’hui, il est très facile d’acquérir, soit au travers d’un contrat d’assurance-vie ou directement, des SCPI ou des OPCI. Cela a vraiment du sens. Aujourd’hui, l’accès à ce marché-là est très aisé et vraiment facile pour les particuliers.