Résidentiel en Ile-de-France : une baisse des prix s’amorce pour les logements franciliens

La baisse des transactions sur l’immobilier résidentiel ancien en Ile-de-France est confirmée. Moins 12% en 2020, estiment les Notaires du Grand Paris. Et si les prix ont encore augmenté l’an dernier (de 6,1% à 7% selon le type de biens), un mouvement baissier amorcé dans Paris intra-muros au 4e trimestre pourrait se diffuser à l’ensemble de la région francilienne au 1e trimestre 2021…

2020 sera une « année résiliente pour l’immobilier résidentiel », estimaient déjà les Notaires de France dans une note de conjoncture publiée en décembre dernier. Les chiffres que viennent de dévoiler les Notaires du Grand Paris confirment cette analyse. En termes de transactions, l’immobilier résidentiel ancien francilien affiche certes un recul. Mais de seulement 12%, toutes catégories de biens confondues. C’est beaucoup moins, par exemple, que les marchés d’immobilier d’entreprise, en repli de 35% l’an dernier.

Repli des transactions en 2020, mais rebond au 4e trimestre

En outre, le marché semble s’être repris au 4e trimestre, avec un rebond de +4% par rapport au 4e trimestre 2019. « Le second confinement n’a pas empêché la transformation en vente des nombreux avant-contrats engrangés, en fin d’année », constatent les Notaires du Grand Paris. Les maisons individuelles, devenues l’actif star du « monde d’après », sont, effectivement, le segment le plus dynamique. Les ventes ont bondi de 8% au 4e trimestre. C’est en réalité la Grande Couronne (+13%) qui a tiré le marché. Et, preuve des nouvelles aspirations en termes de mode de vie des citadins, il est de plus en plus alimenté par des acquéreurs parisiens ou résidant en Petite Couronne. Sur l’année entière, le marché des appartements parisiens affiche d’ailleurs le recul le plus significatif, de -16%.

Les prix continuent de grimper… sauf à Paris

Résilient en termes de transactions, l’immobilier résidentiel en Ile-de-France termine en outre l’année sur une nouvelle progression en termes de prix. Le prix des appartements anciens, toutes zones confondues, a augmenté de 6,1% sur un an. Les maisons anciennes, de 7%. Au 4e trimestre, la hausse est toujours d’actualité. Mais tous les marchés n’évoluent pas au même rythme… « Dans Paris, les prix ont fait une pause du 3e au 4e trimestre », écrivent les Notaires du Grand Paris. Le prix moyen au mètre carré aurait atteint un point haut, selon eux, en novembre 2020 (10 850 €). En fin d’année, il s’établissait à 10 770 €. Des données confirmées par l’indice PARISSQM, avec un léger décalage en termes de valorisation.


Un ralentissement graduel qui pourrait s’étendre à l’ensemble de l’Ile-de-France

Cet indicateur en quasi temps réel confirme aussi les anticipations des notaires pour 2021. La baisse constatée par cet indicateur à fin février est en phase avec les avant-contrats, dans Paris, dont disposent les études notariales. Selon elles,  « le mouvement légèrement baissier se prolongerait début 2021 ». Pour glisser vers « un prix au mètre carré attendu à 10 600 € en avril 2021, en baisse de 0,4% en 3 mois ». Le prix moyen reviendrait ainsi à un niveau « quasiment identique (+0,8%) à la valeur d’avril 2020 (10 520 € le m²) », estiment les notaires. Ce « ralentissement graduel » serait aussi en passe de se généraliser à toute l’Ile-de-France. Avec des baisses comprises entre 0,5% (pour les appartements) et 1% (maisons) sur les trois premiers mois de l’année.

Quid de 2021 ?

Conséquence : la hausse annualisée des prix est appelée « à se modérer progressivement ». Dans le sillage du « mouvement de fond de ralentissement » de l’activité transactionnelle. Une manière polie d’annoncer de possibles baisses de prix à venir… Les Notaires du Grand Paris terminent néanmoins sur une note positive. En rappelant que sur ce marché « qui s’essouffle et se fragilise », des « facteurs de résistance demeurent pour notre région ». En citant les projets « structurants » du Grand Paris et des Jeux olympiques, qui portent en eux « un potentiel de développement régional puissant ».

Frédéric Tixier


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A propos des Notaires du Grand Paris(i)

Les Notaires du Grand Paris est la dénomination commune aux 5 Chambres départementales franciliennes de notaires. Au total, ce sont 3 000 notaires, 10 000 collaborateurs qui exercent au sein de 850 études sur les 8 départements d’Ile-de-France.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

L’immobilier résidentiel : une classe d’actifs prisée par les institutionnels

On savait déjà que le résidentiel, remarqué pour sa résilience pendant la crise sanitaire, attirait de plus en plus les investisseurs institutionnels. ImmoStat, qui vient d’ajouter le suivi de l’investissement dans cette classe d’actifs à ses indicateurs, le confirme. Le courtier CBRE estime d’ailleurs que le résidentiel pourrait devenir l’un des premiers segments de l’immobilier d’investissement à l’horizon 2030.

Les membres du groupement ImmoStat[1] ont décidé d’ajouter le suivi des investissements dans la classe d’actifs résidentiels à leurs indicateurs. Les spécialistes de l’immobilier d’entreprise se sont pour l’occasion associés à quatre partenaires présents sur le marché résidentiel : Catella, BPCE, Foncia Valorisation, et Ikory. Ce nouvel indicateur du montant de l’investissement résidentiel en France n’a toutefois pas vocation à recenser l’ensemble des transactions.

5,5 milliards d’euros investis dans le résidentiel en 2020

Il se concentre en effet exclusivement sur les opérations en bloc réalisées par des investisseurs professionnels. La définition d’ImmoStat est précise. «Le montant de l’investissement résidentiel représente le volume global des actifs résidentiels en bloc (les logements classiques et intermédiaires, les résidences étudiantes et séniors (hors EHPAD), coliving) lors de transactions dont l’acquéreur est un investisseur. Et dont le montant acte en main est supérieur à 1 million d’euros », détaille le groupement. Sont en outre exclus de ce périmètre les logements sociaux purs. Le niveau 2020 de ces investissements résidentiels s’établit à 5,5 Md€. C’est 41% de plus qu’en 2019. Sur ce total, les actifs résidentiels classiques et intermédiaires représentent 4,7 Md€. Ce poste a d’ailleurs progressé de 92% en un an. « L’année 2020 a notamment été boostée par les réservations de programmes neufs de CDC Habitat, pour près de 2 Md€ », précise le courtier CBRE.


Un marché structurellement confronté à un manque d’offres

Les actifs résidentiels gérés (814 M€) accusent en revanche un repli par rapport à 2019 (-43%). Mais, toujours selon CBRE, ce résultat « n’est pas représentatif de l’appétit des investisseurs ». Le marché, quelque peu assoupi depuis le début de la crise sanitaire, reste confronté à « un manque d’offres, constituées essentiellement de VEFA », considère le courtier. Ce manque d’offres est d’ailleurs l’une des caractéristiques essentielles du marché résidentiel en général. Le besoin en logement n’a jamais été aussi fort. CBRE rappelle que la transformation de bureaux en logements pourrait d’ailleurs être une solution pour répondre au manque de produits. Et à l’appétit croissant des investisseurs français mais aussi, désormais, internationaux.

Bientôt la première classe d’actifs immobiliers mondiale ?

Lesquels se positionnent de plus en plus sur le marché hexagonal, « qui répond en tout point à leurs stratégies sécurisées et à long terme », rappelle CBRE. Dans une enquête parue en 2020, le courtier estime d’ailleurs que le résidentiel devrait devenir, à l’horizon 2030, « l’une des premières classes d’actifs immobiliers, si ce n’est la première ». Dans cette perspective, le marché français offre un gros potentiel. Toujours selon CBRE, le secteur résidentiel en France ne représente que 10% des investissements immobiliers. Contre 40% en Europe…

Frédéric Tixier

[1] BNP Paribas Real Estate, CBRE, Cushman & Wakefield et JLL.


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A propos d’Immostat(i)

ImmoStat est un groupement d’intérêt économique (GIE) créé en 2001 par les principaux conseils en immobilier d’entreprise : BNP Paribas Real Estate, CBRE, JLL et Cushman & Wakefield. Grâce à ses règles communes de traitement, le GIE ImmoStat restitue des informations harmonisées à ses membres. Il fournit des statistiques homogènes sur l’offre, la demande et les prix aux acteurs de l’immobilier, qu’ils soient utilisateurs ou investisseurs. Cette initiative originale renforce la lisibilité du marché et dote l’Ile-de-France d’un véritable organe de place qui contribue à son attractivité à l’international.

A propos de CBRE(i)

CBRE Group, société listée au Fortune 500 et au S&P 500 ayant son siège social à Los Angeles, est la plus grande société au monde dans le secteur des services et de l’investissement dans l’immobilier d’entreprise (en termes de chiffre d’affaires pour l’année 2019). La société emploie plus de 100 000 personnes (hors filiales). Et sert les investisseurs et les occupants de biens immobiliers par l’intermédiaire de plus de 530 bureaux (hors filiales) dans le monde entier. CBRE offre une large gamme de services intégrés. Notamment la gestion des installations, des transactions et des projets, la gestion immobilière, la gestion des investissements, l’évaluation et la valorisation, la location de biens immobiliers, le conseil stratégique, la vente de biens immobiliers, les services hypothécaires et les services de développement.

 (i ) Information extraite d’un document officiel de la société

Le télétravail n’est pas une alternative, mais un complément au présentiel

« Le télétravail n’est conçu ni par les salariés, ni par les décisionnaires d’entreprise, comme une alternative au présentiel : il vient le compléter, sans s’y substituer », affirme le conseil en immobilier d’entreprise Savills. Qui vient de finaliser le second volet d’une enquête[1] visant à mesurer l’ampleur et l’impact du possible développement du télétravail dans les entreprises françaises. Après avoir interrogé, cet été, les dirigeants, Savills a cette fois sondé les salariés. Les résultats sont assez similaires…

Le temps des « remote companies » n’est pas venu

Si les entreprises et leurs employés se sont approprié le télétravail depuis le début de la crise sanitaire, « avec une rapidité et une ampleur surprenantes » écrit Savills, le « monde d’après » ne sera pas pour autant dominé par des « remote companies ». Autrement dit, par des sociétés sans bureaux, et totalement dématérialisées. Le télétravail est pourtant très bien perçu. D’abord parce qu’il a permis à bon nombre d’entreprises de poursuivre leurs activités durant le premier confinement. C’est 81% des sociétés interrogées par Savills. 84% des salariés considèrent ensuite que le travail a eu « un impact très ou plutôt positif en termes d’autonomie et d’efficacité ». Un sentiment encore plus marqué que celui de leurs « patrons ». Qui ne sont que 77% à juger l’expérience satisfaisante.

Le télétravail, oui, mais deux jours par semaine au maximum

Le télétravail est donc désormais ancré dans le champs des modes d’organisation possibles. Entreprises et employés envisagent, à une très large majorité, de le développer. 84% des salariés souhaitent y recourir davantage à l’avenir. Et 87% des décisionnaires d’entreprise. Faut-il pour autant craindre – espérer – la généralisation du télétravail ? Non, répond Savills. « A une écrasante majorité de 73%, les salariés interrogés n’imaginent en effet le recours au télétravail que dans la limite de 2 jours hebdomadaires au maximum. C’est exactement la même proportion que celle observée dans notre enquête auprès des décisionnaires », constate le conseil en immobilier. Ajoutant « qu’aucune dématérialisation totale du poste de travail n’est à prévoir. »

Un impact attendu sur les besoins en mètres carrés de bureaux

Dans cette hypothèse où le télétravail entrerait dans les pratiques habituelles – sans s’y substituer -, il aurait toutefois néanmoins bien un impact sur les besoins en mètres carrés des entreprises. Savills estime qu’un tel schéma pourrait leur permettre de réduire le nombre de postes de travail « de 25% à 40% par rapport à la situation ante ». Ajoutant que la réduction des surfaces en résultant ne serait en revanche corrélée au nombre de postes de travail que si les entreprises conservent « un aménagement et une densité équivalents ». Ce qui, estime Savills, « apparaît peu vraisemblable dans la situation actuelle ». L’enquête montre en effet qu’un « trait semble en passe d’être tiré », tout du moins pour un temps, « sur les grands open spaces et la densification ». Les salariés y étaient, depuis longtemps, majoritairement opposés. La nouveauté, c’est que les employeurs semblent désormais prêts à y renoncer.

Flexibilité vs densification

La « quête de la flexibilité » pourrait se substituer à celle de la densification. Une adaptation des bureaux est donc bien en marche. On s’oriente, estime Savills, vers un « bureau hyper connecté, centre et lieu de rencontres (présentielles mais aussi virtuelles) entre salariés et avec les partenaires extérieurs de l’entreprise ». Mais il confirme : la réduction potentielle du nombre de postes de travail sera « au moins en partie » compensée par le développement d’autres types d’espaces. Plus d’espaces collaboratifs – 12% des surfaces utilisées actuellement -, de surfaces d’accompagnement (telles que les restaurants ou cafétérias) – 15% actuellement -. Et moins de surfaces dédiées aux postes de travail stricto sensu – 53% actuellement -. Le bureau n’a pas fini de se réinventer…

Frédéric Tixier

[1] « Office Fit – Vers le bureau Swipe & Date » – Savills – Février 2021.


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A propos de Savills(i)

Conseil international en immobilier coté à la Bourse de Londres, Savills possède un réseau de plus de 600 bureaux et associés et emploie plus de 39 000 employés à travers le monde. Savills propose une large gamme de services (conseil, gestion, transaction, expertise, etc.) à ses clients du monde entier. Les employés de Savills associent l’esprit d’entreprise à une connaissance approfondie de leur secteur et proposent un service sur mesure à leurs clients.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Malgorzata Cieslak-Belgy, MNK Partners : « Le marché immobilier polonais offre aujourd’hui l’un des meilleurs momentum »…

MNK Partners vient d’ouvrir un bureau à Varsovie. Et d’y réaliser son premier investissement, pour le compte du fonds MNK One. Malgorzata Cieslak-Belgy, directrice des investissements et responsable de ce nouveau bureau, livre sa vision des marchés immobiliers d’Europe centrale et orientale. Interview.

MNK Partners a ouvert un bureau à Varsovie en décembre dernier. Avec quel objectif ?

Malgorzata Cieslak-Belgy – MNK Partners est un structureur et un gérant de solutions immobilières pan-européennes. Notre ambition est de nous positionner sur des actifs de qualité, y compris et notamment ceux localisés dans des marchés émergents. Parce qu’ils constituent potentiellement des sources de croissance et de création de valeur pour nos clients. Nous avons identifié que les pays d’Europe centrale et d’Europe de l’Est figuraient parmi les plus attractifs dans une perspective de long terme. Ce nouveau bureau à Varsovie, après ceux de Paris et de Luxembourg, constitue donc un poste avancé et stratégique au cœur de cette Europe continentale qui, en dépit de la crise sanitaire, demeure dans un cycle de pleine croissance durable. Nous pensons notamment que la Pologne offre aujourd’hui l’un des meilleurs momentum. Parce que son marché immobilier est en train de passer du statut de marché primaire au statut de marché secondaire.

Quelles sont les autres caractéristiques des marchés immobiliers d’Europe centrale et orientale ?

Malgorzata Cieslak-Belgy – Pour les raisons économiques que j’évoquais, les pays d’Europe centrale et de l’Est attirent les capitaux internationaux. Les grandes entreprises étrangères recherchent des bureaux ou des locaux d’activité, et privilégient les actifs de dernière génération. De ce point de vue, le marché polonais, qui se distingue par la jeunesse de son parc, répond parfaitement à leurs attentes. Les immeubles de bureaux sont, pour beaucoup d’entre eux, des immeubles intelligents, connectés, et aux dernières normes environnementales. Ce qui n’est pas le cas dans la plupart des pays d’Europe de l’Ouest, où le parc existant est globalement plus ancien.

Et en termes de flux d’investissement  ?

Malgorzata Cieslak-Belgy – Le marché immobilier polonais est moins mature que ceux des pays occidentaux. Si on le compare au marché français, par exemple, il a attiré seulement 4,2 Md€ d’investissements sur les trois premiers trimestres de 2020. Contre 11 Md€ pour le marché français. Mais il est le principal marché d’Europe centrale et orientale, concentrant plus de 50% des flux de capitaux. Et se caractérise par une forte présence des investisseurs internationaux. A la différence, là encore, du marché français, où les investisseurs nationaux représentent près de 60% des transactions. Autre différence notable : le poids très important du secteur logistique, qui a représenté près de 50% des investissements en 2020.

Quid des rendements ?

Malgorzata Cieslak-Belgy – Actuellement, le rendement prime des meilleurs immeubles de bureaux se situe au niveau de 4,5%. Et jusqu’à 5,75% dans certaines villes régionales. Les actifs logistiques se négocient autour de 6,25%. Ceux rattachés à la catégorie du « dernier kilomètre », situés à Varsovie, tournent autour de 5,5%. Les actifs commerciaux ont été les plus affectés par la crise sanitaire. Mais les retail parks ont plutôt bien résisté, avec des rendements affichés de l’ordre de 6,8% actuellement. A titre de comparaison, je rappelle que les taux prime actuels sur le marché français sont de l’ordre de 2,75% pour les bureaux, de 3% pour les commerces, et de 4% pour les actifs logistiques.


Vous avez annoncé une première acquisition en Pologne. Sur quel actif ? Et pour le compte de quel véhicule ?

Malgorzata Cieslak-Belgy – MNK Partners a effectivement réalisé sa première opération polonaise. Il s’agit d’un immeuble de bureaux à usage mixte (showroom et bureaux) situé à Varsovie. Livré fin 2016, il est entièrement loué à G Poland, le distributeur exclusif de grandes marques internationales de prêt-à-porter et d’accessoires de luxe en Pologne. La durée du bail résiduelle est de 8 ans ferme. Et le contrat prévoie une option d’achat pour le locataire, ce qui sécurise la sortie de cet investissement d’une valeur de 11,5 M€. Cette acquisition a été menée pour le compte du fonds MNK One[1]. L’allocation géographique de ce dernier est donc dorénavant répartie entre la Pologne (26,4%), le Portugal (33,3%) et l’Irlande (40,6%).

Vous n’êtes pas les seuls investisseurs d’origine française à vous intéresser aux marchés européens centraux et orientaux. Qu’est-ce qui vous différencie ?

Malgorzata Cieslak-Belgy – La présence locale et l’expertise. Nous avons décidé de mettre en place une équipe de professionnels dédiés et présents localement. C’est, selon moi, le seul moyen d’avoir une connaissance intime des marchés immobiliers locaux, et d’assurer une relation de confiance avec nos partenaires. C’est aussi la meilleure façon de s’imprégner des cultures locales, et des tendances sociétales et économiques. En étant sur place, nous savons de quoi nous parlons. J’ai moi-même plus de 25 ans d’expérience des marchés immobiliers européens, majoritairement acquise sur les marchés d’Europe centrale et orientale. Et je peux vous dire que les actifs immobiliers ne se gèrent pas de la même manière selon les pays…

Propos recueillis par Frédéric Tixier


[1] MNK One est une solution immobilière de rendement paneuropéenne réservée aux investisseurs professionnels et institutionnels, proposée sous la forme d’un FIAR luxembourgeois.


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A propos de MNK Partners(i)

MNK Partners est une société de gestion de portefeuille agréée par l’Autorité des marchés financiers. Nous structurons et gérons pour nos investisseurs et mandants des solutions d’investissement immobilier innovantes et à haut potentiel de valorisation à travers l’Europe. Forts de notre expérience de l’investissement, de la gestion d’actifs et de notre approche pertinente de la structuration financière et fiscale, nous nous efforçons avec les plus grandes vigilance et bienveillance de convertir les opportunités identifiées en des succès tangibles.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Les investisseurs aiment toujours l’immobilier, toujours les bureaux, et de plus en plus la logistique…

Une enquête menée par Colliers International estime que 98% des investisseurs vont accroître la part de leurs investissements consacrés à l’immobilier en 2021. Leur cible privilégiée reste le secteur des bureaux. Mais la logistique figure désormais au second rang.

« Les investisseurs sont très optimistes quant à un rebond du marché immobilier en 2021 » : pour Colliers International, qui a interrogé près de 300 acteurs mondiaux de l’investissement, les flux dirigés vers la classe d’actifs immobiliers pourraient rebondir de 50% au cours du 1er semestre.

Bureaux, logistique, résidentiel parmi les cibles privilégiées des investisseurs

Ce sont toujours les bureaux, ceux situés dans les grandes métropoles mondiales, qui demeurent leur cible privilégiée. A condition d’offrir des conditions sanitaires et sécuritaires strictes, et des standards techniques et de durabilité élevés. Autrement dit, des actifs « core ». Leurs deuxième et troisième choix se portent sur le secteur logistique et le secteur résidentiel. « La crise a accéléré la stratégie de beaucoup d’investisseurs qui regardaient le résidentiel de loin. Mais qui désormais en font une de leur priorité. Soit par la création de fonds dédiés, soit par des acquisitions directes », précise Antoine Derville, président de Colliers International France. Quant au secteur logistique, son attrait est confirmé, car il a su « démontrer son caractère stratégique pendant cette crise ».

La France, cible privilégiée pour les actifs logistiques

En termes d’allocation géographique, la France et notamment Paris, sont plutôt bien placés. Selon Colliers International, 37% des investisseurs interrogés choisiront Paris comme cible d’investissement. Essentiellement pour les bureaux (33%). Pour le secteur logistique, c’est la France entière qui est visée (à 26%). Cushman & Wakefield, autre spécialiste de l’immobilier, vient d’ailleurs de publier une étude sur les nouveaux investisseurs en actifs logistiques français. Entre 2015 et 2019, les investissements consacrés à cette classe d’actifs ont été multipliés par 4. Une tendance poursuivie en 2020. Le courtier explique cette explosion par le renforcement sectoriel des acteurs généralistes. Sur la période 2017-3e trimestre 2020, ces derniers – fonds d’investissement, banques, assureurs, foncières- représentent environ 70% des montants investis (13,8 Md€ au total). Le solde, 30% donc, est en revanche le fait de « nouveaux entrants ».

De nouveaux entrants sur le marché des entrepôts

Ces derniers sont majoritairement des fonds d’investissement étrangers. Parmi les plus actifs, note Cushman & Wakefield, figurent des fonds américains, chinois, allemand et anglais. A l’inverse, les investisseurs français font « cavalier seul » dans la catégorie « net vendeurs ». Mais certaines typologies d’investisseurs nationaux figurent néanmoins dans le cercle des nouveaux entrants. C’est le cas notamment des SCPI/OPCI. Avec la catégorie des assureurs/mutualistes, ils restent néanmoins minoritaires. « Entre 2017 et 2020,  les fonds d’investissement nouvellement entrés ont totalisé 41 acquisitions. Quand les SCPI/OPCI et les assureurs/mutualistes en auront réalisé une petite dizaine », observe Cushman & Wakefield.

OPCI et SCPI encore minoritaires

Ces derniers se sont en outre concentrés sur des volumes « compris entre 40 et 90 millions d’euros, avec un cœur de cible situé entre 10 et 50 millions d’euros ». A quelques exceptions près, comme l’opération lyonnaise de la SCPI Accimmo Pierre, chez BNP Paribas REIM. Les SCPI qui s’intéressent au secteur logistique, et y ont investi ces dernières années sont néanmoins de plus en plus nombreuses. Outre certains produits gérés par Sofidy ou Groupama GAN REIM, qui se diversifient sur cette classe d’actifs, il existe désormais des véhicules dédiés. ActivImmo, lancée par Alderan en 2019, est pour l’heure la seule SCPI spécialisée sur le secteur logistique. Cette dernière vient de boucler sa 10e acquisition. Elle devrait délivrer un rendement de 6% en 2020. Compte tenu du succès rencontré (41 M€ levés au 30 septembre 2020), il semble logique que des concurrentes apparaissent prochainement…

Frédéric Tixier


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Bureaux en Ile-de-France : forte chute de la demande et des investissements confirmée en 2020

La demande pour les bureaux franciliens a baissé de 45% en 2020. Les investissements sur cette classe d’actifs reculent de 33%. En cause, la « révolution des usages » et le manque de visibilité économique. L’IEIF vient d’ailleurs de publier une étude sur l’impact potentiel du télétravail sur la demande de bureaux.

Les chiffres sont sans appel : le 4e trimestre confirme la forte contraction de la demande pour les bureaux franciliens. Avec un nouveau repli de 40% sur les trois derniers mois (par rapport à la même période en 2019), l’année 2020 termine en retrait de 45%. Un millésime qui « restera dans les annales du marché tertiaire francilien », reconnaît d’ailleurs le conseil en immobilier Cushman & Wakefield, dans l’analyse qu’il consacre au marché des bureaux en Ile-de-France.

Un rebond possible en 2021

Le courtier, comme d’autres observateurs, espère toutefois un « rebond » en 2021. « Les résultats du 4e trimestre 2020 révèlent en effet un volume de demande placée de l’ordre de 408 700 m². Certes, en baisse de 40% d’une année sur l’autre. Mais toutefois bien supérieur aux 200 000-250 000 m² enregistrés respectivement cet été et à l’automne », rappelle Cushman & Wakefield. Des chiffres qui « redonnent de l’espoir quant à la résilience du marché ». Et « permettent d’envisager un rebond en 2021, plus particulièrement au 2e semestre », écrit Ludovic Delaisse, directeur général et Head of Agency Office & Industrial du courtier.

Des entreprises toujours en phase de réflexion

Tout dépendra de l’évolution de la crise sanitaire et économique. Et des réponses que lui apporteront les entreprises utilisatrices de bureaux, pour l’heure encore en phase de réflexion quant à l’adaptation de leur outil immobilier. « 2021 sera une année charnière », considère pour sa part Grégoire de La Ferté, Executive Director Bureaux Ile-de-France chez JLL. Une année marquée à la fois par un besoin de « réduction des coûts immobiliers » et « d’hybridation des modes de travail ». Le passage en mode « action » pourrait alors alimenter le volume des transactions. Celui-ci, estimé à 1,3 million de mètres carrés en 2020 – un point bas sur les 20 dernières années – pourrait rebondir à « 1,7 million de mètres carrés » cette année, estime Cushman & Wakefield. C’est évidemment en partie de la manière dont les entreprises vont pérenniser, ou non, le télétravail, que dépendront les évolutions à venir.

L’IEIF évalue l’impact potentiel du télétravail sur la demande des bureaux

L’IEIF vient, pour la première fois, d’en chiffrer l’impact potentiel. Dans une étude parue le 11 janvier, l’Institut rappelle d’abord qu’une réduction du nombre de postes de travail ne se répercute pas de manière symétrique sur les surfaces occupées par les entreprises. Plusieurs critères entrent en outre en ligne de compte. Selon les trois scénarii envisagés – un scénario « si la crise n’avait pas eu lieu », un scénario « accélération de la transformation des modes de travail », un scénario « le monde d’après en rupture » -, qui variabilisent notamment le nombre de jours de télétravail mis en place par les entreprises – de 1 jour à 2,2 jours par semaine -, l’IEIF estime que l’impact pourrait se chiffrer entre 873 000 m² et 6 millions de mètres carrés. Soit entre 1,7% et 11,8% du parc actuel de bureaux franciliens.


Un impact « déflationniste » étalé sur une dizaine d’années

Cet « impact déflationniste », quelle que soit son ampleur finale, prendra du temps, précise toutefois l’IEIF.  Celui, pour les entreprises, de définir puis d’implémenter leurs nouvelles stratégies d’organisation du travail. Et d’arriver au terme des baux existants. Pour « passer des stocks aux flux », il faudra environ 10 ans, a ainsi estimé l’Institut. Selon les divers scénarii retenus, l’impact pourrait alors représenter 4%, 14% ou 24% de la demande placée annuelle[1]… Des hypothèses que l’IEIF affinera dans les prochains mois. En attendant, la baisse constatée de la demande placée n’a eu qu’un impact marginal sur le niveau de loyers et des valorisations. En tout cas sur les bureaux de première main.

Révision contenue des loyers en 2021 ?

Lesquels « finissent l’année 2020 sur une croissance moyenne de 2% à l’échelle de l’Ile-de-France. Et de 8% si on ne considère que Paris QCA », comme le rappelle Magali Marton, directrice des études chez Cushman & Wakefield. Ce sont d’ailleurs « les nouvelles exigences des entreprises quant à la qualité des surfaces et des services proposés » qui devraient contenir une potentielle correction des loyers en 2021. Mais pas pour tous les types de biens. C’est d’ailleurs la seule certitude pour les mois à venir : la poursuite des écarts entre les profils de risque des différents actifs, en fonction de leur qualité intrinsèque et de celle de leurs locataires…

Frédéric Tixier


[1] Par rapport à la moyenne 2010-2019.


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A propos de l’IEIF(i)

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion. L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement), les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, FIA) et le financement.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Les marchés résidentiels ont plutôt bien résisté en 2020

Les projections établies par les Notaires de France anticipent un léger recul des transactions sur le marché des logements anciens. Mais confirment que les prix ont poursuivi leur progression en 2020. Notamment en régions…

« 2020, une année résiliente pour l’immobilier résidentiel », estiment les Notaires de France dans leur dernier bilan. Sur le front des transactions, le millésime sera certes en baisse par rapport à l’an dernier. La faute, évidemment, à la crise sanitaire.

Une baisse annuelle des volumes transactionnels comprise en 8% et 20%

Son impact se mesure toutefois davantage sur les volumes qu’en termes de tendance. « Le rebond de l’été n’a pas permis de combler le retard pris durant le 1er confinement », constatent les notaires. Mais il n’y a pas eu d’effondrement lors du second. « Le marché semble avoir assez bien résisté, en retrouvant une dynamique stable, à un haut niveau », estiment-ils. Fin septembre, le nombre de transactions sur un an glissant s’établissaient à 990 000. Soit une baisse de 5% sur un an. Les projections à fin décembre conduisent à deux hypothèses. Soit un maintien des volumes sur le rythme de fin 2019 : la baisse annuelle 2020 serait alors de l’ordre de 8%. Soit la poursuite des baisses constatées ces dernières semaines : le recul serait alors de 20%.

Des prix immobiliers toujours en hausse, notamment en régions

Les notaires restent néanmoins optimistes. Le marché est toujours drivé par les utilisateurs. Et reste « sain et solide ». Les prix, qui auraient pu suivre la courbe descendante des transactions, en témoignent. Au 3e trimestre, ils ont continué à progresser. De +0,7% pour les appartements anciens. Et de +0,3% pour les maisons. Les projections établies pour le 4e trimestre laissent présager la poursuite de la hausse. Elle serait plus prononcée en régions que sur l’Ile-de-France. De l’ordre de +7,1% en province pour les appartements. Et de 6,1% pour les maisons. Contre respectivement +6,1% et 5,8% en Ile-de-France. Un effet du besoin de « verdissement » exprimé par les Français depuis le 1er confinement ? Les chiffres ne permettent pas de confirmer cette volonté d’exode urbain.

Une hausse des prix plus sensible des maisons anciennes

Le seul élément tangible d’une évolution du marché se situe dans le regain d’intérêt pour les maisons anciennes. « Après 3 années où la hausse se situait autour de 2,5% par an, l’évolution des prix sur un an atteint +4,2% au 3e trimestre 2020 », observent les Notaires de France. A défaut d’espaces verts, les ménages semblent privilégier l’espace tout court. Ou moins de promiscuité avec leurs voisins immédiats. Car cette hausse des prix, pour le coup, serait encore plus sensible en Ile-de-France qu’en régions. Les projections du notariat estiment à +7,2% la hausse sur un an, à fin janvier 2021, du prix des maisons en Ile-de-France. Contre +6,7% en province.

Baisse du pouvoir d’achat immobilier

Corollaire de la hausse des prix, et de la crise économique, le pouvoir d’achat immobilier des Français est en baisse. Selon les Notaires de France, la surface finançable d’un appartement ancien, au niveau national, s’établit à 55 m² en 2020. Contre 56 m² fin 2019. Le recul est encore plus sensible pour les maisons anciennes. Le nombre de mètres carrés finançables baisse de 6%, à 148 m².

Frédéric Tixier


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A propos du Conseil supérieur du notariat(i)

Seul organe de la profession habilité à s’exprimer au nom de tous les notaires de France, le Conseil supérieur du notariat (CSN) est un établissement d’utilité publique. Clef de voûte de l’institution notariale, il représente la profession auprès des pouvoirs publics, détermine sa politique générale, contribue à son évolution et fournit des services collectifs aux notaires. Dans ses relations avec les pouvoirs publics, le CSN participe à la réflexion sur les évolutions du droit et donne son avis sur les projets de loi ou les textes réglementaires en préparation. Le Conseil supérieur du notariat comprend plus de 100 collaborateurs au service de la profession notariale.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Paris : la carte des arrondissements les plus bruyants

Une start-up, Flatlooker, a eu l’idée de réaliser une étude sur l’intensité sonore des appartements parisiens. Ce ne sont pas les quartiers les plus chers qui sont les plus épargnés par les nuisances. Et un étage élevé n’est pas nécessairement le gage de plus de tranquillité. Explications…

Avec le premier confinement, les habitants des grandes métropoles ont découvert le silence. Puis, dès le 11 mai, ont été de nouveau confrontés aux nuisances sonores générées par l’activité économique et sociale. Un facteur qui, parmi d’autres, explique cette aspiration renforcée des citadins pour plus d’espace, de verdure, et de tranquillité…

Un critère déterminant dans la recherche d’un bien

Si l’on sait que la demande pour les appartements dotés d’une terrasse a bondi en flèche au cours des derniers mois, le critère « bruit » s’est lui aussi assurément renforcé. Selon la plateforme Flatlooker, une start-up qui propose une offre dématérialisée de mise en relation entre propriétaires et futurs locataires, l’intensité sonore fait en effet désormais partie « des critères déterminants dans la recherche d’un bien ». Raison pour laquelle elle a eu l’idée d’établir une cartographie du niveau de nuisance sonore des arrondissements parisiens. Dont les résultats vont quelque peu à l’encontre des idées reçues.

Des mesures proches des seuils provoquant des effets extra-auditifs

Premier constat : l’écart entre les quartiers les plus bruyants (48,6 décibels) et les plus tranquilles (43,7 décibels) n’est pas si élevé. Les données de l’enquête[1] révèlent toutefois que les niveaux d’exposition au bruit ne sont pas loin des seuils au-delà desquels des effets extra-auditifs peuvent se manifester. Selon l’OMS, des niveaux d’exposition supérieurs à 40 décibels, la nuit, et à 50-55 décibels, en journée, peuvent en effet conduire à l’apparition de troubles du sommeil ou des gênes. Voire même à des risques cardiovasculaires accrus, des difficultés de concentration, et des retards dans les apprentissages… Plus étonnant, ce ne sont pas les quartiers réputés les plus chers -ou les plus « bourgeois » – qui sont nécessairement les mieux disant en termes de nuisances sonores.

Le 7e arrondissement, mieux disant en termes de bruit

Certes, les 7e (13 960 €/m² en moyenne[2]) et 6e (14 580 €/m²) arrondissements parisiens sont les plus calmes de la capitale. Mais, pour le 7e arrondissement, cette tranquillité est une conséquence de la crise sanitaire. Qui a conduit notamment à la fermeture de la Tour Eiffel, et donc à une réduction drastique de la fréquentation du quartier. On trouve en revanche le 8e arrondissement (11 680 €/m²) à la 1ere place du palmarès des quartiers plus bruyants. Avec un score bien supérieur (48,6 décibels) à celui du 19e (45,6 décibels), arrondissement le moins cher de la capitale (8 830 €/m²). Ce sont toutefois les appartements situés à proximité des Champs Elysées les plus affectés par les nuisances sonores. Tous comme ceux placés dans les 3e et 4e arrondissements, qui figurent eux aussi parmi les quartiers parisiens les plus onéreux[3].


L’intensité sonore ne diminue pas nécessairement avec l’étage

Des lieux marqués « par une forte concentration de bars et de restaurants, dont l’extension des terrasses n’a fait qu’intensifier les nuisances sonores ces derniers mois », explique Flatlooker. Dont l’enquête, rappelons-le, a été menée avant l’annonce du second confinement… Elle apporte d’autres enseignements. Certains parfaitement évidents. Comme le fait que les appartements donnant sur une cour ou un jardin sont nettement moins bruyants que ceux donnant sur la rue. D’autres sont plus contre-intuitifs. Flatlooker a en en effet voulu savoir si l’étage avait une incidence sur le bruit. « Fenêtres fermées, les résultats ne font rien ressortir de particulier. En revanche, lorsque l’intensité sonore a été mesurée fenêtres ouvertes, on s’aperçoit qu’elle augmente avec les étages. Pour progressivement descendre à partir du 5e étage », constate la start-up dans son communiqué. Une bonne nouvelle pour les propriétaires de rez-de-chaussée…

Frédéric Tixier


[1] Etude menée sur 1 067 logements référencés par Flatlooker via sonomètre
[2] Données à fin aout 2020 – Source : Notaires de Paris
[3] Avec des prix au m² moyens compris entre 13 140 € et 13 570 €


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A propos de Flatlooker(i)

Fondée en 2016 par Nicolas Goyet, CEO et Nicolas Parisot, COO, la start-up Flatlooker permet de trouver un logement sans avoir à bouger de son canapé ! Grâce à la visite 360° et aux vidéos 4k, les futurs locataires peuvent visiter un logement comme s’ils y étaient. Visites en lignes hyper détaillées, dépôts de dossiers locatifs en ligne, signatures électroniques, paiements et gestion des incidents dématérialisés, Flatlooker apporte des solutions dématérialisées particulièrement avantageuses pour les propriétaires. Côté propriétaires, Flatlooker assure la gestion locative à un prix 25% en deçà d’une agence immobilière classique tout en proposant une qualité de service supérieure. Forte de son succès, la start-up qui a levé 1,5 million d’euros en 2018 se compose aujourd’hui de 30 salariés et est active dans 30 villes, avec plus de 2000 appartements en gestion.

(i) Information extraite d’un document officiel de la société

Les investissements en immobilier d’entreprise en forte baisse

Le marché français de l’immobilier d’entreprise, sur les 3 premiers trimestres 2020, enregistre une baisse de 27% par rapport à l’an dernier. Un recul « à nuancer » estime toutefois Knight Frank, dans sa dernière étude.

Les montants investis sur le marché français de l’immobilier d’entreprise depuis le début de l’année s’élèvent à 16,1 Md€. Contre 22,1 Md€ sur les neufs premiers mois de 2019. Une baisse de 27% qu’il convient toutefois de nuancer, écrit le conseil en immobilier Knight Frank France dans sa dernière étude, en raison « du résultat exceptionnel de 2019 ».

Un marché loin d’être bloqué

Knight Frank rappelle en effet que le niveau d’activité actuel « équivaut à celui de 2018 ». Et qu’il se trouve même de 18% supérieur à la moyenne décennale. En outre, ajoute le conseil, « le marché français est loin d’être bloqué ». Les capitaux disponibles sont toujours importants. Et les investisseurs montrent un « vif appétit » pour les actifs sécurisés, ou les plus résilients face à la crise. En témoignent les importantes opérations finalisées ces derniers mois. 44 transactions supérieures à 100 M€ ont été recensées depuis le début de l’année. C’est effectivement moins qu’en 2019, sur la même période (51 opérations). Mais, là encore, « ce recul est à relativiser », explique Knight Frank. Car 2019 constitue également, pour ce type de transactions, une exception.


Les bureaux beaucoup plus touchés que les commerces

La nouveauté, c’est le recul plus marqué d’un secteur jusqu’alors dominant : celui des bureaux. Par rapport à 2019, la baisse en valeur des transactions sur ce secteur s’établit à 34%. En nombre d’opérations, le repli est encore plus marqué : 264 vs 354. Le segment des commerces, quant à lui, ne recule quasiment pas, en valeur, par rapport à 2019. Une stabilité qu’il doit toutefois à la signature de quelques grandes transactions. Mais la caractéristique essentielle du marché post-covid est bien une segmentation plus marquée en fonction de la qualité des actifs. Qui se traduit par de plus grands écarts en termes de rendement.

Polarisation sur les actifs les plus sûrs

« La correction haussière s’accentue sur les actifs « à risque ». Tandis que les décotes restent pour l’instant limitées pour les biens core et core+ », observe Knight Frank. Cette polarisation conduit même à une pression baissière dans certains pôles tertiaires considérés comme les plus sûrs. Le conseil constate ainsi des replis de 25 à 50 points de base à Boulogne-Billancourt. Où les taux de rendement sont « désormais compris entre 3,25% et 3,50% ». Cette compression des taux de rendement prime touche aussi une autre catégorie d’actifs, celle du secteur logistique. Certaines opérations en cours font ressortir des taux compris entre 3,5% et 4%. Soit 25 points de base de moins qu’en 2019…

Un volume 2020 en chute de 34% à 47% vs 2019

Compte tenu des tendances en cours, Knight Frank estime que le volume 2020 des investissements devrait être compris entre 20 et 25 Md€. Soit une chute de 34% à 47% par rapport à l’année 2019. Mais, on l’aura compris, bien moins sévère comparée aux moyennes décennales. Le conseil reconnaît toutefois que « l’incertitude reste élevée ». Notamment en raison de la baisse de la présence des investisseurs étrangers sur le marché français (40% de part de marché fin 3T, vs 43% fin 1S). Ou de la dégradation des marchés locatifs, notamment celui des bureaux. Mais, signe positif, les opérations «mettant à profit les décotes observées sur certains types de biens » se multiplient. La preuve que les investisseurs continuent à «se projeter dans l’avenir ». Ce qui, « après tout, est le meilleur moyen de surmonter les crises », conclut Knight Frank. Dont acte…

Frédéric Tixier


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A propos de Knight Frank(i)

Fondé il y a plus de 120 ans en Grande-Bretagne, le groupe Knight Frank apporte aujourd’hui son expertise comme conseil international en immobilier grâce à plus de 19 000 collaborateurs intervenant depuis 512 bureaux dans 60 pays. Sa branche française, créée il y près de 50 ans, intervient sur le marché de l’immobilier d’entreprise, principalement celui des bureaux. Mais aussi ceux des commerces, des bâtiments industriels ou logistiques. Elle s’adresse à deux clientèles distinctes : les propriétaires investisseurs et les entreprises utilisatrices.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Locaux d’activités : un investissement prometteur

Le confinement, lié à la crise sanitaire, a mis en lumière le rôle essentiel de la livraison de marchandises dans la vie économique. Les locaux industriels (entrepôts, parcs d’activités et logistique du dernier kilomètre) ont ainsi révélé tout leur potentiel ! Retour sur cette classe d’actifs méconnue et pourtant au cœur même de l’économie….

Une multitude de dénominations et terminologies

L’immobilier dit « d’activités » recèle plusieurs terminologies avec des réalités très différentes. Il peut parfois être difficile de s’y retrouver…

ENTREPOT LOGISTIQUE

Entrepôt destiné au stockage et à la gestion du flux des marchandises, avec une faible proportion de bureaux.

Taille : de 10 000 m² à 150 000 m²

Hauteur : > 9,30 m

Ratio de bureaux : 5%

MESSAGERIE / PLATE-FORME DE « CROSS-DOCKING »

Bâtiment adapté à un besoin spécifique, où les marchandises ne font que transiter pour effectuer une réexpédition immédiate à destination des magasins ou du client final.

Taille : de 1 000 m² à 10 000 m²

Hauteur : de 6 à 7 m

BATIMENT D’ACTIVITÉS / MIXTE

Bâtiment consacré à l’exercice d’une activité artisanale, commerciale ou d’une production industrielle réduite – souvent construit pour un besoin spécifique (clé-en-main).

Ratio de bureaux : de 30% à 60%

PARC D’ACTIVITÉS

Ensemble clos composé d’un ou plusieurs bâtiments divisibles, à usage principal d’activités & industriel – avec une prestation et des services communs pour les occupants (restauration, loisirs, conciergerie…).

Taille du parc : >3 000 m²

Taille des lots : de 150 m² à 1 000 m²

Hauteur : > 5,5 m

Ratio de bureaux : < 30%

BUSINESS PARK / PARC TERTIAIRE

A ne pas confondre avec le parc d’activités : ensemble clos composé d’un ou plusieurs bâtiments divisibles, avec une prestation et des services communs pour les occupants (restauration, loisirs, conciergerie…), mais à usage principal de bureaux.

Ratio de bureaux : > 50%

Pourquoi investir dans les Parcs d’activités ?

Les parcs d’activités bénéficient d’incomparables atouts en termes d’investissement immobilier :

Polyvalence des bâtiments

Leur permettant de répondre à une diversité d’usages comme : la logistique du « dernier km », le loisir, les services, les datacenters, la biotechnologie, la production, les grossistes…

Flexibilité des lots

Pouvant être jumelés ou divisés, ce qui permet de répondre à une demande locative élargie, à partir de 150 m².

Localisation stratégique

Au sein des bassins de consommation, idéale pour la logistique du « dernier km » (également appelée « logistique urbaine », expression désignant l’ensemble des agents, opérations et équipements associés et mis en œuvre dans les derniers segments de la chaîne de distribution finale des biens ou services).

Simplicité des bâtiments

Faciles à retravailler sur le plan technique et qui échappent, dans la plupart des cas, aux contraintes réglementaires liées aux ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement).

Mutation potentielle des Parcs

Avec la densification urbaine, possibilité de requalification d’un site d’activités en bureaux, résidentiel ou commerce, permettant une revalorisation du foncier à terme.

Forte diversification locative (multi-locataires)

Entraînant une résilience des cash-flows pour les investisseurs.

Rendements initiaux élevés des immeubles

Par rapport aux bureaux et à la logistique…

Faible sensibilité des valeurs locatives aux cycles de marché

Marché étroit

500 M€ investis en moyenne en France sur les 10 dernières années, principalement par des fonds étrangers (américains et anglo-saxons).

Néanmoins, en termes de gestion locative, la spécificité des Parcs d’activités réside dans l’intervention d’un Asset Manager spécialisé, avec une équipe proactive présente sur le terrain et proche de ses clients-locataires. A titre d’exemple, un portefeuille composé de 500 locataires peut générer entre 70 et 80 signatures de baux par an (soit 2 signatures par semaine environ). Et le taux de rétention des locataires sur ce type d’actifs est de l’ordre de 15%. Le maillage territorial est donc essentiel pour développer une relation de proximité et ainsi obtenir des performances significatives.

Un potentiel accentué par la crise sanitaire

La crise sanitaire de la Covid-19 et les mesures de confinement adoptées par le Gouvernement ont mis en avant le rôle essentiel de la livraison de marchandises dans la vie économique.

En effet, pendant cette période de confinement, les entrepôts sont restés opérationnels et ont même joué un rôle vital dans la distribution de biens de premières nécessités, indispensables au bon fonctionnement du pays. La demande logistique du « dernier km » s’est accélérée, rendant l’investissement dans cette classe d’actifs très attractif.

Le développement du e-commerce a induit la nécessité de disposer de petites plateformes de diffusion des produits au sein même des bassins de consommation, afin de permettre une livraison rapide des colis par camionnette. Les Parcs d’activités répondent parfaitement à ce besoin en proposant des locaux de logistique urbaine avec un panel de surface élargie, construits en périphérie immédiate des villes.


Accélération de la demande de locaux de production

Notre dépendance vis-à-vis des importations de produits fabriqués à l’étranger a ainsi été questionnée. Et va très probablement relancer notre industrialisation. A moyen terme, cette « réindustrialisation » pourrait se traduire par l’accélération de la demande de locaux de production et d’activités à proximité des bassins de consommation, et ainsi améliorer l’attractivité des parcs d’activités.

Enfin, la nouvelle génération de parcs d’activités, loin de l’image des parcs vieillissants, propose aujourd’hui des lieux de vie propices au bien-être des utilisateurs, grâce à la présence de services communs (restauration, conciergerie, salles de sport, espaces verts…), et dispose de larges espaces. Autant d’atouts précieux dans le contexte actuel pour les locataires.

Une classe d’actifs résiliente

Cette classe d’actifs encore méconnue démontre donc sa résilience, aussi bien dans le marché locatif, que dans le marché de l’investissement. Le parc d’activités devient aujourd’hui une réelle source d’opportunités d’investissement.

Investir dans les locaux d’activités, c’est allier sens et performance – à condition toutefois d’y associer un véritable savoir-faire en matière d’asset management.

Lionel Lacroix

Les principaux investissements de Foncière Magellan dans les Parcs d’activités

Foncière Magellan investit depuis 10 ans maintenant, dans des Business Parcs et des Parcs d’activités, principalement aux côtés d’investisseurs institutionnels. Ses investissements en Business Parcs se sont portés notamment sur le « Parc du Moulin à Vent » (35 000 m²) situé en région lyonnaise, rebaptisé « Green CampusPark » sur lequel est déployé un programme ambitieux de « reverdissement » des bâtiments, ainsi que sur l’ensemble « TecParc » (12 000 m²) situé à Créteil (94) et entièrement loué aujourd’hui, avec plus de 15 locataires.

Marque « Magellan Parc »

En parallèle, la marque « Magellan Parc » dédiée aux « Parcs d’activités » a été lancée. Elle représente à ce jour plus de 100 000 m² d’investissements, en Ile de France et dans des grandes métropoles régionales, telles que Marseille, Lille, Strasbourg, Metz et Nancy. La dernière acquisition s’est portée sur le « Technoparc des Florides » situé à Marseille-Marignane, développant près de 10 000m² et dont la dernière tranche sera livrée au 1er trimestre 2021.

 


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A propos de Foncière Magellan(i)

Foncière Magellan est une société de gestion indépendante – spécialiste de l’investissement immobilier tertiaire en région et agréée par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). Elle assure la création et la gestion de fonds d’investissements immobiliers à destination d’investisseurs privés et institutionnels, et propose des supports et montages juridiques variés répondant à chaque problématique patrimoniale : OPPCI, Club deals dédiés, SCPI, FPCI… Ses investissements s’intègrent dans des projets immobiliers innovants et durables pour les territoires. Elle dispose aujourd’hui d’un parc immobilier de plus de 462 865 m² et de plus d’un milliard d’euros d’actifs sous gestion.