Les foncières cotées n’auront pas effacé leurs pertes en fin d’année

L’indice IEIF SIIC France, qui regroupe les foncières dotées du statut SIIC cotées sur le marché français, termine l’année sur un repli de 22,76%. Bien plus élevé que celui des valeurs françaises en général, qui limitent leurs pertes annuelles à un peu plus de 3,5%. Mais le secteur immobilier recèle une réelle capacité de rebond…

L’année 2020 aura été éprouvante pour les investisseurs en Bourse… Après un début d’année quasi euphorique, où la plupart des places boursières battaient leurs précédents records, la crise de la Covid-19 est en effet venue doucher cette douce insouciance.

Une année boursière en yo-yo

De mi-février à mi-mars, les marchés ont décroché avec une violence quasi inédite. L’indice phare des valeurs françaises, le CAC 40, perdait ainsi plus de 38% en quelques semaines. A l’instar de l’ensemble des places européennes, américaines, ou asiatiques. Le rebond fut lui aussi tout aussi spectaculaire. Les réactions des banques centrales, puis les plans de relance gouvernementaux, un peu partout dans le monde, ont en effet permis d’enrayer la chute des Bourses mondiales. Fin mars, le CAC 40 avait repris plus de 20% sur son point bas. Aux Etats-Unis, les principaux indices retrouvaient leurs points hauts durant l’été. La hausse s’est accentuée au cours du dernier trimestre de l’année, sous l’effet de l’annonce d’un prochain vaccin. Permettant aux marchés européens de rattraper une partie de leur retard.

Un rebond inéquitablement réparti

Ils finissent néanmoins quasiment tous – à l’exception du DAX allemand – dans le rouge. Mais dans des proportions « raisonnables », compte tenu de l’ampleur du recul enregistré au 1er trimestre. L’indice Stoxx 600 affiche un recul annuel de l’ordre de 5%. Le CAC 40 français termine à -7,14%. Les marchés américains, eux, achèvent l’année sur une note plus que positive. De plus de 14% pour le S&P 500. Et de près de 43% pour le Nasdaq… Le rebond n’aura donc pas équitablement profité à l’ensemble des marchés, ni des valeurs. Les mieux loties ont été, comme en 2019, les valeurs technologiques et du secteur du luxe. A Paris, ce sont les titres Hermès (+32%), Schneider Electric (+29 %), STMicroelectronics (+26 %), ou LVMH (+23 %) qui signent les meilleures performances de l’indice CAC 40. Les foncières cotées en Bourse, quant à elles, figurent parmi les secteurs les plus sinistrés…


Les foncières cotées globalement en recul

C’est d’ailleurs la plus emblématique d’entre elles, Unibail Rodamco Westfield, qui a le triste honneur de signer le recul le plus important du CAC. Avec un cours en repli de 54,08%… Les foncières de commerce figurent d’ailleurs, à quelques exceptions près, dans le peloton de queue. A l’instar de Klépierre (-45,67%), Mercialys (-41,44%), ou Carmila (-41,10%). Covivio Hotels, qui intervient sur un autre des secteurs les plus affectés par la crise sanitaire, ne fait guère mieux : – 37,37%. A l’inverse, la seule valeur spécialisée sur le segment logistique, Argan, affiche la meilleure performance annuelle, à +7,73%. L’ensemble des foncières dotées du statut SIIC cotées sur le marché français, regroupées au sein de l’indice Euronext IEIF SIIC France, affichent au global une contre-performance de -22,76%[1]. Bien plus importante que celle du marché des valeurs françaises, en repli de seulement -3,53% sur un an glissant[2]


Immobilier coté : un potentiel de rebond en 2021

Après une année 2019 exceptionnelle, où les foncières avaient fait mieux que la moyenne des marchés, les valeurs du secteur immobilier signent donc un millésime 2020 plus que morose. Et ce en dépit de résultats, pour la plupart d’entres elles, plus que corrects. Et donc de rendements aujourd’hui encore plus attractifs, compte tenu de la baisse des cours… D’ailleurs, la plupart des spécialistes du secteur, à l’instar de Laurent Saint Aubin, chez Sofidy, s’attendent à un retour sur le devant de la scène des titres immobiliers. Ne serait-ce que, comme l’explique ce gérant, parce que les valeurs positionnées sur les segments les plus résilients présentent aujourd’hui un retard, en termes d’évaluation, par rapport aux marchés physiques. Plusieurs brokers, dont DWS, estiment également que le secteur immobilier coté – et celui des infrastructures – sont les deux classes d’actifs offrant le meilleur potentiel de rendement pour la prochaine décennie. A suivre…

Frédéric Tixier


[1] Source : IEIF.
[2] Indice CAC All-Tradable.


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A propos de l’IEIF(i)

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion. L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement), les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, FIA) et le financement.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société