Les belles séances de rattrapage enregistrées en fin de parcours n’auront pas suffi à sauver le mois d’août à la Bourse de Paris. Les foncières cotées composant l’indice IEIF SIIC France ont un peu moins baissé que celles du CAC 40 (9,61 % contre 11,29 %), mais la chute a tout de même été brutale.  Quand la vague emporte tout, peu de valeurs résistent.  Un point cependant distingue les foncières : si elles ont fini par céder aussi au moment où la tourmente a atteint son paroxysme, elles se sont beaucoup mieux comportées dans la phase précédente. Résultat, depuis le début de l’année, on enregistre fin août un recul de l’indice IEIF SIIC France limité à 6,09 % contre 14,40 % pour le CAC 40. Par rapport aux cours de la fin août 2010, les foncières préservent un modeste gain de 1,03 % alors que les valeurs de l’indice phare de la cote abandonnent 6,60 %.

Deux foncières ont réussi à surnager le mois dernier : il s’agit de Frey, qui mérite d’être désignée SIIC du mois,  avec une hausse de 1,06 %, et de Foncière INEA, en hausse de 0,96 %.  Mais il faut se garder de tirer des conclusions trop hâtives de ces bonnes performances sur un mois et des très médiocres performances réalisées par d’autres SIIC sur la même période. Si l’on regarde l’évolution des cours sur un an, Frey compte parmi les plus fortes baisses (21 %) et Foncière INEA parmi les plus faibles hausses (2 %). Quant aux fortes baisses d’août, elles trouvent des explications souvent différentes ; dans certains cas, ce peut être un signe de défiance face à des sociétés trop endettées à un moment où les banques resserrent le crédit ou offrant de moindres perspectives de bénéfice par action du fait d’augmentations de capital ; mais ce peut être simplement  la conséquence de prises de bénéfices après de belles progressions.  Parfois, les investisseurs ont pris conscience du fait qu’ils avaient poussé la baisse un peu trop loin et ont corrigé le tir ; cela a été par exemple le cas pour Unibail-Rodamco, qui n’a finalement  perdu que 3,1 % sur le mois alors que Klépierre a cédé 7,5 %, Icade 12,3 %, Foncière des régions 14,7 % et Gecina 19,4 %.

Bref, au-delà de  la tendance générale, chaque cas est particulier et mérite d’être étudié individuellement.  On peut remarquer que, de tous les grands marchés boursiers du monde, c’est celui de Francfort qui a été le plus secoué en août, avec une baisse de 19 % supérieure à celles de Milan ou Madrid. Faut-il en conclure que l’économie allemande est plus faible que celles de l’Espagne et de l’Italie ?

Nouvelles fournée de résultats

Le mois d’août s’est terminé sur la publication de nombreux résultats semestriels.

ANF Immobilier annonce une hausse des loyers (45,24 millions) supérieure aux prévisions, de 33 % (12 % à périmètre constant, après retraitement des éléments exceptionnels). Le cash-flow récurrent progresse de 15,3 % à 21,7 millions. L’actif net réévalué par action est en légère hausse, à 40,5 € contre 40,3 € fin 2010. Le ratio d’endettement reste modéré, à 30,4 %. Enfin la société confirme son objectif de loyers à 3-4 ans de plus de 100 millions d’euros.

Les chiffres publiés par Terreis sont évidemment marqués par l’intégration du patrimoine d’Avenir et Investissement. Le chiffre d’affaires est en hausse de 95,8 % à 18,29 millions. Le résultat net s’élève à 7,46 millions contre 1,46 million. Le groupe confirme ses perspectives pour l’exercice en cours : une progression des loyers importante et un recentrage progressif de son patrimoine vers l’immobilier tertiaire de centre-ville. Un acompte sur dividende de 0,27 € par action sera versé le 30 septembre prochain contre 0,23 € l’an passé. Pour l’ensemble de l’exercice 2011, la société envisage de fixer le dividende à 0,57 €, soit une progression de 16,3 %.

Acanthe Développement affiche pour le premier semestre une baisse de chiffre d’affaires de 16,8 % du fait de la cession de plusieurs actifs, mais à périmètre constant la hausse est de 5,6 % du fait d’une moindre vacance.  Au mois de juillet, par OPA simplifiée, le groupe a acquis près de 93 % du capital de la société FIPP.  Le dividende exceptionnel qui doit être versé avant la fin de l’année peut être payé par remise d’actions FIPP. Un prospectus visé  par l’AMF devrait apporter des précisions supplémentaires.

Quant à ADC SIIC, son chiffre d’affaires et son résultat tiennent compte de plusieurs procédures judiciaires. L’actif net réévalué par action s’établit au 30 juin à 0,4792 €, mais à 0,38 € si l’on tient compte des prochaines émissions d’actions, sachant qu’un dividende de 0,11 € par action doit être payé le 30 septembre, selon  l’option retenue, en espèces ou en actions.

Foncière Atland annonce un chiffre d ‘affaires en recul de 3,6 % à 4,6 millions d’euros, du fait de la cession d’un actif non stratégique, mais un retour aux bénéfices, une hausse de l’actif net réévalué (59,37 € pour l’ANR  de liquidation) et une réduction de son ratio d’endettement à 74,7 %.

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