Avec SIIC de Paris, Eurosic veut jouer dans la cour des grands

jazzLa consolidation du secteur des sociétés d’investissement immobilier cotées (SIIC) se poursuit avec l’opération attendue depuis de longs mois sur Siic de Paris en raison de l’endettement de son actionnaire espagnol Realia, dont elle représente la moitié de la valeur de son patrimoine.

La foncière française Eurosic est entrée en pourparlers exclusifs avec la foncière espagnole Realia pour lui racheter sa participation de 58,95 % dans le capital de Siic de Paris. L’opération devrait donner lieu à un accord définitif d’ici le 6 juin prochain pour peu que Foncière Lyonnaise l’autre actionnaire de Siic de Paris (29,60 % du capital) renonce à son droit de préemption. Elle se ferait au prix de 22 euros (dividendes versés en 2014 attachés) par action de la cible, soit 21,77 euros compte tenu de l’acompte sur dividende de 23 cents versé le 15 mai. C’est sur cette base qu’interviendrait ensuite une OPA sur le titre.

Ce rachat confirme la stratégie opportuniste de la SIIC Eurosic qui détient et gère un patrimoine d’une valeur de 1,4 milliard d’euros au 31 décembre 2013, principalement composé de bureaux récents, situés en Île-de-France et dans les grandes métropoles régionales. Elle trouve là un rééquilibrage de son patrimoine en faveur dans l’immobilier parisien qu’elle avait un peu délaissé au profit d’actifs de province lors des derniers mois.

Ce rachat valorise Siic de Paris à 938 millions d’euros et constitue une étape majeure dans le développement d’Eurosic, dont la capitalisation s’élève à 802 millions d’euros. A ce stade, l’acquéreur n’a pas communiqué sur le financement de l’opération. Il sera facilité par l’endettement relativement faible de Siic de Paris dont le levier n’est que de 30,8 %. A 22 euros, le prix payé pour les actions Siic de Paris réduit la décote du titre sur sa valeur d’actif net réévalué estimé à 24,11 euros par les analystes d’Invest Securities. Cette décote ressort à 9,6 %, un des niveaux les plus faibles parmi les récentes OPA sur le secteur (Paris France, Silic, Tour Eiffel). Cette faible décote tient sans doute à la nature des actifs de Siic de Paris spécialisée dans les bureaux parisiens et de 1ère couronne de la capitale, privilégiés actuellement par les investisseurs et donc facilement cessibles.

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