Les SCPI attirent l’épargne des Français

 Chiffres clés au 31 décembre 2011 (Statistiques ASPIM – IEIF)

  • 155 SCPI gérées par 25 groupes
  • Capitalisation : 24,84 milliards €
  • Collecte nette : 2 786,97 millions €
  • Transactions sur le marché secondaire : 394,24 millions € (soit 1,59% de la capitalisation)
  • Retraits non compensés : 4,21 millions €
  • Collecte brute : 3 185,41 millions €
  • Augmentations de capital : 2 791,18 millions € par 62 SCPI de 22 groupes de gestion

 

 Face aux très bons chiffres 2011 de la collecte des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI), la satisfaction de l’association professionnelle des sociétés de gestion spécialisées (ASPIM) est de mise. Arnaud Dewachter, Délégué général de l’ASPIM, explique que «ce sont les caractéristiques structurantes des SCPI qui nourrissent cette attractivité durable auprès des épargnants : une gestion prudentielle, un actif tangible, exclusivement composé d’immobilier, une liquidité maîtrisée sans volatilité prononcée des titres, une distribution pérenne, une qualité d’information élevée et un contrôle de gestion rigoureux : les conditions sont réunies pour maintenir la confiance des particuliers pourtant devenus dubitatifs sur les placements en général ».

La performance de la collecte des SCPI et la progression de leur encours global tout au long de l’an dernier apparaît d’autant plus remarquable que cette collecte, qui vole de record en record, s’inscrit dans un contexte marqué le retrait de la presque totalité des produits d’épargne des Français, à l’exclusion du seul Livret A. Face à la crise des marchés financiers, les Français privilégient toujours la pierre. Et quand l’investissement direct des particuliers dans le logement tend à se réduire (voir les chiffres publiés par les notaires), les SCPI continuent plus que jamais à rallier leurs suffrages.

La collecte brute (3185,4 millions d’euros progresse de 10,8 %, tandis que la collecte nette fait encore mieux avec un gain de 13,5 % à 2787 millions d’euros. L’encours, qui frise les 25 milliards d’euros (24, 84 milliards au 31 décembre 2011 projette la pierre-papier dans une nouvelle dimension. Par catégorie on relève que les SCPI classiques diversifiées enregistrent la plus forte collecte brute : 1,9 milliard qui porte leur capitalisation à 16,8 milliards. Viennent ensuite les murs de magasins qui attirent 486,8 millions d’euros pour un encours de 3,49 milliard. Côté logement les SCPI Scellier voient leur capitalisation atteindre 1,9 milliard d’euros après avoir collecté 624 millions en 2011.

La hausse de 11,3% de la capitalisation totale des SCPI ne suffit pourtant pas à ce que l’enthousiasme soit sans retenue. Que pèsent ces 25 milliards face aux 1400 milliards des encours de l ‘assurance-vie ? Les SCPI ont 40 ans mais leur capitalisation reste sans comparaison avec les fonds ouverts allemands (plus de 80 milliards) qui ont su s’imposer Outre-Rhin comme un placement adapté à l’Epargne retraite comme à l’Epargne salariale.

La SCPI qui dispose d’atouts incomparables en permettant l’accès mutualisé à des classes d’actifs inatteignables pour le commun des mortels (bureaux, commerces, entrepôts, résidentiel fiscal sans aléas) souffre toujours d’une liquidité peu satisfaisante avec un marché secondaire limité à 1,59 % de ses encours, contre 1,87 % un an plus tôt. En 2001, cette liquidité s’est même réduite quoi que le groupe Paref gestion ait pu organiser une rotation de 6,89 % des parts des SCPI gérées par cette société et que Natixis, Primonial, CIO et BP Atlantique affichent un turn over de plus de 2%. Difficile d’analyser cette moindre liquidité ! Une explication vient du succès même des SCPI puisque l’on constate que le montant des parts en attente (0,17 %) est en repli de 5,6 % (41,3 millions d’euros contre 43,5 millions à la fin 2010). L’attrition du marché secondaire peut aussi s’expliquer par la prudence des investisseurs apeurés par la stigmatisation d’une bulle de l’immobilier que les commentateurs limitent pourtant au secteur résidentiel alors même que les SCPI sont massivement investies en immobilier tertiaire. Une prudence qui a conduit à faire baisser très légèrement le prix des parts (-0,85 % pour les SCPI de rendement et – 0,65 % pour l’ensemble des SCPI à l’exception des SCPI fiscales) et à soutenir ainsi le rendement des parts (5,16 %). La mise en place d’un marché secondaire organisé semble indispensable pour permettre de sortir du relatif enclavement des SCPI. Les observateurs l’attendent, les professionnels y réfléchissent. La transposition de la directive européenne sur les investissements alternatifs devrait accélérer cette démarche. Le président de l’ASPIM, Patrick de Lataillade précise « Nous visons en particulier l’opportunité que présente la transposition en droit français de la directive AIFM dont le champ d’application concerne a priori les fonds immobiliers faisant appel public à l’épargne ». 

Il ne faudrait pas trop tarder car cette année pourrait voir l’émergence de la concurrence des OPCI grand public. Ces nouveaux organismes de placement collectifs créés en 2005 souffrent toujours de problèmes structurels notamment relatifs à leur distribution dans le cadre de l’assurance-vie. Cependant la météo boursière qui agissait comme repoussoir sur la poche de valeurs mobilières obligatoirement détenue par les OPCI pourrait bien, si le CAC 40 poursuit sur sa lancée des premiers mois de 2011, se révéler maintenant un atout. La SCPI, par son caractère exclusivement immobilier, conservera bien sûr ses atouts mais ses performances seront observées à l’aune d’un nouveau benchmark.

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