Les sociétés foncières cotées n’ont pas été épargnées par la baisse des marchés depuis cet été, mais les investisseurs auraient peut-être intérêt à regarder maintenant ce dossier de plus près. C’est en tout cas le message que fait passer Cholet Dupont Asset Management dans sa dernière lettre d’information.

immo-4662Fondamentalement, constate Pascal Porteu de La Morandière, la situation reste saine. Les valorisations de leurs biens immobiliers ont globalement été augmentées à fin juin et devraient être encore bien orientées à la fin de l’année.

En région parisienne, le nombre de bureaux vacants reste limité. L’arrêt d’un grand nombre de projets depuis la crise de 2008 a permis d’éviter une situation de sur-offre et le volume des bureaux vendus ou loués en 2011 est supérieur de 20 % à celui de 2010. Cela dit, en région parisienne comme à Londres, la tendance est à la stabilisation des loyers après plusieurs trimestres de hausse.

Dans les commerces, les revenus des foncières restent bien orientés. L’indexation des loyers devrait être positive en 2012 dans de nombreux pays européens. Ce secteur a moins souffert en Bourse que les bureaux du fait de sa moindre dépendance à la conjoncture et  d’un endettement plus limité.

Dans les logements, les prix se tassent en province, mais ont poursuivi leur hausse en région parisienne (jusqu’à présent). Dans d’autres pays, notamment en Allemagne ou en Autriche, on enregistre une hausse de la demande, notamment de la part des investisseurs.

Evidemment, le secteur a été pénalisé par l’environnement macro-économique. La tension sur les taux a un impact direct sur le coût de financement. Mais, souligne l’auteur, « la plupart des foncières ont depuis trois ans sensiblement consolidé leurs bilans, réduit leur levier [ d’endettement] et sécurisé leur financement ». Et, compte tenu de la baisse des cours, « on observe des décotes par rapport aux actifs nets réévalués de 27 % dans les bureaux et de 20 % dans les commerces ».

Conclusion : « ces niveaux pourraient constituer un point d’entrée sur les foncières, compte tenu du rendement qu’elles procurent (6 % en moyenne sur 2011) ». Toutefois, précise Pascal Porteu  de La Morandière, ce conseil ne tient que si « l’environnement macro-économique et financier ne se dégrade pas davantage » et si l’on ne va pas « au-delà des anticipations de ralentissement actuelles ».

Cette analyse nous paraît très juste. Toutefois, du fait des nombreuses incertitudes qui pèsent encore sur la zone euro, nous sommes tentés de conseiller un retour très progressif sur le marché ; il n’est pas sûr que les points bas aient déjà été passés.

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