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Les résultats Unibail-Rodamco-Westfield confirment l’embellie sur les centres commerciaux

La foncière internationale publie des résultats de bonne facture. Le chiffre d’affaires des commerçants de ses centres commerciaux français progresse largement plus que l’ensemble du marché, qui montre toutefois lui aussi des signes de reprise. Et attire de nouveau les investisseurs…

Fréquentation des centres commerciaux européens en hausse de 3,1%, chiffre d’affaires des commerçants en progression de 5,2% : les derniers résultats d’Unibail-Rodamco-Westfield (URW), à fin septembre, démontrent que, sur certains segments, l’activité commerce physique n’est pas aussi atone qu’on pouvait le craindre.

URW : une progression du chiffre d’affaires des commerçants supérieure aux indices nationaux

La foncière internationale aligne certes des chiffres qui surperforment largement les indices nationaux. Quand le chiffre d’affaires des commerçants présents dans les centres commerciaux européens d’URW progresse, sur les neufs premiers mois de l’année, de 5,2% (et même de 5,5% pour les flagships du groupe), celui recensé par les principaux indices de mesure nationaux – comme celui de l’Institut français du libre-service (IFLS), en France – n’augmente que de 1,9%. Une surperformance qui reflète, selon URW, « la qualité supérieure des centres commerciaux » du groupe. Elle est particulièrement sensible sur le seul marché français sur lequel, précise URW, le chiffre d’affaires des commerçants URW affiche une hausse supérieure de respectivement 363 points de base à l’indice IFLS et de 453 points de base à l’indice CNCC[1].

Commerces : retour en grâce auprès des investisseurs ?

Il n’en reste pas moins, comme le souligne Cushman & Wakefield dans une étude qui vient de paraitre[2], qu’une embellie semble globalement se dessiner dans le secteur du commerce, et plus particulièrement sur le segment des commerces de centre-ville et celui des retails park. La reprise de la consommation des ménages (+1,1% en 2019, contre 0,9% en 2018) profite en effet aux commerçants. Et suscite de nouveau l’intérêt des investisseurs. Selon le courtier, l’activité enregistrée sur le 3e trimestre a « bel et bien coupé court aux conjectures des « retail bashers » inondant le marché depuis de nombreux mois ». Cushman & Wakefield rappelle qu’avec plus de 2,6 milliards d’euros investis en immobilier de commerce, « le volume dépasse de 10% celui relevé à la même période de l’année dernière ».

URW : reprise des cours

Pour URW, qui intervient sur le segment le plus porteur (celui des retail parks, notamment), l’optimisme est en tout cas de rigueur. Le leader mondial des centres commerciaux, dont le chiffre d’affaires des neufs premiers mois de l’année est boosté (+11,4%) par l’intégration du groupe Westfield, maintient un objectif de résultat récurrent par action pour 2019 dans une fourchette de 12,10 €/12,30 €. Le titre, qui avait plus que d’autres souffert du « retail bashing », affiche encore une sous-performance de plus de 17,5% sur un an glissant par rapport à l’indice EPRA Eurozone. Mais, en reprise depuis début septembre, il surperforme désormais cet indice de 7,34% sur les trois derniers mois (13,85% vs 6,51%), dont 5% sur les trente derniers jours…

Frédéric Tixier


A propos d’Unibail-Rodamco-Westfield(i)

Unibail-Rodamco-Westfield est le premier créateur et opérateur global de centres de shopping de destination, avec un portefeuille valorisé à 65,0 Mds€ au 30 juin 2019, dont 86% en commerce, 7% en bureaux, 5% en sites de congrès & expositions et 2% en services. Aujourd’hui, nous possédons 92 centres de shopping, incluant 55 « flagships » dans les villes les plus dynamiques d’Europe et des Etats-Unis. Présents sur 2 continents et dans 12 pays, nos centres accueillent chaque année 1,2 milliard de visites. Nous disposons d’un portefeuille de projets de développement à hauteur de 10,3 Mds€. Grâce à nos 3 700 employés et à une expérience et un savoir-faire inégalés, nous sommes en position idéale pour générer de la valeur et développer des projets d’envergure internationale.

A propos de Cushman & Wakefield(i)

Leader mondial des services dédiés à l’immobilier d’entreprise, Cushman & Wakefield (NYSE : CWK) conseille et accompagne investisseurs, propriétaires et entreprises dans toute leur chaîne de valeur immobilière, de la réflexion stratégique jusqu’à l’aménagement des locaux. Le groupe conseille ses clients utilisateurs et investisseurs internationaux, dans la valorisation de leurs actifs immobiliers en combinant perspective mondiale et expertise locale à forte valeur ajoutée, à une plate-forme complète de solutions immobilières. Fort de 51 000 collaborateurs, 400 bureaux et 70 pays dans le monde, Cushman & Wakefield a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires de 8.2 milliards de dollars via ses principales lignes de métiers : facilities et project management, transaction, capital markets, valuation..

(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

[1] Conseil national des centres commerciaux.
[2] Marketbeat France Commerces – 3e trimestre 2019 – «Le retail contre-attaque » – Cushman & Wakefield.

La foncière désormais mondiale déroule son programme de cession à 3 Md€. Fin octobre, elle l’avait déjà réalisé à hauteur de 62%, avec deux nouvelles opérations à son actif lors du mois écoulé : la vente de la tour Ariane, à La Défense, et celle d’un immeuble à Varsovie, pour un total de 655 M€.

Depuis le rapprochement entre les deux entités Unibail-Rodamco et Westfield, en décembre dernier, la foncière désormais mondiale, leader sur le segment des centres commerciaux, a entamé un vaste programme de cession.

Un plan de cession à 3 Md€

Lors de l’annonce de la fusion, le groupe avait en effet indiqué avoir identifié un montant « d’environ 3 Md€ d’actifs à céder au cours des prochaines années ». Un « pipe » de cessions destiné à réduire l’endettement de la foncière et à améliorer la qualité moyenne de son patrimoine. Une opération importante était intervenue dès le mois de juillet dernier, Unibail-Rodamco-Westfield annonçant alors la signature d’une promesse de vente de l’immeuble Capital 8, situé dans le 8arrondissement parisien, à Invesco Real Estate. Une vente officialisée le 8 novembre, sur la base du prix annoncé de 789 M€. Toujours en juillet, le groupe annonçait une autre opération : la cession de 4 centres commerciaux en Espagne, pour 489 M€.

Déjà 62% du programme réalisé

Deux autres promesses de vente, signées en octobre, ont permis à la foncière d’aller encore plus de l’avant dans son programme de cession, dorénavant réalisé à plus de 62%. La première porte sur la tour Ariane, à La Défense. Construit en 1975 par Jean de Mailly, entièrement rénové en 2008, l’immeuble de bureaux bénéficie d’une excellente localisation, mais souffre néanmoins d’une architecture quelque peu vieillissante. L’acquéreur, un fonds souverain singapourien (Singapour GIC) va débourser 464,9 M€, soit, selon les calculs du bureau d’analyse Invest Securities, 7 280 € le mètre carré. L’autre opération concerne un autre immeuble de bureaux de 45 500 m2, le Skylight and Lumen, situé à Varsovie, en Pologne. Unibail-Rodamco-Westfield a annoncé le 30 octobre être entré en négociation avec Globalworth Poland (une foncière cotée) sur la base d’un prix de cession de 190 M€.

Faible impact dilutif

Ces opérations, si elles améliorent le profil financier du groupe, ont toutefois un impact dilutif sur le résultat. La foncière, dans sa dernière publication trimestrielle, l’estime à – 0,11€ (sur la base de 1,92 Md€ de cessions annoncées, pour un rendement initial net moyen de 4,5%). Unibail-Rodamco-Westfield, qui affiche parallèlement un chiffre d’affaires en hausse de 40,2% depuis le début de l’année (et une progression de la fréquentation de ses centres commerciaux européens) maintient d’ailleurs son objectif de résultat net récurrent sur 2018 dans la même fourchette qu’auparavant : 12,75 €/12,90€.

Frédéric Tixier 


A propos d’Unibail-Rodamco-Westfield(i)

Unibail-Rodamco-Westfield est le premier créateur et opérateur global de centres de shopping de destination. Avec un portefeuille valorisé à 63,7 Md€ au 30 juin 2018, dont 86% en commerce, 8% en bureaux, 5% en sites de congrèset expositions et 1% en services, le groupe possède 102 centres de shopping, incluant 56 « flagships » dans les villes les plus dynamiques d’Europe et des Etats-Unis. Les centres du groupe accueillent chaque année 1,2 milliard de visites. Présent sur 2 continents et dans 13 pays, Unibail-Rodamco-Westfield propose une plateforme unique pour les enseignes et les évènements des marques, et offre aux clients une expérience exceptionnelle et sans cesse renouvelée. Grâce à ses 3 700 employés et à une expérience et un savoir-faire inégalés, Unibail-Rodamco-Westfield est en position idéale pour générer de la valeur et développer des projets d’envergure internationale. Le groupe dispose du portefeuille de projets de développement le plus important du secteur, d’une valeur de 12,5 Md€. Unibail-Rodamco-Westfield se distingue par sa stratégie « Better Places 2030 », qui a pour ambition de créer des lieux conformes aux plus hauts standards environnementaux et de contribuer ainsi à des villes meilleures. Les actions jumelées d’Unibail-Rodamco-Westfield sont cotées sur Euronext Amsterdam et Euronext Paris (symbole Euronext : URW). Une cotation secondaire a été établie en Australie par l’intermédiaire de Chess Depositary Interests. Le Groupe bénéficie d’une notation A par Standard & Poor’s et d’une notation A2 par Moody’s.

(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

La foncière franco-néerlandaise fait un retour remarqué sur les marchés financiers. Elle vient d’émettre avec succès 2 Md€ d’obligations perpétuelles, des titres hybrides à la frontière entre dette et capital. Cette émission servira à refinancer une partie du coût d’acquisition de l’australien Westfield.

C’est une première pour une foncière européenne. Unibail-Rodamco, la plus grosse capitalisation européenne du secteur juste derrière l’allemande Vovonia, a annoncé le 17 avril le succès du placement d’une émission de titres hybrides pour 2 Md€.

Obligations perpétuelles – L’opération se décompose en deux tranches, une tranche de 1 250 M€ d’hybride perpétuel « Non Call » 5,5 ans, assortie d’un coupon à 2,125%, et une tranche de 750 M€ d’hybride perpétuel « Non Call » 8 ans, 2,875%. Ces titres sont en fait des obligations perpétuelles, que l’émetteur peut racheter à l’issue d’une échéance donnée, cinq ans et demi pour la 1èretranche, huit ans pour la seconde. Le taux du coupon est de la même façon fixé jusqu’à l’échéance initiale, et est ensuite réajusté en fonction des conditions de marché. Le paiement de ce coupon est lui-même subordonné à la dette de l’émetteur, ce qui explique pourquoi il offre un rendement supérieur aux obligations classiques.

Considérées comme du capital – Ce type d’opération présente pour l’émetteur un avantage de taille, puisqu’il n’impacte pas son ratio d’endettement. Ces obligations perpétuelles sont en effet considérées comme des fonds propres par les normes IFRS. Elles serviront à refinancer une partie du crédit-relais qu’Unibail-Rodamco avait contracté pour financer l’acquisition de l’australien Westfield.

Ce qui va en fait permettre à la foncière de minorer son endettement, et «de maintenir la notation attractive de sa dette non hybride et son faible coût – 14,9 Mds€ à un coût de 1,4% à fin 2017 pour une maturité moyenne de 7,2 années – », explique le bureau d’analyse Invest Securities dans la note qu’il consacre à l’opération. Invest Securities se dit par ailleurs confiant « dans la bonne mise en œuvre du calendrier de rapprochement » avec Westfield, la clôture étant prévue pour fin mai.

Vif succès – L’émission a d’ailleurs connu un très vif succès auprès des investisseurs, qu’Unibail-Rodamco avait sensibilisés lors d’un roadshow européen la semaine dernière, puisque le carnet d’ordre s’est élevé à 6,8 Md€, plus de trois fois le montant de l’opération. Lors de son annonce, le titre a également bien réagi, gagnant 1,68% lors de la séance du 18 avril (193,30 € en clôture).

Frédéric Tixier


A propos d’Unibail-Rodamco(i)
Créé en 1968, Unibail-Rodamco SE est le premier groupe coté d’immobilier commercial en Europe, présent dans 11 pays de l’Union européenne et doté d’un portefeuille d’actifs d’une valeur de 43,1 Md€ au 31 décembre 2017. À la fois gestionnaire, investisseur et promoteur, le Groupe couvre toute la chaîne de valeur de l’immobilier. Grâce à ses 2 000 employés, Unibail-Rodamco applique ses savoir-faire à des segments de marchés spécifiques comme les grands centres commerciaux des villes majeures d’Europe, ou comme les grands bureaux ou centres de congrès-expositions dans la région parisienne. Le Groupe est membre des indices CAC 40 à Paris, AEX 25 à Amsterdam et EuroSTOXX 50. Il bénéficie d’une notation A par Standard & Poor’s et Fitch Ratings.
(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

MadridxanaduLes foncières profitent encore du contexte monétaire. En dépit de la tension sur les taux d’intérêt de ces dernières semaines, Unibail-Rodamco a placé avec succès une nouvelle émission obligataire au taux record de 0,875%, maturité 8 ans et 3 mois. Elle ouvre simultanément une offre de rachat sur 9 souches obligataires existantes.

Klépierre, Gecina, Icade, et désormais Unibail-Rodamco : les foncières multiplient ces dernières semaines les appels au marché obligataire. Et, alors même que les taux d’intérêt remontent – très – légèrement la pente depuis l’annonce du Brexit, et plus encore depuis l’élection surprise de Donald Trump à la présidence américaine, elles continuent d’obtenir des conditions de financement record.

Taux record de 0,875% – Unibail-Rodamco a en effet annoncé le 15 novembre le placement d’une obligation de 500 M€, d’une maturité de 8 ans et 3 mois, assortie d’un coupon de seulement 0,875%. C’est le niveau le plus bas atteint sur le marché obligataire par la foncière qui a réalisé trois autres appels au marché en 2016, trois placements également d’un montant de 500 M€ mais à des taux plus élevés de respectivement 1,375% (10 ans), 1,125% (11 ans) et 2% (20 ans). Unibail-Rodamco, la plus grosse foncière du marché, et qui bénéficie d’une notation financière (A par S&P) plus élevée que celle de ses concurrents, obtient également des conditions plus avantageuses que les opérations menées par Icade (500 M€ à 1,125%, sur 9 ans), Klépierre (500 M€ à 1,875%, sur 10 ans), ou Gecina (500 M€ à 1%, sur 12,3 ans).

Amélioration du profil financier – Ce placement est assorti d’une offre de rachat sur 9 souches obligataires existantes, dont le rendement s’échelonne entre 1,375% et 3,875%. L’opération va donc permettre à Unibail-Rodamco, comme l’explique le bureau d’analyse Invest Securities, « d’étendre la maturité de sa dette (6,5 ans avant émission à fin juin 2016), tout en en abaissant le coût moyen (1,7% au S1 2016) ».

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A propos d’Unibail-Rodamco(i)
Créé en 1968, Unibail-Rodamco SE est le premier groupe coté de l’immobilier commercial en Europe, présent dans 11 pays de l’Union européenne et doté d’un portefeuille d’actifs d’une valeur de 39,3 milliards d’euros au 30 juin 2016. À la fois gestionnaire, investisseur et promoteur, le Groupe souhaite couvrir toute la chaîne de valeur de l’immobilier. Grâce à ses 1 985 employés, Unibail-Rodamco applique ses savoir-faire à des segments de marchés spécifiques comme les grands centres commerciaux des villes majeures d’Europe, ou comme les grands bureaux ou centres de congrès-exposition dans la région parisienne. Le Groupe se distingue par sa volonté d’obtenir les meilleures certifications environnementales, architecturales et urbanistiques. Sa vision durable et à long-terme se concentre sur les développements ou redéveloppements de lieux de vie attractifs et accueillants pour y faire du shopping, y travailler et s’y relaxer.
(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

aubinQue nous apprennent les résultats d’Unibail-Rodamco sur le profil de l’immobilier coté en 2016 ? s’interroge Laurent Saint Aubin, gestionnaire actions spécialiste de l’immobilier européen chez Sofidy. Le gérant du fonds Sofidy Sélection 1, qui constate la solidité de la capacité distributive des SIIC, s’attend à une hausse – sur moyenne période – des niveaux de valorisation et à une surperformance des grandes foncières cette année, marquée par la poursuite de la baisse du coût d’endettement.

Que nous apprennent les résultats d’Unibail-Rodamco sur le profil de l’immobilier coté en 2016 ? Pour répondre à cette question, réponses en cinq points présentés lors des résultats annuels d’Unibail-Rodamco, le 2 février dernier.

1 – Une croissance locative sans conteste robuste et traduisant la surperformance du format commercial de la foncière. Le modèle d’Unibail-Rodamco repose sur de très grands centres commerciaux localisés dans des zones de chalandise à haut pouvoir d’achat avec une capacité hors norme à créer du flux : 11,6 millions de visiteurs par centre en moyenne ! Mais également sur une grande disparité géographique des performances (+ 7,6 % en Espagne, + 8,7 % en Scandinavie mais – 1,7 % aux Pays-Bas). Points négatifs : la poursuite de la baisse des loyers de bureaux (- 2,9 % à périmètre constant) et une forte sensibilité aux évènements extérieurs qui ont conduit à un recul de 6,8 % du chiffre d’affaires des commerçants en France suite aux attentats de novembre. Cela a entraîné un coup d’arrêt, peut-être momentané, à l’accélération de la rotation des locataires. Le taux d’effort (loyers/chiffre d’affaires des commerçants locataires) s’est par conséquent élevé à 14,1 % en 2015 contre 14,2 % un an auparavant avec un niveau de rotation des locataires (nouvelles enseignes ou nouveaux formats d’enseignes existantes) de 13,2 %. Nous en tirons la leçon que même les formats de commerce les plus attractifs peuvent peiner à générer une croissance accrue des loyers. Sur les bureaux, la tendance demeure baissière, sauf actifs « top prime », comme l’immeuble Cloud de la Société Foncière Lyonnaise. En 2016, la performance devrait donc venir d’un effet de rattrapage des bureaux liés à un environnement économique stable aux Pays-Bas, en Espagne et pourquoi pas en Europe orientale ; et de l’effet de masse de la classe d’actifs logements en Allemagne.

2 – Une évolution significative du profil d’endettement avec un coût moyen en baisse à 2,2 % vs 3,6 % en 2011, une duration en hausse à 6,5 ans vs 4,6 ans en 2011. Cette évolution devrait se poursuivre en 2016 et explique une part croissante de la croissance des cash-flows. En outre, l’appétit des investisseurs a permis à Unibail-Rodamco d’accélérer ses cessions d’actifs non stratégiques (1,6 Md en 2015) ramenant son niveau d’endettement (L.T.V.) à 35 %. A ce titre, les très grandes foncières surperformeront. A noter également que le secteur se trouvera en position optimale pour faire face à une remontée des taux en Eurozone à horizon 18-24 mois avec des niveaux d’endettement fortement réduits, des dettes essentiellement à taux fixes, et des durations accrues.

3 – Une hausse du dividende versé alors que le résultat net par action non retraité de l’effet des cessions de l’exercice en recul traduit la solidité de la capacité distributive des foncières cotées dans le cadre du statut SIIC.

4 – Une hausse sur moyenne période des niveaux de valorisation qui justifie un niveau d’exigence accrue sur la performance opérationnelle des sociétés, un tri soigneux des valeurs à mettre en portefeuille et une revue régulière des objectifs de cours qui, une fois atteints, génèrent des ventes.

5 – Une progression élevée des valeurs d’actifs qui tient à l’effervescence du marché de l’investissement qui se poursuivra cette année. A noter que, pour l’instant, contrairement à ce qui s’est observé au Royaume-Uni, la progression des valorisations se concentre sur les actifs prime en Europe continentale.

A propos de Laurent Saint Aubin
Laurent Saint Aubin a débuté sa carrière en 1986 comme analyste financier à la Banque de l’Union Européenne avant de rejoindre la société de Bourse Ferri puis le CCF. Il a été ensuite Directeur Général d’ING France Securities en charge des activités de marché Actions à Paris, puis, à compter de 2006, responsable des activités de vente et de recherche sur l’immobilier coté au sein du groupe Aurel BGC. Membre de la SFAF, il a reçu en 2012 le trophée du meilleur analyste des sociétés d’investissement immobilier cotées (SIIC). Depuis 2014, il gère le FCP Sofidy Sélection 1, où il développe une gestion discrétionnaire visant à « surperformer, via une exposition aux actions du secteur immobilier de l’Union européenne, l’indicateur de référence FTSE EPRA/NAREIT Euro Zone Capped dividendes nets réinvestis ».

Léon Bressler gagne une deuxième fois avec Cœur défense

Tour-La-defenseLa première foncière européenne a publié mardi soir ses comptes annuels 2015, globalement en ligne avec les attentes. Le résultat net récurrent par action s’établit à 10,46 €, soit 0,4% de mieux que prévu, et une progression de +8,3% par rapport à 2014[1]. Les loyers ont crû au rythme de 3,2% sur l’année, le coût de la dette est au plus bas, à 2,2%. Des résultats appréciés : Unibail-Rodamco faisait partie des rares titres haussiers ce mercredi…

« 2015 a de nouveau été une excellente année pour Unibail-Rodamco. L’excellence des équipes a permis d’atteindre un résultat net récurrent par action de 10,46 €, en croissance sous-jacente de +8,3% », se félicite Christophe Cuvillier, le Président du Directoire de la 1re foncière européenne dans le communiqué d’annonce de ses comptes 2015.

Solide croissance organique – Les résultats sont effectivement au rendez-vous. Les loyers nets croissent de +3,2% sur l’exercice, dont +3,9% pour les revenus locatifs tirés des centres commerciaux, à périmètre constant. L’année a été marquée par une forte activité locative sur ce segment de marché : 1 367 baux ont été signés, générant un gain locatif de +18,2%, et le taux de rotation des enseignes, à 13,2%, a dépassé les objectifs du groupe. Le bureau d’analyse Invest Securities constate toutefois une baisse de la croissance organique, qui s’établissait à +5,3% au 1er semestre 2015 (contre donc +3,2% sur l’ensemble de l’année). Un fléchissement qui s’explique par une baisse des loyers nets, à périmètre constant, tiré de l’activité bureaux. Ils reculent de 4,2 M€ (-2,9%), « en raison principalement d’une baisse des indemnités reçues en France lors du départ de locataires », comme l’explique Unibail-Rodamco dans son communiqué. Invest Securities remarque aussi un « taux d’occupation en légère détérioration (97,5% à fin 2015, contre 97,7% à fin juin 2015) sur les centres commerciaux ».

Résultats opérationnels « créateur de valeurs » – Ces petits détails n’empêchent pas Unibail-Rodamco d’afficher des résultats opérationnels solides. La valeur de marché du portefeuille croît de + 9,2% par rapport à 2014 (+ 6% à périmètre constant), en raison notamment de l’impact des progressions des revenus locatifs et la compression des taux de l’activité centres commerciaux. L’ANR triple net augmente de ce fait de + 5,1% au 2e semestre, pour s’établir à 169,9 € par action (+ 12,4% sur un an). Le résultat net récurrent (RNR), à 10,46 €, représente quant à lui une hausse sous-jacente de + 8,3% par rapport au RNR par action de 2014 retraité de l’impact des cessions de 2014 et des cessions additionnelles effectuées en 2015. En publié, il s’inscrit « en diminution de seulement – 4,2% par rapport à 2014, malgré l’impact des importantes cessions réalisées en 2014 (- 1,15 €) et 2015 (- 0,11 €), ainsi qu’une très faible indexation », précise Unibail-Rodamco.

Abaissement du coût de la dette – La foncière s’est employée à tirer profit des conditions du marché pour 1,9 Md€ de dette à des taux plus bas, et avec des maturités plus longues. « Le coût moyen de sa dette atteint un nouveau plus bas historique à 2,2% (contre 2,6% en 2014), et la maturité moyenne de la dette a augmenté à 6,5 ans », précise le groupe. Unibail-Rodamco présente de ce fait des indicateurs solides : un ratio d’endettement à 35% (contre 37% en 2014), un ratio de couverture des intérêts en hausse (4,6 x, contre 4,2 x en 2014), et un niveau de liquidité disponible record, avec 5,45 Md€ de lignes de crédits bancaires non tirées au 31 décembre 2015. Une force de frappe qui lui permettra de financer les 7,4 Md€ de projets de développement en portefeuille…

Dividende de 9,70 € en 2015 et hausse en 2016 – Sous réserve d’approbation par l’assemblée générale du 21 avril 2016, le groupe versera un dividende de 9,70 € par action au titre de l’exercice 2015. Pour 2016 et les années suivantes, Unibail-Rodamco « prévoit de poursuivre la distribution d’un dividende en ligne avec la croissance de son résultat net récurrent par action ». Selon le groupe, la restructuration fin 2015 du portefeuille de couverture de la dette « devrait générer un impact positif supplémentaire, permettant d’atteindre une croissance de + 8 % à + 10 % ». En conséquence, la foncière franco-hollandaise prévoit pour 2016 un résultat net récurrent par action « compris entre 11 et 11,20 € ». Comme le souligne Invest Securities, « cette hausse de dividende traduit la confiance du management quant à la croissance à venir des résultats ». Le bureau d’analyse considère par ailleurs que la survalorisation de la « marque » Unibail est moins excessive que l’an dernier. Les investisseurs ont globalement apprécié la publication du groupe : mercredi 3 février, à l’ouverture, le titre faisait partie des rares valeurs positives dans un marché baissier. Il clôture sur un gain de 2,96 %, à 231,65 €, après avoir dépassé les 6 % de hausse en séance…

A propos d’Unibail-Rodamco(i)
Créé en 1968, Unibail-Rodamco est le premier groupe coté de l’immobilier commercial en Europe, présent dans 12 pays de l’Union européenne et doté d’un portefeuille d’actifs d’une valeur de 37,8 milliards d’euros au 31 décembre 2015. À la fois gestionnaire, investisseur et promoteur, le Groupe couvre toute la chaîne de valeur de l’immobilier. Grace à ses 1 995 employés, Unibail-Rodance applique ses savoir-faire à des segments de marchés spécifiques comme les grands centres commerciaux des villes majeures d’Europe, ou comme les grands bureaux ou centres de congrès-expositions dans la région parisienne. Le Groupe se distingue par sa volonté d’obtenir les meilleures certifications environnementales, architecturales et urbanistiques. Sa vision durable et à long-terme se concentre sur les développements ou redéveloppements de lieux de vie attractifs et accueillants pour y faire du shopping, y travailler et s’y relaxer. L’engagement d’Unibail-Rodamco en matière de développement durable, économique et social a été reconnu avec son inclusion dans les indices DJSI (World et Europe), FTSE4Good et STOXX Global ESG Leaders. Le Groupe est membre des indices CAC 40 à Paris, AEX 25 à Amsterdam et EuroSTOXX 50. Il bénéficie d’une notation A par Standard & Poor’s et Fitch Ratings.
(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

[1] Retraité de l’impact des cessions de 2014 et des cessions additionnelles effectuées en 2015

quatreLa SIIC vend au Canada Pension Plan Investment Board une participation de 46,1 % dans mfi AG pour 394 millions d’euros, dont elle détient 94,15 %. Le rendement immobilier ressort à 5,1 %.

Unibail-Rodamco a vendu au fonds de pension canadien Canada Pension Plan Investment Board (CPPIB) une participation indirecte de 46,1% dans mfi AG. L’accord prévoit que CPPIB paiera une somme de 394 millions d’euros à Unibail-Rodamco correspondant au montant des participations et contribuera par des fonds supplémentaires à la stratégie de financement de mfi. Le prix de la transaction fait ressortir un taux de rendement initial de 5,1% pour l’ensemble du portefeuille de mfi et un prix moyen de 5 000 euros/m2.

La plus grosse foncière européenne trouve dans cet accord de nouveaux moyens pour financer son développement Outre-Rhin. En juin 2012, Unibail-Rodamco a acquis auprès de Perella Weinberg Real Estate Fund I une participation de 51% dans la société holding qui détenait alors 90,4% de mfi AG. A l’époque, la valeur totale des actifs immobiliers sous-jacents faisant l’objet de la transaction s’élevait à 1,5 milliard d’euros, auxquels devaient être ajoutés près de 530 millions d’euros à investir dans des projets de développement en cours. Au total, le partenariat portait sur 10 actifs existants ou en projet représentant 608 291 mètres carrés. Le prix total payé par Unibail-Rodamco pour l’acquisition de ces participations en fonds propres s’élevait à 383 millions d’euros. Il était en outre prévu que le fonds Perella Weinberg (PWREF) sorte à un horizon compris entre juillet 2014 et mars 2017 au prix de 288 millions d’euros. Ce n’est qu’à partir de la mi-2014 qu’Unibail s’est assuré du contrôle exclusif de ces actifs, à l’issue d’une période de contrôle partagé avec son associé. Par la suite, le 13 février 2014, Unibail-Rodamco et CPPIB se sont associés dans la gestion de CentrO, l’un des plus grands et des meilleurs centres commerciaux d’Allemagne situé à Oberhausen. Unibail-Rodamco dans mfi s’élevait à 94,15%.

pierrepapier.fr

Léon Bressler gagne une deuxième fois avec Cœur défense

etude-de-marcheLa plus grosse foncière européenne a émis des obligations remboursables dont le taux actuariel brut ressort négativement à – 0,07 %.

Après l’État allemand, l’État français puis Nestlé qui ont ouvert le bal des emprunteurs privés émettant à taux négatif, c’est au tour d’Unibail-Rodamco de poursuivre chez les foncières. Elle a émis de nouvelles obligations à option de remboursement en numéraire et/ou en actions nouvelles et/ou existantes (Ornane) pour environ 500 millions d’euros. Les obligations seront remboursées au pair le 1er janvier 2022. Elles pourront faire l’objet d’un amortissement anticipé par remboursement au gré d’Unibail-Rodamco

Le montant nominal unitaire fera ressortir une prime d`émission comprise entre 27,5 et 35 % par rapport au cours de référence des actions Unibail-Rodamco. Leur prix de souscription, égale à 100,5 % du pair, fait apparaître un taux de rendement actuariel brut de -0,07%.

D’autre part, Unibail-Rodamco veut aussi émettre des obligations sous son programme EMTN à échéance mars 2025 et avril 2030. Il sera ainsi proposé aux investisseurs deux émissions en euros, dont une émission sous format Green Bond 10 ans à échéance mars 2025 et une émission obligataire à 15 ans à échéance avril 2030, sous réserve des conditions de marché.

Parallèlement, le groupe proposera le rachat de neuf souches obligataires à échéance avril 2016, septembre 2016, juin 2017, décembre 2017, août 2018, octobre 2018, mars 2019, novembre 2020 et février 2021. Montant nominal maximal du total des rachats : 1,5 milliard d’euros.

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aerovilleLe leader européen des centres commerciaux revoit à la hausse sa fourchette de progression de ses bénéfices pour la période 2016/2019. La valeur d’ANR est de 151,20 euros (+ 3,4%).

Le leader européen des sociétés foncières Unibail-Rodamco spécialiste des très grands centres commerciaux affiche un bénéfice net récurent 2014 en progression de 8,3% , alors même que les effets de l’indexation des baux s’essouffle (+ 8 % contre + 2,1 % en 2013). Dans la foulée de cette publication la société d’investissement immobilier cotée (SIIC) indique indiqué relever ses objectifs financiers à l’horizon 2019. La société foncière franco-néerlandaise vise désormais une progression moyenne de 6% à 8% par an de son résultat net pour la période 2016-2019, soit 1 point de plus que sa prévision initiale. Unibail-Rodamco touche ainsi les fruits de son recentrage sur les plus gros centres qui résistent le mieux à l’atonie de la consommation net à la concurrence internet. « Les cessions réalisées en 2014 ont amélioré les perspectives de croissance », souligne le groupe qui a vendu l’an dernier pour 1,8 milliard d’euros d’actifs immobiliers. Bien qu’Unibail-Rodamco ait d’ores et déjà atteint ses objectifs de cessions, la société prévoit de poursuivre ses ventes d’actifs en 2015. En tout début d’année, elle a ainsi bouclé la vente du centre commercial Nicetoile à Nice.

Pour 2014, son résultat net s’élève à 1,06 milliard d’euros contre 986 millions en 2013. Les loyers nets perçus dans les centres commerciaux ont crû de 8,7% tandis qu’ils ont progressé de 8% dans les bureaux. Les frais financiers en baisse marquent l’effet de la baisse des taux dont la foncière a su profiter sur le marché obligataire tout au long de l’année écoulée. Elle a ainsi ramené le coût de sa dette à 2,6 % contre 2,9 % en 2013. Unibail-Rodamco prévoit de verser à ses actionnaires un dividende de 9,60 euros par action au titre de l’exercice 2014, en progression de 7,9%. La valeur d’actif net par action s’accroit de 3,4 % à 151,20 euros pour un cours de bourse qui présente une très forte prime à 244,20 euros. Pour les prochains exercices, le groupe ne prévoit pas de verser un dividende inférieur à ce montant. A la Bourse d’Amsterdam, avant la publication des résultats annuels, l’action Unibail-Rodamco a clôturé à 244,10 euros (-0,31%).

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centre-commercialUne fois n’est pas coutume. Au troisième trimestre, c’est Klepierre qui a marqué des points dans la compétition qu’elle mène avec le leader européen des centres commerciaux Unibail-Rodamco.

Le chiffre d’affaires des commerçants d’Unibail-Rodamco est en progression de +2,7 % sur les 9 premiers mois de l’année 2014 par rapport à la même période de 2013, et surperforme les indices nationaux de 228 points de base à fin août 2014. C’est bien mais Klepierre fait mieux avec une croissance des ventes des commerçants de ses centres qui atteint 3%.

Pour ces deux acteurs, la progression est sensiblement supérieure à l’évolution de la consommation des français qui est presque plate. Néanmoins la progression des chiffres d’affaires des deux leaders européens des centres commerciaux ralentit de trimestre en trimestre. Le dernier ayant il est vrai été impacté par une chaleur inhabituelle qui a pu amener les français à se livrer à d’autres activités que le shoping au mois de septembre.

Ce constat renforce les craintes exprimées par plusieurs observateurs qui s’inquiètent sur le maintien d’un taux d’effort élevé des commerçants qui doivent faire face à une atonie de la consommation et à la montée en puissance de la concurrence des ventes sur internet.

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