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Les SCPI toujours actives pendant la crise

La crise du coronavirus et le confinement ont très fortement réduit les transactions immobilières. Mais le marché n’est pas totalement gelé. Preuve en est : certaines SCPI ont finalisé des opérations initiées avant la crise. Et continuent de mener des négociations. Revue de détails.     

Il s’agit, pour l’essentiel, d’opération initiées avant la période de confinement. Mais pas que… Les SCPI, qui disposent pour la plupart de liquidités importantes – et continuent à collecter -, poursuivent les acquisitions et cessions d’actifs en cours. Plusieurs transactions ont été finalisées au cours des dernières semaines. D’autres sont à venir. Etat des lieux, par société de gestion.

Advenis REIM

Le gestionnaire des SCPI Eurovalys et Elyalis annonçait début mars l’acquisition d’un immeuble de bureaux à Gaimersheim, en Bavière. Prix de la transaction : environ 25 M€ hors droits. Quelques jours auparavant, la toute jeune SCPI Elyalis procédait à son premier investissement à Madrid. Pour 15,5 M€.

Amundi Immobilier

La structure dédiée à l’immobilier du groupe Amundi avait réalisé 3,8 Md€ d’acquisitions en 2019. Pour le compte de ses SCPI et OPCI grand public, mais aussi pour l’ensemble de ses fonds sous gestion. Elle vient de procéder à plusieurs nouvelles opérations. En avril 2020, elle a notamment annoncé l’acquisition de son premier actif de bureaux à Barcelone (8 330 m²) et à Varsovie (11 529 m²). Ainsi qu’une plateforme logistique (occupée par Zalando) en Allemagne.

Atream

La société de gestion spécialisée sur le secteur du tourisme et de l’hôtellerie a annoncé en mars deux nouvelles acquisitions en Allemagne. Il s’agit des murs de l’hôtel et des infrastructures récréatives du Center Parcs Nordseeküste, pour un montant de 11,8 M€. Et des murs de l’hôtel B&B Stuttgart Airport, pour un montant de 10,6 M€. Ces deux opérations ont été réalisées pour le compte de la SCPI Atream Hôtels.

BNP Paribas REIM

La division immobilière de BNP Paribas a annoncé le 17 avril l’acquisition d’un immeuble de bureaux neuf d’une surface totale de 25 000 m². Livré fin 2019, cet actif se situe dans le nouveau quartier des Docks de Saint-Ouen. Il accueille le siège de la Région Île-de-France. L’opération a été réalisée pour le compte de la SCPI Accimmo Pierre. Le montant de transaction dépasserait les 200 M€

Corum

Le gestionnaire des SCPI à succès Corum Origin et Corum XL a annoncé, le 25 mars, la première acquisition de sa nouvelle SCPI Eurion. Cette dernière s’est portée acquéreur des murs d’un supermarché situé près de Cork, en Irlande. Prix d’acquisition : 6,1 M€. Rendement estimé à l’acquisition : 7,44% acte en main.

Foncia Pierre Gestion

La société de gestion récemment passée sous la coupe de BlackFin Capital Partners a finalisé fin février son 1er investissement en Belgique. L’opération a été réalisée pour le compte de 3 de ses SCPI : Foncia Cap’Hebergimmo, à hauteur de 51% ; Foncia Pierre Rendement pour 30% ; et Placement Pierre, pour 19%. Le montant total de la transaction est supérieur à 57 M€.

Groupama Gan Reim

Le gestionnaire des SCPI Affinités Pierre et de l’OPCI Groupama Gan Pierre 1 poursuit visiblement l’optimisation de ses patrimoines. Il annonçait notamment le 14 avril dernier la cession d’une boutique située au centre-ville de Cannes. L’opération génère une plus-value de 34% pour l’OPCI Groupama Gan Pierre 1. Quelques jours plus tôt, il communiquait sur l’acquisition d’un commerce à Paris. Pour le compte cette fois d’un OPPCI (Groupama Gan Retail France).

La Française REM

La société de gestion dirigée par Marc Bertrand a finalisé en avril l’acquisition d’un immeuble de bureaux dans le 17e arrondissement parisien. Il s’agit d’un ensemble de plus de 10 000 m², siège social du groupe Rexel. Le prix de la transaction serait supérieur à 100 M€. L’opération a été menée pour le compte des SCPI Epargne Foncière (40 %), Eurofoncière 2 (10 %), LF Grand Paris Patrimoine (40 %) et Multimmobilier 2 (10 %). La SCPI LF Europimmo vient pour sa part d’annoncer (le 17 avril) l’acquisition d’un premier actif au Royaume-Uni. Il s’agit d’un immeuble mixte situé Bartholomew Close, à Londres. Le prix net vendeur est de M£. Et le taux de rendement initial ressort à 3,9 %.

Norma Capital

La société de gestion de la SCPI Vendôme Régions a fortement investi au cours du 1er trimestre. Elle a en effet acquis durant cette période 6 nouveaux actifs, pour un total de 22 M€. Il s’agit majoritairement d’immeubles de bureaux, situés en province. Les acquisitions comprennent également un immeuble de commerces situé à Montlhéry (91). Et une boutique située rue de Clichy, dans le 9e arrondissement parisien.

Novaxia

La SCPI Neo, gérée par Novaxia, a procédé à sa 5e acquisition. Il s’agit d’un « data center » situé à Nanterre, d’une surface de 3 256 m². Il est actuellement loué à Interxion, une entreprise spécialisée dans la location d’espaces de data center, pour un bail résiduel de 4,6 ans. Selon Novaxia, le rendement acte en main de cette opération est de 6,68 %

Perial AM

Perial AM a réalisé coup sur coup trois acquisitions pour ses SCPI PFO2 et PFO. Et en mars, cette dernière se portait acquéreur d’un immeuble de bureaux à Amsterdam. Pour environ 24 M€. En février, PFO2 devenait quant à elle propriétaire d’un immeuble de bureaux neufs situé dans la périphérie de Rennes. Pour environ 35,9 M€. Elle vient d’annoncer, le 20 avril, une nouvelle opération, aux Pays-Bas cette fois. Il s’agit de l’immeuble Deloitte Building situé à Utrecht. L’actif comprend 7 127 m² de bureaux et 154 emplacements de parking. Prix de l’opération : 28,8 M€. Il s’agit de la 9e acquisition aux Pays-Bas de PFO2.

Primonial REIM

Primonial REIM a finalisé le 12 mars dernier l’acquisition de l’immeuble de bureaux « Le Valmy », situé à Montreuil (93). L’opération a été réalisée pour le compte de sa SCPI Primopierre. Et cet actif de 29 000 m² a été acquis auprès de la foncière Gecina. La transaction se serait faite sur la base d’un prix supérieur à 200 M€. Primonial REIM poursuit activement la recherche de nouveaux actifs. Y compris dans le secteur de l’hôtellerie. Il vient en effet de finaliser un partenariat avec B&B Hotels, un opérateur hôtelier français. En s’engageant à investir 50 M€ par an dans cette classe d’actifs au cours des 15 prochaines années.

Sofidy

Sofidy a finalisé le 11 mars une nouvelle acquisition : l’immeuble « Le Georges V », situé dans la ville de Montpellier. Cet actif, d’une surface de 2 597 m², a été acquis pour le compte de l’OPCI Sofidy Pierre Europe. Prix de l’opération : 5,9 M€

Swisslife AM

Swiss Life Asset Managers France a concrétisé début mars l’acquisition du portefeuille  « Margaux » comprenant quatre hôtels espagnols. L’opération a été réalisée pour le compte de l’OPCI SwissLife Dynapierre. Ce dernier s’est également engagé à acquérir un immeuble majoritairement de bureaux situé dans le « QCA » parisien.

Frédéric Tixier


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Murs d’hôtels : une classe d’actifs portée par de nouveaux concepts

« Les murs d’hôtels affichent des rendements dans le haut de fourchette de l’immobilier tertiaire et peuvent constituer une source de diversification attractive si sélectionnés avec clairvoyance », constate Peter Viens, le gérant de l’OPCI grand public Sofidy Pierre Europe. Qui rappelle que la croissance continue du tourisme international « soutient celle de l’industrie hôtelière », notamment en Europe, mais que, dans un contexte concurrentiel et mouvant, « le secteur doit savoir profiter de nouvelles tendances de voyage indubitablement à son avantage »…

Segment dynamique du marché immobilier, avec 67,7 milliards de dollars¹ de transactions en 2018 dans le monde, dont 22,9 milliards pour la zone Europe-Moyen Orient, les murs d’hôtels attirent de plus en plus de fonds d’investissement immobilier à la recherche d’actifs de diversification et de rendement. Sur les 10 dernières années², le secteur de l’hôtellerie pan-européen a ainsi offert une performance globale de 6,8%, contre 6,2% pour la logistique et 5,1% pour les bureaux mais aussi les commerces (voir « l’interview de Stéphanie Galiègue, Directrice de la Recherche et des Etudes de l’IEIF »).

Des perspectives de croissance solides

La stratégie de diversification des fonds immobiliers est encouragée par les perspectives de croissance solides de l’industrie hôtelière. Le tourisme international a connu en 2018 une nouvelle année faste avec 1,4 milliard de personnes qui se sont rendues dans un pays étranger, soit une croissance annuelle de 6%, près de deux fois supérieure à celle de l’économie mondiale. Cette tendance devrait se poursuivre avec quelque 1,8 milliard de touristes internationaux prévus par l’Organisation mondiale du tourisme en 2030, et ainsi soutenir l’industrie hôtelière mondiale dont les taux d’occupation et les performances opérationnelles sont déjà solides. L’Europe, qui reste de très loin la première destination touristique mondiale avec plus de la moitié des voyageurs, est aussi l’une des zones les plus attractives pour les promoteurs. Le Vieux Continent a vu son parc de chambres d’hôtels croître de 1% l’an dernier. Deux fois plus forte que celle du parc mondial, cette croissance démontre la confiance des développeurs de chambres d’hôtels dans cette zone.

La concurrence des locations saisonnières est réelle…

Ces perspectives de croissance ne doivent pas pour autant occulter la concurrence des locations saisonnières, boostées par la croissance exponentielle des offres des plateformes « peer-to-peer », Airbnb et Booking.com en tête, notamment dans les grandes villes à travers le monde. Cette alternative aux chambres d’hôtel a rapidement séduit une partie des touristes, en raison de prix souvent plus bas et de la plus grande polyvalence et convivialité offerte, avec généralement la présence d’une kitchenette et d’un salon. Néanmoins, cette offre concurrente aux chambres d’hôtels fait face depuis plusieurs mois à des levées de boucliers, avec aujourd’hui des obstacles majeurs obérant la rentabilité de la location saisonnière et dissuadant de plus en plus de propriétaires qui pensaient y avoir trouvé la poule aux œufs d’or.

… mais doit être relativisée !

Il y a bien évidemment l’épineuse question de la « clandestinité fiscale » de ces plateformes, dont la plupart des pays se sont emparé pour tenter de rétablir une certaine égalité fiscale entre les différentes parties prenantes. Dans les grandes villes, la conversion exponentielle d’hébergements en location de type Airbnb, avec comme corollaire l’aggravation de la pénurie de logements pour leurs habitants, provoque également des réactions. En France, déjà 18 villes, dont Paris, limitent désormais à 120 le nombre de nuitées annuelles par hébergement. Face à la multiplication des nuisances pour les habitants des immeubles concernés, avec des va-et-vient incessants de vacanciers pas toujours respectueux des règles de savoir-vivre, les copropriétés modifient aussi leur règlement pour interdire les locations saisonnières. Par ailleurs, la location saisonnière n’est pas une alternative pour tous les touristes. Cette offre n’est généralement pas adaptée aux grandes familles ou aux groupes. Il lui est également quasi impossible de proposer les services, parfois haut de gamme, d’un hôtel et pour lesquels la demande est croissante (conciergerie, blanchisserie, restauration, salle de sport, spa…).

De nouvelles tendances à l’avantage des hôtels…

L’issue de la compétition entre hôtellerie et locations saisonnières de type Airbnb est bien évidemment incertaine. Ces deux modèles, forcés chacun de s’adapter, pourraient néanmoins coexister. Le secteur hôtelier peut, à ce titre, tirer avantage de l’émergence de nouvelles tendances auxquelles les locations saisonnières ne peuvent pas répondre. Privilégiant les « expériences de vie » aux vacances plus traditionnelles, les nouvelles générations, notamment les jeunes actifs urbains à travers le monde, sollicitent de plus en plus les voyages haut de gamme et les hôtels de luxe. Cette tendance alimente les perspectives prometteuses du marché des voyages de luxe, estimé à 1 100 milliards de dollars en 2025, soit une croissance annuelle de 4,3%³. Des axes de diversification, comme le « coworking » ou le « branding », se présentent également aux acteurs du secteur hôtelier. À l’origine apanage d’opérateurs spécialisés, le « coworking » fait aujourd’hui son entrée dans les hôtels pour séduire les « nomades digitaux » et les fidéliser. Grâce à leur présence au cœur des grandes villes et à leur savoir-faire historique en matière de gestion et d’animation, les grands groupes hôteliers rentabilisent les halls d’accueil de leurs établissements, d’ordinaire perdus, en proposant des espaces de bureaux communs, flexibles, modernes et conviviaux. Alors que le design et l’ambiance des espaces communs sont devenus primordiaux pour les touristes, le « branding » constitue aussi une source de renouvellement de l’offre hôtelière. La création de nouvelles marques sur des concepts de niche innovants démultiplieles expériences. D’ailleurs, dans les économies matures, un tiers des chambres actuellement en construction appartiendraà des hôtels de marques nouvellement créées4.

Peter Viens 


A propos de Peter Viens

Peter Viens a commencé sa carrière en 2003 chez Bouygues Construction en tant qu’acheteur dans le bâtiment, avant de rejoindre Aéroports de Paris en 2004, puis Danone Produits Frais France en 2007, dans des fonctions liées aux achats et à l’immobilier. En 2010, il intègre la Société Générale, et devient responsable Asset Management Immobilier Corporate Asie pour le Groupe. En 2015, il devient le Directeur Immobilier Europe du Groupe Air Liquide. Peter Viens est diplômé de l’École Centrale de Lyon, avec une spécialisation en immobilier, et est membre de la RICS. Il gère l’OPCI Sofidy Pierre Europe depuis mars 2018.

A propos de Sofidy

Depuis 1987, Sofidy conçoit et développe des produits d’investissement et d’épargne (SCPI, OPCI, SIIC, société civile, OPCVM Immobilier, fonds dédiés) orientés principalement vers l’immobilier de commerces et de bureaux. Premier acteur indépendant sur le marché des SCPI avec plus de 5,1 milliards d’euros sous gestion, Sofidy est un gestionnaire de référence dans le paysage de la gestion d’actifs immobiliers en France et en Europe. Agréée par l’AMF, Sofidy est régulièrement distinguée pour la qualité et la régularité des performances de ses fonds. Sofidy gère pour le compte de plus de 50 000 épargnants, et un grand nombre d’institutionnels, un patrimoine immobilier constitué de plus de 4 200 actifs commerciaux et de bureaux. Sofidy est une filiale du groupe Tikehau Capital.

[1] JLL, « Hotel Investment Outlook 2019 ».
[2] De fin 2007 à fin 2017. Source : IEIF, « Immobilier de tourisme : décryptage », mars 2019.
[3] Grand View Research, mars 2018.
[4] JLL, « Hotel Investment Outlook 2019».

« La logistique est aujourd’hui un segment incontournable dans l’immobilier commercial », affirme Peter Viens. Le gérant de l’OPCI Grand Public Sofidy Pierre Europe revient sur le développement de ce secteur porté par le succès du e-commerce, mais dont la mutation pourrait bien profiter aux grands distributeurs traditionnels.

Le secteur de la logistique connaît en Europe une croissance régulière, appelée à perdurer. L’explosion du e-commerce est le principal catalyseur de sa croissance. En Europe, les ventes en ligne progressent d’environ 15 %¹ par an et le cap des 300 milliards d’euros² de chiffre d’affaires devrait avoir été franchi l’année dernière !

L’e-commerce comme moteur de croissance

Avec en toile de fond des changements profonds dans les modes de consommation et de nouvelles exigences, notamment environnementales, non sans conséquences sur le secteur de la logistique. Avec une projection de 4 000 milliards de tonnes-kilomètres par an d’ici 2050, contre 2 300 milliards de tonnes-kilomètres³ par an en 2018, ce secteur devrait connaître une croissance annuelle moyenne de 2 % au cours des trente prochaines années.

Maintenir des coûts de livraison compétitifs…

Le délai de livraison 24h/48h étant devenu crucial dans la décision d’achat, avec une tendance dans les très grandes agglomérations à la livraison en 1 heure, la logistique dite du « dernier kilomètre », c’est-à-dire le dernier maillon de la chaîne de distribution d’un colis, est aujourd’hui un enjeu stratégique pour les logisticiens. Représentant 25 à 30 % du coût de livraison, et actuellement non compressible, c’est l’étape la plus onéreuse. À cela s’ajoutent les prix du pétrole qui connaissent une augmentation structurelle, estimée à 3,1% par an sur les dix prochaines années. Enfin, le manque de main-d’œuvre à tous les niveaux de qualification génère aussi une hausse des coûts pour attirer des travailleurs dans des zones souvent éloignées des centres urbains, avec parfois des conditions de travail très contraignantes.

…tout en répondant aux exigences environnementales

La transition vers une économie bas-carbone et les attentes, déjà immédiates, des citoyens en matière de réduction des impacts environnementaux des transports routiers engendrent de nouvelles taxes mais aussi la nécessité de basculer vers une logistique « verte » avec le renouvellement des flottes vers des véhicules propres, voire l’abandon, sur certains axes, du transport routier en faveur du fluvial et du ferroviaire moins polluants. A ces coûts de transformation environnementale s’ajoute une baisse de la productivité provoquée par un trafic de plus en plus important aux abords des grandes agglomérations, lié à un phénomène de métropolisation qui s’accélère. Cette baisse de productivité pourrait s’amplifier avec une flotte de véhicules électriques à l’autonomie plus faible et au temps de recharge plus long.

La logistique doit faire sa révolution

Elle peut pour cela tirer profit des nouvelles technologies et de la transformation digitale. L’automatisation de toute la chaîne logistique, accélérée par le big data et les robots, permet d’augmenter la productivité et de répondre aux aléas de l’offre de main-d’œuvre locale. Tout en répondant aux exigences de rapidité et de traçabilité de la livraison, la digitalisation répond aussi à un enjeu devenu majeur pour l’e-commerce : la capacité à prévoir l’évolution de la demande des consommateurs afin d’adapter les stocks et la chaîne logistique en conséquence. Enfin, l’utilisation de véhicules autonomes permettrait de répondre aux défis environnementaux tout en assurant une meilleure sécurité et davantage de flexibilité sur le temps de transport. Les défis auxquels sont confrontés les logisticiens pourraient dans ces conditions se transformer en opportunités pour les plus innovants.

Les atouts des grands distributeurs traditionnels

Selon nous, les acteurs traditionnels de la grande distribution, pour qui la logistique est l’une des composantes de leur ADN, sont bien positionnés pour profiter de cette nouvelle dimension. Leur profil traditionnel « brick and mortar», que l’on considère souvent comme une faiblesse face aux géants du e-commerce, leur permet justement d’optimiser la gestion du « dernier kilomètre», aujourd’hui nerf de la guerre. Ils ont en effet constitué au fil des années un réseau historique de plateformes et d’entrepôts, implantés systématiquement sur les meilleurs emplacements stratégiques.

C’est aujourd’hui un avantage pérenne sur les acteurs du e-commerce qu’ils sauront exploiter grâce à leur capacité d’adaptation et à leur transformation digitale en cours.

Peter Viens 


A propos de Peter Viens

Peter Viens a commencé sa carrière en 2003 chez Bouygues Construction en tant qu’acheteur dans le bâtiment, avant de rejoindre Aéroports de Paris en 2004, puis Danone Produits Frais France en 2007, dans des fonctions liées aux achats et à l’immobilier. En 2010, il intègre la Société Générale, et devient responsable Asset Management Immobilier Corporate Asie pour le Groupe. En 2015, il devient le Directeur Immobilier Europe du Groupe Air Liquide. Peter Viens est diplômé de l’École Centrale de Lyon, avec une spécialisation en immobilier, et est membre de la RICS. Il gère l’OPCI Sofidy Pierre Europe depuis mars 2018.

A propos de Sofidy

Depuis 1987, Sofidy conçoit et développe des produits d’investissement et d’épargne (SCPI, OPCI, SIIC, Société Civile, OPCVM Immobilier, Fonds dédiés) orientés principalement vers l’immobilier de commerces et de bureaux. Premier acteur indépendant sur le marché des SCPI avec plus de 5,1 milliards d’euros sous gestion, Sofidy est un gestionnaire de référence dans le paysage de la gestion d’actifs immobiliers en France et en Europe. Agréée par l’AMF, Sofidy est régulièrement distinguée pour la qualité et la régularité des performances de ses fonds. Sofidy gère pour le compte de plus de 50 000 épargnants, et un grand nombre d’institutionnels, un patrimoine immobilier constitué de plus de 4 200 actifs commerciaux et de bureaux. SOFIDY est une filiale du groupe TIKEHAU Capital

[1] Centre for Retail Research.
[2] Oxford Econometric Forecasts.
[3] Cushman & Wakefield – « The changing face of distribution ».

La société de gestion vient d’annoncer avoir participé à hauteur de 25 M€ à la seconde augmentation de capital de Cargo Property Assets, une structure dédiée aux plateformes logistiques du groupe Carrefour. Les fonds sont apportés par quatre véhicules gérés par Sofidy, dont les SCPI Immorente et Efimmo et l’OPCI Sofidy Pierre Europe.

L’opération a pour objectif de « financer la poursuite de la modernisation de la chaîne logistique de Carrefour en France en co-investissant aux côtés du distributeur, premier actionnaire de l’opération », explique le communiqué de la société de gestion Sofidy.

Une foncière non cotée dédiée à la logistique de Carrefour

Cette dernière a donc décidé de participer, à hauteur de 25 M€, à la seconde augmentation de capital de Cargo Property Assets, une foncière non cotée créée en 2016 par le groupe Carrefour. Cette structure regroupait initialement 16 entrepôts logistiques parmi l’ensemble des entrepôts du distributeur, soit environ le tiers de ses centres de distribution. Elle est détenue à hauteur de 32% par Carrefour, le solde du capital étant aux mains de divers institutionnels, dont un club deal créé pour l’occasion par Swiss Life REIM. Rappelons que Carrefour est également actionnaire d’autres foncières ou sociétés immobilières détenant des actifs exploités par le groupe. Il est notamment présent à hauteur de 35,4% au capital de Carmila, une foncière cotée chargée de transformer et de valoriser les centres commerciaux – 206 actuellement – attenants aux magasins Carrefour en France, en Espagne et en Italie. Il détient en outre 100% de Carrefour Property, propriétaire des murs des hypermarchés et supermarchés, et des galeries marchandes des supermarchés de l’enseigne Carrefour dans les mêmes pays.

25 M€ répartis entre 4 véhicules collectifs

L’augmentation de capital de Cargo Property Assets a pour objectif de porter le nombre de plateformes logistiques neuves ou restructurées de la foncière à 22 actifs. Pour Jean-Marc Peter, le Directeur général de Sofidy, « le succès du projet ‘’Cargo’’ a démontré l’efficacité et la pertinence de la solution tant du point de vue opérationnel que financier ».  Et, selon Olivier Loussouarn, le Directeur des investissements immobiliers de la société de gestion, « les actifs logistiques ont aujourd’hui toute leur place dans la stratégie d’investissement » des fonds immobiliers gérés par Sofidy, en assurant « une bonne diversification des actifs en portefeuille ». Ce sont donc quatre des véhicules collectifs ouverts au public gérés par Sofidy qui ont participé à l’opération : les SCPI Immorente et Efimmo, l’OPCI Sofidy Pierre Europe, et la SCI Sofidy Convictions Immobilières. La répartition des 25 M€ entre les quatre entités n’est pas précisée. Il semble toutefois, à la lecture des derniers bulletins trimestriels des quatre véhicules, qu’Immorente se taille la part du lion. Les quatre fonds annoncent un investissement global de 9,2 M€ à fin septembre, dont un peu plus de 5 M€ pour Immorente (soit environ 56% du total). Visiblement, il ne s’agit en effet que du premier tirage de l’augmentation de capital. Les autres tranches devraient être appelées en 2019. Selon le reporting mensuel d’août dernier de la SCI Convictions Immobilières – accessible uniquement via des contrats d’assurance-vie -, le rendement attendu de l’investissement dans Cargo Property Assets devrait se situer « autour de 6% ».

Frédéric Tixier


A propos de Sofidy(i)

Depuis 1987, SOFIDY conçoit et développe des produits d’investissement et d’épargne (SCPI, OPCI, SCI, SIIC, OPCVM Immobilier, Fonds dédiés) orientés principalement vers l’immobilier de commerces, et de bureaux. Gestionnaire de référence dans le paysage de la gestion d’actifs immobiliers en France et en Europe. Agréée par l’AMF, SOFIDY est régulièrement distingué pour la qualité et la régularité des performances de ses fonds. SOFIDY gère pour le compte de plus de 40 000 épargnants, et un grand nombre d’institutionnels, un patrimoine immobilier d’une valeur de près de 4,5 milliards d’euros ; constitué de plus de 4 100 actifs commerciaux et de bureaux.

(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

Résolument orienté sur les marchés immobiliers européens, Sofidy Pierre Europe est le 15e OPCI grand public lancé sur le marché. Sofidy, spécialiste à la fois de l’immobilier coté et non coté, souhaite offrir aux investisseurs « un outil de diversification clé en main pour leur épargne, qui combine distribution de dividendes et objectif de progression de valeur sur le long terme ».

Après les SCPI, les foncières cotées, les fonds de fonds et les OPCVM immobiliers, Sofidy complète son offre en véhicules dédiés à l’investissement en actifs immobiliers. Le lancement de Sofidy Pierre Europe, son 1er OPCI grand public, annoncé depuis plus d’un an, est désormais confirmé.

Résolument européen – Comme la société de gestion l’indiquait lors de la présentation de ses résultats annuels, Sofidy Pierre Europe sera résolument tourné vers l’Europe. Déjà ouvert à quelques investisseurs institutionnels, l’OPCI va cibler des actifs physiques, d’une valeur unitaire comprise entre 10 M€ et 50 M€, et situés « principalement les commerces et les bureaux situés dans les zones de croissance les plus solides de la zone euro (France, Allemagne, Pays-Bas) ». Sofidy Pierre Europe envisage un programme d’investissement ambitieux sur les deux prochaines années, de l’ordre de 500 M€. Ce qui donne une idée du niveau des souscriptions que la société de gestion espère recueillir sur les prochains mois. Cette poche « immobilier physique » devrait représenter entre 51% et 60% de l’actif du fonds.

Des actifs financiers à caractère immobilier – L’OPCI se positionne également comme un pure player immobilier sur sa poche actifs financiers. Celui-ci devrait représenter de 20% à 35% de l’actif du fonds, et sera investi exclusivement en actifs basés sur un sous-jacent immobilier. Le solde sera « investi en liquidités et en foncières cotées », précise le communiqué. Sofidy Pierre Europe est évidemment destiné aux clientèles de particuliers, qui peuvent y souscrire via un compte titre (part B) ou au travers des contrats d’assurance-vie qui l’auront référencé (part A). Sofidy Pierre Europe bénéficiera, de ce point de vue, de l’historique des relations entre la société de gestion et les assureurs déjà distributeurs des autres produits du groupe. L’OPCI pourra également être souscrit en nominatif auprès de Sofidy (part A également). « Ce nouvel OPCI vise notamment la clientèle historique de Sofidy, mais aussi une clientèle plus jeune, moins fortunée que celle des SCPI, et qui souhaite investir dans l’immobilier collectif sur un horizon d’investissement moins long », ajoute le communiqué.

Un professionnel de l’immobilier « physique » aux commandes – Sofidy Pierre Europe est géré par Peter Viens, auparavant Directeur Immobilier Europe du Groupe Air Liquide. Peter Viens a effectué l’essentiel de sa carrière en entreprise, à des fonctions liées aux achats et à l’immobilier. Sofidy fait donc le choix de confier les rênes de son nouveau produit non pas à un gestionnaire de véhicules de gestion collective, mais à un spécialiste de l’immobilier « physique ». Une option « décalée » que Sofidy avait déjà privilégiée en 2014 en nommant Laurent Saint Aubain à la tête de son 1er OPCVM immobilier, Sofidy Sélection 1, et finalement judicieuse. Cet ancien analyste financier, devenu depuis lors gérant de conviction, a réussi à positionner son fonds à la 1ère place du podium en termes de performances dès sa 3ème année d’existence.  Souhaitons le même succès au nouveau pilote de Sofidy Pierre Europe…

Frédéric Tixier


A propos de Sofidy(i)
Depuis 1987, Sofidy conçoit et développe des produits d’investissement et d’épargne (SCPI, OPCI, SCI, SIIC, OPCVM Immobilier, Fonds dédiés) orientés principalement vers l’immobilier de commerces, et de bureaux. Gestionnaire de référence dans le paysage de la gestion d’actifs immobiliers en France et en Europe. Agréée par l’AMF, Sofidy est régulièrement distingué pour la qualité et la régularité des performances de ses fonds. Sofidy gère pour le compte de plus de 40 000 épargnants, et un grand nombre d’institutionnels, un patrimoine immobilier d’une valeur de près de 4,5 milliards d’euros, constitué de plus de 4 100 actifs commerciaux et de bureaux.
(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société