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Le crowdfunding immobilier s’achemine vers les 500 M€ de collecte en 2020

A mi-décembre, les plateformes dédiées au crowdfunding immobilier auraient déjà recueilli près de 450 M€ de financements. Le marché, en dépit du creux observé pendant le 1er confinement, est en passe de battre un nouveau record annuel. La rentabilité des opérations reste stable, mais pourrait augmenter l’an prochain. Ainsi que les risques de défaut…

Comme pour la plupart des placements investis en immobilier, l’année 2020 avait très bien commencé pour les plateformes spécialisées sur cette classe d’actifs. Avec 95 millions d’euros levés[1], leur collecte affichait une progression de 106% par rapport au 1er trimestre 2019.

Une collecte 2020 déjà largement supérieure à celle de 2019

Un bel élan que la période de confinement aura toutefois en partie stoppé. Le rythme mensuel des souscriptions, qui oscillait entre 30 M€ et 40 M€ avant la crise sanitaire, était retombé en deçà des 20 M€. Mais le marché est rapidement reparti. Dès le mois de mai, les souscriptions mensuelles franchissaient de nouveau le seuil des 30 M€. A partir de juin, elles dépassaient la barre des 40 M€. Et celle des 50 M€ à partir de septembre. A mi-décembre, la collecte recensée par hellocrowdfunding.com s’établissait à 449 M€. Soit déjà 21% de plus que sur l’ensemble de l’année 2019 (371 M€). Et certains observateurs s’attendent à ce que le cumul des financements 2020 dépasse les 500 M€.

Des rendements pour l’instant stabilisés, mais potentiellement orientés à la hausse

Côté rendement, c’est en revanche la stabilité qui prévaut. Le taux de rendement moyen, en décembre, reste à 9,4%. Identique à celui constaté en 2019, selon les chiffres d’Hellocrowdfunding. Et inférieur à la moyenne historique, calculée depuis 2012  (9,63%). Les projets en cours de collecte, recensés par l’agrégateur, proposent des rentabilités comprises entre 8,5% et 10%. Des taux qui pourraient toutefois augmenter au cours des prochains mois. Car, compte tenu de l’allongement des chantiers[2] et des durées de commercialisation, depuis le début de la crise sanitaire, les promoteurs seraient encore plus enclins à proposer des rémunérations attractives pour obtenir des financements.


Une montée du risque de défaillance ?

Une tendance qui va de pair avec l’allongement des périodes de remboursement. La durée moyenne est déjà passée de 20 mois à 21 mois entre 2019 et 2020. Là encore, à la demande des promoteurs, pour les raisons évoquées précédemment. Les hypothèses émises lors du premier confinement se confirment donc. Les opérateurs immobiliers n’échappent pas à la crise. Certains sont, ou seront, fragilisés sur le plan financier. Ce qui implique une montée du risque de défaut, historiquement et aujourd’hui encore insignifiant (moins de 1%). Une donnée que les investisseurs en crowdfunding immobilier doivent désormais avoir à l’esprit. Et qui devrait les inciter à se montrer encore plus sélectifs à l’avenir. Au même titre, d’ailleurs, que les plateformes…

Frédéric Tixier


[1] Source : baromètre hellocrowdfunding.com
[2] La plateforme Fundimmo estimait déjà, fin juin, le retard moyen à environ 4 mois pour les projets qui devaient être remboursés dans les 12 prochains mois


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Immobilier coté : des hausses de valeur sont à venir

Les politiques monétaires expansionnistes sont au programme des prochains mois. Une visibilité qui devrait profiter aux « segments les plus résilients de l’immobilier coté ». Et se traduire par une « hausse de leur valeur », estime Laurent Saint Aubin, gestionnaire actions spécialiste de l’immobilier européen chez Sofidy. Analyse.

Les mois à venir seront marqués par une visibilité exceptionnelle quant au maintien sur longue période d’une politique monétaire expansionniste. Alors que les indicateurs économiques seront très différenciés selon les zones géographiques. Et que les marchés ont déjà, selon nous, suracheté un scénario optimiste de reprise forte et continue. Nous sommes, dans ce contexte, portés à l’optimisme quant à la surperformance des segments les plus résilients de l’immobilier coté qui devraient enregistrer des hausses de valeur.


Focus sur les bureaux de catégorie A en QCA

Notre intérêt pour le bureau se concentre sur son segment cœur : les bureaux de catégorie A (les mieux équipés) dans le quartier central des affaires des grandes métropoles européennes, déjà occupés traditionnellement par des populations de cadres mobiles. Les transactions physiques observées ces dernières semaines nous paraissent aller dans le sens d’une réappréciation des valorisations boursières des valeurs exposées à cette thématique. A Paris, ce sont quatre transactions importantes qui ont été annoncées depuis le début du mois de novembre à des niveaux de valorisation par mètre carré comprises entre 23 500 euros et 50 000 euros.

Un retard des marchés boursiers par rapport aux marchés physiques

Rappelons que Gecina (37% du patrimoine de bureaux localisé dans le « central business districts [CBD]» ou quartiers d’affaires parisien) a une valorisation moyenne de son parc de bureaux de 11 056 €/m2. Et la Société foncière lyonnaise (95% dans le CBD), de 18 420 €/m2. En Allemagne, deux transactions récentes, l’une à Berlin (15 000 €/m2 vs une valorisation du patrimoine d’Alstria dans cette ville de 3 800 €/m2), l’autre à Düsseldorf (4 500 €/m2 vs 2 643 €/m2 en moyenne pour les immeubles détenus par Alstria dans la métropole rhénane) nous paraissent, de même, indiquer un retard des marchés boursiers par rapport au marché physique.

Des transactions sous la barre des 4% de taux de capitalisation pour la logistique

Il en va de même sur le segment de la logistique qui, pour les meilleurs actifs, voit désormais trois marchés (France, Allemagne, Pays-Bas) où des transactions se réalisent sous la barre des 4% de taux de capitalisation.

Laurent Saint Aubin


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A propos de Laurent Saint Aubin

Laurent Saint Aubin a débuté sa carrière en 1986 comme analyste financier à la Banque de l’Union européenne avant de rejoindre la société de Bourse Ferri puis le CCF. Il a été ensuite directeur général d’ING France Securities en charge des activités de marché Actions à Paris, puis, à compter de 2006, responsable des activités de vente et de recherche sur l’immobilier coté au sein du groupe Aurel BGC. Membre de la SFAF, il a reçu en 2012 le trophée du meilleur analyste des sociétés d’investissement immobilier cotées (SIIC). Depuis 2014, il gère le FCP Sofidy Sélection 1, où il développe une gestion discrétionnaire visant à « surperformer, via une exposition aux actions du secteur immobilier de l’Union européenne, l’indicateur de référence FTSE EPRA/NAREIT Euro Zone Capped dividendes nets réinvestis ».   

A propos de Sofidy(i)

Depuis 1987, Sofidy conçoit et développe des produits d’investissement et d’épargne (SCPI, OPCI, SCI, SIIC, OPCVM Immobilier, Fonds dédiés) orientés principalement vers l’immobilier de commerces, et de bureaux. Gestionnaire de référence dans le paysage de la gestion d’actifs immobiliers en France et en Europe, Sofidy est régulièrement distingué pour la qualité et la régularité des performances de ses fonds. Sofidy gère pour le compte de plus de 50 000 épargnants, et un grand nombre d’institutionnels, un patrimoine immobilier d’une valeur de près de 6,2 milliards d’euros constitué de plus de 4 200 actifs commerciaux et de bureaux. Sofidy est une filiale de Tikehau Capital.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Les marchés résidentiels ont plutôt bien résisté en 2020

Les projections établies par les Notaires de France anticipent un léger recul des transactions sur le marché des logements anciens. Mais confirment que les prix ont poursuivi leur progression en 2020. Notamment en régions…

« 2020, une année résiliente pour l’immobilier résidentiel », estiment les Notaires de France dans leur dernier bilan. Sur le front des transactions, le millésime sera certes en baisse par rapport à l’an dernier. La faute, évidemment, à la crise sanitaire.

Une baisse annuelle des volumes transactionnels comprise en 8% et 20%

Son impact se mesure toutefois davantage sur les volumes qu’en termes de tendance. « Le rebond de l’été n’a pas permis de combler le retard pris durant le 1er confinement », constatent les notaires. Mais il n’y a pas eu d’effondrement lors du second. « Le marché semble avoir assez bien résisté, en retrouvant une dynamique stable, à un haut niveau », estiment-ils. Fin septembre, le nombre de transactions sur un an glissant s’établissaient à 990 000. Soit une baisse de 5% sur un an. Les projections à fin décembre conduisent à deux hypothèses. Soit un maintien des volumes sur le rythme de fin 2019 : la baisse annuelle 2020 serait alors de l’ordre de 8%. Soit la poursuite des baisses constatées ces dernières semaines : le recul serait alors de 20%.

Des prix immobiliers toujours en hausse, notamment en régions

Les notaires restent néanmoins optimistes. Le marché est toujours drivé par les utilisateurs. Et reste « sain et solide ». Les prix, qui auraient pu suivre la courbe descendante des transactions, en témoignent. Au 3e trimestre, ils ont continué à progresser. De +0,7% pour les appartements anciens. Et de +0,3% pour les maisons. Les projections établies pour le 4e trimestre laissent présager la poursuite de la hausse. Elle serait plus prononcée en régions que sur l’Ile-de-France. De l’ordre de +7,1% en province pour les appartements. Et de 6,1% pour les maisons. Contre respectivement +6,1% et 5,8% en Ile-de-France. Un effet du besoin de « verdissement » exprimé par les Français depuis le 1er confinement ? Les chiffres ne permettent pas de confirmer cette volonté d’exode urbain.

Une hausse des prix plus sensible des maisons anciennes

Le seul élément tangible d’une évolution du marché se situe dans le regain d’intérêt pour les maisons anciennes. « Après 3 années où la hausse se situait autour de 2,5% par an, l’évolution des prix sur un an atteint +4,2% au 3e trimestre 2020 », observent les Notaires de France. A défaut d’espaces verts, les ménages semblent privilégier l’espace tout court. Ou moins de promiscuité avec leurs voisins immédiats. Car cette hausse des prix, pour le coup, serait encore plus sensible en Ile-de-France qu’en régions. Les projections du notariat estiment à +7,2% la hausse sur un an, à fin janvier 2021, du prix des maisons en Ile-de-France. Contre +6,7% en province.

Baisse du pouvoir d’achat immobilier

Corollaire de la hausse des prix, et de la crise économique, le pouvoir d’achat immobilier des Français est en baisse. Selon les Notaires de France, la surface finançable d’un appartement ancien, au niveau national, s’établit à 55 m² en 2020. Contre 56 m² fin 2019. Le recul est encore plus sensible pour les maisons anciennes. Le nombre de mètres carrés finançables baisse de 6%, à 148 m².

Frédéric Tixier


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A propos du Conseil supérieur du notariat(i)

Seul organe de la profession habilité à s’exprimer au nom de tous les notaires de France, le Conseil supérieur du notariat (CSN) est un établissement d’utilité publique. Clef de voûte de l’institution notariale, il représente la profession auprès des pouvoirs publics, détermine sa politique générale, contribue à son évolution et fournit des services collectifs aux notaires. Dans ses relations avec les pouvoirs publics, le CSN participe à la réflexion sur les évolutions du droit et donne son avis sur les projets de loi ou les textes réglementaires en préparation. Le Conseil supérieur du notariat comprend plus de 100 collaborateurs au service de la profession notariale.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Immobilier coté : la grande rotation sectorielle est prématurée…

Le rebond boursier des secteurs immobiliers les plus impactés par le confinement – dans le sillage de l’annonce du vaccin anti-Covid – s’est accompagné de prise de bénéfices sur les foncières logistiques et résidentielles. Une rotation sectorielle « prématurée », selon Laurent Saint Aubin, gestionnaire actions spécialiste de l’immobilier européen chez Sofidy. Analyse.

L’annonce par Pfizer BioNTech des premiers résultats de la phase 3 de son traitement du coronavirus a entraîné une rotation sectorielle brutale et inédite par son ampleur. Ainsi qu’une nette remontée des taux longs.

Hausse des secteurs immobiliers les plus impactés par les confinements

Pour l’immobilier coté, cela s’est traduit par une hausse des secteurs les plus impactés par les confinements (commerces, bureaux, hôtels et résidences étudiantes). Et des prises de bénéfices appuyées sur le résidentiel et la logistique. Dans ce contexte, il nous paraît opportun de renforcer très progressivement l’exposition de notre portefeuille aux valeurs plus cycliques. Sans céder cependant au vertige de la hausse. L’annonce de Pfizer est une bonne nouvelle. Qui devrait être suivie d’autres bonnes nouvelles. Puisque les résultats des vaccins développés par Moderna, AstraZeneca et Johnson & Johnson devraient être connus d’ici à début janvier.

Les Bourses ont-elles raison de se réjouir ?

Mais les Bourses ont-elles raison de se réjouir ? Les résultats de Pfizer ne concernent pour l’instant que 94 malades sur un échantillon total de 43 538 patients. La durée d’immunité, et une analyse de la protection par catégorie de patients, ne sont pas connues pour l’heure. Les conditions de stockage et de transport (moins 70°C pour le vaccin de Pfizer), ainsi que les conditions d’administration (répartition des stocks par pays, taux d’acceptation de la vaccination, faible aujourd’hui aux Etats-Unis et en France), restent à traiter. Sous réserve que ces points d’interrogation soient résolus, le vaccin pourrait être largement opérationnel dans le courant du second trimestre 2021. Nous sommes d’avis que la rotation sectorielle observée ces derniers jours n’intègre aucune réserve quant à la réalisation d’un scénario rose.

Rester attentifs à des signes concrets d’amélioration

C’est pourquoi, notre stratégie d’investissement dans les actions du secteur de l’immobilier coté demeure attentive à des signes concrets d’amélioration. Pour le moment, ceux-ci ne sont pas avérés. Si l’on regarde l’état de la demande locative en bureaux et des transactions sur de grands actifs en commerce. Nous demeurons par ailleurs convaincus de la qualité d’une exposition élevée au résidentiel et à la logistique immobilière. En raison des avantages spécifiques non remis en cause de ces secteurs en termes de visibilité et de capacité de progression des loyers et des valeurs.

Laurent Saint Aubin


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A propos de Laurent Saint Aubin

Laurent Saint Aubin a débuté sa carrière en 1986 comme analyste financier à la Banque de l’Union européenne avant de rejoindre la société de Bourse Ferri puis le CCF. Il a été ensuite directeur général d’ING France Securities en charge des activités de marché Actions à Paris, puis, à compter de 2006, responsable des activités de vente et de recherche sur l’immobilier coté au sein du groupe Aurel BGC. Membre de la SFAF, il a reçu en 2012 le trophée du meilleur analyste des sociétés d’investissement immobilier cotées (SIIC). Depuis 2014, il gère le FCP Sofidy Sélection 1, où il développe une gestion discrétionnaire visant à « surperformer, via une exposition aux actions du secteur immobilier de l’Union européenne, l’indicateur de référence FTSE EPRA/NAREIT Euro Zone Capped dividendes nets réinvestis ».   

A propos de Sofidy(i)

Depuis 1987, Sofidy conçoit et développe des produits d’investissement et d’épargne (SCPI, OPCI, SCI, SIIC, OPCVM Immobilier, Fonds dédiés) orientés principalement vers l’immobilier de commerces, et de bureaux. Gestionnaire de référence dans le paysage de la gestion d’actifs immobiliers en France et en Europe, Sofidy est régulièrement distingué pour la qualité et la régularité des performances de ses fonds. Sofidy gère pour le compte de plus de 50 000 épargnants, et un grand nombre d’institutionnels, un patrimoine immobilier d’une valeur de près de 6,2 milliards d’euros constitué de plus de 4 200 actifs commerciaux et de bureaux. Sofidy est une filiale de Tikehau Capital.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Le modèle de « l’abonnement » devrait justifier une revalorisation du statut boursier des foncières résidentielles…

La performance du segment des foncières logement ne s’explique pas seulement par la résilience de leur activité. Mais de plus en plus « par la prise de conscience que leur modèle économique est celui de l’abonnement », estime Laurent Saint Aubin, gestionnaire actions spécialiste de l’immobilier européen chez Sofidy, dans sa dernière analyse de marché.

La performance largement positive des foncières de logements se confirme toujours au mois de septembre. Elle ne tient pas seulement à la résilience de leur activité. Mais s’explique de plus en plus par la prise de conscience que leur modèle économique est celui de l’abonnement. En mieux, puisqu’il n’a pas d’échéance…

Le taux de rotation des locataires reste modeste

Selon l’Office Fédéral des statistiques, 55 % des logements sont loués en Allemagne. Compte tenu de l’évolution des prix de l’immobilier dans les grandes villes européennes, et du caractère de plus en plus évolutif des structures familiales, nous considérons que cette proportion devrait au moins rester stable et progresser dans le reste de l’Europe. Pour Deutsche Wohnen, valeur que nous détenons en portefeuille, la rotation des locataires reste modeste : 7 % en rythme annuel à fin juin 2020. Sachant que les prix de relocation demeurent, quoi qu’il en soit, supérieurs. Cela se traduit par un niveau moyen de loyers en place en hausse de +1,8 % en juin 2020, sur un an glissant.

Des services annexes payants

En outre, une demande structurellement supérieure à l’offre de logement dans les grandes villes conduit à un taux de vacance négligeable. C’est le cas pour Vonovia, le plus grand acteur de l’immobilier résidentiel européen coté, qui affiche 2,8 % de vacance sur l’ensemble de son portefeuille. Cette communauté sédentarisée de long terme permet aux bailleurs de développer une gamme de plus en plus large de services annexes payants. Tels que la fourniture d’énergie, des services multimédias, des assurances, des services à la personne, ou des moyens de transport partagés. Des offres de services elles-même fondées sur le modèle de l’abonnement. À titre d’exemple, cette activité représentait 9,2 % des revenus de Vonovia en 2019. Et nous sommes convaincus que cette tendance devrait s’accentuer par le futur.

Le modèle de l’abonnement correspond à la promesse de l’immobilier

Ce modèle de « l’abonnement » correspond pleinement au cœur de la promesse de l’immobilier : des revenus réguliers sur le long terme. Il offre une visibilité inégalable. En termes de valorisation, il aboutit à une prime de risque inchangée. Mais, compte tenu des taux de croissance attendus, nous pourrions assister à une progression mécanique de la valeur des actifs, théoriquement jusqu’à l’infini. C’est ce que nous observons notamment avec la hausse des valeurs technologiques en Bourse cette année. Qui s’explique largement par ce raisonnement. À titre de comparaison, entre deux valeurs technologiques (Adobe et IHS Markit), et deux sociétés résidentielles (LEG Immobilien et Vonovia) dont le modèle est en partie en partie fondé sur « l’abonnement », nous observons une décote comprise entre 18 et 25 % pour le segment résidentiel. Une marge de croissance existe donc bel et bien !

Rôle central du résidentiel dans une allocation en foncières cotées

Dans l’environnement durable de croissance faible et de taux négatifs qui caractérise le monde développé, cette analyse justifie pleinement, à notre sens, le rôle central du résidentiel dans une allocation en foncières cotées. Et, en ce sens, un poids de 38 % dans le total de l’actif de Sofidy Sélection 1.

Laurent Saint Aubin


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Laurent Saint Aubin a débuté sa carrière en 1986 comme analyste financier à la Banque de l’Union européenne avant de rejoindre la société de Bourse Ferri puis le CCF. Il a été ensuite directeur général d’ING France Securities en charge des activités de marché Actions à Paris, puis, à compter de 2006, responsable des activités de vente et de recherche sur l’immobilier coté au sein du groupe Aurel BGC. Membre de la SFAF, il a reçu en 2012 le trophée du meilleur analyste des sociétés d’investissement immobilier cotées (SIIC). Depuis 2014, il gère le FCP Sofidy Sélection 1, où il développe une gestion discrétionnaire visant à « surperformer, via une exposition aux actions du secteur immobilier de l’Union européenne, l’indicateur de référence FTSE EPRA/NAREIT Euro Zone Capped dividendes nets réinvestis ».   

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 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

 

 

 

 

 

Comment la crise - et la nature de la reprise espérée - peuvent-elle impacter l’activité immobilière ?

Deux experts – Pierre Schoeffler et Madhi Mokrane – , sollicités par l’IEIF, viennent de livrer leurs analyses de l’impact de la crise économique sur le secteur immobilier. Dont la teneur dépend bien entendu de la matérialisation, de l’ampleur, et de la nature d’une éventuelle reprise. 

L’incertitude économique accroît la volatilité des prévisions… L’une des dernières en date, celle de la Banque Mondiale, estime le recul de la croissance mondiale aux alentours de 5% en 2020. Un choc plus ou moins violent selon les zones géographiques. En France il serait, selon la Banque de France, de l’ordre de 10%. Son impact « final » dépendra en outre pour beaucoup de la nature et de l’ampleur des mesures de relance mises en place. Elles aussi variables selon les pays.

Des plans de relance efficaces

Pour Pierre Schoeffler, senior advisor à l’IEIF, qui intervenait à un webinaire organisé par l’Institut le 3 septembre dernier, ces différents plans de soutien ont toutefois des points communs. Que ce soit aux USA, en Europe, ou au Japon, un même principe est mis en œuvre. «Les Etats supportent les revenus des agents privés sous forme de prêts et de subventions. Et ils se financent à taux zéro de façon permanente auprès des banques centrales », rappelle Pierre Schoeffler. Des politiques monétaires accommodantes qui se révèlent très efficaces. Beaucoup plus, en tout cas, que « lorsqu’elles passaient par le système bancaire », comme ce fut le cas après la crise financière de 2008. Peut-être, d’ailleurs, trop efficaces ? « Le calibrage des mesures fiscales et monétaires de soutien, ramené en part de PIB, apparaît surdimensionné dans certains pays », souligne en effet le senior advisor.

La question de l’inflation

A court terme, cet afflux massif de liquidités ne devrait pas impacter le taux d’inflation. En France, cette dernière devrait rester très faible, « de l’ordre de 0,5% en rythme annuel », estime Pierre Schoeffler. Mais, à moyen et long termes, une reprise de la hausse des prix semble possible. En raison des mesures de soutien de la demande. Et de la relocalisation des chaînes de valeur. L’excès de création monétaire non converti en production pourrait alors exercer « une pression à la hausse sur l’inflation ». Mais encore faudrait-il que l’investissement et la consommation repartent réellement. Rien n’est encore écrit. Pierre Schoeffler pointe en effet le risque d’une « dislocation » de l’économie, conséquence d’une augmentation des disparités de situations entre ménages, entreprises, secteurs économiques, et pays.

Quelles conséquences pour les actifs immobiliers ?

Si l’activité économique reste « moribonde », l’impact sur le secteur immobilier sera bien réel. « La baisse de l’activité immobilière pèsera sur les loyers », estime le chercheur de l’IEIF. Cette baisse est déjà quasi actée pour 2020. Le faible niveau d’inflation et le recul du PIB vont impacter temporairement l’indexation des loyers. «L’ILAT[1] pourrait baisser de plus de 5% en 2020. Et l’ILC[2] de plus de 6% », estime Pierre Schoeffler. A ce stade, l’impact sur la valorisation des actifs immobiliers reste marginal. « Inférieur à 1% », calcule l’économiste. Une stabilité que l’on retrouve du côté des fonds immobiliers non cotés. « Les valeurs de leurs parts n’ont pratiquement pas évolué depuis la fin 2019 », souligne Pierre Schoeffler.

Un impact différent selon les secteurs et la prime de risque associée

En revanche, la variation de l’immobilier coté « témoigne que la crise va avoir un impact très différencié selon les secteurs et la prime de risque associé », rappelle-t-il. Le secteur résidentiel est ainsi actuellement 10% plus cher qu’en début d’année. Les indices des secteurs du bureau, de l’hôtellerie et du commerce accusent en revanche des replis de respectivement 30%, 50% et 65%… Ce n’est toutefois que dans quelques mois, en fonction de la nature et de l’ampleur de l’éventuelle reprise, que l’on pourra réellement juger de l’impact sectoriel de la crise sanitaire. Et de l’évolution durable des comportements » et des usages vis-à-vis des bureaux, des commerces, et des logements. Mahdi Mokrane, directeur de la stratégie d’investissement et de la recherche chez Patrizia, estime toutefois que le contexte Covid-19 a d’ores et déjà contribué à faire émerger plusieurs tendances.


Value beats growth

La crise a notamment mis en exergue le principe « value beats growth ». Autrement dit, que ce ne sont pas les classes d’actifs les plus rentables historiquement qui offrent le plus de potentiel pour les années à venir. Mais bien celles qui ont montré leur résilience. Ces classes d’actifs sont l’immobilier résidentiel -dont l’attractivité dépend toutefois de l’emplacement-. Et le commerce de proximité, dans ses dimensions alimentaire et services de proximité. Mahdi Mokrane s’interroge par ailleurs sur l’avenir du bureau, à la confiance « érodée ». Mais aussi sur la poursuite du phénomène de métropolisation, à l’œuvre depuis la sortie de la dernière crise financière. Si les grandes métropoles vont probablement « conserver leur attractivité structurelle », estime-t-il, d’autres agglomérations de plus petite taille pourraient en revanche émerger. Cela dépendra notamment des « propositions de ces villes en termes d’accessibilité et de transport ». A suivre.

Frédéric Tixier


[1] ILAT (Indice des Loyers des Activités Tertiaires) est publié chaque trimestre par l’INSEE. Il est utilisé principalement pour réviser le montant des loyers des immeubles de bureaux et des locaux professionnels utilisés pour des activités autres que des activités commerciales et les entrepôts de logistique.

[2] ILC (Indice des Loyers Commerciaux) sert à calculer les révisions de loyers des locaux commerciaux et artisanaux.


Consulter le communiqué de l’IEIF


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A propos de l’IEIF(i)

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion.

L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement), les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, FIA) et le financement.

A propos de Patrizia(i)

Opérant à l’échelle internationale, Patrizia offre depuis 36 ans des possibilités d’investissement dans l’immobilier et les infrastructures aux investisseurs institutionnels, semi-professionnels et privés. Patrizia gère plus de 45 milliards d’euros d’actifs et emploie 800 professionnels sur 24 sites dans le monde entier.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

 

Kyaneos AM lance la SCPI Kyaneos Denormandie

C’est l’une des premières SCPI fiscales basées sur le dispositif Denormandie. Kyaneos AM, sa société de gestion, entend capitaliser sur son savoir-faire en matière de rénovation énergétique du parc résidentiel. Le rendement cible – non garanti – devrait se situer entre 4 % et 4,5 %.  

Kyaneos Asset Management, jeune société de gestion d’actifs immobiliers, affirme son statut « d’acteur de la rénovation immobilière en France ». En lançant Kyaneos Denormandie, l’une des toutes premières SCPI dédiées à ce dispositif fiscal, elle poursuit le chemin tracé lors de la création de Kyaneos Pierre : promouvoir l’immobilier résidentiel écologiquement et socialement responsable.

Investir dans des logements éligibles au dispositif Denormandie

Kyaneos Denormandie investira en effet dans les immeubles d’habitation nécessitant des travaux de rénovation. En privilégiant les zones éligibles au dispositif Denormandie. Mais également les quartiers populaires et recherchés, et où la démographie est positive. Avec des locataires dont les revenus n’excèdent pas le plafond de ressources imposé par le dispositif Denormandie. Pour mémoire, ce dispositif décliné du dispositif Pinel, prévoit que les travaux de rénovation représentent au moins 25 % du total de l’investissement. Une condition indispensable, parmi d’autres, pour prétendre à la réduction d’impôt. Dont le niveau, rappelons-le, dépend de la durée de l’engagement du propriétaire. Pour Kyaneos Denormandie, la période choisie est de 9 ans. L’avantage fiscal dont bénéficieront ses souscripteurs sera donc de 18 %. En pratique, compte tenu des contraintes d’achat et de revente des biens acquis par la SCPI, leurs parts seront toutefois bloquées une douzaine d’années.

L’effet de levier de la rénovation énergétique

Mais cet avantage fiscal n’est pas le seul levier sur lequel compte s’appuyer la nouvelle SCPI pour doper sa rentabilité. Kyaneos AM va en effet chercher en priorité des biens à fort potentiel de revalorisation. Et particulièrement les logements les moins disant en termes de performances énergétiques. C’est donc notamment en ramenant ces « passoires énergétiques » à des niveaux proches des bâtiments neufs que la SCPI compte accroître la valeur de son futur patrimoine. Pour y parvenir, la société de gestion va s’appuyer sur le savoir-faire acquis ces deux dernières années dans la gestion de Kyaneos Pierre. Et sur son réseau d’artisans de qualité et de proximité. Les études menées avec des bureaux d’étude thermique vont même lui permettre « d’élargir les différentes possibilités de rénovation énergétique ».

Environ 3 000 tonnes de CO2 économisées

La mise en œuvre de nouveaux matériaux (isolants biosourcés) ou de nouveaux matériels et types d’énergie (chaudière biomasse, combinaison de pompe à chaleur et de chauffe-eau thermodynamique, géothermie) va conduire à l’augmentation du budget alloué aux rénovations. Celui de Kyaneos Denormandie pourrait ainsi être deux fois plus élevé que celui de Kyaneos Pierre. L’impact environnemental en sera également accru. Selon Kyaneos AM, la rénovation de vieux bâtiments « permettra d’économiser le coût environnemental de la construction. Soit environ 3 000 tonnes de CO2 »

10 000 € de souscription minimum

La SCPI Kyaneos Denormandie est ouverte aux souscriptions depuis le 10 juillet. La clôture est fixée au 31 décembre. Sauf en cas de souscription intégrale anticipée. Le minimum de souscription est de 10 parts de 1 000 €, soit 10 000 €. Le taux de rendement cible (non garanti) est de 3,5 %, hors avantage fiscal. Et il s’agit bien évidemment d’un investissement dans la durée. A envisager à titre de diversification…

Frédéric Tixier


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Kyaneos Asset Management est une société de gestion de portefeuille agréée par l’AMF en date du 26 février 2018.

(i) Information extraite d’un document officiel de la société

 

Logements : les prix vont-ils baisser ?

En dépit d’une chute historique des transactions, la hausse des prix des logements anciens – mais aussi neufs – se poursuit. Mais pour combien de temps ? Pour de nombreux observateurs, le marché de l’immobilier résidentiel s’inscrit désormais dans une équation à de nombreuses inconnues…

Le dernier baromètre LPI-SeLoger en atteste : la hausse des prix de l’immobilier résidentiel « se poursuit sans s’affaiblir ».

Poursuite de la hausse des prix des logements neufs et anciens

Sur le segment des logements anciens, ils avaient augmenté, fin mai, de +5,1% sur un an glissant. Contre +3,6% l’an dernier à la même époque. La tendance est identique sur le segment des logements neufs. +3,3% sur un an glissant fin mai. Contre 2,2% l’an dernier. Le baromètre LPI-SeLoger observe également que les prix n’ont reculé, en mai, que dans 5% des villes de plus de 100 000 habitants. Leur progression se poursuit à un rythme élevé (plus de 10%) à Lyon, Nantes, Mulhouse, Besançon, Villeurbanne. La hausse est de l’ordre de 9% dans les grandes métropoles de l’Ouest. A Paris, « le ralentissement de la hausse amorcée durant l’automne 2019 se confirme », constate Michel Mouillart[1]. La progression des prix y reste néanmoins conséquente. Elle est de plus de 5,5% sur un an glissant. Dans la capitale, la valeur des biens situés dans les 11 arrondissements les plus cotés dépasse dorénavant les 11 000 €/m²…

Effondrement des transactions en raison du confinement

La revalorisation du secteur logement reste donc d’actualité, en dépit de l’effondrement des transactions. La chute des ventes observées pendant le confinement atteint en effet un niveau « jamais observé depuis la Libération ». Le recul de l’activité transactionnelle s’inscrit en effet à -82,9% en rythme annuel ! Depuis mai, la chute est moins brutale, en raison d’un rebond « technique » sur les ventes dans l’ancien. Mais elle restait supérieure à 50%. Cet apparent paradoxe entre chute des transactions et hausse des prix s’explique toutefois parfaitement. Pour le professeur Mouillart, chute de l’activité est en effet synonyme de raréfaction de l’offre. Elle alimente donc « les tensions sur les prix dans un contexte de pénurie ».


Cet apparent paradoxe entre chute des transactions et hausse des prix s’explique toutefois parfaitement. Pour le professeur Mouillart, chute de l’activité est en effet synonyme de raréfaction de l’offre. Elle alimente donc « les tensions sur les prix dans un contexte de pénurie ».


Hausse des prix alimentée par la contraction des crédits bancaires

La hausse des prix résulte également d’un autre phénomène : le durcissement des conditions d’accès au crédit imposé par les autorités monétaires. Les mesures prises en fin d’année dernière ont en effet provoqué une contraction de l’offre de prêts bancaires. Et une déformation du marché. Ce sont en effet les ménages les plus fragiles, ceux qui réalisent les opérations les moins bien disantes en termes de prix (au m² ou en valeur globale), qui ont été les plus nombreux, proportionnellement, à être évincés du marché. « Alimentant ainsi la persistance de la hausse des prix », explique Michel Mouillart.

Pas de changement de tendance sur les prix avant juillet

Mais pour combien de temps ? Les Notaires du Grand Paris, dans une étude parue fin mai, font le même constat que le baromètre LPI-SeLoger. Ils observent, sur le seul 1er trimestre 2020, un recul de plus de 20% des ventes de logements anciens. En raison d’un marché à l’arrêt durant le confinement. Mais en rappelant toutefois qu’un ralentissement « était déjà perceptible en février ». Ils constatent également la poursuite de la hausse des prix. Compte tenu de la dynamique engagée sur les avant-contrats, « les ajustements de prix attendus par de nombreux observateurs » n’interviendront pas immédiatement. Mais après « une période de latence ». Qui pourrait s’achever courant juillet 2020. Sur la probabilité et l’importance d’une correction, les notaires restent prudents. « Les évolutions des volumes de ventes finissent généralement, mais pas systématiquement d’ailleurs, par se refléter dans les évolutions de prix », rappellent-ils.

La question de la demande « solvable »

Il existe en effet des « facteurs de résistance à cette adaptation ». Particulièrement en Île-de-France, où l’offre de logements à vendre est faible. Reste donc la question de la reprise de la demande. Et d’une demande solvable… Les notaires pointent des facteurs structurels rassurants. Comme le besoin d’être « bien logé », qui reste tenace. Un besoin d’ailleurs exacerbé par la crise sanitaire. La pierre devrait donc « plus que jamais rester un projet de vie ». Encore faut-il que les ménages qui aspirent à la propriété en aient les moyens. Pour ce faire, les banques doivent maintenir « un accès au crédit fluide et bon marché ». Surtout, soulignent les Notaires du Grand Paris, « la mission de régulation des autorités monétaires sera essentielle dans cette période ». Un appel à peine voilé à un changement d’attitude de la part de la Banque de France et du HCSF

Attentisme et report des projets

Les conséquences de la crise économique sur le pouvoir d’achat des primo-accédants constituent l’incertitude majeure. « L’attentisme et le report des projets immobiliers sont donc possibles », écrivaient les notaires en mai dernier. Depuis lors, les enquêtes d’opinion sont venues confirmer cette hypothèse. Selon un sondage OpinionWay pour Artemis Courtage, courtier en crédit immobilier, réalisé les 10 et 11 juin dernier, plus d’un tiers des Français ont prévu de reporter, voire d’annuler, leur projet immobilier. Deux tiers des sondés pensent toutefois que les prix ne baisseront pas du fait de la crise économique. Une bonne nouvelle pour les « déjà propriétaires ». Mais qui reste à confirmer.

Frédéric Tixier


[1] Michel Mouillart est professeur d’économie, FRICS et porte-parole du baromètre LPI-SeLoger.


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Investir dans l’immobilier résidentiel avec les SCPI

Parmi les secteurs immobiliers les plus résilients à la crise sanitaire, et à ses conséquences, le logement figure en bonne place. Plusieurs SCPI – non fiscales – se sont positionnées sur le créneau du résidentiel. Dans quoi investissent-elles précisément ? Etat des lieux.

La crise a rebattu les cartes des secteurs immobiliers. Les actifs liés au secteur du tourisme l’ont subi de plein fouet. Tout comme les murs des commerces hébergeant les activités fermées durant le confinement.

Secteurs touchés par la crise, secteurs plus résilients

Mais le contexte post-Covid a aussi accentué des tendances déjà à l’œuvre. Comme la défiance envers les actifs de centres commerciaux. Et de nouvelles semblent émerger. Telle celle d’une possible reconfiguration de la demande en actifs de bureaux, dans le sillage de la montée en puissance du télétravail. Quelques secteurs, à l’inverse, bénéficient d’un regain d’intérêt. Celui de la santé, bien sûr. Mais aussi de la logistique, ou du logement. Plusieurs SCPI sont positionnées sur ces créneaux aujourd’hui considérés comme les plus résilients. Sur le secteur santé, on trouve par exemple Pierval Santé (Euryale Asset Management) ou Primovie (Primonial REIM). Sur celui de la logistique, un pure player est apparu en 2019 : Activimmo (Alderan). Enfin, sur le secteur du résidentiel non fiscal[1], l’offre est un peu plus conséquente puisque 5 SCPI y donnent aujourd’hui accès. Etat des lieux.


Kyaneos Pierre, le résidentiel écologiquement et socialement responsable

La première, par ordre alphabétique, est aussi le plus récente sur le marché. Kyaneos Pierre a été lancée en 2018. La SCPI s’est positionnée sur un créneau particulier : l’immobilier résidentiel écologiquement et socialement responsable. Elle achète en effet des logements dont elle améliore systématiquement la performance énergétique avant de les proposer à la location.

L’impact de la crise sur les revenus devrait être très modéré

En dépit d’un taux d’occupation affaibli par le temps des travaux de remise en état (84,4% fin mars 2020), l’activité est rentable. En 2019, Kyaneos Pierre a distribué un rendement de 6,81%. Et déjà revalorisé ses parts (+1,70%). La SCPI est marginalement impactée par la crise. Elle constate des retards de paiement sur les loyers de ses actifs résidentiels. Et craint des impayés sur ses actifs d’entreprise (10% de son patrimoine). Mais, même dans cette hypothèse, cela n’aurait qu’un impact très faible sur les revenus des associés. Car Kyaneos AM, la société de gestion, prévoit dans ce cas de compenser ce manque à gagner par « une diminution (ou suppression) des frais de gestion de la SCPI ». Kyaneos Pierre a versé un acompte sur dividende au 1er trimestre 2020 identique à celui du 4e trimestre (16 € par part).

Novapierre Résidentiel, le résidentiel parisien décoté

Anciennement dénommée Pierre 48, Novapierre Résidentiel est la plus imposante SCPI de l’échantillon. Sa capitalisation dépasse actuellement les 270 M€. Et la plus ancienne. Elle a en effet été lancée par Paref Gestion en 1996. Son credo : acheter, majoritairement à Paris et en région parisienne, des logements occupés. Donc avec une décote, qui peut représenter de 30 % à 45 % de la valeur du bien. En contrepartie de la rentabilité immédiate très faible de ces appartements, la SCPI dégage de fortes plus-values. Soit lors du départ des locataires. Soit lors de la revente de ces biens décotés à un autre investisseur.

Un important réservoir de plus-values

Le patrimoine de Novapierre Résidentiel, composé au fil des ans, a été acquis à des conditions particulièrement attractives. Il recèle donc d’importantes plus-values. Et sa valeur s’apprécie régulièrement. En 2019, elle a encore progressé de 7,8%. Des revalorisations dont profitent pleinement les associés de la SCPI. En 2019, le prix moyen de leur part a progressé de 6,93% (VPM). Ils ont également touché 1,99% supplémentaire au titre de la distribution de plus-values de cessions. Cette année, la revalorisation de leurs parts, intervenue le 1er avril, les assure déjà d’un gain de 4% en capital. Novapierre Résidentiel, initialement positionnée sur le mécanisme des loyers de 1948, diversifie désormais ses techniques d’acquisition. Elle intervient notamment sur l’achat en nue-propriété de logements sociaux, comme Patrimmo Croissance.

Patrimmo Croissance, l’investissement dans la nue-propriété

Cette SCPI lancée en 2014 joue en effet sur un créneau proche du précédent. Patrimmo Croissance investit principalement dans la nue-propriété de lots résidentiels affectés à la location dans le logement social et intermédiaire. L’usufruit est acquis par des bailleurs sociaux. Patrimmo Croissance n’a donc pas vocation à distribuer un revenu. Mais à capitaliser la performance potentielle matérialisée lors du retour à la pleine propriété des biens.

Revalorisation mensuelle du prix de souscription

L’an dernier, les souscripteurs ont ainsi pu bénéficier d’une revalorisation moyenne de leurs parts de 4,81%. Le prix de souscription est en effet revalorisé tous les mois. Depuis le début de l’année, il est ainsi passé de 617,58 € (janvier) à 622,78 € (mars). Patrimmo Croissance a continué à collecter au 1er trimestre (+3 M€), pour atteindre une capitalisation qui dépasse désormais les 100 M€. La SCPI est placée à près de 70% dans Paris et la région parisienne. Au 31 mars, elle détenait 44 actifs, représentant une surface locative de près de 22 243 m².

Primofamily, pour jouer l’immobilier du quotidien

Cette autre SCPI lancée par Primonial REIM en 2017 s’intéresse quant à elle à « l’immobilier du quotidien ». Destiné à répondre aux besoins des étudiants, des jeunes actifs, et des familles, ce concept recouvre principalement des logements résidentiels traditionnels. « Auxquels peuvent s’ajouter des résidences étudiantes, appart’hôtels, hôtels urbains. Et accessoirement des commerces de pieds d’immeuble », précise le descriptif de Primofamily.

Seulement 65% du patrimoine investi en logements

Fin mars, le patrimoine de Primofamily « pesait» plus de 98 M€. Et comprenait déjà 111 actifs. La SCPI investit non seulement en France, mais aussi en Belgique, en Espagne et en Italie. Si les actifs logements sont majoritaires (65%), Primofamily est toutefois également exposée au secteur du commerce (22,2%) et à celui de l’hôtellerie (12,8%). Elle pourrait donc davantage souffrir des conséquences de la crise sanitaire que les purs produits habitation. Primonial REIM a toutefois décidé de conserver, pour le 1er trimestre 2020, un niveau d’acompte sur dividende identique (1,94 € par part) à celui versé au 1er trimestre 2019. Ceux des trimestres à venir seront ajustés en fonction des loyers effectivement perçus. L’an dernier, Primofamily avait distribué un rendement de 4,03%.

Sofiprime, positionnée sur le haut de gamme parisien

Sofiprime, lancée en 2016 par Sofidy, est spécialisée dans l’immobilier résidentiel « prime » parisien. Elle se positionne donc majoritairement dans les quartiers les plus recherchés de la capitale. Plutôt que le rendement immédiat, Sofiprime privilégie la recherche d’une performance de moyen-long terme fondée sur l’appréciation des actifs sous-jacents. C’est donc là encore la revalorisation du prix de la part qui prime la distribution de revenus.

Augmentation de capital en cours

Sofiprime est la seule SCPI de l’échantillon ayant adopté le statut de SCPI à capital fixe. Elle procède donc régulièrement à des augmentations de capital. Qui matérialisent la revalorisation du prix des parts. La dernière opération, clôturée en juin 2019, s’était traduite par une hausse de 6,8%. Depuis le 8 juin dernier, Sofiprime est de nouveau en phase d’augmentation de capital. Le prix de la part a été revalorisé de 7,2% (à 252 € par part). La SCPI vise une collecte de près de 10 M€. L’opération doit se poursuivre jusqu’en mars 2021, sauf en cas de clôture anticipée. Sofiprime ne vise pas que le haut de gamme résidentiel. Elle est aussi assez « exclusive » en termes de souscripteurs. Le minimum de souscription est en effet de 100 parts, soit 25 200 €…

Frédéric Tixier


[1] Il existe une autre catégorie de SCPI placées en actifs résidentiels : les SCPI dites fiscales.


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A propos de Kyaneos AM(i)

Kyaneos Asset Management est une société de gestion de portefeuille agréée par l’AMF en date du 26 février 2018.

A propos du groupe Paref(i)

Paref se développe sur deux secteurs d’activités complémentaires : l’investissement au travers de la société immobilière SIIC Paref, principalement dans l’immobilier d’entreprises en région parisienne (128 M€ de patrimoine au 30 juin 2019). Et la gestion pour compte de tiers au travers de Paref Gestion (1 656 M€ de fonds gérés au 30 juin 2019), société de gestion agréée par l’AMF et de Paref Investment Management.

A propos de Primonial(i)

Primonial, leader indépendant en gestion de patrimoine et en asset management, propose une gamme complète de solutions d’épargne investies dans un large éventail de classes d’actifs, en architecture ouverte. Le groupe Primonial intervient principalement dans les domaines de l’assurance vie, de l’asset management et de l’Immobilier, en s’appuyant sur des équipes d’investissement reconnues pour leur expertise. Avec plus de 45 milliards d’euros d’actifs gérés ou conseillés, le groupe Primonial déjà présent dans plusieurs pays affirme son empreinte européenne.

A propos de Sofidy(i)

Depuis 1987, Sofidy conçoit et développe des produits d’investissement et d’épargne (SCPI, OPCI, SCI, SIIC, OPCVM Immobilier, Fonds dédiés) orientés principalement vers l’immobilier de commerces, et de bureaux. Gestionnaire de référence dans le paysage de la gestion d’actifs immobiliers en France et en Europe, Sofidy est régulièrement distingué pour la qualité et la régularité des performances de ses fonds. Elle gère pour le compte de plus de 50 000 épargnants, et un grand nombre d’institutionnels, un patrimoine immobilier d’une valeur de près de 6,2 milliards d’euros. Il comprend de plus de 4 200 actifs commerciaux et de bureaux. Sofidy est une filiale de Tikehau Capital.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Où en est le crowdfunding immobilier ?

Le marché du crowdfunding immobilier, en partie suspendu pendant la période de confinement, repart de l’avant. Mais la forte dynamique du 1er trimestre n’est plus, pour l’instant, d’actualité. Etat des lieux.

« Le bilan du premier semestre devrait confirmer que le crowdfunding immobilier poursuit sa croissance. Malgré les difficultés que le secteur immobilier a dû affronter pendant la crise » espère Jérémie Benmoussa, le président du directoire de Fundimmo, dans un récent communiqué.

Un record de collecte pour le crowdfunding au 1er trimestre

Le marché du crowdfunding immobilier avait de fait commencé l’année 2020 sous les meilleurs auspices. Selon les chiffres communiqués par Fundimmo – l’une des cinq premières plateformes du secteur -, la collecte – toutes plateformes confondues – enregistrée sur le 1er trimestre établissait un nouveau record. Avec 95 millions d’euros levés, elle affichait une progression de 106 % par rapport au 1er trimestre 2019. Durant la période du confinement, cette belle progression a toutefois été stoppée. En avril, la collecte cumulée depuis le début de l’année n’augmentait que de 2,3 M€[1]. En mai, d’environ 24 M€. Début juin, la collecte des 5 premiers mois de l’année 2020 ne se situait donc qu’à un niveau (121,2 M€) très légèrement supérieur à celui des 5 premiers mois de 2019 (112,7 M€).

L’intérêt des épargnants pour le crowdfunding immobilier semble intact

La question est donc de savoir si les prochains mois permettront de renouer avec la tendance du début d’année. Chez Fundimmo, les chiffres sont plutôt encourageants. La plateforme annonce 12 millions de fonds levés depuis sa réouverture, le 14 avril dernier. Soit près de 3 millions de plus que sur le 1er trimestre 2020 (9,2 M€). La collecte globale, qui se reprend (déjà près de 14 M€ collectés sur les premiers jours de juin, selon hellocrowdfunding.com), confirme que l’intérêt des épargnants pour ce type de placement reste forte. Le crowdfunding immobilier, majoritairement destiné à financer de l’immobilier résidentiel, pourrait même profiter de la résilience de cette classe d’actifs à la crise qui s’annonce. Pour l’instant en tout cas…

Des rendements toujours aussi attractifs

Côté rendement, c’est également la stabilité qui prévaut. Le taux de rendement moyen reste à 9,4 %. Identique à celui constaté en 2019, selon les chiffres d’Hellocrowdfunding. Et les projets en cours de collecte annoncent des taux de rendement espérés compris entre 7 % et 11 %. Là encore, pas de changements par rapport à la situation pré-Covid. Sur les opérations déjà engagées, les retards pris sur les chantiers, en raison de la crise sanitaire, ne devraient pas non plus impacter le niveau des rémunérations. « Les intérêts des particuliers[2] continuent à courir lorsque des projets prennent du retard », rappelle en effet Fundimmo. La plateforme estime le retard moyen à environ 4 mois pour les projets qui devront être remboursés dans les 12 prochains mois.


Questions sur les flux de projets et la solvabilité des promoteurs

Restent bien sûr des incertitudes sur l’importance du flux des projets à venir. La levée progressive des blocages administratifs, le redémarrage des chantiers, et la date désormais connue pour le second tour des élections municipales permettent d’espérer une véritable reprise du marché. Côté promoteurs, certains auront sans doute été impactés par la période de confinement. Voir fragilisés sur le plan financier. Ils pourraient en outre souffrir du durcissement des conditions de crédit bancaire. Mais ce seraient des raisons supplémentaires pour se tourner vers le crowdfunding immobilier. « Les promoteurs ont plus que jamais besoin de financement pour mener à bien leurs projets » considère d’ailleurs Jérémie Benmoussa.

La crise sanitaire et économique devrait toutefois sans doute avoir comme conséquence une sélectivité accrue des projets. Côté promoteurs et plateformes de crowdfunding. Mais aussi, bien sûr, côté investisseurs finaux. A suivre.

Frédéric Tixier


[1] Source : baromètre hellocrowdfunding.com

[2] Autrement dit, des investisseurs particuliers qui financent un projet (NDLR).


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A propos de Fundimmo(i)

Lancée en décembre 2015 et filiale de Foncière Atland depuis juillet 2019, Fundimmo est une plateforme française de crowdfunding 100% immobilier, spécialisée en immobilier d’entreprise. Fundimmo est une société française de financement participatif en immobilier, immatriculée en qualité de conseiller en investissements participatifs (CIP) auprès de l’ORIAS (n°14004248). Les promoteurs immobiliers peuvent faire appel aux particuliers pour compléter les fonds propres nécessaires au montage de leur programme, sous réserve qu’il ait été sélectionné et validé par le comité consultatif Fundimmo constitué de professionnels du secteur immobilier. Les particuliers investisseurs peuvent étudier les opportunités offertes, sélectionner les programmes de leur choix, puis, définir librement le montant de leur placement à partir de 1 000 euros.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société