Articles

Amundi Immobilier retourne en Pologne

Le gestionnaire vient d’annoncer l’acquisition d’un nouvel actif de bureaux à Varsovie. L’an dernier, Amundi Immobilier a réalisé près de 1,4 Md€ d’investissements. Si les bureaux restent dominants, le secteur logistique prend une place de plus en plus significative dans ses acquisitions.

En avril 2020, Amundi Immobilier réalisait sa première opération en Pologne. Le gestionnaire d’actifs avait alors mis la main sur un immeuble de bureaux à Varsovie. Le « Nowogrodzka Square », construit en 2018, et d’une surface de 11 500 m², avait été acquis pour 63,4 M€. Pour le compte de ses trois principales SCPI, Edissimmo (50%), Rivoli Avenir Patrimoine (40%) et Génépierre (10%).

Deuxième acquisition polonaise

Presque un an plus tard, Amundi Immobilier renforce sa présence sur le marché immobilier polonais. Elle vient en effet d’annoncer l’acquisition du « Neopark », un ensemble de bureaux situés eux aussi à Varsovie. « D’une surface de 24 620 m² répartie sur deux immeubles, l’ensemble est organisé en ‘’campus’’ offrant de nombreux agréments et services », détaille Amundi dans son communiqué. Sans donner, pour l’heure, le montant de la transaction. Ni les fonds impliqués dans cette opération. Elle s’inscrit en tout cas, comme le précise Marc Bertrand, le directeur général d’Amundi Immobilier, « dans le respect d’une stratégie de sécurisation des revenus ».

Acquisition d’une plateforme logistique en Normandie

La dernière opération annoncée par le gestionnaire remonte à décembre 2020. Il s’agissait alors de l’acquisition, en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement), d’une plateforme logistique en Normandie. D’une surface d’environ 69 000 m², cet actif devrait être livré en juillet 2021. L’opération est toutefois déjà totalement sécurisée. Maisons du Monde, son locataire, s’est en effet engagée dans le cadre d’un bail ferme de 12 ans. D’un montant de 64,4 M€, l’acquisition a été menée pour le compte des trois SCPI à capital variable du gestionnaire et de son OPCI Opcimmo. Dans des proportions de respectivement 37,69% (Edissimmo), 28,93% (Opcimmo), 25,96% (RAP) et 7,41% (Génépierre).

Secteur logistique : plus de 18% des investissements en 2020

Ce n’est pas, là non plus, la première fois que le gestionnaire s’intéresse aux actifs logistiques. Lesquels représentent une part de plus en plus significative de ses investissements. En 2019, sur 3,8 Md€ d’acquisitions, Amundi Immobilier n’avait signé qu’une seule opération logistique : 3 entrepôts, d’une surface globale de 116 747 m², acquis pour environ 160 M€. En 2020, alors même que son volume annuel d’investissement était ramené à 1,39 Md€, elle a réalisé trois acquisitions dans le domaine logistique. Pour un montant total d’environ 254 M€. Soit plus de 18% de ses investissements. Outre l’opération Maisons du Monde, le gestionnaire s’est également porté acquéreur d’un entrepôt de 130 435 m² à Lahr/Schwarzwald, dans le sud-ouest de l’Allemagne. Une acquisition à 159 M€, et sécurisée par un bail ferme de 10 ans avec l’entreprise Zalando.

Opération emblématique : « The Curve », à Saint-Denis

En septembre 2020, Amundi Immobilier achetait une plateforme logistique XXL située au sein du port du Havre. Acquise pour 32,9 M€, et pour le compte de ses principaux fonds grand public, elle était, lors de l’acquisition, louée à hauteur de 50% à un acteur de la manutention portuaire. En dehors de la logistique, le gestionnaire a réalisé quelques opérations emblématiques l’an dernier. Notamment l’acquisition de l’immeuble « The Curve », à Saint-Denis, pour plus de 173 M€. Cet actif à dominante bureaux, l’un des plus grands bâtiments en structure bois en Europe, a été acquis pour le compte de l’OPCI Opcimmo.

Frédéric Tixier


Lire aussi

L’impact prévisionnel de la crise sur les SCPI d’Amundi Immobilier

Malgorzata Cieslak-Belgy, MNK Partners : « Le marché immobilier polonais offre aujourd’hui l’un des meilleurs momentum »…


A propos d’Amundi Immobilier(i)

Amundi Immobilier, filiale dédiée dans la gestion d’actifs immobiliers d’Amundi (n° 1 de l’asset management en Europe et dans le top 10 mondial), est spécialisée dans le développement, la structuration et la gestion de fonds immobiliers axés sur le marché européen. Avec 40 Mds d’euros sous gestion, elle est n° 1 en France en collecte et en capitalisation pour les SCPI et OPCI grand public. Amundi Immobilier s’appuie sur de nombreux distributeurs pour la commercialisation de ses produits : réseaux bancaires, assureurs, conseillers en gestion de patrimoine, banques privées, courtiers en ligne. Amundi Immobilier développe également une gamme de produits de diversification patrimoniale (groupements forestiers, groupements viticoles…).

(i) Information extraite d’un document officiel de la société

La SCPI ActivImmo dépasse son objectif de rendement annuel

La SCPI dédiée au secteur logistique espérait 6%. Son taux de rendement 2020 sera finalement de 6,05%. En un peu plus d’un an, elle a collecté près de 80 M€. Et compte faire plus de deux fois mieux en 2021. Tout en maintenant un même niveau de performance…

ActivImmo a bouclé l’année 2020 sur sa 10e acquisition, annoncée le 31 décembre dernier. Et un taux de distribution supérieur à son objectif. La forte rentabilité des investissements réalisés au cours du 4e trimestre -trois au total, dont certains avec des taux de rendement à deux chiffres…- lui aura permis de distribuer un dernier acompte de 9,43 € par part. Contre 9,15 € pour les deux trimestres précédents. Boostant ainsi sa performance annuelle à 6,05%…

Un objectif de collecte de près de 200 M€ en 2021

Un peu plus d’un an après son lancement, tous les clignotants sont au vert pour la première – et pour l’instant unique – SCPI dédiée exclusivement au secteur logistique. Dans un marché déprimé par la crise sanitaire, la progression quasi exponentielle de sa collecte peut faire des envieux. 7 M€ au 1er trimestre. Aux alentours de 14 M€ aux 2e et 3e. Et près de 40 M€ au 4e… Fin 2020, sa capitalisation frôle les 80 M€. Et l’année 2021 s’annonce sous les meilleurs auspices. ActivImmo a déjà collecté 12 M€ en janvier. Et quelque 6 M€ supplémentaires sur les premiers jours de février. Exclusivement distribuée auprès des réseaux de CGP, dont près de 200 sont désormais partenaires, la SCPI vise une collecte 2021 comprise entre 150 et 200 millions d’euros…

Un « pipe » d’investissement toujours aussi bien rempli

« Nous sommes en ordre de marche pour répondre à cet afflux de capitaux », affirme Pauline Collet, directrice des relations investisseurs d’Alderan, la société de gestion d’ActivImmo. Avec plusieurs recrutements finalisés en début d’année, dans les départements partenariat et gestion, l’équipe s’est étoffée. Surtout, le « pipe » d’investissements est toujours aussi bien rempli. Une promesse sur un actif a déjà été signée. Une autre est en cours. De quoi, en tout cas, affecter les 23 M€ de solde à investir fin décembre. Et la collecte à venir. La SCPI, qui ciblait initialement des actifs d’une valeur unitaire comprise entre 1 et 5 millions d’euros, est également capable de passer à la taille supérieure. Certaines de ses acquisitions dépassent déjà les 10 M€. Et Alderan, acteur historique du secteur logistique, est aussi en capacité de reprendre des portefeuilles d’actifs…

Maintien de l’objectif de rendement pour 2021

L’expérience et l’expertise de la société de gestion, qui vient d’annoncer la cession de 90% de l’un de ses OPPCI logistique à PGIM Real Estate, lui donnent de plus accès à des opérations off-market. Donc potentiellement à des taux de rendement qui, même en voie de compression du fait de l’engouement pour le secteur logistique, demeurent à des niveaux « suffisamment élevés pour maintenir la performance d’ActivImmo en 2021 », estime Pauline Collet. Qui rappelle que toutes les acquisitions font en outre l’objet, en amont, d’un intense travail prospectif d’asset management. Destiné à encore accroître la valeur et le rendement des actifs sélectionnés.

Tous les indicateurs sont au vert

En termes géographiques, ActivImmo ne compte pas pour l’instant sortir des frontières nationales. « On regarde, bien sûr. Mais il y a encore beaucoup à faire sur le marché français. Qui est en outre l’un des marchés européens où le niveau des loyers est encore assez faible », considère Pauline Collet. Pour mémoire, ActivImmo détenait au 31 décembre dernier une vingtaine d’actifs, occupés par une trentaine de locataires, et détenus par plus de 2 000 associés. Son taux d’occupation financier est de 99,1%, le taux d’encaissement des loyers de 100%. Son endettement est nul, mais la SCPI a négocié une ligne de trésorerie de 10 M€. Qu’ActivImmo est donc en mesure d’activer si la collecte ne suivait pas l’anticipation des acquisitions…

Frédéric Tixier


Lire aussi

La SCPI ActivImmo boucle sa 6e acquisition

ActivImmo, une nouvelle SCPI dédiée à la logistique urbaine


A propos d’Alderan(i)

Alderan est une société de gestion créée en 2015 par Rémy Bourgeon. Elle est issue d’un family office immobilier, Ojirel, spécialisé depuis 20 ans en immobilier professionnel, et en particulier dans le secteur des locaux d’activités et la logistique. Alderan agit de manière indépendante sur l’ensemble du cycle de détention : acquisition, gestion et revente. Sa connaissance du marché et son réseau d’apporteurs d’affaires permettent à Alderan d’avoir accès à des opérations exclusives et « off market ».

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Les investisseurs aiment toujours l’immobilier, toujours les bureaux, et de plus en plus la logistique…

Une enquête menée par Colliers International estime que 98% des investisseurs vont accroître la part de leurs investissements consacrés à l’immobilier en 2021. Leur cible privilégiée reste le secteur des bureaux. Mais la logistique figure désormais au second rang.

« Les investisseurs sont très optimistes quant à un rebond du marché immobilier en 2021 » : pour Colliers International, qui a interrogé près de 300 acteurs mondiaux de l’investissement, les flux dirigés vers la classe d’actifs immobiliers pourraient rebondir de 50% au cours du 1er semestre.

Bureaux, logistique, résidentiel parmi les cibles privilégiées des investisseurs

Ce sont toujours les bureaux, ceux situés dans les grandes métropoles mondiales, qui demeurent leur cible privilégiée. A condition d’offrir des conditions sanitaires et sécuritaires strictes, et des standards techniques et de durabilité élevés. Autrement dit, des actifs « core ». Leurs deuxième et troisième choix se portent sur le secteur logistique et le secteur résidentiel. « La crise a accéléré la stratégie de beaucoup d’investisseurs qui regardaient le résidentiel de loin. Mais qui désormais en font une de leur priorité. Soit par la création de fonds dédiés, soit par des acquisitions directes », précise Antoine Derville, président de Colliers International France. Quant au secteur logistique, son attrait est confirmé, car il a su « démontrer son caractère stratégique pendant cette crise ».

La France, cible privilégiée pour les actifs logistiques

En termes d’allocation géographique, la France et notamment Paris, sont plutôt bien placés. Selon Colliers International, 37% des investisseurs interrogés choisiront Paris comme cible d’investissement. Essentiellement pour les bureaux (33%). Pour le secteur logistique, c’est la France entière qui est visée (à 26%). Cushman & Wakefield, autre spécialiste de l’immobilier, vient d’ailleurs de publier une étude sur les nouveaux investisseurs en actifs logistiques français. Entre 2015 et 2019, les investissements consacrés à cette classe d’actifs ont été multipliés par 4. Une tendance poursuivie en 2020. Le courtier explique cette explosion par le renforcement sectoriel des acteurs généralistes. Sur la période 2017-3e trimestre 2020, ces derniers – fonds d’investissement, banques, assureurs, foncières- représentent environ 70% des montants investis (13,8 Md€ au total). Le solde, 30% donc, est en revanche le fait de « nouveaux entrants ».

De nouveaux entrants sur le marché des entrepôts

Ces derniers sont majoritairement des fonds d’investissement étrangers. Parmi les plus actifs, note Cushman & Wakefield, figurent des fonds américains, chinois, allemand et anglais. A l’inverse, les investisseurs français font « cavalier seul » dans la catégorie « net vendeurs ». Mais certaines typologies d’investisseurs nationaux figurent néanmoins dans le cercle des nouveaux entrants. C’est le cas notamment des SCPI/OPCI. Avec la catégorie des assureurs/mutualistes, ils restent néanmoins minoritaires. « Entre 2017 et 2020,  les fonds d’investissement nouvellement entrés ont totalisé 41 acquisitions. Quand les SCPI/OPCI et les assureurs/mutualistes en auront réalisé une petite dizaine », observe Cushman & Wakefield.

OPCI et SCPI encore minoritaires

Ces derniers se sont en outre concentrés sur des volumes « compris entre 40 et 90 millions d’euros, avec un cœur de cible situé entre 10 et 50 millions d’euros ». A quelques exceptions près, comme l’opération lyonnaise de la SCPI Accimmo Pierre, chez BNP Paribas REIM. Les SCPI qui s’intéressent au secteur logistique, et y ont investi ces dernières années sont néanmoins de plus en plus nombreuses. Outre certains produits gérés par Sofidy ou Groupama GAN REIM, qui se diversifient sur cette classe d’actifs, il existe désormais des véhicules dédiés. ActivImmo, lancée par Alderan en 2019, est pour l’heure la seule SCPI spécialisée sur le secteur logistique. Cette dernière vient de boucler sa 10e acquisition. Elle devrait délivrer un rendement de 6% en 2020. Compte tenu du succès rencontré (41 M€ levés au 30 septembre 2020), il semble logique que des concurrentes apparaissent prochainement…

Frédéric Tixier


Lire aussi

La demande pour le secteur logistique s’intensifie

La SCPI ActivImmo boucle sa 6e acquisition

Les investissements en immobilier d’entreprise en forte baisse

Le marché français de l’immobilier d’entreprise, sur les 3 premiers trimestres 2020, enregistre une baisse de 27% par rapport à l’an dernier. Un recul « à nuancer » estime toutefois Knight Frank, dans sa dernière étude.

Les montants investis sur le marché français de l’immobilier d’entreprise depuis le début de l’année s’élèvent à 16,1 Md€. Contre 22,1 Md€ sur les neufs premiers mois de 2019. Une baisse de 27% qu’il convient toutefois de nuancer, écrit le conseil en immobilier Knight Frank France dans sa dernière étude, en raison « du résultat exceptionnel de 2019 ».

Un marché loin d’être bloqué

Knight Frank rappelle en effet que le niveau d’activité actuel « équivaut à celui de 2018 ». Et qu’il se trouve même de 18% supérieur à la moyenne décennale. En outre, ajoute le conseil, « le marché français est loin d’être bloqué ». Les capitaux disponibles sont toujours importants. Et les investisseurs montrent un « vif appétit » pour les actifs sécurisés, ou les plus résilients face à la crise. En témoignent les importantes opérations finalisées ces derniers mois. 44 transactions supérieures à 100 M€ ont été recensées depuis le début de l’année. C’est effectivement moins qu’en 2019, sur la même période (51 opérations). Mais, là encore, « ce recul est à relativiser », explique Knight Frank. Car 2019 constitue également, pour ce type de transactions, une exception.


Les bureaux beaucoup plus touchés que les commerces

La nouveauté, c’est le recul plus marqué d’un secteur jusqu’alors dominant : celui des bureaux. Par rapport à 2019, la baisse en valeur des transactions sur ce secteur s’établit à 34%. En nombre d’opérations, le repli est encore plus marqué : 264 vs 354. Le segment des commerces, quant à lui, ne recule quasiment pas, en valeur, par rapport à 2019. Une stabilité qu’il doit toutefois à la signature de quelques grandes transactions. Mais la caractéristique essentielle du marché post-covid est bien une segmentation plus marquée en fonction de la qualité des actifs. Qui se traduit par de plus grands écarts en termes de rendement.

Polarisation sur les actifs les plus sûrs

« La correction haussière s’accentue sur les actifs « à risque ». Tandis que les décotes restent pour l’instant limitées pour les biens core et core+ », observe Knight Frank. Cette polarisation conduit même à une pression baissière dans certains pôles tertiaires considérés comme les plus sûrs. Le conseil constate ainsi des replis de 25 à 50 points de base à Boulogne-Billancourt. Où les taux de rendement sont « désormais compris entre 3,25% et 3,50% ». Cette compression des taux de rendement prime touche aussi une autre catégorie d’actifs, celle du secteur logistique. Certaines opérations en cours font ressortir des taux compris entre 3,5% et 4%. Soit 25 points de base de moins qu’en 2019…

Un volume 2020 en chute de 34% à 47% vs 2019

Compte tenu des tendances en cours, Knight Frank estime que le volume 2020 des investissements devrait être compris entre 20 et 25 Md€. Soit une chute de 34% à 47% par rapport à l’année 2019. Mais, on l’aura compris, bien moins sévère comparée aux moyennes décennales. Le conseil reconnaît toutefois que « l’incertitude reste élevée ». Notamment en raison de la baisse de la présence des investisseurs étrangers sur le marché français (40% de part de marché fin 3T, vs 43% fin 1S). Ou de la dégradation des marchés locatifs, notamment celui des bureaux. Mais, signe positif, les opérations «mettant à profit les décotes observées sur certains types de biens » se multiplient. La preuve que les investisseurs continuent à «se projeter dans l’avenir ». Ce qui, « après tout, est le meilleur moyen de surmonter les crises », conclut Knight Frank. Dont acte…

Frédéric Tixier


Lire aussi

Immobilier d’entreprise : repli confirmé au 2e trimestre

Immobilier d’entreprise : un marché à plus de 40 milliards en 2019


A propos de Knight Frank(i)

Fondé il y a plus de 120 ans en Grande-Bretagne, le groupe Knight Frank apporte aujourd’hui son expertise comme conseil international en immobilier grâce à plus de 19 000 collaborateurs intervenant depuis 512 bureaux dans 60 pays. Sa branche française, créée il y près de 50 ans, intervient sur le marché de l’immobilier d’entreprise, principalement celui des bureaux. Mais aussi ceux des commerces, des bâtiments industriels ou logistiques. Elle s’adresse à deux clientèles distinctes : les propriétaires investisseurs et les entreprises utilisatrices.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Locaux d’activités : un investissement prometteur

Le confinement, lié à la crise sanitaire, a mis en lumière le rôle essentiel de la livraison de marchandises dans la vie économique. Les locaux industriels (entrepôts, parcs d’activités et logistique du dernier kilomètre) ont ainsi révélé tout leur potentiel ! Retour sur cette classe d’actifs méconnue et pourtant au cœur même de l’économie….

Une multitude de dénominations et terminologies

L’immobilier dit « d’activités » recèle plusieurs terminologies avec des réalités très différentes. Il peut parfois être difficile de s’y retrouver…

ENTREPOT LOGISTIQUE

Entrepôt destiné au stockage et à la gestion du flux des marchandises, avec une faible proportion de bureaux.

Taille : de 10 000 m² à 150 000 m²

Hauteur : > 9,30 m

Ratio de bureaux : 5%

MESSAGERIE / PLATE-FORME DE « CROSS-DOCKING »

Bâtiment adapté à un besoin spécifique, où les marchandises ne font que transiter pour effectuer une réexpédition immédiate à destination des magasins ou du client final.

Taille : de 1 000 m² à 10 000 m²

Hauteur : de 6 à 7 m

BATIMENT D’ACTIVITÉS / MIXTE

Bâtiment consacré à l’exercice d’une activité artisanale, commerciale ou d’une production industrielle réduite – souvent construit pour un besoin spécifique (clé-en-main).

Ratio de bureaux : de 30% à 60%

PARC D’ACTIVITÉS

Ensemble clos composé d’un ou plusieurs bâtiments divisibles, à usage principal d’activités & industriel – avec une prestation et des services communs pour les occupants (restauration, loisirs, conciergerie…).

Taille du parc : >3 000 m²

Taille des lots : de 150 m² à 1 000 m²

Hauteur : > 5,5 m

Ratio de bureaux : < 30%

BUSINESS PARK / PARC TERTIAIRE

A ne pas confondre avec le parc d’activités : ensemble clos composé d’un ou plusieurs bâtiments divisibles, avec une prestation et des services communs pour les occupants (restauration, loisirs, conciergerie…), mais à usage principal de bureaux.

Ratio de bureaux : > 50%

Pourquoi investir dans les Parcs d’activités ?

Les parcs d’activités bénéficient d’incomparables atouts en termes d’investissement immobilier :

Polyvalence des bâtiments

Leur permettant de répondre à une diversité d’usages comme : la logistique du « dernier km », le loisir, les services, les datacenters, la biotechnologie, la production, les grossistes…

Flexibilité des lots

Pouvant être jumelés ou divisés, ce qui permet de répondre à une demande locative élargie, à partir de 150 m².

Localisation stratégique

Au sein des bassins de consommation, idéale pour la logistique du « dernier km » (également appelée « logistique urbaine », expression désignant l’ensemble des agents, opérations et équipements associés et mis en œuvre dans les derniers segments de la chaîne de distribution finale des biens ou services).

Simplicité des bâtiments

Faciles à retravailler sur le plan technique et qui échappent, dans la plupart des cas, aux contraintes réglementaires liées aux ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement).

Mutation potentielle des Parcs

Avec la densification urbaine, possibilité de requalification d’un site d’activités en bureaux, résidentiel ou commerce, permettant une revalorisation du foncier à terme.

Forte diversification locative (multi-locataires)

Entraînant une résilience des cash-flows pour les investisseurs.

Rendements initiaux élevés des immeubles

Par rapport aux bureaux et à la logistique…

Faible sensibilité des valeurs locatives aux cycles de marché

Marché étroit

500 M€ investis en moyenne en France sur les 10 dernières années, principalement par des fonds étrangers (américains et anglo-saxons).

Néanmoins, en termes de gestion locative, la spécificité des Parcs d’activités réside dans l’intervention d’un Asset Manager spécialisé, avec une équipe proactive présente sur le terrain et proche de ses clients-locataires. A titre d’exemple, un portefeuille composé de 500 locataires peut générer entre 70 et 80 signatures de baux par an (soit 2 signatures par semaine environ). Et le taux de rétention des locataires sur ce type d’actifs est de l’ordre de 15%. Le maillage territorial est donc essentiel pour développer une relation de proximité et ainsi obtenir des performances significatives.

Un potentiel accentué par la crise sanitaire

La crise sanitaire de la Covid-19 et les mesures de confinement adoptées par le Gouvernement ont mis en avant le rôle essentiel de la livraison de marchandises dans la vie économique.

En effet, pendant cette période de confinement, les entrepôts sont restés opérationnels et ont même joué un rôle vital dans la distribution de biens de premières nécessités, indispensables au bon fonctionnement du pays. La demande logistique du « dernier km » s’est accélérée, rendant l’investissement dans cette classe d’actifs très attractif.

Le développement du e-commerce a induit la nécessité de disposer de petites plateformes de diffusion des produits au sein même des bassins de consommation, afin de permettre une livraison rapide des colis par camionnette. Les Parcs d’activités répondent parfaitement à ce besoin en proposant des locaux de logistique urbaine avec un panel de surface élargie, construits en périphérie immédiate des villes.


Accélération de la demande de locaux de production

Notre dépendance vis-à-vis des importations de produits fabriqués à l’étranger a ainsi été questionnée. Et va très probablement relancer notre industrialisation. A moyen terme, cette « réindustrialisation » pourrait se traduire par l’accélération de la demande de locaux de production et d’activités à proximité des bassins de consommation, et ainsi améliorer l’attractivité des parcs d’activités.

Enfin, la nouvelle génération de parcs d’activités, loin de l’image des parcs vieillissants, propose aujourd’hui des lieux de vie propices au bien-être des utilisateurs, grâce à la présence de services communs (restauration, conciergerie, salles de sport, espaces verts…), et dispose de larges espaces. Autant d’atouts précieux dans le contexte actuel pour les locataires.

Une classe d’actifs résiliente

Cette classe d’actifs encore méconnue démontre donc sa résilience, aussi bien dans le marché locatif, que dans le marché de l’investissement. Le parc d’activités devient aujourd’hui une réelle source d’opportunités d’investissement.

Investir dans les locaux d’activités, c’est allier sens et performance – à condition toutefois d’y associer un véritable savoir-faire en matière d’asset management.

Lionel Lacroix

Les principaux investissements de Foncière Magellan dans les Parcs d’activités

Foncière Magellan investit depuis 10 ans maintenant, dans des Business Parcs et des Parcs d’activités, principalement aux côtés d’investisseurs institutionnels. Ses investissements en Business Parcs se sont portés notamment sur le « Parc du Moulin à Vent » (35 000 m²) situé en région lyonnaise, rebaptisé « Green CampusPark » sur lequel est déployé un programme ambitieux de « reverdissement » des bâtiments, ainsi que sur l’ensemble « TecParc » (12 000 m²) situé à Créteil (94) et entièrement loué aujourd’hui, avec plus de 15 locataires.

Marque « Magellan Parc »

En parallèle, la marque « Magellan Parc » dédiée aux « Parcs d’activités » a été lancée. Elle représente à ce jour plus de 100 000 m² d’investissements, en Ile de France et dans des grandes métropoles régionales, telles que Marseille, Lille, Strasbourg, Metz et Nancy. La dernière acquisition s’est portée sur le « Technoparc des Florides » situé à Marseille-Marignane, développant près de 10 000m² et dont la dernière tranche sera livrée au 1er trimestre 2021.

 


Lire aussi

Steven Perron, Foncière Magellan : « un second semestre placé sous le signe de l’investissement responsable »

Foncière Magellan lance un nouveau FPCI dédié au renouvellement urbain en régions

 


A propos de Foncière Magellan(i)

Foncière Magellan est une société de gestion indépendante – spécialiste de l’investissement immobilier tertiaire en région et agréée par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). Elle assure la création et la gestion de fonds d’investissements immobiliers à destination d’investisseurs privés et institutionnels, et propose des supports et montages juridiques variés répondant à chaque problématique patrimoniale : OPPCI, Club deals dédiés, SCPI, FPCI… Ses investissements s’intègrent dans des projets immobiliers innovants et durables pour les territoires. Elle dispose aujourd’hui d’un parc immobilier de plus de 462 865 m² et de plus d’un milliard d’euros d’actifs sous gestion.

La demande pour le secteur logistique s’intensifie

L’e-commerce – merci au confinement – représente plus de 15% des ventes de détail. Un essor inédit, et durable, qui dope la demande en espaces logistiques, rappelle une étude de Savills. Pour ce conseil en immobilier, le secteur des entrepôts en général, et celui de la logistique du dernier kilomètre, vont profiter à plein de cette tendance.

Les chiffres du 1er semestre 2020 pourraient inquiéter. Selon Savills, la demande en entrepôts et espaces logistiques en Europe sur cette période est inférieure de 4% par rapport à sa moyenne sur 5 ans. Ce recul, essentiellement imputable à la période de confinement, et aux restrictions de déplacement qui en ont résulté, masque en réalité une tendance très largement haussière.

L’e-commerce dopé par la crise sanitaire

Le secteur logistique bénéficiait déjà, avant la crise sanitaire, de l’essor du e-commerce. La période de confinement a accéléré ce facteur de croissance. Selon les chiffres recueillis par Savills, les ventes en ligne devraient représenter 16,2% du total des ventes de détail en 2020 dans les principaux pays européens. Contre 12% en 2019. Pour le conseil en immobilier, la part du e-commerce pourrait durablement s’établir au-dessus de 15,3% en 2021. Une proportion qui, selon les projections pré-covid, n’aurait dû intervenir qu’à partir de 2022… La crise sanitaire aura surtout accéléré les ventes en ligne du secteur alimentaire. Des études estiment que ces dernières pourraient progresser de 33% en 2020 au Royaume-Uni, où Amazon a développé un service de distribution de produits alimentaires gratuit pour ses abonnés prime…


Manque de surfaces disponibles

L’explosion du l’e-commerce induit, fort logiquement, une hausse pour la demande de stockage. Depuis la fin du confinement, celle-ci est orientée à la hausse, même si les chiffres du second semestre ne reflètent pas cette reprise. Le taux de vacance moyen en Europe reste d’ailleurs proche de ses plus bas historiques (5,8% fin juin 2020). Savills estime d’ailleurs que les locataires vont rester confrontés à un manque de surfaces disponibles. Mais qu’en revanche, compte tenu des incertitudes, ils chercheront à négocier des durées de baux plus courtes. Ce besoin de surface de stockage est surtout évident pour la logistique urbaine. Savills constate une augmentation du nombre d’entrepôts à étages. Et s’attend à une hausse des revenus locatifs sur ce segment.


Une classe d’actifs qui résiste à la crise

Une tendance que l’on retrouve, avec le même décalage, sur le marché de l’investissement. Sur le 1er semestre 2020, 13,3 Md€ ont été investis en Europe sur le segment logistique. C’est 8% de moins qu’au 1er semestre 2019. Mais les acquisitions devraient repartir fortement. Notamment en raison du retour des investisseurs asiatiques, physiquement absents durant le confinement. Cette forte demande se ressent côté prix, avec certaines valorisations revues à la hausse. Les taux de rendement prime sont stables, selon Savills, de l’ordre de 4,58% en moyenne en Europe. Pour le courtier, le secteur logistique est donc l’une des classes d’actifs qui résiste le mieux à la crise…

Frédéric Tixier


Lire aussi

La SCPI ActivImmo boucle sa 6e acquisition

Le secteur logistique peut sortir gagnant de la crise


A propos de Savills(i)

Conseil international en immobilier coté à la Bourse de Londres, Savills possède un réseau de plus de 600 bureaux et associés et emploie plus de 39 000 employés à travers le monde. Savills propose une large gamme de services (conseil, gestion, transaction, expertise etc.) à ses clients du monde entier. Les employés de Savills associent l’esprit d’entreprise à une connaissance approfondie de leur secteur et proposent un service sur-mesure à leurs clients.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

La SCPI ActivImmo boucle sa 6e acquisition

La SCPI dédiée au secteur logistique, lancée l’an dernier par Alderan, vient d’acquérir un parc d’activité d’environ 20 000 m². Elle aura investi aux alentours de 20 M€ depuis fin juin. Et confirme son objectif de rendement de 6% en 2020.

Et de 6… Un peu plus d’un an après son lancement, la SCPI ActivImmo vient de boucler sa 6e acquisition. Il s’agit cette fois d’un parc d’activités, « Le Parc des Colonnes », situé dans le département des Deux-Sèvres (79). Il comprend cinq bâtiments à usage mixte d’activités et de bureaux, pour une surface utile d’environ 20 000 m². L’ensemble est loué « dans sa quasi-totalité » à 22 locataires, précise Alderan, la société de gestion de la SCPI.

20 M€ investis depuis fin juin

Comme lors de la précédente opération, annoncée fin juillet – un ensemble immobilier de près de 4 800 m² situé en Seine-et-Marne (77)-, le prix d’acquisition n’a pas été communiqué. Si l’on en croit le dernier bulletin trimestriel de la SCPI, la plateforme seine-et-marnaise a dû se négocier autour de 7 M€. La plateforme deux-sévrienne, quant à elle, autour de 12 M€. La société de gestion annonçait en effet dernièrement un pipe d’acquisition résiduel de l’ordre de 30 M€. Contre 46 M€ fin août… « Ces deux acquisitions représentent un investissement total d’environ 20 M€ », confirme Pauline Collet, directrice des relations investisseurs d’Alderan. Qui annonce également plusieurs autres opérations « signées avant la fin de l’année ».

Objectif de 6% maintenu

ActivImmo semble donc parfaitement en phase avec ses objectifs d’investissements. Nourris par une collecte qui reste conséquente. En avril dernier, les souscriptions, en dépit de la crise sanitaire et du confinement, demeuraient soutenues. Fin juin, la SCPI affichait une collecte cumulée de 27,1 M€. Soit un doublement de sa capitalisation sur le 2e trimestre. Le 3e trimestre s’annonce tout aussi prometteur, puisqu’ActivImmo espère dépasser le seuil des 50 M€ avant la fin de l’année. En termes de rentabilité, les clignotants sont aussi toujours au vert. La profitabilité des dernières acquisitions, et celles envisagées prochainement, permettent à la société de gestion de maintenir l’objectif d’un taux de rendement de 6% en 2020.

Pression sur le secteur logistique ?

Pour 2021, les perspectives restent positives. Mais la baisse des rendements, que l’on constate désormais sur les plateformes logistiques, ne risque-t-elle pas de peser sur les performances futures d’ActivImmo ? Pour l’instant, la SCPI ne s’estime pas touchée par ce recul des taux. Intervenant sur des actifs de bien plus petite taille que les entrepôts XXL -les plus affectés par ce phénomène-, elle ne note pas de recul sensible des rendements à l’acquisition. A suivre.

 

Frédéric Tixier


Lire aussi

ActivImmo, une nouvelle SCPI dédiée à la logistique urbaine

La SCPI ActivImmo boucle sa première acquisition en logistique et augmente son capital statutaire

ActivImmo verse son premier acompte trimestriel, en phase avec ses objectifs


A propos d’Alderan(i)

Alderan est une société de gestion créée en 2015 par Rémy Bourgeon. Elle est issue d’un family office immobilier, Ojirel, spécialisé depuis 20 ans en immobilier professionnel, et en particulier dans le secteur des locaux d’activités et la logistique. Alderan agit de manière indépendante sur l’ensemble du cycle de détention : acquisition, gestion et revente. Sa connaissance du marché et son réseau d’apporteurs d’affaires permettent à Alderan d’avoir accès à des opérations exclusives et « off market ».

 (i) Information extraite d’un document officiel

Comment la crise - et la nature de la reprise espérée - peuvent-elle impacter l’activité immobilière ?

Deux experts – Pierre Schoeffler et Madhi Mokrane – , sollicités par l’IEIF, viennent de livrer leurs analyses de l’impact de la crise économique sur le secteur immobilier. Dont la teneur dépend bien entendu de la matérialisation, de l’ampleur, et de la nature d’une éventuelle reprise. 

L’incertitude économique accroît la volatilité des prévisions… L’une des dernières en date, celle de la Banque Mondiale, estime le recul de la croissance mondiale aux alentours de 5% en 2020. Un choc plus ou moins violent selon les zones géographiques. En France il serait, selon la Banque de France, de l’ordre de 10%. Son impact « final » dépendra en outre pour beaucoup de la nature et de l’ampleur des mesures de relance mises en place. Elles aussi variables selon les pays.

Des plans de relance efficaces

Pour Pierre Schoeffler, senior advisor à l’IEIF, qui intervenait à un webinaire organisé par l’Institut le 3 septembre dernier, ces différents plans de soutien ont toutefois des points communs. Que ce soit aux USA, en Europe, ou au Japon, un même principe est mis en œuvre. «Les Etats supportent les revenus des agents privés sous forme de prêts et de subventions. Et ils se financent à taux zéro de façon permanente auprès des banques centrales », rappelle Pierre Schoeffler. Des politiques monétaires accommodantes qui se révèlent très efficaces. Beaucoup plus, en tout cas, que « lorsqu’elles passaient par le système bancaire », comme ce fut le cas après la crise financière de 2008. Peut-être, d’ailleurs, trop efficaces ? « Le calibrage des mesures fiscales et monétaires de soutien, ramené en part de PIB, apparaît surdimensionné dans certains pays », souligne en effet le senior advisor.

La question de l’inflation

A court terme, cet afflux massif de liquidités ne devrait pas impacter le taux d’inflation. En France, cette dernière devrait rester très faible, « de l’ordre de 0,5% en rythme annuel », estime Pierre Schoeffler. Mais, à moyen et long termes, une reprise de la hausse des prix semble possible. En raison des mesures de soutien de la demande. Et de la relocalisation des chaînes de valeur. L’excès de création monétaire non converti en production pourrait alors exercer « une pression à la hausse sur l’inflation ». Mais encore faudrait-il que l’investissement et la consommation repartent réellement. Rien n’est encore écrit. Pierre Schoeffler pointe en effet le risque d’une « dislocation » de l’économie, conséquence d’une augmentation des disparités de situations entre ménages, entreprises, secteurs économiques, et pays.

Quelles conséquences pour les actifs immobiliers ?

Si l’activité économique reste « moribonde », l’impact sur le secteur immobilier sera bien réel. « La baisse de l’activité immobilière pèsera sur les loyers », estime le chercheur de l’IEIF. Cette baisse est déjà quasi actée pour 2020. Le faible niveau d’inflation et le recul du PIB vont impacter temporairement l’indexation des loyers. «L’ILAT[1] pourrait baisser de plus de 5% en 2020. Et l’ILC[2] de plus de 6% », estime Pierre Schoeffler. A ce stade, l’impact sur la valorisation des actifs immobiliers reste marginal. « Inférieur à 1% », calcule l’économiste. Une stabilité que l’on retrouve du côté des fonds immobiliers non cotés. « Les valeurs de leurs parts n’ont pratiquement pas évolué depuis la fin 2019 », souligne Pierre Schoeffler.

Un impact différent selon les secteurs et la prime de risque associée

En revanche, la variation de l’immobilier coté « témoigne que la crise va avoir un impact très différencié selon les secteurs et la prime de risque associé », rappelle-t-il. Le secteur résidentiel est ainsi actuellement 10% plus cher qu’en début d’année. Les indices des secteurs du bureau, de l’hôtellerie et du commerce accusent en revanche des replis de respectivement 30%, 50% et 65%… Ce n’est toutefois que dans quelques mois, en fonction de la nature et de l’ampleur de l’éventuelle reprise, que l’on pourra réellement juger de l’impact sectoriel de la crise sanitaire. Et de l’évolution durable des comportements » et des usages vis-à-vis des bureaux, des commerces, et des logements. Mahdi Mokrane, directeur de la stratégie d’investissement et de la recherche chez Patrizia, estime toutefois que le contexte Covid-19 a d’ores et déjà contribué à faire émerger plusieurs tendances.


Value beats growth

La crise a notamment mis en exergue le principe « value beats growth ». Autrement dit, que ce ne sont pas les classes d’actifs les plus rentables historiquement qui offrent le plus de potentiel pour les années à venir. Mais bien celles qui ont montré leur résilience. Ces classes d’actifs sont l’immobilier résidentiel -dont l’attractivité dépend toutefois de l’emplacement-. Et le commerce de proximité, dans ses dimensions alimentaire et services de proximité. Mahdi Mokrane s’interroge par ailleurs sur l’avenir du bureau, à la confiance « érodée ». Mais aussi sur la poursuite du phénomène de métropolisation, à l’œuvre depuis la sortie de la dernière crise financière. Si les grandes métropoles vont probablement « conserver leur attractivité structurelle », estime-t-il, d’autres agglomérations de plus petite taille pourraient en revanche émerger. Cela dépendra notamment des « propositions de ces villes en termes d’accessibilité et de transport ». A suivre.

Frédéric Tixier


[1] ILAT (Indice des Loyers des Activités Tertiaires) est publié chaque trimestre par l’INSEE. Il est utilisé principalement pour réviser le montant des loyers des immeubles de bureaux et des locaux professionnels utilisés pour des activités autres que des activités commerciales et les entrepôts de logistique.

[2] ILC (Indice des Loyers Commerciaux) sert à calculer les révisions de loyers des locaux commerciaux et artisanaux.


Consulter le communiqué de l’IEIF


Lire aussi

Bureaux en Ile-de-France : vers une baisse des valeurs locatives ?

L’immobilier physique n’envoie plus de signaux-prix


A propos de l’IEIF(i)

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion.

L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement), les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, FIA) et le financement.

A propos de Patrizia(i)

Opérant à l’échelle internationale, Patrizia offre depuis 36 ans des possibilités d’investissement dans l’immobilier et les infrastructures aux investisseurs institutionnels, semi-professionnels et privés. Patrizia gère plus de 45 milliards d’euros d’actifs et emploie 800 professionnels sur 24 sites dans le monde entier.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

 

C’est surtout le score du 1er trimestre qui tire l’investissement en actifs logistiques vers le haut. Mais les observateurs s’attendent à un rebond conjoncturel dans les prochains mois. Côté demande, le marché est plus contrasté.    

« Tous les facteurs structurels favorisant un niveau élevé d’investissement en immobilier logistique restent présents. Et une gamme élargie d’investisseurs sont enclins à se positionner à des niveaux de prix d’avant-crise », analyse Romain Nicolle, directeur logistique investissement chez Cushman & Wakefield, dans la dernière publication du courtier dédiée à cette thématique.

Un premier semestre record en termes d’investissements

Le secteur logistique réalise en effet un 1er semestre record en termes d’investissements. Sur les 6 premiers mois de l’année, il a drainé 2,1 Md€. C’est presque autant que les volumes enregistrés annuellement avant 2017. Cette nouvelle montée en puissance est toutefois surtout le fait d’un 1er trimestre exceptionnel, à 1,7 Md€. Le second, effet Covid-19 oblige, fut moins brillant : 400 M€. La crise sanitaire a ralenti très sensiblement le marché. Mais, une fois son impact digéré, elle ne devrait pas empêcher le secteur logistique de repartir de l’avant. « A la différence du cycle de retournement conjoncturel précédent, l’immobilier logistique pourrait sortir par le haut », estime en effet Cushman & Wakefield. En comparaison avec d’autres classes d’actifs « plus chahutées ».


Remontée des primes de risque

Le secteur subira néanmoins lui aussi le contrecoup de la crise économique. Au moins en termes de valorisation. Pour l’heure, comme l’explique le conseil en immobilier, les taux de rendement prime n’ont pas changé (4 % en Ile-de-France et Lyon). Mais, à l’instar des autres secteurs immobiliers, les différences entre les actifs (en termes de qualité, d’emplacement, de fiabilité des locataires) vont devenir plus fondamentales. « La prime de risque avec les acquisitions core+ ou value-added pourrait s’amplifier », pronostique Cushman & Wakefield. Ce dernier estime également que le semestre à venir sera important à plus d’un titre. « Des indexations de loyer négatives vont chahuter pendant quelques trimestres les cash-flows d’un certain nombre de patrimoines », écrit C&W. Les mois à venir permettront également de mesurer quels seront les actifs logistiques les plus prisés dans un contexte post-Covid.

Forte baisse de la demande placée pour les entrepôts

Car le premier semestre a exacerbé une tendance déjà à l’œuvre ces derniers mois : la baisse de la demande pour les entrepôts de taille médiane. A la différence de l’investissement, la demande placée a subi, globalement, un très net décrochage. Sur les six derniers mois, elle s’établit à 1 million de mètres carrés. Un volume en baisse de 46 %, et un point bas sur les 5 dernières années. Le créneau le plus touché par ce vif recul : les entrepôts d’une surface comprise entre 30 000 m² et 60 000 m². Une baisse qui s’explique par une absence de visibilité sur les besoins futurs des utilisateurs. Il faudra un certain temps pour « recouvrer un profil de demande plus classique ». Ce repositionnement attendu côté utilisateurs vaut également côté investisseurs. «Le second semestre sera davantage révélateur des choix d’acquisitions post-Covid », estime ainsi Cushman & Wakefield. A suivre, donc.

Frédéric Tixier


Lire aussi

Argan : ses entrepôts résistent à la crise

Le secteur logistique peut sortir gagnant de la crise


A propos de Cushman & Wakefield(i)

Leader mondial des services dédiés à l’immobilier d’entreprise, Cushman & Wakefield conseille et accompagne investisseurs, propriétaires et entreprises dans toute leur chaîne de valeur immobilière, de la réflexion stratégique jusqu’à l’aménagement des locaux. Le groupe conseille ses clients utilisateurs et investisseurs internationaux dans la valorisation de leurs actifs immobiliers. En combinant perspective mondiale et expertise locale à forte valeur ajoutée, à une plate-forme complète de solutions immobilières. Fort de 53 000 collaborateurs, 400 bureaux et 60 pays dans le monde, Cushman & Wakefield a réalisé en 2019 un chiffre d’affaires de 8,8 milliards de dollars via ses principales lignes de métiers : facilities et project management, transaction, capital markets, valuation.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Argan : ses entrepôts résistent à la crise

La foncière spécialiste des entrepôts premium affiche une très forte progression de son résultat net sur le 1er semestre. Elle maintient un objectif de 140 M€ de revenus locatifs en 2020. Son cours de Bourse est presque revenu à son niveau d’avant-confinement.

« Malgré les incertitudes qui persistent notamment quant aux conséquences économiques de cette crise, nous estimons être en bonne position pour y faire face. Et maintenons notre objectif de 140 M€ de revenus locatifs pour l’exercice 2020 », explique Jean-Claude Le Lan, fondateur et président du conseil de surveillance d’Argan.

Résultat net semestriel en hausse de 59 %

Les comptes semestriels publiés en fin de semaine dernière par la foncière spécialiste en logistique ont effectivement de quoi rassurer. Argan affiche en effet une « très forte progression » de son résultat net récurrent. Une hausse qui s’explique toutefois essentiellement par les effets de l’acquisition du portefeuille Cargo, en 2019. Une opération, équivalente « à huit années de développement », qui avait fait bondir le patrimoine d’Argan de 60 %. Et s’apprécier de respectivement 47 % et 52 % ses revenus locatifs annualisés et son résultat récurrent. Ces indicateurs font donc néanmoins mieux que prévu. Sur les six premiers mois de l’année, les revenus locatifs augmentent de 54 %. Et le résultat net récurrent de 59 %.

Un taux d’occupation proche de 100 %

La publication semestrielle d’Argan révèle d’autres facteurs positifs. Notamment une légère revalorisation de la valeur du patrimoine. L’ANR par action progresse lui aussi. De + 0,5 % droits compris (61,4 €). Et de + 0,4 % hors droit (56 €). Une variation qui s’explique par la revalorisation du patrimoine (+ 0,2 €). Mais surtout par une progression du résultat net (+ 2,1 €) supérieure à celle du dividende. Les comptes semestriels montrent également une amélioration du coût de la dette (1,65 % vs 1,70 %), en partie en raison des refinancements mis en place pour couvrir l’opération Cargo. Enfin, le taux d’occupation des entrepôts Argan reste au top : 98 %, vs 99 % au 1er semestre 2019.

Un contexte favorable au secteur logistique

La foncière bénéficie donc d’un contexte favorable à l’activité logistique. On le sait, ce secteur de l’immobilier s’est avéré plus résilient que d’autres durant la période de confinement. Argan y ajoute la qualité de ses entrepôts « premium » et celle de ses locataires, eux aussi évoluant « dans des secteurs qui ont fait preuve de résilience », précise la foncière. Laquelle poursuit son développement, désormais placé sous le signe de la neutralité carbone. Argan vient en effet d’annoncer la mise en place, dès septembre prochain, de sa première cellule au bilan « carbone neutre ». Implantée sur un site en restructuration à Croissy-Beaubourg (77), elle permettra d’économiser environ 60 tonnes d’émission de CO2 tous les ans. Ce type de dispositif (incluant pompe à chaleur, éclairage LED, centrale photovoltaïque) sera à l’avenir systématiquement proposé aux clients d’Argan.

Un cours boursier de retour vers ses plus hauts

Le positionnement et les résultats de la foncière sont en tout cas appréciés des investisseurs. Le cours d’Argan est revenu à des niveaux de moins de 10 % inférieurs (83,2 € à l’ouverture le 17 juillet) à ses plus hauts d’avant-confinement (90,4 €, le 20 février). Après être passé par un plus bas de 56,4 €, le 17 mars. La prime sur le dernier ANR reste donc élevée (48,5 % sur la base du cours d’ouverture du 17 juillet). Un niveau qui reflète, comme l’écrit le bureau d’analyse Invest Securities, « l’enthousiasme mondial pour le secteur ».

Frédéric Tixier


Lire aussi

Argan change de dimension

Le secteur logistique peut sortir gagnant de la crise


A propos d’Argan(i)

Argan est l’unique foncière française de développement et de location d’entrepôts premium cotée sur Euronext. Au 31 décembre 2019, son patrimoine représente 2,9 millions de mètres carrés, se décomposant en 85 entrepôts implantés en France exclusivement, valorisé 2,7 Mds€ et générant 140 M€ de revenus locatifs annualisés. Argan est cotée sur le compartiment A d’Euronext Paris (ISIN FR0010481960 – ARG) et fait partie des indices CAC All-Share et IEIF SIIC France. La foncière a opté pour le régime des SIIC au 1er juillet 2007.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société.