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Le label ISR déjà à la croisée des chemins

Ce n’est pas faire injure à l’auguste institution qu’est l’Inspection Générale des Finances (IGF) de rappeler que nombre de rapports produits en son sein connaissent une destinée éphémère. Tel ne devrait cependant pas être le cas du « Bilan et perspectives du label ISR » daté de décembre 2020, et diffusé récemment.

Ce n’est pas faire injure à l’auguste institution qu’est l’Inspection Générale des Finances (IGF) de rappeler que nombre de rapports produits en son sein connaissent une destinée éphémère. Trop souvent, et en dépit de la qualité du travail réalisé, la publication d’un nouvel opus donne lieu à un droit de réponse des personnes visées. Quelques échos dans la presse spécialisée sans que soient modifiés les pratiques ni le droit positif… Tel ne devrait cependant pas être le cas du « Bilan et perspectives du label ISR » daté de décembre 2020 et diffusé récemment.

Un bilan sévère sur l’efficacité du label ISR paru en 2016

Le bilan de la mission sur le label paru en 2016 est sévère et à peine tempéré par le langage diplomatique d’usage. Extraits : « À moins qu’il n’évolue radicalement, le label ISR s’expose à une perte inéluctable de crédibilité et de pertinence. Nonobstant son succès quantitatif, il présente des faiblesses intrinsèques qui obèrent son adaptation à un marché en forte évolution » (p. 1). « Aucun critère ne vient encadrer la construction des notes ESG, par exemple en définissant des standards à partir desquels évaluer la durabilité des entreprises » (p. 7). « Les exigences du label sont difficilement conciliables avec l’objectif de contribution au développement durable, pourtant affiché dans ses documents fondateurs et ses supports de communication » (p. 13). « Cette situation est de nature à occasionner des malentendus et expose le label et ses parties prenantes à un risque de réputation » (p. 14). Aïe !

Un rapport qui préfigure la nécessaire réforme du label, cinq ans après son lancement

Mais plutôt qu’une critique définitive de cette entreprise dans laquelle certaines sociétés de gestion françaises ont particulièrement brillé, le rapport de l’IGF préfigure la nécessaire réforme structurelle du label cinq ans après son lancement. Au fond, l’Inspection ne fait qu’exposer ce que les professionnels de la Place savent déjà. Apparu dans le sillage du plan de la Commission européenne pour le financement de la croissance durable (2018), un nouveau tsunami réglementaire est en train de rebattre les cartes, qu’il soit d’origine nationale (loi Pacte, article 29 de la loi Énergie-Climat) ou européenne (taxonomie, SFDR, éco-label). La préoccupation des autorités publiques sur les macro-enjeux environnementaux (biodiversité, climat, ressources en eau …) est tardive mais sincère. Elles entendent désormais permettre à l’investisseur d’apprécier effectivement si les acteurs de la finance agissent conformément à ses convictions et/ou ses engagements. Nul ne s’en plaindra.

Et l’immobilier dans tout ça ? Tout va bien, merci !

Le rapport de l’IGF ne fait que mentionner l’intégration récente de la gestion d’actifs réels dans le champ du label, par un arrêté ministériel du 8 juillet 2020 : « Pour ces fonds immobiliers, le label ISR prévoit toutefois des exigences spécifiques distinctes de celles applicables aux instruments mobiliers » (ann. III, p. 2). Surtout, les professionnels de la gestion des SCPI et OPCI à l’origine du référentiel immobilier ont eu tout loisir d’analyser le cadre existant. Et de prendre en considération les caractéristiques de ce métier pour pousser au maximum le curseur des exigences opposables aux gestionnaires. On rappellera principalement que le fonds immobilier labellisé ISR, au contraire de celui spécialisé dans les titres financiers, est directement propriétaire de l’actif qui est la source de « l’effet ESG ».


Le fonds immobilier dispose de leviers d’actions effectifs

Il dispose donc des leviers d’action effectifs pour agir positivement et faire connaître aux investisseurs les résultats de son travail et les progrès à venir. Quand on améliore la performance énergétique d’un immeuble, quand on veille à la qualité de l’air intérieur, quand on promeut l’accès non polluant au bâtiment ou encore quand on sensibilise les locataires sur les bonnes pratiques ESG, on est typiquement dans une démarche ISR.

L’ESG et l’immobilier font décidément bon ménage. Peut-être le sujet d’un prochain rapport d’une mission de l’IGF ?

Arnaud Dewachter


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Bilan et perspectives du label « Investissement socialement responsable » (ISR) – Décembre 2020


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A propos d’Arnaud Dewachter

Arnaud Dewachter a été délégué général de l’ASPIM de 2008 à 2018. Il est consultant indépendant et associé-fondateur d’Ethiket, un cabinet spécialisé dans l’accompagnement dans le développement durable des gestionnaires d’actifs immobiliers

Norma Capital a déjà investi près de 30 M€ au 1er trimestre

Le gestionnaire a bouclé 5 acquisitions en mars pour le compte de ses deux SCPI Vendôme Régions et Fair Invest. Dont les rendements étaient au rendez-vous en 2020. Norma Capital poursuit sa croissance en 2021 et renforce son dispositif de digitalisation.  

4,51% en 2020 pour Fair Invest. Soit 16 points de plus qu’en 2019 (4,35%) pour cette jeune SCPI « responsable ». Qui figure d’ailleurs parmi les premiers véhicules immobiliers labellisés ISR. Et 6,02% pour Vendôme Régions, la SCPI régionale historique héritée de Vendôme Capital Partner. Un rendement cette fois en léger retrait par rapport à 2019 (6,10%). Mais qui demeure dans le haut de la fourchette des taux du marché.

Des rendements résilients pour les SCPI de Norma Capital en 2020

Norma Capital signe donc un exercice 2020 à peine marqué par la crise sanitaire. Outre des rendements qualifiés de « résilients » par la société de gestion, cette dernière a enregistré une collecte en progression. Celle de Vendôme Régions, à 80 M€, reste dans l’épure de 2019 (78,6 M€). Les capitaux drainés par Fair Invest sont quant à eux en forte hausse. 10,4 M€, versus 4,1 M€ en 2019. Normal, s’agissant d’une jeune SCPI en phase de croissance. Mais méritoire néanmoins, compte tenu du contexte. Les deux SCPI affichent des taux d’occupation financier dans le haut du marché. 100% pour Fair Invest. Et 97% pour Vendôme Régions. Qui, grâce à « l’accompagnement des locataires », a réussi à maintenir des taux de recouvrement trimestriels de 98,70% en moyenne.


Vendôme Régions, une capitalisation de 215 M€

Vendôme Régions, la plus importante en termes de capitalisation (215 M€), a en outre activement poursuivi sa stratégie de diversification. 13 actifs sont venus s’ajouter l’an dernier à son patrimoine. Notamment des locaux d’activités et des entrepôts logistiques, dont la part dans l’ensemble des actifs est ainsi passée de 8%, fin 2019, à 14% fin 2020. A cette date, son portefeuille comprenait 67 actifs, occupés par 129 locataires. Tous situés, conformément à sa stratégie, dans les principales métropoles régionales françaises. Trois nouveaux actifs ont rejoint la SCPI en mars 2021. Le 9, Vendôme Régions mettait la main sur un actif de commerce à Lyon, pour 9,6 M€. Le 17, elle annonçait l’acquisition de deux actifs de bureaux. L’un situé à Voisins-le-Bretonneux, pour 10,9 M€. L’autre à Guyancourt, pour 3,9 M€.


Fair Invest, désormais labellisée ISR

Fair Invest, dont la stratégie de gestion vise à « favoriser les activités socialement utiles », a pour sa part procédé à 3 acquisitions l’an dernier. Un centre médical de rééducation à Paris. Une crèche à Bordeaux. Et un laboratoire médical à Croix, dans le Nord de la France. Fin 2020, elle détenait ainsi 7 actifs. Les activités de leurs locataires sont assez diversifiées. 47% d’entre eux interviennent dans le secteur de la santé. 20% dans celui de l’éducation. 17% dans les services sociaux. Et 16% dans le secteur de l’environnement. En mars 2021, Fair Invest a elle aussi procédé à de nouvelles acquisitions. Un local occupé par des praticiens de la santé à Lyon, pour 1,9 M€. Et un centre médical à Paris, pour 1,8 M€.

Poursuite du développement et la digitalisation

Norma Capital semble donc bien décidée à poursuivre activement son développement en 2021. Elle vient en outre d’annoncer le lancement d’une plateforme de souscription 100% digitale réservée aux GCP et aux CIF. Une nouvelle étape dans la dématérialisation des souscriptions de ses SCPI. Lesquelles sont déjà distribuées depuis l’an dernier sur des plateformes totalement digitalisées, « telles que Homunity Patrimoine », précise Norma Capital. Un site sur lequel ne sont disponibles, pour l’heure, que 5 véhicules. Dont les deux SCPI gérées par Norma Capital.

Frédéric Tixier


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A propos de Norma Capital(i)

Agréée par l’AMF depuis le 9 juin 2016, Norma Capital est une société de gestion de portefeuille détenue de manière décisive par son management. Sa maîtrise des véhicules réglementés, OPPCI et SCPI, et le savoir-faire lié lui permettent d’offrir à ses clients des capacités d’innovation, de flexibilité et de réactivité. Ses stratégies et leur mise en œuvre lui ont permis d’acquérir notoriété et reconnaissance dans la presse spécialisée notamment à travers ses produits grand public, la SCPI Vendôme Régions et la SCPI Fair Invest. Au-delà de ses produits grand public, Norma Capital propose aux investisseurs institutionnels et aux family offices une offre sur mesure pouvant intégrer l’ensemble des services de la chaîne immobilière : fund management, portfolio management, asset management et property management.

(i)  Information extraite d’un document officiel de la société

La SCPI développement durable vient d’annoncer une nouvelle acquisition, française cette fois. Elle ne remet pas en cause la stratégie d’ouverture internationale de PFO2. Le groupe Perial rappelle par ailleurs l’importance de la démarche ISR dans la gestion d’actifs immobiliers.

Même si son objectif est d’accroitre la part de son portefeuille investie hors de France, PFO2 poursuit également ses acquisitions sur le territoire national.

288 M€ d’investissements – Perial Asset Management vient en effet d’annoncer s’être porté acquéreur à Montpellier d’un immeuble de bureaux pour le compte de la SCPI PFO2. Il s’agit d’un immeuble d’une surface de 6 273 m² sis sur un terrain de plus de 16 000 m², « intégralement loué au groupe Veolia dans le cadre d’un bail long terme », précise le communiqué de la société de gestion. Un investissement de 14 M€ qui vient s’ajouter au dernier en date – à Amsterdam, de 31,5 M€ -et au volume déjà très conséquent des acquisitions signées depuis le début de l’année – près de 288 M€ selon le dernier bulletin trimestriel de PF02-. PF02, qui a collecté près de 150 M€ de souscriptions nouvelles cette année, est donc très en avance sur son programme d’investissement grâce à l’utilisation, pour la 1ère fois cette année, du recours à l’emprunt. Une technique qui lui permet également, comme le rappelle Yann Guivarc’h, Directeur Général de Perial Asset Management, « d’améliorer les rendements immobiliers des acquisitions par le mécanisme de l’effet de levier ».

Elaboration du futur label ISR – Le groupe souligne par ailleurs, dans l’une de ses publications, l’importance d’une démarche ISR dans la gestion d’actifs immobiliers. Pionnier dans ce domaine, notamment via le lancement de PF02, la 1ère SCPI environnementale du marché et 1ère SCPI à avoir obtenu la certification AFAQ ISO 50001 « Systèmes de Management de l’Énergie » pour sa gestion immobilière responsable, Perial rappelle que « contrairement à la gestion d’actifs dits traditionnels », l’investisseur en biens immobiliers physiques « exerce une influence directe sur la performance ESG[1] de ses actifs tout au long de leur détention en portefeuille ». Mais, alors que les fonds de valeurs mobilières peuvent prétendre à l’obtention d’un label d’Etat valorisant leur démarche ISR, les fonds immobiliers n’y sont pas pour l’heure éligibles. Une discrimination qui devrait prendre fin prochainement : l’ASPIM[2], déjà à l’origine de la signature d’une « Charte d’engagement en faveur du développement de la gestion ISR en immobilier », en 2016, travaille actuellement, avec l’appui des sociétés de gestion d’actifs immobiliers -dont Perial-, à l’élaboration d’un label ISR dédié aux FIA (Fonds d’Investissement Alternatifs) investis en immobilier. Outre un engagement plus normé et profond des sociétés de gestion en matière d’investissement responsable, ce label pourrait aussi conduire à une amélioration de la performance financière des véhicules immobiliers, comme cela a pu se produire pour certains fonds de valeurs mobilières labelisés…

Frédéric Tixier

A propos de Perial
Spécialiste de l’épargne immobilière, le Groupe Perial, présidé par Eric Cosserat, est un groupe indépendant, pure player de l’immobilier depuis 50 ans. Le groupe s’organise autour de 3 métiers : la gestion d’actifs immobiliers avec Perial Asset Management, la gestion locative et le syndic de copropriété avec Perial Property Management, la promotion immobilière avec Perial Développement. Perial Asset Management assure également la distribution de ses produits auprès des CGPI, banques privées, compagnies d’assurance, réseaux nationaux et investisseurs institutionnels. Le Groupe Perial emploie à ce jour plus de 160 collaborateurs. Au 30 avril 2017, la capitalisation des fonds gérés par PERIAL (SCPI, OPCI) s’élève à plus de 2,9 milliards d’euros


[1] Critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG)
[2] L’Association française des Sociétés de Placement Immobilier