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Analyse de risque des véhicules immobiliers non cotés, première lecture

Les SCPI, comme tous les placements, n’échappent pas à la compression tendancielle des rendements», explique Stéphanie Galiègue dans son dernier commentaire sur l’industrie des fonds immobiliers[1]. En comparant leur couple rendement/risque aux autres placements immobiliers et financiers.

Parmi les nombreuses approches pour appréhender le risque d’un placement financier, la Value-at-Risk ou VaR est désormais largement utilisée. Mais la volatilité des performances reste un paramètre très courant pour quantifier le risque, car très accessible, notamment dans la communication vis à vis des investisseurs particuliers.

La volatilité : pour apprécier si le risque a été rémunéré par la performance

La volatilité est un indicateur mesurant l’ampleur des fluctuations d’une valeur et est calculée à partir de la variance des cours passés du titre considéré, en mesurant l’écart-type annualisé de la performance. Plus la volatilité est élevée, signifiant des variations fortes, plus l’actif correspondant est considéré comme risqué. Dans ce cas, c’est un indicateur de risque «ex-post» car calculé a posteriori sur des données passées. Les matrices rendement-risque, rapprochant performances et volatilités sur longue période permettent de positionner les différents placements les uns par rapport aux autres en distinguant pour un niveau de risque comparable, les niveaux de performances obtenus ou à niveaux de performances comparables, les placements qui se révèlent plus volatiles, donc plus risqués : c’est l’un des éléments pour apprécier si le risque a été rémunéré par la performance obtenue ou non.

L’immobilier : à mi-chemin entre les actions et les obligations

Cette analyse appliquée à la comparaison de l’immobilier avec les placements financiers confirme qu’en termes de couple rendement/risque, l’immobilier se positionne à mi-chemin entre les actions d’une part et les obligations d’autre part. Actif à la dynamique de prix complexe, l’immobilier partage en effet des caractéristiques avec les obligations : c’est un actif de rendement avec des flux de revenus prévisibles à long terme au travers des baux, mais aussi avec les actions : c’est un actif à revenu indexé sur l’inflation et, dans une certaine mesure, sur la croissance économique.

SCPI : une performance annuelle moyenne de 7,8% sur 15 ans

Les SCPI illustrent parfaitement cette configuration : par exemple, sur 15 ans , les SCPI présentent une performance annuelle moyenne de 7,8%, équivalente à celle des actions (8,1%), pour une volatilité de 3,6%, équivalente à celle des obligations (3,0%). Sur cette période, les SCPI sont, à risque comparable, plus performantes que les obligations d’une part et d’autre part, elles sont moins volatiles que les actions, avec une performance similaire. Pour affiner encore le propos, on peut distinguer les produits immobiliers selon leur orientation de gestion en précisant ainsi pour les SCPI, les résultats des SCPI Commerces et ceux des SCPI Bureaux, en considérant pour les premières un patrimoine immobilier composé d’au moins 70% de commerces et pour les secondes, d’au moins 70% de bureaux : on retrouve alors un comportement relatif de ces 2 segments analogue à celui de l’immobilier physique et à celui de l’immobilier coté : des écarts de performances et de volatilités dont les amplitudes sont variables selon la modalité immobilière (non coté, directe, cotée).


Les SCPI de commerces plus volatiles que les SCPI de bureaux

Ainsi les SCPI Commerces présentent une plus grande volatilité que les SCPI Bureaux, combinée à une performance plus importante sur cette période. A titre de comparaison, pour les foncières, les écarts sont plus marqués : surperformance et volatilité plus importantes pour les foncières Commerces vis-à-vis des foncières Bureaux (cette amplitude plus importante est liée à la nature des biens commerciaux considérés). Ainsi, le couple rendement-risque de l’immobilier est attractif sur toutes les périodes considérées, par rapport aux autres placements financiers et, au sein de la classe d’actifs immobiliers, les SCPI présentent en moyenne des performances robustes avec un niveau de volatilité généralement moindre que celui des autres modalités d’investissement immobilier.

SCPI : une prime de risque qui demeure à des niveaux historiquement élevés

Au-delà de cette considération des grandes tendances, le caractère non monolithique du secteur des SCPI que nous soulignons désormais régulièrement dans nos travaux doit être pris en compte pour une analyse de risque pertinente. Depuis Markowitz avec la Théorie Moderne du Portefeuille et sa formalisation dans le modèle d’évaluation des actifs financiers, il est entendu que la performance attendue par l’investisseur est fonction du surplus de rentabilité vis-à-vis d’un placement considéré comme sans risque. Le risque pris doit être rémunéré et cette rémunération du risque se formalise par la prime de risque. Autrement dit, par le surplus de rendement qu’un placement dit risqué délivre par rapport à un placement dit sans risque. Pour les SCPI, avec un taux de distribution moyen sur valeur de marché (DVM) des SCPI Immobilier d’entreprise de 4,35% à fin 2018, la prime de risque est de 364 points de base (bps), par rapport à l’OAT 10 ans, référence de taux sans risque. Compte tenu de l’environnement de taux d’intérêt bas, cette prime de risque est historiquement parmi les plus importantes, confirmée au-dessus des 350 bps depuis 5 ans, avec un plus haut en 2014 à 424 bps, lorsque le DVM moyen était encore au-dessus de 5%.


Les SCPI n’échappent pas à la compression tendancielle des rendements

Les SCPI, comme tous les placements, n’échappent pas à la compression tendancielle des rendements : depuis 40 ans, le régime auquel les placements sont tous soumis est celui d’une baisse régulière de l’indexation des flux de revenus. Tous les placements sont concernés dans leur composante rendement courant : les revenus locatifs, les dividendes en bourse, les coupons obligataires … Plusieurs forces modératrices sont en effet à l’œuvre parmi lesquelles la démographie, la baisse des gains de productivité, ou encore l’abondance d’épargne. En parallèle, de manière concomitante, les taux d’intérêt baissent, impliquant la baisse des facteurs d’actualisation. La combinaison de ces deux dynamiques a pour effet de comprimer les rendements. Pour les SCPI, on constate ainsi en moyenne, une baisse continue des revenus distribués, avec une légère progression du prix moyen des parts, entraînant la baisse des taux de distribution.


SCPI : une dispersion des rendements variable selon les catégories

Le point d’attention pour les SCPI est que derrière la moyenne, la répartition des DVM et donc des primes de risque n’est pas homogène, signifiant un niveau de risque distinct. Si les SCPI investies majoritairement en Bureaux présentent un niveau de distribution moyen de 4,2% en 2018, répartis dans une fourchette de 150 bps entre les extrêmes, les SCPI investies dans des secteurs thématiques (hôtellerie, résidences santé, résidences étudiantes, logistique, etc.), dites SCPI spécialisées, présentent un profil de répartition nettement plus concentré, dû essentiellement à la taille de l’échantillon (nombre limité de véhicule), avec une fourchette en 2018 de seulement 80 bps entre les extrêmes et un DVM moyen de 4,6%. A l’inverse, pour les SCPI diversifiées, la fourchette entre le DVM le plus faible et le DVM le plus élevé est de plus de 600 bps, montrant une dispersion extrêmement forte des niveaux de distribution, afin de rémunérer des niveaux de risque particulièrement hétérogènes.


Le niveau de distribution n’a pas d’impact sur la classe de risque Priips

Il convient de noter que le niveau de DVM n’a pas d’impact sur la classe de risque Priips des SCPI car la détermination de cette classe de risque s’appuie sur l’historique des performances totales (effet valorisation et effet dividende). Ainsi, en première lecture, on constate que le caractère non monolithique des SCPI s’illustre aussi par des niveaux de risque différenciés et que l’appréhension de ces risques doit se faire en considérant de multiples dimensions. De prochains articles rendront compte de nos travaux sur ces éléments d’analyse de risque des véhicules immobiliers non cotés….

A retenir

  1. Les SCPI, comme l’immobilier, se positionnent à mi-chemin, en termes de couple rendement/risque, entre obligations et actions
  2. Le couple rendement/risque des SCPI est, sur toutes les périodes analysées depuis 40 ans, plus attractif que celui des autres placements
  3. La prime de risque des SCPI demeure à des niveaux historiquement élevés
  4. La dispersion des rendements est variable selon les catégories de SCPI

Stéphanie Galiègue

[1] «L’immobilier d’investissement dans le monde » – IEIF – Octobre 2019


A propos de Stéphanie Galiègue

Stéphanie Galiègue est Directrice générale adjointe en charge de la Recherche et des Études de l’IEIF. Elle dispose de plus de 20 ans d’expérience en matière d’analyse de données, de performance et de risque pour le compte des investisseurs institutionnels dans le domaine de l’immobilier et de la finance. En 2005, Stéphanie Galiègue rejoint IPD France comme Directrice des Etudes et de la Recherche avant d’être promue Directrice générale adjointe quelques mois plus tard. En 2011, elle devient Directrice générale d’IPD France & Europe du Sud et Administratrice. Elle a débuté sa carrière chez Axa Investment Managers Paris en 1996, où elle a développé une expertise particulière en matière d’analyse de performance et de risque, avant de rejoindre CDC Ixis Asset Management en 1999. En 2001, elle est devenue chez Deloitte, responsable de la ligne de service Reporting et Attribution de performance dans le pôle dédié à l’assistance aux sociétés de gestion. Stéphanie Galiègue est diplômée d’HEC, majeure Finance et membre du Cercle des Femmes de l’Immobilier.

A propos de l’IEIF(i)

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion. L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement) et les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, autres FIA). L’IEIF compte aujourd’hui plus de 120 sociétés membres (2/3 d’investisseurs, 1/3 d’autres acteurs : promoteurs, banques, experts immobiliers, conseils en immobilier, etc.). Le patrimoine immobilier des membres investisseurs représente une valeur globale de près de 300 milliards d’euros. L’IEIF s’appuie sur une équipe de 20 personnes issues à la fois des mondes de la finance et de l’immobilier, dont 6 chercheurs associés. Il dispose de nombreuses bases de données économiques, financières et immobilières, dont certaines ont plus de 30 ans d’historique. 

(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

[1] « L’immobilier d’investissement dans le monde » – IEIF – Septembre 2019.

Les véhicules collectifs immobiliers bénéficient d’un contexte porteur

« L’immobilier devient attractif, en tant qu’actif de rendement, plus que l’obligataire », rappelle Stéphanie Galiègue dans son dernier commentaire sur l’industrie des fonds immobiliers[1]. Stéphanie fait le point sur la vitalité du secteur véhicules collectifs immobiliers non cotés.

L’environnement de baisse des taux directeurs, avec des taux d’intérêt réels qui deviennent négatifs, constitue un puissant facteur de soutien du marché immobilier. L’immobilier étant un actif de portage, cette configuration actuelle fait que la prime à exiger sur l’immobilier est réduite, avec une indexation faible sur les cash-flows mais un taux d’actualisation également faible : dans une logique d’allocation d’actifs, l’immobilier devient attractif en tant qu’actif de rendement, plus que l’obligataire.

L’ensemble des véhicules collectifs immobiliers non cotés a collecté près de 40 Md€

En témoignent les flux d’investissement, toujours plus élevés, qui se portent sur l’immobilier, avec une rémunération en termes de performance qui se maintient alors que pour d’autres placements, le risque n’est plus rémunéré. Depuis 2015, l’ensemble des véhicules collectifs immobiliers non cotés, SCPI et OPCI grand public réunis, a collecté près de 40 milliards d’euros, soit un rythme de collecte nette de 4,3 milliards en moyenne chaque semestre. Depuis le début de l’année 2019, ce sont 5,5 milliards d’euros de nouveaux capitaux qui se sont portés en 6 mois sur ces véhicules, un niveau significativement supérieur à la moyenne de collecte semestrielle depuis 5 ans.

2019 : une année qui devrait rester parmi les plus dynamiques pour le marché des SCPI

Les SCPI Immobilier d’entreprise et Résidentiel (non fiscales) ont attiré l’essentiel de ces nouveaux capitaux, 78%, avec une collecte nette au cours du 1er semestre 2019 de près de 4,3 milliards d’euros : c’est, en un semestre, déjà 70% de la collecte annuelle des SCPI de 2017, année record où 6,2 milliards d’euros s’étaient portés sur ces véhicules. Ces niveaux à mi-parcours laissent augurer une année entière qui devrait rester parmi les plus dynamiques pour le marché des SCPI et traduisent l’attrait confirmé et durable des épargnants pour les SCPI, placements qu’ils considèrent comme rentables, sécurisés et accessibles, dans un contexte où les alternatives, dont le risque est perçu comme limité, se révèlent peu rémunératrices, avec des performances faibles voire négatives en terme réel comme les fonds euros en assurance-vie ou les sicav monétaires.

OPCI : un niveau de collecte robuste, mais qui progresse moins vite que celui des SCPI

Les SCPI occupent une place centrale et historique, que la part toujours prépondérante de nouveaux capitaux qu’elles attirent illustre : sur le montant total collecté par les véhicules immobiliers non cotés destinés aux particuliers, les nouveaux capitaux s’orientant vers les SCPI représentaient 60% entre 2015 et 2017, 70% fin 2018 et désormais 78% au 30 juin 2019. Les SCPI semblent en effet être le placement collectif en immobilier que les particuliers privilégient. Pour les OPCI grand public, les souscriptions nettes au 30 juin s’établissent à 1,2 milliard d’euros, 4ème semestre consécutif où la collecte dépasse le seuil symbolique d’un milliard d’euros. Le niveau de collecte est robuste mais il est vrai qu’il progresse moins vite que celui des SCPI. Portée par ses niveaux de collecte, la capitalisation des véhicules immobiliers non cotés destinés aux particuliers s’élève à 73,5 milliards d’euros au 30 juin 2019. Cette capitalisation progresse au rythme de 15% en moyenne par an, depuis 2008, année de création des OPCI grand public.

La capitalisation des fonds ouverts allemands progresse plus lentement

A titre de comparaison, la capitalisation des fonds ouverts allemands est de 104,4 milliards d’euros, mais progresse à un rythme beaucoup plus lent. Au 30 juin 2019, la capitalisation des SCPI Immobilier d’entreprise et Résidentiel (non fiscales) atteint 56,8 milliards d’euros, et l’actif net total des OPCI grand public atteint pour sa part 16,6 milliards, dans les deux cas, en progression de 10% sur 6 mois. Si ces chiffres sont importants pour apprécier les dynamiques du secteur, c’est dans l’évolution de la morphologie des véhicules, leurs cartes d’identité, que les enseignements sont les plus forts. Pour les SCPI d’une part, les faits marquants sont les suivants : les bureaux sont toujours la typologie d’actifs la plus représentée, comme pour la plupart des investisseurs immobiliers. La capitalisation totale des 35 SCPI Bureaux est de 38,1 milliards d’euros au 30 juin 2019, soit une moyenne de 1,1 milliard d’euros.

Les véhicules sont de taille unitaire moyenne de plus en plus importante

L’offre de SCPI se diversifie toujours plus : la capitalisation des 28 SCPI Diversifiées est de 9,3 milliards d’euros soit une taille unitaire moyenne de 331 millions d’euros : les 7 SCPI Spécialisées représentent 3,8 milliards d’euros soit une taille moyenne de 541 millions d’euros. Les 22 SCPI Commerces dépassent les 5 milliards d’euros de capitalisation, soit une moyenne de 235 millions d’euros. Au 30 juin 2019, 3 SCPI Immobilier d’entreprise disposent d’une capitalisation de plus de 3 milliards d’euros, elles sont 10 à dépasser 2 milliards d’euros et 17 à dépasser 1 milliard d’euros : cela souligne que les véhicules sont de taille de plus en plus grande, leur permettant du coup de se porter à l’investissement sur des actifs eux-mêmes plus importants, donc plus résilients. Pour les OPCI grand public d’autre part, la taille unitaire moyenne est de 922 millions d’euros au 30 juin 2019, en raison essentiellement de la taille importante de quelques OPCI : 3 dont l’actif net cumulé représente 77% du total des 18 véhicules actifs à ce jour, le plus important disposant d’un actif net de près de 8 milliards d’euros (Opcimmo). Par ailleurs, la dispersion dans la répartition des nouveaux capitaux entre OPCI grand public continue d’augmenter : si historiquement les souscriptions nettes se portaient en grande majorité auprès d’un seul acteur, ce sont désormais 3 sociétés de gestion qui se partagent 50% des nouveaux capitaux (Amundi, 25%, BNP Paribas REIM France, 18% et Swiss Life Asset Managers France, 11%), illustrant également l’élargissement de l’offre.

L’IEIF a dressé un état des lieux des classes de risque Priips

Pour un diagnostic sur la vitalité du secteur complet, la thématique risque doit être abordée : l’IEIF mène actuellement plusieurs études qui feront l’objet de publications prochaines : pour le compte de l’ASPIM et de l’AFG, l’IEIF a dressé un état des lieux des classes de risque Priips après 2 ans d’application de la règlementation pour les SCPI, l’analyse des résultats financiers des SCPI au crible d’un référentiel de plus de 50 critères est actuellement en cours, de même qu’une analyse des couples rendement-risque de ces véhicules.

Stéphanie Galiègue


A propos de Stéphanie Galiègue

Stéphanie Galiègue est Directrice générale adjointe en charge de la Recherche et des Études de l’IEIF. Elle dispose de plus de 20 ans d’expérience en matière d’analyse de données, de performance et de risque pour le compte des investisseurs institutionnels dans le domaine de l’immobilier et de la finance. En 2005, Stéphanie Galiègue rejoint IPD France comme Directrice des Etudes et de la Recherche avant d’être promue Directrice générale adjointe quelques mois plus tard. En 2011, elle devient Directrice générale d’IPD France & Europe du Sud et Administratrice. Elle a débuté sa carrière chez Axa Investment Managers Paris en 1996, où elle a développé une expertise particulière en matière d’analyse de performance et de risque, avant de rejoindre CDC Ixis Asset Management en 1999. En 2001, elle est devenue chez Deloitte, responsable de la ligne de service Reporting et Attribution de performance dans le pôle dédié à l’assistance aux sociétés de gestion. Stéphanie Galiègue est diplômée d’HEC, majeure Finance et membre du Cercle des Femmes de l’Immobilier.

A propos de l’IEIF(i)

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion. L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement) et les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, autres FIA). L’IEIF compte aujourd’hui plus de 120 sociétés membres (2/3 d’investisseurs, 1/3 d’autres acteurs : promoteurs, banques, experts immobiliers, conseils en immobilier, etc.). Le patrimoine immobilier des membres investisseurs représente une valeur globale de près de 300 milliards d’euros. L’IEIF s’appuie sur une équipe de 20 personnes issues à la fois des mondes de la finance et de l’immobilier, dont 6 chercheurs associés. Il dispose de nombreuses bases de données économiques, financières et immobilières, dont certaines ont plus de 30 ans d’historique. 

(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

[1] « L’immobilier d’investissement dans le monde » – IEIF – Septembre 2019.

Quel est l’impact des fonds d’investissement en immobilier non cotés sur l’économie française ?

Pour répondre à la question, l’ASPIM vient de réaliser la première étude permettant d’en chiffrer les retombées socio-économiques. L’ampleur de la contribution du secteur à la collectivité est incontestable…

Pour battre en brèche une idée reçue, et largement médiatisée notamment lors de la création de l’IFI – l’immobilier, c’est la rente… -, l’Association française des sociétés de placement immobilier (ASPIM) vient de réaliser une étude détaillant le poids économique national et régional des fonds d’investissement en immobilier non cotés.

FIA immobiliers : 43 000 emplois non délocalisables

Et les chiffres, analysés en collaboration avec le cabinet EY, parlent d’eux-mêmes… L’ensemble de ces véhicules (SCPI, OPCI, OPPCI et autres FIA en immobilier), propriétaires d’environ 59 millions de mètres carrés sur le territoire français, ont contribué à hauteur de 2,6 Md€ au financement de la construction de bâtiments neufs en 2018, auxquels il convient d’ajouter 278 M€ investis en travaux d’entretien et de rénovation. Des fonds qui auront alimenté directement et indirectement les autres acteurs de la filière de l’immobilier et de la ville, et permis de créer ou de pérenniser 43 000 emplois « locaux et non délocalisables », précise l’ASPIM. Contrairement à une autre idée reçue, cette manne financière n’irrigue pas essentiellement le Grand Paris. « Le parc immobilier des fonds non cotés est situé à 53% en région, et à seulement 8% à Paris », relève l’étude.

SCPI : une véritable présence régionale

Elle n’est pas non plus majoritairement destinée aux grandes métropoles régionales. L’ASPIM et EY ont examiné plus en détail trois grandes régions françaises (Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Hauts-de-France). Il apparaît alors que les investissements des seules SCPI sont situés, entre 24% (Auvergne-Rhône-Alpes) et 40% (Hauts-de-France) de leur montant, en dehors des métropoles. Les SCPI sont donc particulièrement proches des territoires, car présentes dans plus d’une commune de plus de 10 000 habitants sur deux dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, et 40% en Hauts-de-France. Un ratio qui dépasse les 55% et monte jusqu’à 83% dans les communes de plus de 20 000 habitants…

FIA immobiliers : au cœur des problématiques sociétales et environnementales

Les FIA immobiliers sont également engagés « dans l’amélioration constante de leur impact sur la société », relève l’étude de l’ASPIM. Face aux enjeux de la transition écologique, aux défis des nouveaux usages des bâtiments, à ceux de la numérisation, ou aux nouveaux besoins de la société (financement des retraites, de la dépendance, évolution des modes de vie), l’industrie immobilière joue un rôle majeur. Et, en attendant la création d’un label ISR, annoncée l’an dernier (mais désormais prévue « d’ici la fin de l’année » 2019), les FIA immobiliers ont déjà pris les devants. Selon les données fournies par EY et l’OID (voir « Investissement responsable : les SIIC font visiblement mieux que les SCPI »), 27% des actifs des FIA immobiliers étaient certifiés ou labellisés (HQE, BREEAM, LEED) au 31 décembre dernier, 49% ont un indicateur de suivi relatif aux consommations énergétiques de leurs actifs, et 36% relatif aux ressources et aux déchets.

FIA immobiliers : un véritable impact socio-économique

La cause est donc entendue, et largement démontrée. Comme précédemment pour la FSIF, sur le secteur de l’immobilier coté (voir « Foncières cotées : 3,5 milliards par an pour les territoires »), l’ASPIM prouve, chiffres à l’appui, l’impact de l’industrie des fonds immobiliers non cotés dans le développement économique, sociétal et environnemental des territoires. « Cette étude vient enfin éclairer l’ampleur de la contribution de notre secteur à la collectivité », résumait d’ailleurs Frédéric Bôl, président de l’ASPIM, lors de la présentation de l’étude. Qui tombe au moment où un nouveau rapport sénatorial, en réponse à celui publié quelques jours plus tôt par le Comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital, dénonce les « effets indésirables » de la création de l’IFI…

Télécharger l’étude complète

Frédéric Tixier


A propos de l’ASPIM(i)

L’Association française des sociétés de placement immobilier (ASPIM) promeut, représente et défend les intérêts de ses adhérents, les gestionnaires de fonds d’investissement alternatif (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI et autres FIA « par objet »). Créée en 1975, l’ASPIM est une association à but non lucratif qui réunit tous les acteurs du métier de la gestion des fonds immobiliers non cotés. En France au 31 décembre 2018, les fonds d’investissement alternatifs (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI, OPPCI et autres FIA) avaient une capitalisation globale de 180 milliards d’euros. Le nombre total des membres de l’ASPIM est de 97, dont 84 adhérents qui sont des sociétés de gestion de portefeuille (SGP) de SCPI, OPPCI, OPCI et autres FIA en immobilier agréées par l’AMF, qu’elles soient filiales de groupes bancaires, d’assurance, de gestion immobilière étrangère ou entrepreneuriales, et 13 experts correspondants qui sont des professionnels de l’écosystème immobilier (avocats, consultants, auditeurs et experts). Dans ses relations avec les autorités françaises et internationales en charge des sujets intéressant ses adhérents, l’ASPIM défend et promeut les intérêts des investisseurs de ces fonds et s’attache à démontrer les apports de ce secteur professionnel à l’économie nationale. L’ASPIM est en particulier à l’origine de la création en 2006 de l’OPCI, nouvelle formule d’investissement destinée aux particuliers et aux investisseurs institutionnels et de la récente réforme du cadre juridique des SCPI, à l’occasion de la transposition en droit français de la directive AIFM.

A propos d’EY(i)

EY est un des leaders mondiaux de l’audit, du conseil, de la fiscalité et du droit, des transactions. Partout dans le monde, notre expertise et la qualité de nos services contribuent à créer les conditions de la confiance dans l’économie et les marchés financiers. Nous faisons grandir les talents afin qu’ensemble, ils accompagnent les organisations vers une croissance pérenne. C’est ainsi que nous jouons un rôle actif dans la construction d’un monde plus juste et plus équilibré pour nos équipes, nos clients et la société dans son ensemble. EY désigne l’organisation mondiale et peut faire référence à l’un ou plusieurs des membres d’Ernst & Young Global Limited, dont chacun est une entité juridique distincte. Ernst & Young Global Limited, société britannique à responsabilité limitée par garantie, ne fournit pas de prestations aux clients.

(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société