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Crowdfunding immobilier : 9,3% de rendement annuel en 2020…

L’étude annuelle Fundimmo-Hellocrowdfunding confirme la montée en puissance du crowdfunding immobilier en 2020. Sa collecte dépasse les 500 M€. La forte croissance des montants remboursés ne pèse pas sur le rendement moyen, qui demeure à un niveau élevé (9,3%). L’année 2021 devrait poursuivre cette tendance.

Le dernier baromètre annuel du crowdfunding immobilier, réalisé par la plateforme Fundimmo et Hellocrowdfunding, confirme la forte progression de la collecte de cette formule de placement. Comme prévu, elle franchit la barre des 500 M€, à 505 M€. S’inscrivant ainsi dans une progression de +35% par rapport à l’année 2019.

Un poids grandissant dans l’univers des placements

Un résultat obtenu en dépit des difficultés rencontrées par le secteur immobilier depuis le début de la crise sanitaire. Et qui « démontre le poids grandissant que prend le crowdfunding immobilier dans l’univers des placements », se félicite Jérémie Benmoussa, le président du directoire de Fundimmo. Le crowdfunding immobilier aligne en effet, année après année, des taux de croissance assez impressionnants. En 2016, il ne pesait qu’un peu plus de 50 M€. Depuis lors, sa collecte a quasiment doublé chaque année, jusqu’en 2019. La crise sanitaire n’aura donc pas entamé sa dynamique, mais néanmoins freiné sa progression. Qui, sans doute, devrait reprendre de plus belle cette année. Si le contexte sanitaire le permet.

Crowdfunding immobilier : tous les indicateurs sont au vert

Car, hormis cette inflexion dans le rythme de croissance de sa collecte, tous les autres indicateurs du crowdfunding immobilier sont au vert. Y compris et notamment celui de sa rentabilité qui, à 9,3% en moyenne, se paye même le luxe de s’améliorer par rapport à 2019 (9,2%). Mieux encore, cette hausse de la rentabilité intervient alors même que le nombre de projets remboursés s’accroît fortement. De plus de 75%…. Ce sont en effet 180 M€ qui auront été rendus l’an dernier aux investisseurs. Contre 103 M€ en 2019. Une base plus large et donc plus représentative, « qui témoigne de la solidité du modèle du crowdfunding immobilier », affirme Jérémie Benmoussa. D’autres indicateurs, dont on aurait pu craindre qu’ils se dégradent avec la crise, font en outre mieux que résister.

Baisse des taux de retard et de défaut de remboursement

Le taux de défaut est en très net retrait. Il passe de 0,57% à 0,16%. Le taux de retard moyen, qui mesure les dépassements de l’échéance contractuelle de remboursement, est aussi en baisse. De presque 2 points pour les retards de plus 6 mois, pour s’établir à 5,7%. Une tendance à mettre toutefois en perspective avec l’allongement attendu des périodes de remboursement. Si, étonnamment, le délai demandé aux investisseurs a baissé en 2020, selon les chiffres de Fundimmo, passant de 21,3 mois en 2019 à 21 mois, il pourrait repartir à la hausse cette année. Compte tenu de la durée des chantiers et de commercialisation des projets, depuis le début de la crise sanitaire, qui poussent les promoteurs à demander plus de marge de manœuvre. Le succès du crowdfunding s’explique d’ailleurs aussi par les besoins croissants en provenance des professionnels de l’immobilier.

Une réponse de plus en plus adaptée aux besoins des promoteurs immobiliers

Cette forme de financement alternative « a séduit 321 opérateurs depuis la création du marché », détaille Fundimmo. Elle attire désormais, depuis le relèvement du seuil des opérations à 8 millions d’euros, des acteurs de plus grande taille. Qui, comme le souligne dans une tribune Quentin Romet, président de la plateforme Homunity, « optent plus facilement pour une diversification de leurs sources de financement via une levée de fonds en crowdfunding ». L’année 2021 devrait, selon lui, voir une montée en puissance de ce type de demande. D’autant, souligne Quentin Romet, que les promoteurs, y compris les plus gros d’entre eux, « pourraient avoir besoin de plus de fonds propres après la crise ». Alors qu’en parallèle, les banques pourraient leur en demander davantage. « Une difficulté à laquelle le crowdfunding est prêt à répondre en 2021 », estime-t-il…

Frédéric Tixier


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A mi-décembre, les plateformes dédiées au crowdfunding immobilier auraient déjà recueilli près de 450 M€ de financements. Le marché, en dépit du creux observé pendant le 1er confinement, est en passe de battre un nouveau record annuel. La rentabilité des opérations reste stable, mais pourrait augmenter l’an prochain. Ainsi que les risques de défaut…

Comme pour la plupart des placements investis en immobilier, l’année 2020 avait très bien commencé pour les plateformes spécialisées sur cette classe d’actifs. Avec 95 millions d’euros levés[1], leur collecte affichait une progression de 106% par rapport au 1er trimestre 2019.

Une collecte 2020 déjà largement supérieure à celle de 2019

Un bel élan que la période de confinement aura toutefois en partie stoppé. Le rythme mensuel des souscriptions, qui oscillait entre 30 M€ et 40 M€ avant la crise sanitaire, était retombé en deçà des 20 M€. Mais le marché est rapidement reparti. Dès le mois de mai, les souscriptions mensuelles franchissaient de nouveau le seuil des 30 M€. A partir de juin, elles dépassaient la barre des 40 M€. Et celle des 50 M€ à partir de septembre. A mi-décembre, la collecte recensée par hellocrowdfunding.com s’établissait à 449 M€. Soit déjà 21% de plus que sur l’ensemble de l’année 2019 (371 M€). Et certains observateurs s’attendent à ce que le cumul des financements 2020 dépasse les 500 M€.

Des rendements pour l’instant stabilisés, mais potentiellement orientés à la hausse

Côté rendement, c’est en revanche la stabilité qui prévaut. Le taux de rendement moyen, en décembre, reste à 9,4%. Identique à celui constaté en 2019, selon les chiffres d’Hellocrowdfunding. Et inférieur à la moyenne historique, calculée depuis 2012  (9,63%). Les projets en cours de collecte, recensés par l’agrégateur, proposent des rentabilités comprises entre 8,5% et 10%. Des taux qui pourraient toutefois augmenter au cours des prochains mois. Car, compte tenu de l’allongement des chantiers[2] et des durées de commercialisation, depuis le début de la crise sanitaire, les promoteurs seraient encore plus enclins à proposer des rémunérations attractives pour obtenir des financements.


Une montée du risque de défaillance ?

Une tendance qui va de pair avec l’allongement des périodes de remboursement. La durée moyenne est déjà passée de 20 mois à 21 mois entre 2019 et 2020. Là encore, à la demande des promoteurs, pour les raisons évoquées précédemment. Les hypothèses émises lors du premier confinement se confirment donc. Les opérateurs immobiliers n’échappent pas à la crise. Certains sont, ou seront, fragilisés sur le plan financier. Ce qui implique une montée du risque de défaut, historiquement et aujourd’hui encore insignifiant (moins de 1%). Une donnée que les investisseurs en crowdfunding immobilier doivent désormais avoir à l’esprit. Et qui devrait les inciter à se montrer encore plus sélectifs à l’avenir. Au même titre, d’ailleurs, que les plateformes…

Frédéric Tixier


[1] Source : baromètre hellocrowdfunding.com
[2] La plateforme Fundimmo estimait déjà, fin juin, le retard moyen à environ 4 mois pour les projets qui devaient être remboursés dans les 12 prochains mois


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Où en est le crowdfunding immobilier ?

Le marché du crowdfunding immobilier, en partie suspendu pendant la période de confinement, repart de l’avant. Mais la forte dynamique du 1er trimestre n’est plus, pour l’instant, d’actualité. Etat des lieux.

« Le bilan du premier semestre devrait confirmer que le crowdfunding immobilier poursuit sa croissance. Malgré les difficultés que le secteur immobilier a dû affronter pendant la crise » espère Jérémie Benmoussa, le président du directoire de Fundimmo, dans un récent communiqué.

Un record de collecte pour le crowdfunding au 1er trimestre

Le marché du crowdfunding immobilier avait de fait commencé l’année 2020 sous les meilleurs auspices. Selon les chiffres communiqués par Fundimmo – l’une des cinq premières plateformes du secteur -, la collecte – toutes plateformes confondues – enregistrée sur le 1er trimestre établissait un nouveau record. Avec 95 millions d’euros levés, elle affichait une progression de 106 % par rapport au 1er trimestre 2019. Durant la période du confinement, cette belle progression a toutefois été stoppée. En avril, la collecte cumulée depuis le début de l’année n’augmentait que de 2,3 M€[1]. En mai, d’environ 24 M€. Début juin, la collecte des 5 premiers mois de l’année 2020 ne se situait donc qu’à un niveau (121,2 M€) très légèrement supérieur à celui des 5 premiers mois de 2019 (112,7 M€).

L’intérêt des épargnants pour le crowdfunding immobilier semble intact

La question est donc de savoir si les prochains mois permettront de renouer avec la tendance du début d’année. Chez Fundimmo, les chiffres sont plutôt encourageants. La plateforme annonce 12 millions de fonds levés depuis sa réouverture, le 14 avril dernier. Soit près de 3 millions de plus que sur le 1er trimestre 2020 (9,2 M€). La collecte globale, qui se reprend (déjà près de 14 M€ collectés sur les premiers jours de juin, selon hellocrowdfunding.com), confirme que l’intérêt des épargnants pour ce type de placement reste forte. Le crowdfunding immobilier, majoritairement destiné à financer de l’immobilier résidentiel, pourrait même profiter de la résilience de cette classe d’actifs à la crise qui s’annonce. Pour l’instant en tout cas…

Des rendements toujours aussi attractifs

Côté rendement, c’est également la stabilité qui prévaut. Le taux de rendement moyen reste à 9,4 %. Identique à celui constaté en 2019, selon les chiffres d’Hellocrowdfunding. Et les projets en cours de collecte annoncent des taux de rendement espérés compris entre 7 % et 11 %. Là encore, pas de changements par rapport à la situation pré-Covid. Sur les opérations déjà engagées, les retards pris sur les chantiers, en raison de la crise sanitaire, ne devraient pas non plus impacter le niveau des rémunérations. « Les intérêts des particuliers[2] continuent à courir lorsque des projets prennent du retard », rappelle en effet Fundimmo. La plateforme estime le retard moyen à environ 4 mois pour les projets qui devront être remboursés dans les 12 prochains mois.


Questions sur les flux de projets et la solvabilité des promoteurs

Restent bien sûr des incertitudes sur l’importance du flux des projets à venir. La levée progressive des blocages administratifs, le redémarrage des chantiers, et la date désormais connue pour le second tour des élections municipales permettent d’espérer une véritable reprise du marché. Côté promoteurs, certains auront sans doute été impactés par la période de confinement. Voir fragilisés sur le plan financier. Ils pourraient en outre souffrir du durcissement des conditions de crédit bancaire. Mais ce seraient des raisons supplémentaires pour se tourner vers le crowdfunding immobilier. « Les promoteurs ont plus que jamais besoin de financement pour mener à bien leurs projets » considère d’ailleurs Jérémie Benmoussa.

La crise sanitaire et économique devrait toutefois sans doute avoir comme conséquence une sélectivité accrue des projets. Côté promoteurs et plateformes de crowdfunding. Mais aussi, bien sûr, côté investisseurs finaux. A suivre.

Frédéric Tixier


[1] Source : baromètre hellocrowdfunding.com

[2] Autrement dit, des investisseurs particuliers qui financent un projet (NDLR).


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A propos de Fundimmo(i)

Lancée en décembre 2015 et filiale de Foncière Atland depuis juillet 2019, Fundimmo est une plateforme française de crowdfunding 100% immobilier, spécialisée en immobilier d’entreprise. Fundimmo est une société française de financement participatif en immobilier, immatriculée en qualité de conseiller en investissements participatifs (CIP) auprès de l’ORIAS (n°14004248). Les promoteurs immobiliers peuvent faire appel aux particuliers pour compléter les fonds propres nécessaires au montage de leur programme, sous réserve qu’il ait été sélectionné et validé par le comité consultatif Fundimmo constitué de professionnels du secteur immobilier. Les particuliers investisseurs peuvent étudier les opportunités offertes, sélectionner les programmes de leur choix, puis, définir librement le montant de leur placement à partir de 1 000 euros.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Crowdfunding immobilier : une collecte encore multipliée par 2 en 2019

Les plateformes recensées par le baromètre Fundimmo/Hellocrowdfunding ont collecté 373 M€ en 2019. C’est 2 fois plus qu’en 2018. Le rendement annuel moyen des opérations de crowdfunding immobilier reste stable, aux alentours de 9,2%.

Nouvelle accélération de la croissance… L’industrie naissance du crowdfunding immobilier affiche en 2019 un nouveau record en termes de collecte : 373 M€. Soit 102% de plus qu’en 2018. Et, selon la dernière édition du baromètre Fundimmo/Hellocrowdfunding[1], tous ses autres clignotants sont au vert.

Clignotants au vert pour l’industrie du crowdfunding immobilier

Le crowdfunding immobilier ne se contente pas en effet d’attirer plus de capitaux. Ou de financer plus de projets (544 vs 343 en 2018) : il en rembourse plus. En 2019, ce sont ainsi 103 M€ (vs 55 M€) qui ont été rendus aux financeurs des 220 projets arrivés à terme. Un montant en augmentation de +87%. Et de nature à rassurer les contributeurs sur la fiabilité de leurs investissements, dont le taux de défaut moyen reste anecdotique (0,57%). Ceux-ci restent aussi toujours aussi rentables. Le retour sur investissement moyen se situe aux alentours de 9,2%, comme en 2018, selon les chiffres communiqués par 16 des plateformes de l’échantillon[2].


Un marché de plus en plus mature, en voie de démocratisation

Si le montant moyen collecté par opération est lui aussi en hausse (689 150 €, +27,8% par rapport à 2018), le ticket moyen par investisseur est quant à lui en légère baisse : 1 581 € (-8% vs 2018). La première tendance s’explique, selon Fundimmo, par une raison technique : le relèvement récent du plafond de collecte. Les plateformes de crowdfunding peuvent en effet, depuis le 30 octobre dernier, lever jusqu’à 8 millions d’euros par projet. Contre 2,5 précédemment. La seconde tendance – la baisse du ticket moyen par investisseur – résulterait de la démocratisation du crowdfunding. Une étude réalisée par OpinionWay pour Fundimmo établit en effet que plus d’un tiers des Français connaissent le crowdfunding. Et que parmi ces « connaisseurs », 32% ont déjà tenté l’expérience, ou seraient prêts à le faire.

Le crowdfunding immobilier investit aussi le coliving

Un chiffre encourageant pour l’industrie, mais que Jérémie Benmoussa, président du directoire de Fundimmo, tient à relativiser. « Avec des Français prêts à investir une part très significative de leur épargne, il reste un important travail pédagogique à mener pour encourager une approche raisonnée », met-il en garde. Car, « le crowdfunding immobilier reste un outil complémentaire de l’épargne traditionnelle », relativise-t-il. Pour l’heure, outre qu’il séduit de plus en plus de professionnels de l’immobilier, il semble en voie de polarisation. Les chiffres 2019 révèlent que l’Ile-de-France est la zone géographique qui concentre le plus de collecte (164,2 M€, soit 226% de plus qu’en 2018). Et que la grande majorité des projets financés sont toujours de nature résidentielle (79%). L’année écoulée a toutefois vu l’entrée dans le spectre d’une nouvelle typologie d’actifs : les espaces de coliving. Une preuve supplémentaire que le crowdfunding immobilier est bien dans l’air du temps….


Frédéric Tixier

[1] 28 plateformes de crowdfunding immobilier ont participé à l’étude, contre 32 en 2018 : Anaxago, Beefordeal, Clubfunding, Credit.fr, Euroraiser, Find & Fund, Finple, Fundimmo, Hexagon-e, Homunity, Immocratie, Immovesting, Koregraf, La première brique, Lendopolis, Look & fin, Lymo, Monego, My Captial Immo, October, Pretup, Proximea, Raizers, Tylia, Upstone, Wesharebonds, Weeximmo, Wiseed.

[2] Soit environ 45% de la collecte totale du marché.


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A propos de Fundimmo(i)

Lancée en décembre 2015, Fundimmo est une plateforme française de crowdfunding 100% immobilier, spécialisée en immobilier d’entreprise. Ses deux fondateurs, Stéphane Bombon, ESTP/IAE Paris, président, et Jérémie Benmoussa, ESSEC, directeur général, réunissent leurs expertises respectives de l’immobilier et de la finance. Fundimmo est une société française de financement participatif en immobilier, immatriculée en qualité de Conseiller en Investissements Participatifs (CIP) auprès de l’ORIAS (n°14004248). Les promoteurs immobiliers peuvent faire appel aux particuliers pour compléter les fonds propres nécessaires au montage de leur programme, sous réserve qu’il ait été sélectionné et validé par le comité consultatif Fundimmo constitué de professionnels du monde immobilier. Les particuliers investisseurs peuvent étudier les opportunités offertes, sélectionner les programmes de leur choix, puis, définir librement le montant de leur placement à partir de 1 000 euros.

 (i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

Nouvelle année de croissance pour le crowdfunding immobilier. Selon le baromètre Fundimmo/Hellocrowdfunding, les fonds collectés par les plateformes recensées ont bondi de 83% en 2018. Les montants remboursés sont également en hausse, et le taux de défaut reste pour l’instant anecdotique (0,67%).

Montant de la collecte 2018 : 185 M€. Selon le dernier baromètre Fundimmo réalisé en collaboration avec Hellocrowdfunding, les 32 plateformes de crowdfunding¹ immobilier ayant participé à l’étude ont levé, en 2018, 83% de capitaux de plus qu’en 2017. Un taux de croissance supérieur à celui de l’ensemble des plateformes de financement participatif créditées, selon les données KPMG-FPF², d’une collecte de 402 M€, en progression de 20% l’an dernier.

Un intérêt croissant de la part des acteurs de la promotion immobilière

Le secteur immobilier pèse une part de plus en plus importante dans cette jeune industrie. Son succès toujours d’actualité s’explique, selon Stéphane Bombon, le président de Fundimmo, par le recours croissant des acteurs de la promotion immobilière « aux services du financement participatif pour financer leurs fonds propres ». C’est d’ailleurs ce type d’opération – le financement des opérations de promotion immobilière – qui explique pour l’essentiel l’essor du crowdfunding immobilier, depuis peu autorisé à financer des opérations d’investissement locatif. En 2018, le nombre de projets financés est lui aussi en hausse sensible (+50%), avec 343 opérations recensées.

Un rendement moyen annuel en baisse

Parmi les autres indicateurs fournis par le baromètre, le montant moyen par collecte (539 128 € en 2018 vs 457 749 € en 2017) qui progresse également, en raison à la fois d’une certaine démocratisation du produit et de la diversification des promoteurs financés, certains portant des projets plus importants. Côté rentabilité, en revanche, la tendance est à la baisse : 9% en moyenne en 2018, contre 9,6% les années précédentes. Pour Fundimmo, ce repli s’explique par la hausse des montants levés par les gros promoteurs – moins enclins à proposer des rémunérations élevées – et par « la professionnalisation des plateformes devenues plus exigeantes vis-à-vis des promoteurs ». Le taux de défaut du crowdfunding reste en revanche très faible (0,67% depuis 2012), en dépit d’un historique désormais plus significatif en raison de l’augmentation continue du nombre de projets remboursés (146 en 2018, vs 83 en 2017). On observe toutefois une augmentation de la durée moyenne des placements (passée de 18 mois en 2017 à 23,3 mois en 2018) et du nombre de projets affichant des retards dans leurs remboursements.


Quelques ombres pour 2019

Le marché du crowdfunding reste par ailleurs concentré autour d’une poignée d’acteurs puisque, selon les données Fundimmo – lui-même opérateur important, avec 20,6 M€ collectés en 2018 -, les 5 principales plateformes représentaient 67,8% de la collecte globale. En termes sectoriels, c’est le financement de programmes résidentiels qui demeure largement majoritaire (73% des opérations), les projets visant les bureaux ayant toutefois doublé par rapport à 2017 (8% de l’ensemble, vs 4%). En 2019, selon Fundimmo, le contexte sera « légèrement instable, mais sans impact sur le développement de l’écosystème ». Parmi les zones d’ombre, la plateforme signale le ralentissement de la construction, le recul de l’activité immobilière au sens large pouvant toutefois avoir un impact positif sur les opérations de crowdfunding en raison d’une exigence accrue d’apport en fonds propres par les banques. Ce qui pousserait davantage les promoteurs à avoir recours au financement participatif…

Frédéric Tixier


A propos de Fundimmo

Lancée en 2015, Fundimmo est une plateforme française de crowdfunding 100% immobilier, spécialisée en immobilier d’entreprise. Fundimmo est une société française de financement participatif en immobilier, immatriculée en qualité de conseiller en investissements participatifs (CIP) auprès de l’ORIAS (n°14004248).

[1] Anaxago, Beefordeal, Clubfunding, Credit.fr, Euroraiser, Find & Fund, Finple, Fundimmo, Gwenneg, Hexagon-e, Homunity, Inidev, Immocratie, Immovesting, Koregraf, Lendopolis, Lita.co, Lymo, Monego, My Captial Immo, October, Pretup, Proximea, Raizers, Stoneraise, Tributile, Tylia, Upstone, Vatel Direct, Wesharebonds, Weeximmo, Wiseed.

[2] Baromètre du crowdfunding en France 2018 – KMPG.

Après la promotion immobilière, le crowdfunding immobilier peut désormais financer des opérations d’investissement locatif. La plateforme Homunity est la 1ère à se lancer sur ce créneau. Depuis 2012, le financement participatif version promotion immobilière a collecté plus de 300 M€.

A l’issue d’une longue phase de négociation, l’AMF (Autoritédes marchés financiers) vient finalement d’autoriser le financement participatif pour l’immobilier locatif, dit buildinvesting. Les deux premiers agréments autorisant les plateformes de crowdfunding à exercer cette nouvelle activité ont été délivrés en août et octobre dernier. Homunity, plateforme lancée en 2016, et créditée de 20,8 M€ collectés – et de 67 projets lancés – par l’agrégateur de projets crowdfunding immobilier HelloCrowdfunding, est la première à commercialiser cette nouvelle offre.

Un succès bâti sur le financement de la promotion immobilière

Le succès patent du crowdfunding immobilier en France (plus de 300 M€ collectés depuis 2012, un taux de rendement de 9,8% depuis l’origine, selon HelloCrowdfunding) repose sur le financement d’opérations de promotion immobilière. Les sommes réunies par la plateforme sont alors, pour l’essentiel, prêtées à un promoteur – via une structure ad hoc – pour l’aider à boucler son programme de commercialisation de nouveaux immeubles. Lorsque le projet est achevé, les investisseurs récupèrent leurs mises, assorties du rendement espéré. La durée d’immobilisation des fonds est de ce fait assez courte (20 mois en moyenne), et les conditions de sortie parfaitement balisées (sauf, évidemment, en cas d’échec du projet).

Financer de l’immobilier locatif

Rien de tel avec le financement de l’immobilier locatif. Il s’agit en effet d’un véritable investissement, puisque la plateforme de crowdfunding va dans ce cas acquérir un bien immobilier (a priori, le plus souvent, à usage d’habitation) et le mettre en location. Chacun des « co-investisseurs » réunis par la plateforme est rémunéré grâce aux loyers générés, la plateforme s’occupant des aspects administratifs. Les risques associés à ce type d’opération sont alors en réalité les mêmes que ceux d’un investissement locatif direct, ou via un véhicule collectif type SCPI : risques de vacance, d’impayés, de travaux non prévus et… incertitudes sur la valeur de revente du bien.

Agrément spécifique

On comprend donc pourquoi l’AMF exige un agrément spécifique pour pratiquer ce type d’opérations. Homunity, qui a obtenu ce statut de « CIP élargi » en octobre, propose désormais une offre qualifiée d’« accessible » – 5 000 € par investisseur -, sous forme de parts de SAS. Un premier projet sera prochainement en ligne sur le site de la plateforme. Il s’agit, selon notre confrère Les Echos, d’un immeuble d’habitation situé au centre-ville de Lille, « quasiment entièrement loué », et d’une valeur d’achat globale de 500 000 €. D’autres projets devraient suivre, à Nantes et à Lyon. Une taille d’opération qui se situe dans le bas de la fourchette de celles réalisées par les SCPI spécialisées sur le secteur du logement, sans pour autant être totalement en dehors de leur champ d’intervention. Il sera intéressant de voir si des offres de crowdfunding en immobilier locatif dédiées à l’immobilier d’entreprise (bureaux, commerces…) apparaissent prochainement. Car, sur ce créneau, le risque de concurrence avec les SCPI, qui s’intéressent à des actifs de valeur unitaire plus élevée, serait a priori beaucoup plus faible…

Frédéric Tixier


A propos de Homunity(i)
Homunity est une plateforme de crowdfunding immobilier. Elle propose à des particuliers d’investir dans des projets immobiliers dès 1 000€, et ce 100% en ligne. Leader dans son secteur, les investissements durent généralement entre 12 et 24 mois, et le rendement attendu est compris entre 8 et 10%.


(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société