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Pierre Andregnette, Fundimmo : « Le taux de retard va mécaniquement augmenter… »

Pierre Andregnette, Fundimmo :
« Le taux de retard va mécaniquement augmenter… »

Crowdfunding immobilier et coronavirus : quid des plateformes ?

Surprenant ! Seulement un tiers des plateformes en crowdfunding immobilier communique massivement avec leurs crowdfunders. Et les informe, via une analyse du marché et des investissements, des risques liés à la crise sanitaire que nous traversons actuellement. Pour ces plateformes, la démarche est à souligner positivement. Car elle nous paraît, à plusieurs égards, essentielle…

Identifier les risques

Sans pouvoir prédire ce que seront les impacts de cette épidémie sur notre économie, nous visualisons déjà de façon assez claire certains risques. Sans surprise, les risques de retard de chantier se matérialisent. Chômage partiel, carence de matières premières, voire faillite de certains sous-traitants : tout semble annoncer, de façon inéluctable, des retards de livraison pour les projets proches du terme de sortie. C’est-à-dire à l’horizon mars-septembre 2020. Les projets à échéance plus lointaine auront en revanche plus de temps pour se « retourner ». Car l’horizon moyen de 20 mois de placement laisse une marge de manœuvre pour rattraper un retard de 2 à 3 mois. Mais ces facteurs induiront néanmoins des retards de remboursement. Il ne s’agit pas du seul risque.

Le risque de faillite n’est pas à écarter

Pendant ces périodes de latence, le porteur de projet devra aussi faire face seul, sans rentrée de chiffre d’affaires, à des coûts fixes plus ou moins importants. Qui vont fortement solliciter sa trésorerie. La bonne volonté des partenaires notaires et banquiers, dans la mise en œuvre de solutions de télétravail, ne sera pas un viatique. Elle ne pourra pas empêcher une certaine sclérose du marché des transactions. Qui impactera également les sorties immeubles des porteurs de projet. De plus, la possible restriction ponctuelle des financements des investisseurs finaux – les acquéreurs immobilier – peut également agir. Et limiter le marché des transactions. Donnant ainsi peut-être raison aux Cassandre de ces 10 dernières années, quant au niveau des prix. Ce qui limiterait encore plus les ressources des porteurs de projets. Le risque de faillite n’est donc pas à écarter.

Stigmatiser certaines pratiques, et mettre en exergue les bons usages

Pourtant, ces risques – réels – n’auront pas les mêmes impacts en fonction du porteur de projet. Et du montage de financement. Ainsi, le porteur de projet non dépendant d’autorisations administratives – telles que le recours des tiers purgé, les permis de construire délivrés -, et doté d’un niveau de pré-commercialisation significatif – au moins 50% -, sera de fait beaucoup moins impacté par l’inertie administrative et transactionnelle du marché immobilier. Et il sollicitera d’autant moins sa trésorerie. Limitant ainsi son affaiblissement potentiel. A contrario, les projets moins aboutis au moment de la levée de fonds sont intrinsèquement porteurs de plus de risques. Le financement d’un projet isolé et identifié – par opposition à un financement « corporate » qui impacte tout le holding promoteur -, serait également porteur de moins de risque. En raison d’une flexibilité accrue pour réduire les coûts fixes d’un projet donné. Et de l’effet taille.

L’impact des retards de remboursement

Ainsi que, a priori avec circonspection locale, une moindre sensibilité aux risques d’approvisionnement. Les retards de remboursement dus aux retards de livraison – exacerbés par l’épisode covid-19 mais intrinsèques à l’immobilier -, seront plus ou moins impactants pour les investisseurs. Les contrats de financement/investissement sont établis initialement sur une période assez longue. De 2 à 3 ans en général. Ou sont prorogeables. Ils devraient garantir le paiement normal des intérêts initialement prévus au contrat, même sur une période plus longue. Sauf exception. Celle qui consisterait, par exemple, à suspendre définitivement le paiement des intérêts pendant la période de prorogation. Une hypothèse qui s’est déjà produite…

Quid du risque pour les plateformes elles-mêmes ?

Outre les risques de défaut identifiés supra, il est évident que l’offre va se restreindre. Le climat actuel fait que les préoccupations des Français sont davantage d’ordre sanitaire. Plutôt que portées sur l’investissement à long terme. Les porteurs vont décaler leur projet de quelques mois. Les financements bancaires risquent de marquer temporairement le pas. Or, le business model des plateformes est bien basé sur le nombre de projets financés… Il leur faudra donc, elles aussi, éprouver leur résistance et leur besoin de trésorerie. D’ailleurs, comme nous le préconisons dans notre dernière étude fintech.immo, il serait peut-être temps que, à l’instar des plateformes IFP, toutes les plateformes CIP – et non pas seulement celles qui intermédient des minibons – aient l’obligation de mettre en place une gestion extinctive. Enfin, et vous l’aurez compris, lors de la « reprise » il faudra à nouveau être vigilant quant aux sollicitations de financement. Et aux porteurs concernés.


Pas de mauvais projets, mais des mauvais choix

Il n’y a pas de mauvais projets. En revanche, il peut y avoir de mauvais choix. Si un projet est porteur de plus de risques « que la moyenne », il doit pouvoir être identifié comme tel. Le montage d’investissement doit être analysé et compris. Les parties prenantes doivent être clairement identifiées. Et la promesse de rendement doit être – plus qu’elle ne l’est aujourd’hui – corrélée au risque pris…

Céline Mahinc


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Crise sanitaire et confinement impactent l’ensemble des marchés immobiliers. Les opérateurs du crowdfunding immobilier -et les investisseurs qui participent aux opérations de financement- vont, eux-aussi, en subirent les conséquences. Plusieurs plateformes ont déjà tenté de les mesurer, en publiant des analyses. Certaines ont suspendu les opérations de levée de fonds. Etat des lieux…

« Toutes les campagnes de crowdfunding sont suspendues, en l’absence de visibilité sur la reprise de l’activité économique », annonçait le 25 mars Arnaud Romanet-Perroux, le fondateur de la plateforme Upstone. Même son de cloche chez Fundimmo. Jérémie Benmoussa, son président, a lui aussi décidé « d’interrompre le lancement de nouvelles collectes, durant au moins une semaine, à compter du 20 mars ».

Les plateformes de crowdfunding immobilier réagissent à la crise

Certaines plateformes de crowdfunding immobilier, à l’instar des gestionnaires de SCPI ou d’OPCI, ont rapidement réagi face à la crise sanitaire. Moins massivement et systématiquement, toutefois. Selon Céline Mahinc, « seulement un tiers des plateformes actrices en crowdfunding immobilier ont communiqué », constate-t-elle dans sa dernière tribune consacrée aux risques qui menacent plateformes et crowdfunders durant et après la crise en cours. Une partie de ces communications vise prioritairement à rassurer sur la poursuite de l’activité. C’est le cas des messages diffusés par Homunity, Clubfunding, ou Wiseed. « L’ensemble des lignes en participation sont suivies avec une grande proximité », explique ainsi Nicolas Seres, chez Wiseed. Quentin Romet, chez Homunity, se veut encore plus rassurant. La crise « ne devrait pas avoir d’impacts directs sur les débouclages des opérations infine ». Ni sur « les capacités de remboursement des acteurs financés », estime-t-il.


Coronavirus : quels risques sur l’activité des plateformes ?

Tous s’accordent néanmoins pour reconnaître que les marchés immobiliers sous-jacents à leur opérations de financement vont subir un indéniable ralentissement. Le marché de la construction risque « de se figer complètement dans les prochains jours », estimait hier Arnaud Romanet-Perroux. Outre l’arrêt des chantiers, la fermeture des études notariales va jouer en défaveur du secteur de la promotion immobilière. Anaxago, dans une très longue publication mise en ligne dès le 10 mars, pointe également un possible ralentissement du côté des financements. De la part des acquéreurs particuliers. Mais aussi en raison des allongements des délais de réponse bancaire. Les retards sur les opérations en cours doivent en revanche être relativisés. Comme le rappelle Quentin Romet, « la promotion immobilière ne fonctionne pas avec des cycles courts ». La plupart des projets portés par les plateformes de crowdfunding intègrent d’ailleurs la possibilité, pour l’opérateur, « de proroger de 6 mois », constate-t-il.

Faible impact sur la rentabilité… sauf en cas de faillite

Le fondateur d’Upstone distingue pour sa part des risques différenciés selon la nature des opérations de financement. Pour les opérations de promotion immobilière, c’est bien le risque d’un arrêt brutal des chantiers qui pèse sur les projets en cours. Mais ce risque de retard, qui peut varier de quelques semaines à plusieurs mois, ne conduit pas nécessairement à remettre « en cause leur finalisation ni leur rentabilité », estime-t-il. Tout en rappelant que les opérations dites « corporate » -celles destinées à financer la croissance d’un promoteur immobilier, et non pas un programme immobilier spécifique- comportent un risque de retard plus important. Globalement, les retards ne devraient pas se traduire « par une baisse du rendement pour les investisseurs privés », ajoute-t-il. Sauf, évidemment, si le promoteur « n’est plus en capacité de rembourser ».

Convaincus de la solidité du marché du crowdfunding immobilier

Pour Upstone, les opérations de marchand de biens devraient en revanche, dans la grande majorité des cas, « se dérouler sans incident ». Le dirigeant de cette plateforme, à l’instar de la plupart de ses concurrents, reste d’ailleurs convaincu de « la solidité du marché du crowdfunding immobilier ». Anaxago, tout comme Wiseed, considèrent que l’immobilier reste un marché refuge. En rappelant que la demande reste vive du côté des logements neufs. « Face à une offre au ralenti », constate Anaxago. Fundimmo, qui s’attend à des délais plus élevés, mais « avec un risque de retard maîtrisé », rappelle pour sa part que « l’analyse des fondamentaux du marché demeure très positive à moyen et long terme »…

Cinq plateformes concentrent 68% des souscriptions

Rappelons que le crowdfunding a collecté plus de 370 M€ de capitaux l’an dernier. Et qu’il se concentre de plus en plus entre une poignée d’acteurs. Les cinq premiers collecteurs en 2019 ont en effet recueilli à eux seuls près de 70% des capitaux levés en 2019. Un mouvement que la crise actuelle pourrait encore accélérer…

Frédéric Tixier

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My Korner Shop, le crowdfunding immobilier de proximité

Alors que le crowdfunding immobilier poursuit sa forte croissance, tirée par les leaders du marché, certains opérateurs choisissent des concepts plus ciblés. C’est le cas notamment de My Korner Shop, qui s’est positionné sur un créneau très spécifique : le financement des murs de commerce de centre-ville…

La croissance du crowdfunding immobilier ne se dément pas. L’an dernier, cette industrie naissante a collecté plus de 370 M€ de nouveaux capitaux. Plus du double qu’en 2018, selon l’agrégateur Hello Crowdfunding. Des chiffres que confirme le baromètre du crowdfunding 2019, établi par Financement Participatif France et Mazars. Selon cette étude, le secteur immobilier accapare 57% du total des capitaux drainés en faveur du financement participatif. Contre à peine 4%, par exemple, pour le secteur technologique et numérique…

Crowdfunding immobilier : l’émergence de leaders

Plus en pointe que d’autres, le secteur immobilier est aussi l’un de ceux où s’amorce le plus clairement le mouvement de concentration attendu par les observateurs du marché. En 2018, les 5 principales plateformes trustaient déjà plus de 50% des levées de fonds. Et, début 2020, ces 5 leaders représentent près de 68% des capitaux collectés depuis l’origine[1]… Une concentration qui devrait encore s’accélérer au cours des prochains mois. En raison, notamment, de la révision à la hausse des plafonds de collecte par projets. Ces derniers sont passés à 8 M€ en octobre dernier, contre 2,5 M€ précédemment. Une course à la taille également favorisée par le rachat des plateformes les plus dynamiques par de grands opérateurs.


Autres acteurs, autres stratégies

Homunity est, par exemple, désormais détenu indirectement par Tikehau Capital. Il est par ailleurs actionnaire majoritaire de la société de gestion d’actifs immobiliers Sofidy. Et la Foncière Atland, actionnaire majoritaire de la société de gestion de SCPI Atland Voisin, détient 60% de Fundimmo. A l’opposé de ces plateformes dont les process se rodent et s’automatisent au fil du temps, qui interviennent sur l’ensemble du territoire français et, d’ailleurs, essentiellement sur le segment de l’immobilier résidentiel, d’autres tentent une approche différente. La Première Brique, par exemple, vient de se lancer sur l’investissement régional. Un créneau également occupé par Proximea, créé par la Banque Populaire du Grand Ouest. Proximea joue à la fois la carte de l’investissement immobilier et au capital de start-up. My Korner Shop, lui, vise un objectif « sociétal » : revitaliser les centres-villes.


Objectif : revitaliser les commerces de centre-ville

Créée en octobre 2017, cette plateforme a été la première à obtenir le statut de CIP[2], dès juillet 2018. Son credo : l’investissement participatif dans des murs de magasins. Une typologie d’actifs (commerces) qui ne représentait que 8% des fonds levés en 2019. Contre 79% pour les programmes résidentiels. My Korner Shop n’a pour l’heure bouclé qu’une seule opération : les murs d’une pizzeria à Chartres. Le projet a séduit une trentaine de particuliers, avec un ticket moyen de souscription de 2 100 euros. Leur motivation ? Une meilleure maîtrise de leur cadre de vie, grâce à leur nouveau statut de propriétaires. Les co-investisseurs disposent en effet d’un pouvoir de décision, leur permettant notamment de choisir le locataire. Ou de décider de la revente du local…

My Korner Shop, levée de fonds en cours

Selon My Korner Shop, le rendement annuel prévisionnel de cette opération se situerait autour de 4% à 5% par an. A son terme, c’est-à-dire dans 5 à 10 ans, la revente de l’actif devrait permettre de porter le rendement global à environ 10%. C’est également l’objectif assorti à l’opération de levée de fonds en cours. Cette fois, My Korner Shop compte financer l’acquisition des murs d’une boutique parisienne occupée par un coiffeur-barbier. Objectif de collecte pour cette « Barber Shop » de 30 m², située dans le XXe arrondissement : 274 000 €. Le prix d’acquisition, de 410 000 € au total, est couvert à hauteur de 200 000 € par un emprunt bancaire. Ce prêt permet de « soulager l’effort des internautes dans l’objectif de collecte », souligne My Korner Shop. « Il permet également de profiter de l’effet de levier procuré par les taux d’intérêt bas », ajoute-t-il.

Objectif d’un rendement annuel de 5,36% à cinq ans

Le loyer annuel actuel, de 22 000 euros, laisse envisager « des distributions de bénéfices croissants chaque année », précise la plateforme. Dans l’hypothèse d’une revente au terme de 5 ans, la rentabilité annuelle globale devrait se situer à 5,36%. La collecte, ouverte depuis le 20 décembre dernier, sera close le 30 avril prochain. La signature de l’acte de vente est programmée pour le 8 mai.

Frédéric Tixier

[1] Wiseed, Clubfunding, Anaxago, Homunity, et Fundimmo représentent 68% des capitaux collectés depuis l’origine par les 36 plateformes recensées par Hello Crowdfunding.

[2] Conseiller en investissement participatif.


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A propos de My Korner Shop(i)

My Korner Shop propose une plateforme de financement participatif en ligne. La société offre aux habitants d’un quartier l’opportunité de devenir collectivement propriétaires des murs de leurs commerces de proximité. L’objectif est de contribuer à la redynamisation des centres-villes et centres-bourgs français en mobilisant la communauté locale. Par le biais du lien de propriété locale, My Korner Shop souhaite créer une relation de proximité entre les commerçants et les habitants et entretenir la qualité de vie en centre-ville. La réaffirmation du lien social est une clé de la revitalisation des cœurs de ville. Depuis le 31 août 2018, My Korner Shop dispose du statut de conseiller en investissements participatifs (CIP). Son activité est contrôlée par l’Autorité des marchés financiers.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Crowdfunding immobilier : une collecte encore multipliée par 2 en 2019

Les plateformes recensées par le baromètre Fundimmo/Hellocrowdfunding ont collecté 373 M€ en 2019. C’est 2 fois plus qu’en 2018. Le rendement annuel moyen des opérations de crowdfunding immobilier reste stable, aux alentours de 9,2%.

Nouvelle accélération de la croissance… L’industrie naissance du crowdfunding immobilier affiche en 2019 un nouveau record en termes de collecte : 373 M€. Soit 102% de plus qu’en 2018. Et, selon la dernière édition du baromètre Fundimmo/Hellocrowdfunding[1], tous ses autres clignotants sont au vert.

Clignotants au vert pour l’industrie du crowdfunding immobilier

Le crowdfunding immobilier ne se contente pas en effet d’attirer plus de capitaux. Ou de financer plus de projets (544 vs 343 en 2018) : il en rembourse plus. En 2019, ce sont ainsi 103 M€ (vs 55 M€) qui ont été rendus aux financeurs des 220 projets arrivés à terme. Un montant en augmentation de +87%. Et de nature à rassurer les contributeurs sur la fiabilité de leurs investissements, dont le taux de défaut moyen reste anecdotique (0,57%). Ceux-ci restent aussi toujours aussi rentables. Le retour sur investissement moyen se situe aux alentours de 9,2%, comme en 2018, selon les chiffres communiqués par 16 des plateformes de l’échantillon[2].


Un marché de plus en plus mature, en voie de démocratisation

Si le montant moyen collecté par opération est lui aussi en hausse (689 150 €, +27,8% par rapport à 2018), le ticket moyen par investisseur est quant à lui en légère baisse : 1 581 € (-8% vs 2018). La première tendance s’explique, selon Fundimmo, par une raison technique : le relèvement récent du plafond de collecte. Les plateformes de crowdfunding peuvent en effet, depuis le 30 octobre dernier, lever jusqu’à 8 millions d’euros par projet. Contre 2,5 précédemment. La seconde tendance – la baisse du ticket moyen par investisseur – résulterait de la démocratisation du crowdfunding. Une étude réalisée par OpinionWay pour Fundimmo établit en effet que plus d’un tiers des Français connaissent le crowdfunding. Et que parmi ces « connaisseurs », 32% ont déjà tenté l’expérience, ou seraient prêts à le faire.

Le crowdfunding immobilier investit aussi le coliving

Un chiffre encourageant pour l’industrie, mais que Jérémie Benmoussa, président du directoire de Fundimmo, tient à relativiser. « Avec des Français prêts à investir une part très significative de leur épargne, il reste un important travail pédagogique à mener pour encourager une approche raisonnée », met-il en garde. Car, « le crowdfunding immobilier reste un outil complémentaire de l’épargne traditionnelle », relativise-t-il. Pour l’heure, outre qu’il séduit de plus en plus de professionnels de l’immobilier, il semble en voie de polarisation. Les chiffres 2019 révèlent que l’Ile-de-France est la zone géographique qui concentre le plus de collecte (164,2 M€, soit 226% de plus qu’en 2018). Et que la grande majorité des projets financés sont toujours de nature résidentielle (79%). L’année écoulée a toutefois vu l’entrée dans le spectre d’une nouvelle typologie d’actifs : les espaces de coliving. Une preuve supplémentaire que le crowdfunding immobilier est bien dans l’air du temps….


Frédéric Tixier

[1] 28 plateformes de crowdfunding immobilier ont participé à l’étude, contre 32 en 2018 : Anaxago, Beefordeal, Clubfunding, Credit.fr, Euroraiser, Find & Fund, Finple, Fundimmo, Hexagon-e, Homunity, Immocratie, Immovesting, Koregraf, La première brique, Lendopolis, Look & fin, Lymo, Monego, My Captial Immo, October, Pretup, Proximea, Raizers, Tylia, Upstone, Wesharebonds, Weeximmo, Wiseed.

[2] Soit environ 45% de la collecte totale du marché.


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A propos de Fundimmo(i)

Lancée en décembre 2015, Fundimmo est une plateforme française de crowdfunding 100% immobilier, spécialisée en immobilier d’entreprise. Ses deux fondateurs, Stéphane Bombon, ESTP/IAE Paris, président, et Jérémie Benmoussa, ESSEC, directeur général, réunissent leurs expertises respectives de l’immobilier et de la finance. Fundimmo est une société française de financement participatif en immobilier, immatriculée en qualité de Conseiller en Investissements Participatifs (CIP) auprès de l’ORIAS (n°14004248). Les promoteurs immobiliers peuvent faire appel aux particuliers pour compléter les fonds propres nécessaires au montage de leur programme, sous réserve qu’il ait été sélectionné et validé par le comité consultatif Fundimmo constitué de professionnels du monde immobilier. Les particuliers investisseurs peuvent étudier les opportunités offertes, sélectionner les programmes de leur choix, puis, définir librement le montant de leur placement à partir de 1 000 euros.

 (i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

Crowdfunding immobilier : 7 millions d’euros, qui dit mieux ?

La plateforme de crowdfunding immobilier Koregraf vient d’annoncer une levée de fonds de 7 millions d’euros. Un montant supérieur au dernier record en date de 4,4 M€ détenu par Homunity. D’autres opérations d’envergure sont attendues en 2020.

« C’est la plus importante levée de fonds réalisée à ce jour en France[1] », revendique la plateforme de crowdfunding immobilier Koregraf dans un communiqué publié le 11 décembre dernier. Menée pour le compte d’Essor Développement, la collecte atteint 7 millions d’euros. L’enveloppe sera utilisée pour financer sept opérations immobilières de bureaux et d’activités tertiaires menées par le constructeur.

Crowdfunding immobilier : nouveau plafond de collecte à 8 millions d’euros

Un montant qui constitue effectivement un nouveau record. Et se rapproche du nouveau plafond de 8 millions d’euros autorisé depuis octobre dernier. C’est Homunity, l’un des leaders du marché, qui avait été le premier à franchir le précédent seuil de 2,5 M€. Le 28 novembre dernier, moins d’un mois après la publication du décret, il bouclait un programme de 4,4 M€. Ce dernier – une opération d’achat/revente d’une galerie commerciale à Sénart – devrait être remboursé d’ici 6 mois. Un délai d’ailleurs beaucoup plus court que celui du programme Koregraf, prévu sur 36 mois.

Du financement de projets au financement de structures

Mais Koregraf et Homunity ne sont pas les seuls à proposer des projets supérieurs à 2,5 M€. Selon l’agrégateur hellocrowdfunding, deux opérations à 3 M€ seraient actuellement en cours de collecte chez Fundimmo et Clubfunding. Les projets de montant unitaire encore plus élevé sont d’ailleurs amenés à se multiplier. Le relèvement du plafond permet en effet, comme l’illustre l’opération Koregraf, le financement non plus d’une seule opération, mais d’un ensemble de projets portés par un même promoteur. Ce financement de « structures », par opposition au financement de projets, présente-t-il plus de risques pour l’investisseur ? Non, répond a priori Homunity, qui considère que le seul risque sera désormais celui « d’une potentielle faillite du promoteur ». Un risque relatif. Car, ajoute-t-il, il s’agit de financements accordés « à des acteurs solides », dotés d’un « plan de financement cohérent ».

Les promoteurs cotés en Bourse s’intéressent désormais au crowdfunding immobilier

Le crowdfunding immobilier est en effet passé à une nouvelle étape de son développement. Il intéresse en effet désormais des groupes cotés en Bourse. Des structures a priori effectivement plus solides. Et qui peuvent maintenant s’aventurer sur le terrain d’un crowdfunding en capacité de lever des sommes importantes. «Et dans des délais relativement courts », souligne Homunity. Pour la plateforme, désormais détenue par Tikehau Capital, l’année 2020 s’annonce donc sous les meilleurs auspices.

Poursuite d’une croissance soutenue pour le secteur

La croissance constatée ces deux dernières années devrait de nouveau être au rendez-vous. En 2019, comme en 2018, les sommes collectées par le crowdfunding immobilier ont progressé de 80%. Cette année, elles devraient se situer aux alentours des 300 millions d’euros. Et s’il attire toujours plus d’investisseurs, c’est que le crowdfunding immobilier reste un secteur particulièrement lucratif. Son rendement moyen se situe encore autour des 9,4%. Et son taux de défaut demeure inférieur à 0,5%…

Frédéric Tixier

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[1] Pour un investissement de crowdfunding immobilier.


A propos de Koregraf(i)

Créé en 2014 par Vincent Sillègue, Koregraf est un site de financement participatif exclusivement dédié à la promotion immobilière. La plateforme a co-financé 71 programmes immobiliers dans toute la France (Nouvelle-Aquitaine, Ile-de-France, Auvergne Rhône-Alpes, Bretagne…) pour un total de plus de 37,9 millions d’euros collectés. Koregraf est également le premier acteur à proposer un accompagnement global du financement des acteurs de la promotion immobilière : financement d’opérations de promotion immobilière, co-investissement et co-promotion, conseil en restructuration de capital… Koregraf apporte des conseils à haute valeur ajoutée en s’appuyant sur un réseau étendu de partenaires (dans les secteurs immobilier et financier) et la double compétence immobilière et financière des membres de son équipe.

 A propos de Homunity(i)

Créée en septembre 2014 par trois entrepreneurs : Quentin Romet, Arnaud de Vergie et Charles Teytaud, Homunity est une plateforme de crowdfunding destinée à financer la promotion immobilière résidentielle et tertiaire, ainsi que la rénovation d’ensemble immobilier. Depuis son lancement en 2014, Homunity a financé 173 projets pour plus de 99 millions d’euros investis et 36 programmes remboursés. Agréée par l’AMF et immatriculée auprès de l’ORIAS, Homunity attache une importance toute particulière aux devoirs de transparence et à la gestion des risques liés au crowdfunding.

 (i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

Plafond à 8 M€ : quel impact pour le crowdfunding immobilier ?

Les plateformes de crowdfunding pourront désormais lever jusqu’à 8 millions d’euros par projet, contre 2,5 précédemment. Cette mesure, prévue par la loi Pacte, est officielle depuis le 30 octobre. Quel impact pour le marché du crowdfunding immobilier ?

Le décret d’application instaurant le rehaussement du seuil d’éligibilité des projets de financement participatif a été publié le mercredi 30 octobre. Désormais, les plateformes de crowdfunding pourront lever jusqu’à 8 millions d’euros[1]par projet[2], contre 2,5 millions précédemment[3]. Le décret met également en œuvre une autre des dispositions prévues par la loi Pacte : les sociétés coopératives constituées sous la forme de société anonyme peuvent dorénavant faire appel au public via les plateformes de crowdfunding.

Crowdfunding : pourquoi porter le plafond à 8 millions d’euros par projet ?

Le rehaussement du plafond de collecte était vivement souhaité par les professionnels du secteur. Mais pourquoi le relever, pourrait-on s’interroger, quand on sait que le montant moyen levé par projet, en crowdequity, dépasse à peine les 360 000 €[4] ? «La mesure intéresse surtout le secteur du crowdfunding immobilier, où le niveau moyen des montants collectés est en moyenne plus élevé -536 000 € en 2018 -, et où de plus en plus d’opérations sont effectivement capées par le seuil des 2,5 M€ », répond Céline Mahinc, gérante fondatrice du cabinet Eden Finances, et auteure de plusieurs études sur le crowdfunding immobilier. Le relèvement du plafond va de fait permettre aux plateformes de crowdfunding immobilier de répondre aux attentes d’acteurs de plus grande taille, et d’ajouter à leur cible d’opérateurs les gros promoteurs dont les besoins de financement par opération peuvent atteindre, voire dépasser, les 10 M€. Un élargissement qui signifie également, pour les plateformes, une meilleure maîtrise des risques, car désormais en partie adossés à des entreprises plus solides sur le plan financier.

Crowdfunding immobilier: favoriser la montée en puissance des investisseurs institutionnels

La mesure vise également un autre objectif : satisfaire les attentes des investisseurs institutionnels, dont la part dans les apporteurs de fonds est en progression constante. « En 2018, les investisseurs institutionnels représentaient environ 30% des montants levés en crowdfunding immobilier », précise Céline Mahinc. Pour s’adapter aux besoins de cette catégorie d’investisseurs, qui déversent plus de capitaux, sur des tickets de versement plus élevés et plus récurrents, les plateformes doivent disposer d’un « pipe » d’investissements d’une taille plus conséquente, et régulièrement renouvelé. D’où l’intérêt d’entrée en relation avec les gros promoteurs, dont le flux et la nature des opérations correspondent précisément à ces critères. Car, pour l’heure, le niveau des besoins de financement des 429 promoteurs recensés par la dernière étude de Céline Mahinc, réalisée conjointement avec l’IEIF[5], est pour le moins hétérogène. Si certains promoteurs ont pu faire financer par le crowfunding, en cumulant plusieurs opérations sur les 5 dernières années, jusqu’à 16 M€, d’autres n’ont pas dépassé le seuil des 37 000 €…

Crowdfunding immobilier: vers une concentration des acteurs ?

Cette montée en puissance, à la fois dans le sourcing des opérations et dans le profil des investisseurs, risque toutefois d’avoir des conséquences sur la structure du marché du crowfunding immobilier. Une quarantaine d’acteurs y sont aujourd’hui actifs. Mais déjà, les 5 premières plateformes, dont la hiérarchie change d’ailleurs d’une année à l’autre[6], trustent plus de 50% des levées de fonds. « La course à la taille pourrait ouvrir la voie à de nouvelles restructurations », prédit Céline Mahinc, qui rappelle que deux des plus importants acteurs, Homunity et Fundimmo, sont déjà passés dans le giron de grands opérateurs du capital investissement ou de l’investissement en immobilier[7]. Homunity annonce d’ailleurs l’ouverture imminente de la première opération d’un montant unitaire supérieur à 2,5 millions d’euros. Il s’agirait du financement de l’acquisition de la galerie commerciale de Bois Sénart, située à Cesson (77), pour un montant à financer de 4,4 M€, et un objectif de rendement à 6 mois de 9% annualisé.

Loi Pacte : les autres mesures attendues

En attendant, le secteur est toujours dans l’attente de la mise en application de deux autres mesures phares prévues par la loi Pacte : l’éligibilité du financement participatif aux produits d’épargne-retraite et à l’enveloppe assurance-vie, ainsi que l’ouverture de cette forme d’investissement aux PEA-PME. A suivre.

Frédéric Tixier


A propos de l’IEIF

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion. L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement) et les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, autres FIA). L’IEIF compte aujourd’hui plus de 120 sociétés membres (2/3 d’investisseurs, 1/3 d’autres acteurs : promoteurs, banques, experts immobiliers, conseils en immobilier, etc.). Le patrimoine immobilier des membres investisseurs représente une valeur globale de près de 300 milliards d’euros. L’IEIF s’appuie sur une équipe de 20 personnes issues à la fois des mondes de la finance et de l’immobilier, dont 6 chercheurs associés. Il dispose de nombreuses bases de données économiques, financières et immobilières, dont certaines ont plus de 30 ans d’historique.

[1] Limite maximale autorisée par l’Union européenne.
[2] Pour l’ensemble des titres levés par les plateformes, actions, obligations, obligations convertibles, minibons ou titres participatifs.
[3] La mesure ne s’applique qu’aux plateformes dotées du statut de CIP (conseiller en investissement participatif) ou de PSI (prestataire de services d’investissement). Le plafond par projet reste fixé à 1 million d’euros pour les plateformes dotées du statut d’IFP (intermédiaire en financement participatif).
[4] Source : Baromètre du crowdfunding en France 2018 réalisé par KPMG pour Financement Participatif France.
[5] L’étude complète sera disponible en décembre prochain.
[6] En 2018, le quinté de tête comprenait Homunity, Anaxago, Wiseed, Clubfunding, Fundimmo.
[7] Homunity a été racheté, début 2019, par credit.fr, une plateforme détenue par Tikehau Capital, également actionnaire majoritaire de la société de gestion d’actifs immobiliers Sofidy. Et la Foncière Atland, actionnaire majoritaire de la société de gestion de SCPI Voisin, a pris une participation de 60% au capital de Fundimmo en juillet dernier.

400 millions pour les SCPI Voisin

Foncière Atland, maison mère de la société de gestion Voisin, a publié son chiffre d’affaires trimestriel. Il progresse de près de 50%, en raison notamment d’une nouvelle envolée de la collecte en SCPI : + 80 %.

Foncière Atland, maison mère de la société de gestion de SCPI Voisin, mais aussi, dorénavant, actionnaire majoritaire de la plateforme de crowdfunding immobilier Fundimmo, vient de publier un chiffre d’affaires trimestriel de nouveau en forte hausse. Celui-ci progresse de 50% par rapport à son niveau à fin septembre 2018. C’est mieux qu’au 1er semestre, où la foncière annonçait une progression annualisée de son chiffre d’affaires consolidé de + 43 %.

Foncière Atland : un chiffre d’affaires tiré par l’activité pour compte de tiers

Et, une nouvelle fois, c’est l’activité de gestion pour compte de tiers qui explique l’essentiel de la hausse. Avec des revenus de 21,3 M€ (sur un total de 25,7 M€), ce pôle affiche une croissance de 71,5%, contre seulement 10,1% pour l’activité investissements pour compte propre (3,9 M€ de chiffre d’affaires). Des revenus quant à eux essentiellement issus des loyers générés par les immeubles construits et conservés par la foncière, qui s’est délestée au cours du dernier trimestre de deux actifs non stratégiques acquis en 2007. Atland, qui privilégie désormais la construction pour compte propre, s’est également essayée à l’activité promotion en 2018, qui n’a en revanche pas généré de chiffre d’affaires en 2019. L’activité de gestion pour compte de tiers est, quant à elle, portée par la forte collecte dont bénéficient les SCPI gérées par sa filiale Voisin. Trimestre après trimestre, ces dernières enregistrent de nouveaux records de souscriptions. Fin septembre, leur collecte brute, d’environ 400 M€, dépasse le niveau déjà exceptionnel constaté en 2018 (environ 350 M€).

SCPI Voisin : Epargne Pierre toujours en vedette, montée en puissance de MyShareSCPI

C’est toujours la SCPI phare de Voisin, Epargne Pierre, qui concentre l’essentiel des souscriptions avec une collecte de plus de 331 M€ sur les neufs derniers mois de 2019. Une croissance exponentielle qui l’oblige à multiplier les acquisitions pour investir les sommes récoltées – la SCPI vient encore d’annoncer l’acquisition de l’immeuble SX B1, à Strasbourg, pour environ 16 M€ – mais qui, pour l’instant, ne semble pas affecter sa rentabilité. Mais une autre SCPI commence elle aussi à afficher des niveaux de souscription soutenus : MyShareSCPI, développée en partenariat depuis 2018 avec AXA Drouot Estate, et lauréate du Prix de l’Innovation de la Pierre-Papier en 2018, avait recueilli fin septembre 62 M€ de capitaux supplémentaires. Sa collecte du 3e trimestre, d’environ 37 M€, est de plus de 50% supérieure à celle du 2e trimestre (environ 24,7 M€), elle-même supérieure de 27% à celle du trimestre précédent.

Foncière Atland : un taux de rendement locatif net de 7,15% sur l’activité gestion pour compte de tiers

Foncière Atland peut en outre désormais s’appuyer, outre Voisin, sur la plateforme de crowdfunding immobilier Fundimmo, dont elle a acquis 60% du capital en juillet dernier. Cette dernière connaît elle aussi un rythme de croissance important, puisqu’elle affiche une collecte, fin septembre 2019, de 20 M€, soit 63% de plus que sur les neuf premiers mois de 2018. Foncière Atland, qui gérait un portefeuille immobilier de près de 1,5 Md€ fin septembre, toutes activités confondues, confirme son objectif d’atteindre 2 Md€ d’actifs sous gestion fin 2021. En termes de rentabilité, la foncière rappelle qu’à fin juin le taux de rendement locatif net sur son patrimoine détenu en propre s’établissait à 8,73%, et à 7,15% sur celui géré pour le compte de tiers. Pour mémoire, le cours de Foncière Atland affiche une performance positive d’environ 38% depuis le 1er janvier 2019…

Frédéric Tixier


A propos de Foncière Atland(i)

Partenaire immobilier des entreprises, Foncière Atland est une société d’investissement immobilier cotée (SIIC) intervenant au travers de ses activités d’investissement, d’asset management et de développement d’opérations de clés en main locatifs. Foncière Atland est la filiale cotée du Groupe Atland. A la fois promoteur, investisseur et gestionnaire d’actifs, Atland, est un acteur global de l’immobilier de 170 collaborateurs, qui intervient sur deux marchés : le logement et l’immobilier d’entreprise. Ses clients sont les particuliers, les investisseurs professionnels et les entreprises. Foncière Atland est également présente sur le marché des SCPI via sa filiale Voisin, société de gestion de portefeuille agréée par l’AMF gérant 4 SCPI pour le compte de plus de 15 000 associés et 2 OPCI professionnels avec comme associés PGGM et AG Real Estate. Au 30 septembre 2019, Foncière Atland et ses filiales gèrent pour compte propre et compte de tiers un patrimoine immobilier de 1,5 milliard d’euros hors droits représentant un loyer total de 94 millions d’euros. Foncière Atland est cotée sur Eurolist C (FR0000064362). 

(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

Crowdfunding immobilier, acte IV : les différents types de supports d’investissement

Les plateformes de crowdfunding immobilier peuvent proposer différents types de supports d’investissement. Obligations, mais aussi actions, prêts ou autres comptes courants d’associés, le risque porté par l’investisseur est donc là aussi à géométrie variable. Episode IV – et final – de la saga « crowdfunding immobilier : comprendre comment – et dans quoi – vous investissez¹ »…

Au-delà de l’analyse de la destination des fonds levés (voir « Crowdfunding immobilier, acte I : où sont investis les fonds collectés ? », « Crowdfunding immobilier, acte II : les différents types de projets proposés »), et de celle du statut juridique des opérateurs (voir « Crowdfunding immobilier, acte III : la nature juridique des entités recevant – ou utilisant – les fonds »), il faut également se pencher sur la nature juridique du support de l’investissement en crowdfunding immobilier. Car, d’une plateforme et/ou d’un projet à l’autre, les formules proposées peuvent varier. Obligations, mais aussi actions, prêts ou autres comptes courants d’associés, le risque porté par l’investisseur est donc là aussi à géométrie variable…

Les actions

Il s’agit d’un titre financier qui représente une fraction du capital de l’entreprise qui l’a émise. La plateforme permet ainsi aux investisseurs de souscrire au capital de petites et moyennes entreprises non cotées. Ceux-ci deviennent actionnaires, et donc propriétaires d’une partie des programmes proposés. L’actionnaire n’est pas tenu personnellement responsable si l’entreprise n’est pas capable de régler ses dettes. Dès lors, la valeur maximum que l’actionnaire peut perdre est celle du placement.

Les obligations

Une obligation est un titre financier représentant une part de dette émise par une entreprise, une collectivité territoriale ou un Etat. Elle représente un contrat entre l’émetteur et les détenteurs successifs du titre, ayant comme éléments principaux l’échéancier des flux financiers (montant facial emprunté par l’obligation, modalités de remboursement et de paiement des intérêts) et leur mode de calcul (à taux fixe, à taux variable). Certaines obligations présentent des caractéristiques particulières (convertibles en action, par exemple). Dans le cadre de l’investissement direct auprès de l’émetteur, sans que les investisseurs ne soient regroupés dans une structure spécifique interposée, ces derniers achètent directement des obligations et deviennent donc les créanciers du porteur de projet. Dans le cadre d’un investissement indirect (via une SAS holding, ou « société interposée »), l’investisseur souscrit également des obligations. Mais l’argent ainsi collecté par la structure interposée ne « s’arrête » pas là. Il est ensuite investi en tant que compte courant d’associés d’une SAS, ou d’une SCICV, dédiée au projet financé.

Le compte courant d’associé

Il s’agit d’un compte ouvert au nom d’un associé d’une société, dans les livres comptables de celle-ci, sur lequel figure les sommes laissées ou mises à la disposition de la société par cet associé en sus des parts du capital. Inscrites au passif du bilan, ces sommes peuvent produire des intérêts pour le titulaire (associé investisseur). Un risque lié au rang de séniorité existe donc.

Les prêts

L’investisseur (uniquement une personne physique) prête une somme d’argent au porteur du projet, et sous certaines conditions (taux d’intérêt, durée du prêt, échéance de remboursement du capital restant dû, éventuellement modalités de remboursement anticipé…). Cette somme ne peut excéder 2 000 € par prêteur et par projet. La durée de ces crédits ne peut excéder 7 ans.

Les royalties (ou revenue based finance)

Il s’agit d’une solution alternative à la levée de fonds traditionnelle, souvent considérée commehybride entre le financement par emprunt et le financement par capitaux propres. En effet, le capital de la société en recherche de fonds n’est pas partagé. Les versements dépendent des revenus du projet et sont calculés en pourcentage de ces revenus (chiffre d’affaires ou économies réalisées). Les conditions encadrant le paiement de la redevance sont définies dans un « contrat de cession de revenus futurs » conclu entre le chef d’entreprise et les investisseurs, et qui remplace le pacte d’actionnaire et la cession de titres. La durée de paiement dépend de la capacité du porteur de projet à rembourser les investisseurs de leur capital initialement investi et du pourcentage des revenus prédéfinis dans le « contrat de cession de revenus futurs ». L’investisseur dispose donc d’un droit à une espérance de gain proportionnel à la (non-) réussite du projet. Si le projet réussit, l’investisseur reçoit à échéance définie une part des revenus (royalties) de l’entreprise financée. Attention, le royalty-based crowdfunding n’est assimilé ni à un investissement en capital, ni à un titre financier, ni à un prêt, au sens des codes monétaires et financiers : il n’est actuellement soumis à aucune réglementation financière…

Les parts sociales

Les investisseurs – 50 au maximum – cofinancent un bien immobilier acquis par un véhicule d’investissement – une « SAS de gestion immobilière» -, via la souscription de ses parts sociales. Ils deviennent donc associés d’une société à responsabilité limitée d’acquisition-vente de biens immobiliers. La SAS dédiée met en place des dispositions statutaires conférant à la collectivité des associés le pouvoir de délibérer, avec l’application d’un pourcentage de quorum minimum (a priori de 80% à 50%, suivant les types de décisions, structurantes ou non). Ainsi, les associés investisseurs assurent de la gestion locative de biens immobiliers (voir « Le crowdinvesting, un nouveau défi pour la pierre-papier? »)

En résumé, même si les offres en crowdfunding immobilier sont aujourd’hui très majoritairement construites autour des émissions d’obligations (avec ou sans société interposée), les possibilités offertes par les différents supports pouvant être proposés à la souscription, ajoutées à celles des différentes natures juridiques autorisées pour les entités recevant les fonds, peuvent faire naître un grand nombre de montages financiers spécifiques. A cette relative complexité, le crowdfunding immobilier ajoute, à l’instar de tout autre placement financier, des risques spécifiques liés aux supports de l’investissement. Il est donc encore plus impératif de bien vérifier que le placement proposé soit bien adapté à l’investisseur, et que celui-ci en a bien saisi la nature et le risque associé.

Céline Mahinc

[1] Comprendre comment – et dans quoi – vous investissez. Pas d’autres informations ici ?

Crowdfunding immobilier, acte III : la nature juridique des entités recevant - ou utilisant - les fonds

Les plateformes de crowdfunding immobilier proposent des montages financiers plus ou moins complexes.
Selon la nature juridique de l’entité qui reçoit les fonds levés, le support d’investissement utilisé, le statut des créanciers, le risque porté par l’investisseur est à géométrie variable… C’est l’objet de cet épisode III de la saga « crowdfunding immobilier : comprendre comment – et dans quoi – vous investissez¹ »…

En matière d’investissement, le rendement associé à un placement rémunère le risque encouru par l’investisseur. Avec, dans un monde idéal, une stricte corrélation entre le rendement et le risque. Le crowdfunding immobilier demande toutefois une autre grille de lecture que le seul taux de rendement.

Une grille de lecture du risque plus complexe

En effet, si l’on peut appréhender les caractéristiques d’un projet, selon l’utilisation spécifique ou générique des fonds (voir « Crowdfunding immobilier, acte I : où sont investis les fonds collectés ? ») ou leur destination (voir « Crowdfunding immobilier, acte II : les différents types de projets proposés »), la situation doit être analysée plus en détail. Les plateformes de crowdfunding immobilier proposent en effet des montages financiers plus ou moins complexes, utilisant divers supports d’investissement. Ainsi, suivant la nature juridique de l’entité qui reçoit les fonds levés, suivant les différents types de supports d’investissement utilisés et suivant le type de créanciers prêtant et investissant cet argent, le montage financier – et de ce fait le risque porté – diffèrent. Or, l’analyse détaillée des montages financiers révèle une forte hétérogénéité dans la nature juridique de l’entité qui lève ou reçoit les fonds collectés auprès des investisseurs, et/ou de celle qui a opérationnellement la charge de la réalisation du projet immobilier. Mais également dans la nature du montage juridique, direct ou indirect, permettant la collecte des fonds.

Montage direct ou montage indirect ?

Lorsqu’un holding est interposé entre la société opérationnelle et les investisseurs, on parle de montage indirect. Dans la quasi-totalité des cas, l’entité juridique interposée qui reçoit les fonds collectés est une SAS². Ces fonds sont ensuite orientés vers l’entité opérationnelle, positionnée en deuxième niveau. Cette dernière est le plus souvent une SAS ou une SCICV³(très peu de quoi ?sont en SA, en SCI ou en SARL). Lorsque, à l’inverse, la société opérationnellement en charge de la réalisation du projet reçoit directement les fonds, on parle alors de montage direct. Dans la quasi-totalité des cas, l’entité juridique qui reçoit les fonds est aussi une SAS. Les statuts de SCICVou de SARL sont également possibles. Jusqu’à fin juin 2016, quelques plateformes proposaient encore des parts de SCI (un peu plus de 4% des projets financés en 2016). Mais ce type de montage semble désormais réservé au « Club Deal »,puisque l’offre au public de parts de SCI est interdite. La nature de l’entité juridique peut donc varier d’un programme à l’autre et d’un montage juridique à un autre. Et, de ce fait, impacter potentiellement la protection de l’associé investisseur, puisque certaines formes sociétaires peuvent générer un engagement en responsabilité illimité, si on n’y prend garde…

Que disent les législateurs et les régulateurs ?

Au-delà de la responsabilité « commerciale » liée à la forme sociétaire, il faut également s’intéresser au risque juridique lié à la nature du montage. L’AMF et l’ACPR précisent que « les plateformes peuvent créer une société holding pour regrouper les actionnaires d’une unique société cible afin de simplifier les relations avec le porteur de projet ainsi qu’ultérieurement, avec l’éventuel repreneur»5. Une analyse au cas par cas s’impose donc, afin d’apprécier si la société holding entre ou non dans le champ de la directive AIFM, notamment au vu de sa politique d’investissement et de son objet. Par exemple, un holding dont l’objet va au-delà de la gestion administrative de la relation avec les porteurs de projet, et/ou qui pourrait prendre une décision d’investissement ou de désinvestissement sur la cible ou d’autres actifs de manière autonome, pourrait ainsi être un FIA6. Autre exemple, en fonction de l’utilisation des fonds levés : ont-ils vocation à financer leur propre structure (= non FIA), ou constituent-ils une solution d’épargne avec un sous-jacent immobilier (= FIA) ? Dans cette seconde hypothèse, la société holding doit alors être gérée par une société de gestion de portefeuille agréée ou elle-même être agréée en tant que véhicule autogéré. Elle doit, dans tous les cas, se conformer aux obligations applicables aux gestionnaires de FIA.

Evolution des pratiques de l’industrie du crowdfunding

Il existe une autre problématique potentielle, soulevée cette fois-ci par le législateur : celle d’une possible «distorsion intellectuelle». Il peut en effet paraître étonnant d’investir via une souscription obligataire pour se retrouver, in fine, investi en compte courant… Raison sans doute pour laquelle l’AMF semble mettre en œuvre une modification des usages au niveau des montages juridiques recevant et/ou utilisant les fonds. Les nouvelles plateformes, récemment agréées, semblent en effet uniquement fonctionner en montage direct. Si une évolution des pratiques de l’industrie est bien en œuvre, certaines plateformes proposent encore toutefois les deux types de montage (direct et indirect). Environ 70% des levées de fonds sont de fait réalisées par 5 plateformes, où figurent les plus anciennes, précisément celles ayant eu l’agrément AMF avant la mise en œuvre de la modification des usages au niveau des montages juridiques. Ces plateformes sont, en pratique, soit « en restructuration d’offre », soit elles interviennent alors que le porteur de projet a déjà constitué sa SCICV. Ce dernier, bien avancé dans son projet, peut alors difficilement « switcher » vers la formule SAS…

Céline Mahinc


[1] Comprendre comment – et dans quoi – vous investissez.
[2] Société par actions simplifiée.
[3] Société civile immobilière de construction-vente.
[4] Société Civile de Construction Vente
[5] Guide d’information sur le cadre applicable au financement participatif du 9 mai 2017.
[6] Fonds d’investissement alternatif.