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Déjà deux actifs pour la SCPI Optimale, et un premier dividende

La SCPI lancée en septembre dernier par Consultim AM a déjà procédé à deux acquisitions. Trois opérations supplémentaires sont en cours d’examen. Optimale a versé un 1er dividende mensuel en novembre.

Une par mois… Quelques semaines après son lancement officiel, en septembre dernier, la SCPI Optimale a procédé à sa 1ère acquisition. Suivie d’une deuxième le mois suivant. Le tout pour un montant global de 4,86 M€.

Optimale: focus sur les actifs de proximité

Ces deux premières opérations sont bien en phase avec la stratégie d’investissement d’Optimale, qui vise à privilégier des actifs « de proximité ». Avec des caractéristiques particulières. Ces biens doivent être « loués à des locataires fonctionnant en circuit court ». Et ces locataires devront avoir une « utilité locale », ainsi qu’une zone de chalandise « adaptée ou à taille humaine ». Des critères qui poussent nécessairement la SCPI gérée par Consultim AM à cibler des actifs d’une taille plutôt inférieure à 5 M€. Ce qui est le cas du premier bien acquis par Optimale : un commerce alimentaire exploité par une enseigne discount (Leader Price).

Deux opérations déjà réalisées

Une activité qui, selon la société de gestion, se situe « au plus près des besoins des habitants du quartier. Et s’avère particulièrement résiliente, en particulier dans le contexte actuel ». Situé à Villenave d’Ornon, près de Bordeaux, son prix d’acquisition est de 4,26 M€. Et son rendement immédiat ressort à 5,73%. La seconde opération, finalisée fin novembre, porte sur un actif de plus petite taille. Il s’agit d’un espace d’accueil et de bureaux situé au sein du nouveau quartier d’affaires du Grand Dax. D’une superficie de 208 m², il est loué, dans le cadre d’un bail d’une durée de 9 ans fermes, à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat des Landes. Une opération qui elle aussi conforte le positionnement d’Optimale : acheter des actifs loués « à des locataires de premier rang pour une durée longue dans des quartiers au cœur de l’activité économique ».

Près de 5 M€ déjà investis, et 30 M€ en ligne de mire

Le prix de la transaction landaise est de 0,6 M€. Le rendement immédiat du bien est de 7,34%. Ce qui, précise Consultim AM, « porte le patrimoine immobilier à un volume acte en mains de 4,9 M€, pour un rendement de près de 6% ». Mais d’autres opérations sont déjà dans le « pipe ». Selon la société de gestion, trois autres dossiers seraient actuellement en exclusivité. Consultim AM espère les conclure avant la fin du 1er trimestre 2021. Si ces acquisitions se concrétisaient, elles porteraient le volume d’investissement de la SCPI « à environ 15 M€ ». Pour un rendement global « de 6,4% ». Le gestionnaire étudie même déjà d’autres cibles potentielles, afin de « déployer environ 30 M€ d’investissements d’ici mi-2021 ».

Des espoirs de collecte soutenue

Des projections qui dépendent toutefois des résultats qu’obtiendra la SCPI en termes de collecte. Au 20 novembre, Optimale affichait une capitalisation de 4,58 M€. Contre 0,9 M€ à sa création. Soit un rythme de collecte mensuelle d’environ 1,8 M€. Ce qui, compte tenu du contexte, est largement encourageant. Mais, si elle veut concrétiser ses projets d’acquisitions, il lui faudra faire encore mieux au cours des prochains mois. Pour réaliser, par exemple, 10 M€ d’investissements supplémentaires avant la fin du 1er trimestre 2021, elle devra recueillir au moins 2,5 M€ de nouvelles souscriptions mensuelles. Sauf à utiliser plus largement l’effet de levier du crédit. La SCPI est en effet autorisée à s’endetter jusqu’à 40% de la valeur de ses actifs…

Un premier acompte sur dividende en novembre

En attendant, Optimale tient ses engagements en termes de rentabilité. Elle promettait un rendement annuel compris entre 5% et 6%. Le premier acompte sur dividende, versé au titre de novembre[1], est dans l’objectif. Il correspond à un rendement annualisé (DVM) de 5,52%. Pour la suite, Consultim AM reste optimiste. Elle prévient toutefois que la capacité de distribution mensuelle de la SCPI est « étroitement corrélée au rendement et à la date d’acquisition de chaque actif ». Et que donc, tout décalage dans le programme d’investissement pourrait « conduire à devoir moduler, à la hausse comme à la baisse, les distributions au cours des prochains mois ». Mais, précise toutefois le gestionnaire, « sans remettre en cause l’objectif de distribution annualisée de 5% à 6% ».

Frédéric Tixier


[1] Optimale a choisi de verser les acomptes sur dividende sur un rythme mensuel


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A propos de Consultim AM(i)

Consultim Asset Management est une société de gestion indépendante agréée par l’Autorité des Marchés Financiers sous le numéro GP-20000013 en date du 28 mai 2020. Consultim AM est née de la rencontre entre Benjamin Nicaise, président fondateur de Consultim Groupe et Andràs Boros, président de Consultim AM. Ils ont voulu créer une société de gestion « nouvelle génération » conjuguant une vision à long terme du monde de demain, l’expertise immobilière et financière de l’équipe de gestion, et l’ADN d’un groupe disruptif et innovant.

A propos de Consultim(i)

Le Groupe Consultim s’impose depuis près de 25 ans comme la référence de l’immobilier d’investissement. Depuis sa création en 1995, le Groupe Consultim a commercialisé, par l’intermédiaire de son réseau de professionnels du patrimoine, plus de 60 000 logements pour un volume supérieur à 9 milliards d’euros. Basé à Nantes, le Groupe compte aujourd’hui plus de 200 collaborateurs.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

SCPI Allianz Pierre : progression du dividende au 3e trimestre

La SCPI à dominante bureaux gérée par Immovalor Gestion a révisé à la hausse son 3e acompte trimestriel. Le niveau final de son dividende 2020 n’est pas encore fixé. Il est pour l’heure virtuellement inférieur à celui de 2019. Mais Allianz Pierre dispose de très importantes réserves. Analyse.

« Nous restons persuadés que les fondamentaux d’Allianz Pierre sont bons », affirme Immovalor Gestion dans le dernier bulletin trimestriel de sa SCPI Allianz Pierre. Le véhicule, dont la capitalisation frôle 1,5 milliard d’euros, a effectivement plusieurs arguments à faire valoir.

Une SCPI de bureaux franciliens très diversifiée

Outre sa taille, gage de forte diversification, elle met en avant sa spécialisation sectorielle (bureaux) et géographique (Ile-de-France). « Là où le taux de vacance des bureaux est le plus bas », rappelle la SCPI. A l’inverse, sa faible exposition au secteur du commerce (8,58%) et l’absence d’actif dans celui du tourisme la mettent à l’abri des acteurs économiques les plus touchés par la crise sanitaire. Côté locataires (plus de 330 à ce jour), on retrouve ce critère de diversification. « Aucun locataire ne dépasse 5% de la masse locative », affirme Allianz Pierre. Ces derniers exercent dans divers secteurs économiques. Pas d’interdépendance à une activité spécifique, donc. Et tous sont sélectionnés selon des critères financiers bien précis.

Etalements ou abandons de loyers accordés à certains locataires

Il n’en reste pas moins que les entreprises locataires de la SCPI ont, en partie, été touchées par la crise. Allianz Pierre a d’ailleurs accordé des étalements ou des abandons de loyers aux PME les plus affectées. Ces sommes représentent « moins de 3% de la masse locative du 2e trimestre ». Le taux d’encaissement des loyers s’est en conséquence contracté. Il est passé de 92% (au 2T) à 89% (au 3T). Le taux d’occupation est lui aussi en recul, de 93,09% à 92,07%. Rappelons que ces niveaux restent toutefois historiquement très corrects pour Allianz Pierre, qui avait pris en 2018 des mesures visant à améliorer ce ratio. La société de gestion a néanmoins voulu savoir à quel risque de défaillance elle était réellement exposée.

Prudence, malgré un faible risque de défaut

Elle a donc demandé à la société Data Altares de procéder à la mise en place d’un baromètre trimestriel de la santé de ses locataires. Les résultats sont encourageants. « A fin septembre, plus de 84,4% d’entre eux ressortent avec un risque faible, voir nul, de défaut à 12 mois », rapporte la SCPI. Mais sa société de gestion reste prudente. Elle a bien conscience que la crise économique qui s’amorce pourra avoir des conséquences plus importantes sur son activité. Telles que des renégociations de baux (en raison du développement du télétravail). Des départs de locataires, fragilisés par la crise. Ou, plus globalement, une pression baissière sur le niveau des loyers.

Révision à la hausse du 3e acompte sur dividende

Cette prudence n’empêche toutefois pas la SCPI de distribuer un 3e acompte sur dividende (3,45 € par part) en progression de 9,5% par rapport aux 1er et 2e trimestres (3,15 €). Cette hausse est cependant à relativiser. Dans la mesure où les deux premiers acomptes 2020 avaient été fixés à des niveaux inférieurs à ceux de 2019. Immovalor Gestion avait en effet décidé en avril dernier, comme le précisait alors Jean-Pierre Quatrhomme, son président, de réduire d’un peu plus de 9,6% le 1er acompte 2020 (3,15 € vs 3,45 € au 1T 2019). Une opération renouvelée au 2T, dans des proportions plus importantes (3,15 € vs 3,60 € au 2T 2019). L’acompte du 3T 2020 est d’ailleurs, lui aussi, inférieur à celui du 3T 2019 (3,60 €).

Des réserves disponibles pour améliorer le dividende annuel

Au total, le montant des trois acomptes 2020 (9,75 €) est donc encore en retrait d’un peu plus de 9% par rapport à celui versé au cours des 3 premiers trimestres 2019 (10,65 €). Immovalor Gestion n’a pas encore décidé du montant du 4e acompte. Celui de 2019 (3,63 €) intégrait, pour partie (0,99€), des sommes issues de la réserve de plus-values. Rien ne dit que la société y aura encore recours cette année. Ni dans quelles proportions. Elle dispose en revanche de toute latitude dans ce domaine. Le niveau de report à nouveau (RAN) d’Allianz Pierre lui permettrait en effet de distribuer l’équivalent de 2,1 mois de revenus. En y ajoutant ses réserves sur les plus-values distribuables, sa capacité de distribution passe à 6 mois.

Des ratios protecteurs

Mieux encore, en tenant compte de ses seules plus-values potentielles, elle serait en mesure (si ces plus-values étaient matérialisées par des ventes) d’assurer l’équivalent de 5,11 années de revenus. Un ratio qui la place d’ailleurs à la 3e place des grandes SCPI de bureaux les mieux pourvues dans ce domaine… Ajoutons qu’Allianz Pierre présente également deux autres ratios protecteurs. En premier lieu, un taux d’endettement particulièrement faible… puisqu’égal à zéro. Et, en second lieu, une valeur de reconstitution (372,86 €) située dans la fourchette haute (+9,66%) de son prix de souscription (340 €). Ce qui la protège contre une éventuelle – et d’ailleurs hypothétique – révision à la baisse de la valeur de son patrimoine fin 2020. Des bonnes nouvelles, donc, pour les associés d’Allianz Pierre. Qui restent néanmoins dans l’expectative quant au niveau de leur dividende 2020…

 

Frédéric Tixier


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A propos d’Immovalor Gestion(i)

Créée en 1983, Immovalor Gestion est une société de gestion de portefeuille agréée par l’Autorité des marchés financiers, qui gère des SCPI pour le compte de 30 624 associés. C’est une filiale à 100% du Groupe Allianz. Elle gère actuellement 4,994 milliards d’euros actifs (valeur brute estimée au 31/12/2019) représentant 2156 appartements résidentiels et 700 000 m² d’immobilier d’entreprise. Au travers de 1 SCPI de bureaux, 8 SCPI fiscales, 2 SCI (sociétés civiles immobilières – unités de compte), et 5 OPPCI (organismes professionnels de placement collectif immobilier).

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Locaux d’activités : un investissement prometteur

Le confinement, lié à la crise sanitaire, a mis en lumière le rôle essentiel de la livraison de marchandises dans la vie économique. Les locaux industriels (entrepôts, parcs d’activités et logistique du dernier kilomètre) ont ainsi révélé tout leur potentiel ! Retour sur cette classe d’actifs méconnue et pourtant au cœur même de l’économie….

Une multitude de dénominations et terminologies

L’immobilier dit « d’activités » recèle plusieurs terminologies avec des réalités très différentes. Il peut parfois être difficile de s’y retrouver…

ENTREPOT LOGISTIQUE

Entrepôt destiné au stockage et à la gestion du flux des marchandises, avec une faible proportion de bureaux.

Taille : de 10 000 m² à 150 000 m²

Hauteur : > 9,30 m

Ratio de bureaux : 5%

MESSAGERIE / PLATE-FORME DE « CROSS-DOCKING »

Bâtiment adapté à un besoin spécifique, où les marchandises ne font que transiter pour effectuer une réexpédition immédiate à destination des magasins ou du client final.

Taille : de 1 000 m² à 10 000 m²

Hauteur : de 6 à 7 m

BATIMENT D’ACTIVITÉS / MIXTE

Bâtiment consacré à l’exercice d’une activité artisanale, commerciale ou d’une production industrielle réduite – souvent construit pour un besoin spécifique (clé-en-main).

Ratio de bureaux : de 30% à 60%

PARC D’ACTIVITÉS

Ensemble clos composé d’un ou plusieurs bâtiments divisibles, à usage principal d’activités & industriel – avec une prestation et des services communs pour les occupants (restauration, loisirs, conciergerie…).

Taille du parc : >3 000 m²

Taille des lots : de 150 m² à 1 000 m²

Hauteur : > 5,5 m

Ratio de bureaux : < 30%

BUSINESS PARK / PARC TERTIAIRE

A ne pas confondre avec le parc d’activités : ensemble clos composé d’un ou plusieurs bâtiments divisibles, avec une prestation et des services communs pour les occupants (restauration, loisirs, conciergerie…), mais à usage principal de bureaux.

Ratio de bureaux : > 50%

Pourquoi investir dans les Parcs d’activités ?

Les parcs d’activités bénéficient d’incomparables atouts en termes d’investissement immobilier :

Polyvalence des bâtiments

Leur permettant de répondre à une diversité d’usages comme : la logistique du « dernier km », le loisir, les services, les datacenters, la biotechnologie, la production, les grossistes…

Flexibilité des lots

Pouvant être jumelés ou divisés, ce qui permet de répondre à une demande locative élargie, à partir de 150 m².

Localisation stratégique

Au sein des bassins de consommation, idéale pour la logistique du « dernier km » (également appelée « logistique urbaine », expression désignant l’ensemble des agents, opérations et équipements associés et mis en œuvre dans les derniers segments de la chaîne de distribution finale des biens ou services).

Simplicité des bâtiments

Faciles à retravailler sur le plan technique et qui échappent, dans la plupart des cas, aux contraintes réglementaires liées aux ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement).

Mutation potentielle des Parcs

Avec la densification urbaine, possibilité de requalification d’un site d’activités en bureaux, résidentiel ou commerce, permettant une revalorisation du foncier à terme.

Forte diversification locative (multi-locataires)

Entraînant une résilience des cash-flows pour les investisseurs.

Rendements initiaux élevés des immeubles

Par rapport aux bureaux et à la logistique…

Faible sensibilité des valeurs locatives aux cycles de marché

Marché étroit

500 M€ investis en moyenne en France sur les 10 dernières années, principalement par des fonds étrangers (américains et anglo-saxons).

Néanmoins, en termes de gestion locative, la spécificité des Parcs d’activités réside dans l’intervention d’un Asset Manager spécialisé, avec une équipe proactive présente sur le terrain et proche de ses clients-locataires. A titre d’exemple, un portefeuille composé de 500 locataires peut générer entre 70 et 80 signatures de baux par an (soit 2 signatures par semaine environ). Et le taux de rétention des locataires sur ce type d’actifs est de l’ordre de 15%. Le maillage territorial est donc essentiel pour développer une relation de proximité et ainsi obtenir des performances significatives.

Un potentiel accentué par la crise sanitaire

La crise sanitaire de la Covid-19 et les mesures de confinement adoptées par le Gouvernement ont mis en avant le rôle essentiel de la livraison de marchandises dans la vie économique.

En effet, pendant cette période de confinement, les entrepôts sont restés opérationnels et ont même joué un rôle vital dans la distribution de biens de premières nécessités, indispensables au bon fonctionnement du pays. La demande logistique du « dernier km » s’est accélérée, rendant l’investissement dans cette classe d’actifs très attractif.

Le développement du e-commerce a induit la nécessité de disposer de petites plateformes de diffusion des produits au sein même des bassins de consommation, afin de permettre une livraison rapide des colis par camionnette. Les Parcs d’activités répondent parfaitement à ce besoin en proposant des locaux de logistique urbaine avec un panel de surface élargie, construits en périphérie immédiate des villes.


Accélération de la demande de locaux de production

Notre dépendance vis-à-vis des importations de produits fabriqués à l’étranger a ainsi été questionnée. Et va très probablement relancer notre industrialisation. A moyen terme, cette « réindustrialisation » pourrait se traduire par l’accélération de la demande de locaux de production et d’activités à proximité des bassins de consommation, et ainsi améliorer l’attractivité des parcs d’activités.

Enfin, la nouvelle génération de parcs d’activités, loin de l’image des parcs vieillissants, propose aujourd’hui des lieux de vie propices au bien-être des utilisateurs, grâce à la présence de services communs (restauration, conciergerie, salles de sport, espaces verts…), et dispose de larges espaces. Autant d’atouts précieux dans le contexte actuel pour les locataires.

Une classe d’actifs résiliente

Cette classe d’actifs encore méconnue démontre donc sa résilience, aussi bien dans le marché locatif, que dans le marché de l’investissement. Le parc d’activités devient aujourd’hui une réelle source d’opportunités d’investissement.

Investir dans les locaux d’activités, c’est allier sens et performance – à condition toutefois d’y associer un véritable savoir-faire en matière d’asset management.

Lionel Lacroix

Les principaux investissements de Foncière Magellan dans les Parcs d’activités

Foncière Magellan investit depuis 10 ans maintenant, dans des Business Parcs et des Parcs d’activités, principalement aux côtés d’investisseurs institutionnels. Ses investissements en Business Parcs se sont portés notamment sur le « Parc du Moulin à Vent » (35 000 m²) situé en région lyonnaise, rebaptisé « Green CampusPark » sur lequel est déployé un programme ambitieux de « reverdissement » des bâtiments, ainsi que sur l’ensemble « TecParc » (12 000 m²) situé à Créteil (94) et entièrement loué aujourd’hui, avec plus de 15 locataires.

Marque « Magellan Parc »

En parallèle, la marque « Magellan Parc » dédiée aux « Parcs d’activités » a été lancée. Elle représente à ce jour plus de 100 000 m² d’investissements, en Ile de France et dans des grandes métropoles régionales, telles que Marseille, Lille, Strasbourg, Metz et Nancy. La dernière acquisition s’est portée sur le « Technoparc des Florides » situé à Marseille-Marignane, développant près de 10 000m² et dont la dernière tranche sera livrée au 1er trimestre 2021.

 


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A propos de Foncière Magellan(i)

Foncière Magellan est une société de gestion indépendante – spécialiste de l’investissement immobilier tertiaire en région et agréée par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). Elle assure la création et la gestion de fonds d’investissements immobiliers à destination d’investisseurs privés et institutionnels, et propose des supports et montages juridiques variés répondant à chaque problématique patrimoniale : OPPCI, Club deals dédiés, SCPI, FPCI… Ses investissements s’intègrent dans des projets immobiliers innovants et durables pour les territoires. Elle dispose aujourd’hui d’un parc immobilier de plus de 462 865 m² et de plus d’un milliard d’euros d’actifs sous gestion.

« Optimale », la première SCPI lancée par Consultim AM

Elle est ouverte aux souscriptions depuis le 15 septembre. Son crédo : des actifs immobiliers de proximité, des locataires ancrés localement et « fonctionnant en circuit court ». Particularité : des dividendes distribués mensuellement.  

« Le contexte actuel offre une opportunité exceptionnelle : partir d’une page blanche. Pour constituer un patrimoine immobilier en phase avec les profondes mutations de nos usages et modes de vie », explique Consultim AM dans le communiqué annonçant la création de sa 1ère SCPI, « Optimale ».

Optimale, une SCPI diversifiée sur l’ensemble des classes d’actifs immobilières

Cette SCPI de rendement, ouverte aux souscriptions depuis le 15 septembre, couvrira l’ensemble des classes d’actifs immobilières. Autrement dit, elle diversifiera ses investissements entre actifs de commerce, bureaux, logistique, santé, tourisme. La société de gestion revendique une double grille d’analyse et de sélection. Une approche purement immobilière : emplacement, qualité du bâti, réversibilité, etc. Et une approche plus économique, « pour détecter les grandes tendances sociétales, et les locataires qui s’y adaptent le mieux ». L’idée est de s’adapter et d’anticiper « les profondes mutations de nos usages et de nos modes de vie », accélérées par la crise sanitaire. Parmi ces mutations : plus de frugalité dans les modes de consommation, une pause dans le phénomène de métropolisation. Et un recentrage sur l’économie locale.

Priorité aux actifs de proximité et aux locataires ancrés localement

C’est la raison pour laquelle Optimale visera en priorité des actifs de proximité, « loués à des locataires fonctionnant en circuit court ». Ces locataires devront avoir une « utilité locale », et une zone de chalandise « adaptée ou à taille humaine ». Logiquement, les actifs immobiliers hébergeant ce type de locataires seront rarement de très grande taille, ou valorisés à des prix importants. « Les actifs visés seront de taille intermédiaire », généralement compris entre 1 et 5 millions d’euros », précise Consultim AM. Un positionnement qui, à l’instar de celui choisi par d’autres SCPI, comme celles de Sogenial Immobilier par exemple, évite d’entrer en concurrence directe avec les grands investisseurs internationaux. Optimale se cantonnera d’ailleurs exclusivement au marché français. Plusieurs opérations sont en cours de négociation, notamment des actifs du secteur du commerce alimentaire. Un créneau très apprécié par le gestionnaire, pour sa « forte résilience ».

Distribution mensuelle des acomptes sur dividendes

Le prix de souscription est de 250 €, le minimum de souscription de 1 500 € (6 parts). Consultim AM revendique un processus de souscription entièrement dématérialisé. « Y compris pour l’épargne programmée », précise-t-elle. Originalité : le paiement des acomptes sur dividendes sera effectué sur un rythme mensuel. Un crédo initié il y a quelques années par la société de gestion Corum AM. Consultim AM, filiale du groupe Consultim, a obtenu son agrément en tant que société de gestion de SCPI le 28 mai dernier. Elle est dirigée par Andràs Boros (président) et Léonard Hery (directeur général). L’équipe s’est assurée du concours de Nicolas Bouzou, en tant que conseil stratégique. C’est Benjamin Nicaise, fondateur de la plateforme Cerenicimo devenue aujourd’hui Consultim Groupe, qui occupe le poste de président du conseil de surveillance.

Frédéric Tixier


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A propos de Consultim AM(i)

Consultim Asset Management est une société de gestion indépendante agréée par l’Autorité des Marchés Financiers sous le numéro GP-20000013 en date du 28 mai 2020. Consultim AM est née de la rencontre entre Benjamin Nicaise, président fondateur de Consultim Groupe et Andràs Boros, Président de Consultim AM. Ils ont voulu créer une société de gestion « nouvelle génération » conjuguant une vision à long terme du monde de demain, l’expertise immobilière et financière de l’équipe de gestion, et l’ADN d’un groupe disruptif et innovant.

A propos de Consultim(i)

Le Groupe Consultim s’impose depuis près de 25 ans comme la référence de l’immobilier d’investissement. Depuis sa création en 1995, le Groupe Consultim a commercialisé, par l’intermédiaire de son réseau de professionnels du patrimoine, plus de 60 000 logements pour un volume supérieur à 9 milliards d’euros. Basé à Nantes, le Groupe compte aujourd’hui plus de 200 collaborateurs.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Immobilier d’entreprise : repli confirmé au 2e trimestre

La publication des indicateurs Immostat confirme le fort recul des transactions sur le marché francilien au 2trimestre. L’investissement, lui aussi, accuse un très net repli. Les brokers s’attendent à une hausse du taux de vacance dans les prochains mois. Et à une redistribution des valeurs en fonction des profils de risque. 

Après une année 2019 historique, au niveau national, le marché de l’immobilier d’entreprise a subi un recul lui aussi sans précédent au 2e trimestre 2020. Les indicateurs Immostat, publiés ce 7 juillet, viennent confirmer l’ampleur du repli attendu. La crise sanitaire et le confinement ont effectivement conduit à une chute extrêmement brutale des transactions locatives et des ventes à utilisateurs.

Chute du volume des transactions locatives en Ile-de-France

En Ile-de-France, la demande placée au 2e trimestre 2020 ( 197 500 m²) accuse une baisse de 65 % par rapport au 2e trimestre 2019. Sur l’ensemble du 1er semestre, le recul est de 40 %. Elle aurait pu être encore plus importante sans la signature d’un mega deal – 130 000 m² pour la tour The Link à La Défense -. D’après la plupart des brokers membres du GIE Immostat, le 2e semestre ne suffira pas à compenser le trou d’air du 1er. « La demande exprimée repart à la hausse depuis quelques semaines », constate Grégoire de la Ferté, chez CBRE. « Selon l’ampleur et la rapidité de la reprise, le volume des transactions pourrait atteindre entre 1,3 et 1,5 millions de mètres carrés en 2020 », estime-t-il. Soit près d’un million de mètres carrés de moins qu’en 2019…

Remontée attendue des taux de vacance

Il devrait en résulter une remontée des taux de vacance. Les chiffres du second trimestre seront publiés prochainement. Mais, d’ores et déjà, CBRE s’attend à un taux moyen de 6,5 % en Ile-de-France d’ici fin 2020. Certaines zones seraient plus affectées que d’autres. Telles que La Défense ou la 1ère couronne Nord, « compte tenu du nombre important de chantiers en construction », explique Eric Siesse, chez BNP Paribas Real Estate. Paris intra-muros serait en partie préservé. Car « il conserve un taux de disponibilité extrêmement faible », ajoute-t-il. Il était de seulement 2,9 % au 1er juillet 2020. Mais le constat est clair : « le déséquilibre entre les différents pôles tertiaires risque de se renforcer », pronostique-t-on chez CBRE. Côté loyers, les pressions à la baisse devraient « rester contenues, en moyenne », estime par ailleurs le broker.

Recul marqué de l’investissement sur la France entière

Ce qui permet toutefois d’entrevoir des révisions « plus marquées », notamment pour les actifs les moins récents. Ou situés au sein de zones où l’offre est abondante. Une tendance qui conduirait également à modifier la valeur de revente de ces actifs. BNP Paribas reconnaît toutefois qu’il est, à ce stade, difficile de faire des prévisions. « Tant les incertitudes sur la suite et le profil de la reprise économique demeurent », estime-t-il. Côté investissements, le recul est toutefois encore plus marqué. Selon Immostat, qui publie pour la 1ère fois des données nationales, l’immobilier d’entreprise a drainé 4 Md€ au 2e trimestre 2020. C’est 58 % de moins qu’en 2019. La baisse, sur le seul marché francilien, ressort à 64 %.

Les écarts entre les profils de risque devraient se creuser

Difficile, là encore, d’imaginer le potentiel de rebond du marché de l’investissement. Et l’impact que la crise sanitaire et la crise économique auront sur les prix des actifs. Le leitmotiv des observateurs se focalise sur la nouvelle « hiérarchisation des valeurs » attendue. La prise en compte de la localisation, de la qualité et du risque locatif des actifs sera plus systématique. Autrement dit, comme le souligne Olivier Ambrosiali, chez BNP Paribas RE, « les écarts entre les profils de risque devraient se creuser ». Ce qui signifie baisse des valeurs pour les uns, maintien (ou hausse ?) pour les autres. Le marché y verra sans doute plus clair dans les prochains mois…

Frédéric Tixier

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A propos d’Immostat(i)

ImmoStat est un groupement d’intérêt économique (GIE) créé en 2001 par les principaux conseils en immobilier d’entreprise : BNP Paribas Real Estate, CBRE, JLL et Cushman & Wakefield. Grâce à ses règles communes de traitement, le GIE ImmoStat restitue des informations harmonisées à ses membres et fournit des statistiques homogènes sur l’offre, la demande et les prix aux acteurs de l’immobilier, qu’ils soient utilisateurs ou investisseurs. Cette initiative originale renforce la lisibilité du marché et dote l’Ile-de-France d’un véritable organe de place qui contribue à son attractivité à l’international.

A propos de CBRE(i)

CBRE Group, société listée au Fortune 500 et au S&P 500 ayant son siège social à Los Angeles, est la plus grande société au monde dans le secteur des services et de l’investissement dans l’immobilier d’entreprise (en termes de chiffre d’affaires pour l’année 2019). La société emploie plus de 100 000 personnes (hors filiales) et sert les investisseurs et les occupants de biens immobiliers par l’intermédiaire de plus de 530 bureaux (hors filiales) dans le monde entier. CBRE offre une large gamme de services intégrés, notamment la gestion des installations, des transactions et des projets, la gestion immobilière, la gestion des investissements, l’évaluation et la valorisation, la location de biens immobiliers, le conseil stratégique, la vente de biens immobiliers, les services hypothécaires et les services de développement.

A propos de BNP Paribas Real Estate(i)

Leader européen de services immobiliers, BNP Paribas Real Estate couvre l’ensemble du cycle de vie d’un bien: Promotion, Transaction, Conseil, Expertise, Property Management et Investment Management. Avec 5 400 collaborateurs, BNP Paribas Real Estate accompagne localement propriétaires, locataires, investisseurs et collectivités dans 32 pays (à travers ses implantations et son réseau d’alliances) en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. BNP Paribas Real Estate, une société du Groupe BNP Paribas, a réalisé 1,010 Md€ de revenus en 2019.

(i) Information extraite d’un document officiel de la société

Xavier Lépine : « des stress tests financiers aux stress tests économiques… »

Dimanche 26 avril, Xavier Lépine, président du Groupe La Française, et Guy Marty, fondateur de pierrepapier.fr, étaient en direct sur Sud Radio, dans l’émission « Osez investir ». Au menu : l’épargne, le chômage, la reprise, l’immobilier de bureaux. Et des pistes sur le modèle économique d’après-crise. Extraits.

Thomas Binet[1] – Guy Marty, les Français, on le sait, sont de grands épargnants. Mais la crise va ponctionner une partie de cette épargne. Vers où devrait-elle s’investir dans les mois, années à venir ?

Guy Marty – Vous savez, c’est toujours pareil. Curieusement, en 2019, il y a eu beaucoup de déclarations selon lesquelles les Français n’épargnaient pas comme il fallait. Ils étaient trop prudents ! Ils plaçaient trop sur les livrets, au lieu d‘aller vers l’aventure et vers le risque, et la rentabilité ! Maintenant que nous sommes dans la crise, on s’aperçoit que, finalement, ce qu’ils faisaient n’était pas si mal que ça. Aujourd’hui, ils épargnent. C’est normal puisqu’on dépense moins. Mais l’on est en train de nous dire : « ce n’est pas bien, cela va gêner la reprise si vous gardez trop d’argent ». Je pense qu’il faut arrêter de faire des procès d‘intention aux Français. Quand nous épargnons, c’est notre argent. En outre, historiquement, les Français n’épargnent pas si mal que ça.

Thomas Binet – Considérez-vous que l’épargne va repartir, va pouvoir financer des choses dans les mois à venir ? Ou que l’on est dans une situation où cela sera compliqué ?

Guy Marty – Pour la reprise, il y aura évidemment beaucoup d‘épargne de précaution.  Il y aura un certain temps pendant lequel on ne saura pas « ce que vont devenir les choses ». De toute façon, l’épargne est toujours utile d’une façon ou d’une autre. Quand on met de l’argent sur le livret A, cela finance le logement social. Quand on met de l’argent sur les fonds en euros des contrats d’assurance-vie, cela finance les emprunts d‘Etat. Donc, de toute façon, l’épargne, elle « se pose » quelque part. Donc, elle sert à l’économie. Il est vrai qu’il serait plus souhaitable qu’elle finance assez directement, ou l’immobilier, ou les entreprises. Mais arrêtons les mauvais procès…

Thomas Binet – Xavier Lépine, plus de 10 millions de Français sont en chômage partiel – un million de plus que la semaine dernière – soit un salarié sur deux dans le secteur privé. Le risque que ce chômage partiel se transforme en chômage pur et dur est donc grandissant. A l’issue de la précédente crise, celle de 2008, on avait enregistré 1 million de nouveaux demandeurs d‘emploi. Croyez-vous que nous revivrons une situation similaire, voir plus complexe, dans les mois et années à venir ?

Xavier Lépine[2] – Je dirais plus complexe, mais pas similaire. Quand il y avait crise financière ou crise économique, il y avait crise de l’appareil de production. Ici, c’est une crise sanitaire, on le sait. Mais, surtout, il n’y a, au stade actuel, pas de destruction d‘entreprise, pas de destruction de matériels ou d‘équipements, comme dans une guerre. C’est un arrêt pur et simple de la production. Qui pour le moment, et durablement souhaitons-le, est soutenue, en tout cas autant que nécessaire, par les Etats, directement, et les banques centrales. Donc, effectivement, cela crée, à court terme, un chômage partiel énorme. Pour savoir s’il se transformera en chômage durable, il faut attendre le détail des modalités de déconfinement et le rythme de redémarrage de l’économie.

Thomas Binet – Les conditions du déconfinement seront connues la semaine prochaine…

Xavier Lepine – Ce qui est absolument certain, c’est qu’il y aura moins de consommation. J’entendais la fin de la discussion avec Guy Marty : effectivement, les réserves de précaution seront plus importantes. Et il y aura moins de consommation. Et également moins d‘investissements de la part des entreprises. Parce que les entreprises investissent pour répondre à une demande. Si la demande est plus faible, l’investissement aussi. Donc effectivement, il y aura, en tout cas pendant un certain temps, un chômage beaucoup plus important, c’est certain.

Thomas Binet – Est-ce que vous reprendriez à votre compte la formule présidentielle. Selon laquelle « il faut sauver l’économie, quoi qu’il en coûte ». Ce qui signifie, a priori, plus de dettes et… plus d‘impôts.

Xavier Lépine – Je pense que c’est un problème assez philosophique. Aujourd’hui on estime à peu près à 10 % la baisse du PIB en France, sur l’année 2020. Le PIB de la France est de 2 220 milliards d‘euros. 10 %, c’est donc 220 milliards d’euros de PIB en moins. Alors, « quoi qu’il en coûte », cela signifie 220 milliards d’euros. Ce qui veut dire, si l’on considère qu’il s’agit « d’économiser » 500 000 vies, qu’une vie « vaut » 500 000 euros (je ne comprends pas).C’est un peu cynique, mais c’est mathématique… C’est donc un choix de société. Et ce choix a manifestement évolué. Lors de la dernière grande pandémie – celle de 1968, 1969 -, les gens n’avaient pas été confinés. Parce que les mentalités étaient différentes. Aujourd’hui, la réponse, c’est « quoi qu’il en coûte » …

Guy Marty – On voit bien que la crise sanitaire est gérée très différemment, en Allemagne par exemple, qu’en France. Le confinement est beaucoup moins sévère en Allemagne. Que pensez-vous des conditions de la reprise en Allemagne, par rapport à la France ?

Xavier Lépine – Il y a une double approche. Il y a une approche globale par le pacte social. Qui est très différent d’un pays à l’autre. Pour les pays « du Nord », le travail est assuré. Presque « quoi qu’il en coûte »… Dans les pays « du Sud », y compris la France, l’implication n’est pas la même. Les salariés placent souvent la prise en compte du risque potentiel avant l’obligation de production… Et c’est tout le problème de l’Europe. C’est une unité politique faible, qui assemble des pays dont les pactes sociaux sont à géométrie variable. L’autre approche, c’est la situation spécifique de l’Allemagne. Son pacte social repose sur un avantage comparatif. L’Allemagne maîtrise toute la chaine de l’industrie chimique, y compris la fabrication des tests sanguins. Il lui est donc plus facile de tenir le pacte social du « quoi qu’il en coûte »…

Thomas Binet – Cette crise est génératrice de menaces, mais peut-être aussi d’opportunités. Lesquelles, selon vous ?

Xavier Lépine – Ces opportunités sont, selon moi, très importantes. La crise a accéléré des tendances de fond. Ces vingt dernières années, la croissance mondiale a avoisiné les 5 % par an. C’est gigantesque. Le PIB a progressé de 60 %. Quand, dans le même temps, la population n’augmentait « que » de 25 %. Cela a permis de sortir de la pauvreté près d’un milliard d’individus. Génial ! Mais il y a un prix à payer. Ce prix, ce sont des problèmes sociaux dans tous les pays développés. Le mouvement des Gilets jaunes, en France, en est un exemple. Mais ce prix, c’est aussi le réchauffement climatique. La crise accélère la prise en compte de ces phénomènes sociaux et environnementaux. Et l’urgence d’imaginer un nouveau modèle économique.

Thomas Binet – C’est-à-dire ?

Xavier Lépine – Ce qui se faisait à petit pas, et parfois à contre-cœur, va s’imposer. La crise sanitaire pointe du doigt les fragilités de nos systèmes. A la différence de la crise de 2008, qui avait débouché sur la mise en place de stress tests financiers, elle va conduire à la mise en place de stress tests économiques. Les entreprises vont mesurer le risque de non-production en cas de confinement. Elles vont sans doute relocaliser une partie de leur appareil productif. Elles vont simplifier leurs processus. Ce sont des opportunités énormes pour les entreprises, mais aussi pour les Etats.


Guy Marty – Quel sera l’impact de la crise actuelle sur le secteur de l’immobilier d’entreprise ?

Xavier Lépine – On a tous réalisé que le télétravail, c’était possible. Certains salariés vont sans doute se dire qu’aller au bureau trois jours par semaine, et télétravailler les deux autres, c’est une super idée. Cette demande, surtout dans les zones très denses où le temps de transport est plus long, est en train d’émerger. Il est donc possible que les entreprises, sous cette pression, adoptent de nouvelles formes d’organisation. Qui conduirait à réduire leurs propres demandes en postes de travail. Donc en actifs de bureaux. Il y aura aussi un impact sur le concept de coworking. Qui regroupe en réalité deux aspects : proximité, et densification. Ce concept de densification va perdre en acceptabilité. Le coworking reste en revanche une sorte de laboratoire pour les grandes entreprises. Qui peuvent ainsi offrir à leurs salariés des espaces de travail plus conviviaux, sans s’engager sur le long terme…

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Ecouter le podcast de l’émission « Osez investir » sur Sud Radio


[1] Thomas Binet est l’animateur de l’émission « Osez investir » sur Sud Radio, diffusée tous les dimanches matin à 9 h 42.
[2] Xavier Lépine est le président du groupe La Française. Il publie régulièrement ses réflexions et prises de position à découvrir sur le site de La Française.

La technologie blockchain au secours de la crise sanitaire  ?

La crise coronavirus a mis à l’arrêt bon nombre de secteurs. Y compris et notamment l’immobilier. Dans les services, la continuité de l’exploitation est en partie possible grâce à la digitalisation d’une partie des processus. En partie seulement. La technologie blockchain constitue-t-elle une solution ? Oui, répondent deux experts de ConsenSys, Matthieu Bouchaud, Product Manager chez ConsenSys Codefi, et David Poupardin, responsable développement stratégique chez ConsenSys.

En quoi la crise actuelle interroge-t-elle la technologie blockchain ?

B. et D. P. La crise que nous vivons actuellement est intéressante à étudier. Elle entraîne la mise en place de mesures exceptionnelles d’urgence à travers le monde. Notamment de la part des banques centrales. Ces mesures ont pour objectif de limiter les effets négatifs de la crise sur notre économie. C’est le cas, par exemple, du gel des rachats d’actions et des dividendes à l’échelle mondiale. Ou de l’accord de prêts garantis par le gouvernement aux petites et moyennes entreprises, titrisés et refinancés par les banques centrales. Ou bien encore de la canalisation de la liquidité afin d’empêcher les chaînes d’approvisionnement mondiales de s’effondrer. Mais l’implémentation de ces mesures pose de nombreux problèmes de coordination. Nous pensons que ces actions pourraient être mises en place de manière plus simple. Si l’infrastructure commerciale et financière mondiale décidait de reposer sur une infrastructure blockchain plus efficace, décentralisée et résiliente.

De quelle manière ?

B. et D. P. Dans les bases de données électroniques d’aujourd’hui, toute information peut théoriquement être reproduite à volonté. C’est pourquoi la plupart des gouvernements autorisent exclusivement les acteurs réglementés à tenir le registre des investissements numérisés. Pour éviter certains écueils, tels que l’exécution de transactions trompeuses ou la création d’actifs artificiels. Avec la blockchain, ces pièges peuvent aussi être évités, et ce directement au niveau du code source de la technologie. Qui est disponible et vérifiable pour tous les membres du réseau. De plus, la création d’Ethereum a permis un réseau blockchain capable de produire des «contrats intelligents». Lesquels, une fois programmés, peuvent s’exécuter automatiquement sans que les résultats soient modifiés ou manipulés. En effet, contrairement à ce que certaines critiques soutiennent, le potentiel de la blockchain n’est pas la création d’un espace libre et non réglementé dans lequel chacun peut inventer de nouveaux instruments financiers.

Quel est donc le potentiel de la blockchain ?

B. et D. P. Son potentiel réside plutôt dans la création d’une infrastructure commerciale et financière beaucoup plus efficace et mondialisée. Dans laquelle de nombreuses couches de contrôle et d’intermédiation ne sont plus nécessaires. Car elles auront été remplacées par des règles informatiques transparentes et immuables qui assurent les mêmes fonctions de gestion des risques

La crise a aussi mis en exergue certains manquements dans la chaîne transactionnelle immobilière. Notamment chez les notaires…

B. et D. P. Une grande partie des services de l’administration étaient, jusqu’à présent, entièrement bloqués. Tous les systèmes qui requièrent l’utilisation du papier sont à l’arrêt, pour des raisons sanitaires évidentes. C’était le cas pour les services de publicité foncière et de dépôts des permis de construire. La fermeture d’une partie des études notariales n’est donc qu’une partie du problème. Beaucoup d’entre elles sont capables de traiter les transactions de manière digitale. Mais ces dernières nécessitaient l’établissement d’une procuration supposant un contact physique. On sent bien que les processus de digitalisation n’étaient pas allés au bout du raisonnement. Au regard des différentes solutions numériques de communication à distance disponibles, comment expliquer qu’un notaire n’était pas en mesure de signer un acte authentique en visioconférence devant les parties ? Ce point a fort heureusement été corrigé par l’ordonnance du 3 avril dernier. Nous espérons que cette mesure perdurera.


Qu’en est-il pour les sociétés de gestion d’actifs immobiliers ?

B. et D. P. Le plan de continuité d’activité des sociétés de gestion a lui aussi été mis à l’épreuve. Les solutions de dématérialisation ont souvent été créées sans prendre en compte certaines problématiques. Comme, par exemple, la nécessité pour les collaborateurs d’accéder à distance à leurs serveurs, en toute sécurité. C’est une chose de permettre la souscription/vente à distance aux investisseurs. C’en est une autre, plus complexe, que de permettre le traitement et le fonctionnement complet d’un fonds immobilier, entièrement à distance. Le secteur de la pierre-papier pourrait profiter de cette révolution pour changer de nom… Et peut-être s’engager dans une modernisation plus radicale. Les sociétés de gestion d’actifs immobiliers sont vectrices d’innovation. Elles ont déjà initié, ainsi que certains de leurs distributeurs, des modifications fondamentales dans la façon d’investir. En se concentrant, notamment, sur une expérience client enrichie.

Quels enseignements le secteur immobilier doit-il tirer de la crise actuelle ?

B. et D. P. Le marché de l’immobilier va chercher à identifier les causes des problèmes auxquels il a dû faire face. Et tenter de pallier ces différentes inefficacités. Comme il l’a fait pour les SCPI, en 1993, lors de la crise de liquidité. Des nouvelles façons d’interagir avec les clients seront mises en place. Et les solutions digitales reposant sur une infrastructure blockchain s’imposeront tout naturellement. En raison de qualités supérieures aux systèmes actuels. Telles que la décentralisation, la sécurité, les possibilités d’automatisation sans limites, et le faible coût d’utilisation et de maintenance de cette technologie. La crise a révélé l’importance de la dématérialisation. Et la nécessité d’utiliser des solutions intégrées permettant de faire fonctionner une entreprise, entièrement à distance, de bout en bout. C’est d’ailleurs l’ambition de certaines solutions de gestions d’instruments financiers – notamment de parts de fonds immobiliers-, aujourd’hui disponibles, comme Codefi Assets

Propos recueillis par Frédéric Tixier


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A propos de ConsenSys(i)

ConsenSys est une entreprise de logicielle blockchain qui construit des infrastructures, des outils et des produits pour les institutions, les entreprises et les développeurs sur le réseau Ethereum. Depuis 2014, ils ont tokenisé des milliards de dollars d’actifs numériques, dont une large gamme de produits de consommation, de stablecoins, d’immobilier et d’instruments financiers. Leurs produits –MetaMask, Codefi, PegaSys et Infura– sont utilisés par des centaines de milliers d’utilisateurs. En tant que studio de production d’Ethereum, ConsenSys a initié plus de 100 entreprises avec plus de 100 M$ d’investissement depuis 2016. Leur mission est de construire une base plus fiable pour débloquer de nouveaux modèles commerciaux, gagner en efficacité grâce à une infrastructure informatique partagée et utiliser des méthodes cryptographiques modernes pour protéger les données privées des utilisateurs.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Daniel While, directeur recherche et stratégie chez Primonial REIM, publie tous les vendredis une actualisation de sa note de conjoncture sur l’impact de la crise du coronavirus sur les marchés immobiliers. Il analyse cette semaine le secteur de l’immobilier de santé. Extraits…

« Les fondamentaux qui soutiennent l’immobilier de santé restent d’actualité »… Pour Daniel While,  directeur recherche et stratégie chez Primonial REIM, la crise actuelle ne devrait pas, à court terme, « mettre en risque » la viabilité de cette classe d’actifs. Qui est pourtant l’une des plus impliquées « physiquement » dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus. En sortie de crise, ses contours pourraient en revanche être revisités…

Immobilier de santé : une classe d’actifs immobilière « alternative »

Daniel While, dans sa note de conjoncture du 3 avril dernier, commence par rappeler que l’immobilier de santé est encore une classe d’actifs dite « alternative ». Sa montée en puissance auprès des investisseurs institutionnels, depuis 2015, est toutefois importante. Notamment en raison de multiples opérations d’externalisation des murs réalisées par les principaux opérateurs de la santé. Mais son poids relatifs (7,3 Md€ investis en 2019 au niveau européen), au regard de celui des bureaux (130 Md€ en 2019), reste marginal. Cet intérêt croissant pour l’immobilier de santé a toutefois eu un impact sur ses niveaux de valorisation. Ses taux de rendements à l’acquisition se sont compressés.  « En France, les EHPAD les plus qualitatifs s’achètent à un taux égal ou inférieur à 4% et les cliniques MCO[1] prime à un taux de l’ordre de 5,15% », rappelle notamment Daniel While.


Des fondamentaux qui restent d’actualité

La prime offerte par le secteur, par rapport au bureau, n’a toutefois pas significativement évolué depuis 10 ans. Ce qui confirme « la valorisation rationnelle du secteur malgré sa croissance », observe le directeur recherche et stratégie. L’immobilier de santé conserve en outre, malgré la crise, ses fondamentaux.

  • Une pénurie d’offre de lits, dans le secteur sanitaire, médico-social, et hébergement des seniors
  • Un niveau de rendement supérieur à celui du secteur des bureaux
  • Une pratique de marché conduisant à la signature de baux longs (de 9 à 12 ans en France)

Ces caractéristiques sont, selon Daniel While, des facteurs de soutien à l’investissement et donc, indirectement, «aux valeurs ». Et ce d’autant plus que les investisseurs contractent avec des opérateurs de santé privés « d’envergure nationale et européenne ». Le secteur santé ne devrait donc pas être impacté, à court terme, par la crise sanitaire.

Un impact lors de l’après-crise

Pour l’heure, les acteurs se doivent de « gérer l’urgence ». Mais « cet effort de solidarité ne devrait pas mettre en risque leur viabilité économique ni leur capacité à honorer leurs engagements locatifs », estime Daniel While. En sortie de crise, d’autres questions risquent en revanche de se poser. L’épisode en cours est en effet l’occasion d’une prise de conscience des faiblesses des systèmes de santé, au niveau mondial. Il pourrait conduire à une remise en cause des « logiques d’efficience » auxquelles elles obéissent. Et leur remplacement par des « logiques d’efficacité ». Autrement dit, chercher à atteindre « un objectif maximal, quel qu’en soit le coût ». Plutôt que de viser un objectif, au moindre coût. Car, la pandémie montre « le coût économique extrême » pour faire face à une pénurie de lits.

Une logique d’efficacité dans le temps

Lequel dépasse « largement le coût des lits s’ils avaient été maintenus en excès », souligne Daniel While. Une logique « d’efficacité dans le temps » qui rappelle celle qui sous-tend celle de la transition écologique. Mieux vaut en effet réaliser « un investissement important » aujourd’hui afin d’éviter « un coût colossal » demain. Pour le directeur recherche et stratégie chez Primonial REIM, l’un des enseignements de la crise actuelle est donc la nécessité de « surinvestir » le secteur de la santé. Car, estime-t-il, « en première ligne face à la pandémie, l’infrastructure sanitaire sera au cœur du monde d’après »…

Frédéric Tixier

[1] Médecine-Chirurgie-Obstétrique


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4 – La note de conjoncture au 3 avril

3 – La note de conjoncture au 27 mars

2 – La note de conjoncture au 20 mars

1 – La note de conjoncture au 12 mars

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Primonial, leader indépendant en gestion de patrimoine et en asset management, propose une gamme complète de solutions d’épargne investies dans un large éventail de classes d’actifs, en architecture ouverte. Le groupe Primonial intervient principalement dans les domaines de l’assurance vie, de l’asset management et de l’Immobilier, en s’appuyant sur des équipes d’investissement reconnues pour leur expertise. Avec plus de 45 milliards d’euros d’actifs gérés ou conseillés, le groupe Primonial déjà présent dans plusieurs pays affirme son empreinte européenne. 

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Coronavirus : l’impact sur les marchés immobiliers européens

Daniel While, directeur recherche et stratégie chez Primonial REIM, publie tous les vendredis une actualisation de sa note de conjoncture sur l’impact de la crise du coronavirus sur les marchés immobiliers. Il analyse cette semaine les principaux marchés immobiliers de la zone. Extraits…

Les principaux marchés immobiliers de la zone euro sont touchés par la crise du coronavirus. Mais tous ne sont pas frappés de la même manière. Pour mesurer ces effets différenciés, Daniel While, directeur Recherche et Stratégie chez Primonial REIM, a mis en perspective trois éléments.

Fondamentaux, vulnérabilité sanitaire et momentum économique

D’abord, les fondamentaux du marché immobilier avant l’arrivée du Covid-19. Autrement dit, la prime de risque (sur les bureaux), la liquidité du marché de l’investissement, et la fluidité du marché locatif. La vulnérabilité sanitaire des grands pays de la zone euro, dans un deuxième temps. Et enfin, le momentum économique « d’avant la crise », approché par les prévisions de croissance du PIB pour 2020. « Celles-ci se révèleront fatalement fausses », reconnaît Daniel While, « mais donnent une idée de la dynamique économique des pays ». Ces éléments sont résumés dans le tableau ci-dessous.


Le marché immobilier italien devrait connaître le choc le plus important

L’expert en tire les enseignements suivants, marché par marché. Selon lui, c’est le marché italien qui devrait connaître le choc le plus important. Il cumule en effet « une prime de risque déjà insuffisante avant la crise » et « une vacance relativement élevée de son parc de bureaux ». Sachant que le pays s’avère aujourd’hui le plus durement touché par le virus… Le marché espagnol se trouve un peu mieux loti. Il offrait, avant la crise, « une prime de risque appréciable ». Et, du fait d’une croissance économique supérieure à celle de la zone euro, il était devenu « l’un des territoires d’élection des investisseurs immobiliers français ». Cette belle dynamique est, selon Daniel While, désormais « coupée ». C’est au final l’immobilier allemand qui est « le plus résilient du point de vue de ses fondamentaux ».

Des facteurs de résilience spécifiques pour le marché immobilier français

Marchés profonds, forte prime de risque, valeurs métriques relativement basses : des atouts qu’il conserverait si l’Allemagne sait adapter son modèle au contexte post-crise. Quant au marché immobilier français, il offre « des facteurs de résilience spécifiques ». Tels qu’une prime de risque « conséquente ». La profondeur inégalée du marché francilien. Ou une forte diversification sectorielle des locataires. Ainsi qu’une « dynamique de hausse des loyers de bureaux depuis 2 ans ». Des avantages comparatifs qui, estime Daniel While, « devraient perdurer »…


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Crowdfunding immobilier et coronavirus : quid des plateformes ?

Surprenant ! Seulement un tiers des plateformes en crowdfunding immobilier communique massivement avec leurs crowdfunders. Et les informe, via une analyse du marché et des investissements, des risques liés à la crise sanitaire que nous traversons actuellement. Pour ces plateformes, la démarche est à souligner positivement. Car elle nous paraît, à plusieurs égards, essentielle…

Identifier les risques

Sans pouvoir prédire ce que seront les impacts de cette épidémie sur notre économie, nous visualisons déjà de façon assez claire certains risques. Sans surprise, les risques de retard de chantier se matérialisent. Chômage partiel, carence de matières premières, voire faillite de certains sous-traitants : tout semble annoncer, de façon inéluctable, des retards de livraison pour les projets proches du terme de sortie. C’est-à-dire à l’horizon mars-septembre 2020. Les projets à échéance plus lointaine auront en revanche plus de temps pour se « retourner ». Car l’horizon moyen de 20 mois de placement laisse une marge de manœuvre pour rattraper un retard de 2 à 3 mois. Mais ces facteurs induiront néanmoins des retards de remboursement. Il ne s’agit pas du seul risque.

Le risque de faillite n’est pas à écarter

Pendant ces périodes de latence, le porteur de projet devra aussi faire face seul, sans rentrée de chiffre d’affaires, à des coûts fixes plus ou moins importants. Qui vont fortement solliciter sa trésorerie. La bonne volonté des partenaires notaires et banquiers, dans la mise en œuvre de solutions de télétravail, ne sera pas un viatique. Elle ne pourra pas empêcher une certaine sclérose du marché des transactions. Qui impactera également les sorties immeubles des porteurs de projet. De plus, la possible restriction ponctuelle des financements des investisseurs finaux – les acquéreurs immobilier – peut également agir. Et limiter le marché des transactions. Donnant ainsi peut-être raison aux Cassandre de ces 10 dernières années, quant au niveau des prix. Ce qui limiterait encore plus les ressources des porteurs de projets. Le risque de faillite n’est donc pas à écarter.

Stigmatiser certaines pratiques, et mettre en exergue les bons usages

Pourtant, ces risques – réels – n’auront pas les mêmes impacts en fonction du porteur de projet. Et du montage de financement. Ainsi, le porteur de projet non dépendant d’autorisations administratives – telles que le recours des tiers purgé, les permis de construire délivrés -, et doté d’un niveau de pré-commercialisation significatif – au moins 50% -, sera de fait beaucoup moins impacté par l’inertie administrative et transactionnelle du marché immobilier. Et il sollicitera d’autant moins sa trésorerie. Limitant ainsi son affaiblissement potentiel. A contrario, les projets moins aboutis au moment de la levée de fonds sont intrinsèquement porteurs de plus de risques. Le financement d’un projet isolé et identifié – par opposition à un financement « corporate » qui impacte tout le holding promoteur -, serait également porteur de moins de risque. En raison d’une flexibilité accrue pour réduire les coûts fixes d’un projet donné. Et de l’effet taille.

L’impact des retards de remboursement

Ainsi que, a priori avec circonspection locale, une moindre sensibilité aux risques d’approvisionnement. Les retards de remboursement dus aux retards de livraison – exacerbés par l’épisode covid-19 mais intrinsèques à l’immobilier -, seront plus ou moins impactants pour les investisseurs. Les contrats de financement/investissement sont établis initialement sur une période assez longue. De 2 à 3 ans en général. Ou sont prorogeables. Ils devraient garantir le paiement normal des intérêts initialement prévus au contrat, même sur une période plus longue. Sauf exception. Celle qui consisterait, par exemple, à suspendre définitivement le paiement des intérêts pendant la période de prorogation. Une hypothèse qui s’est déjà produite…

Quid du risque pour les plateformes elles-mêmes ?

Outre les risques de défaut identifiés supra, il est évident que l’offre va se restreindre. Le climat actuel fait que les préoccupations des Français sont davantage d’ordre sanitaire. Plutôt que portées sur l’investissement à long terme. Les porteurs vont décaler leur projet de quelques mois. Les financements bancaires risquent de marquer temporairement le pas. Or, le business model des plateformes est bien basé sur le nombre de projets financés… Il leur faudra donc, elles aussi, éprouver leur résistance et leur besoin de trésorerie. D’ailleurs, comme nous le préconisons dans notre dernière étude fintech.immo, il serait peut-être temps que, à l’instar des plateformes IFP, toutes les plateformes CIP – et non pas seulement celles qui intermédient des minibons – aient l’obligation de mettre en place une gestion extinctive. Enfin, et vous l’aurez compris, lors de la « reprise » il faudra à nouveau être vigilant quant aux sollicitations de financement. Et aux porteurs concernés.


Pas de mauvais projets, mais des mauvais choix

Il n’y a pas de mauvais projets. En revanche, il peut y avoir de mauvais choix. Si un projet est porteur de plus de risques « que la moyenne », il doit pouvoir être identifié comme tel. Le montage d’investissement doit être analysé et compris. Les parties prenantes doivent être clairement identifiées. Et la promesse de rendement doit être – plus qu’elle ne l’est aujourd’hui – corrélée au risque pris…

Céline Mahinc


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