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Thierry Gaiffe, Fiducial Gérance: « Le point fort des SCPI, c’est leur proximité avec leurs locataires »

Thierry Gaiffe, Fiducial Gérance: « Le point fort des SCPI, c’est leur proximité avec leurs locataires »

La SCPI Pierre Expansion met le cap sur la santé

Fiducial Gérance adopte un nouveau positionnement pour cette SCPI aujourd’hui diversifiée sur plusieurs secteurs immobiliers. La part des actifs santé devrait à terme représenter 70% du patrimoine.

Nouvelle étape dans le développement de Pierre Expansion. Cette petite SCPI d’un peu plus de 50 M€ de capitalisation était déjà passée en capital variable en début d’année. Elle va maintenant changer de stratégie d’investissement. Ses associés doivent en effet approuver le 17 décembre prochain son recentrage sur les actifs de « santé et de bien-être ». Et son changement de dénomination…

De Pierre Expansion à Pierre Expansion Santé

Pour matérialiser sa nouvelle stratégie de gestion, le nom de la SCPI deviendrait Pierre Expansion Santé. Le véhicule aura alors pour objectif d’investir « principalement, dans des classes d’actifs dédiés à la santé et au bien-être ». Telles que, précise le nouvel objet, les résidences services seniors, les EHPAD, les établissements de soins. Mais aussi les cabinets médicaux, les pharmacies, les laboratoires. Ainsi que tous lieux dédiés au bien-être, aux soins à la personne, au sport, et à la nutrition… Cette évolution ne se fera bien évidemment pas en un jour. « Nous allons arbitrer des actifs matures ou jugés non stratégiques pour passer progressivement de 40% d’actifs orientés « santé » à 70 % du portefeuille », précise d’ailleurs Fiducial Gérance dans un communiqué.

Déjà une exposition importante au secteur des résidences gériatriques

Fin 2019, le patrimoine de la SCPI était composé à hauteur de 30% d’actifs de bureaux. Les locaux commerciaux en représentaient 41%. Et les résidences gériatriques 29%. Une répartition qui n’a pratiquement pas évolué depuis lors. Les deux projets d’acquisition étudiés en début d’année ont en effet été ajournés. En raison de la crise sanitaire, et « dans l’attente de nouvelles informations concernant les locataires », précise le bulletin de Pierre Expansion du 1er semestre. Il s’agissait en l’espèce d’une boutique située au centre de Toulouse. Et d’un restaurant implanté au sein d’une zone commerciale. Des actifs qui ne correspondent plus aux nouvelles cibles de la SCPI.

De nouvelles cibles en termes d’acquisition

Qui précise toutefois vouloir s’intéresser en priorité à des biens du secteur santé « localisés en régions au sein de métropoles établies ». Afin de « capter un complément de rendement pour un risque contenu ». La composition actuelle de son patrimoine, principalement composé d’actifs parisiens (56% fin 2019), permet en attendant de disposer de revenus réguliers. Depuis le début de l’année, Pierre Expansion a maintenu un niveau de distribution identique à celui de 2019. En dépit des craintes qu’exprimait Fiducial Gérance en avril dernier, le montant de l’acompte du 2e trimestre s’est en effet établi à 2,50 € par part. Soit 100% de l’acompte du 2e trimestre 2019. La société de gestion ne donne en revanche pour l’instant aucune indication sur le rendement final estimé pour 2020.

Eligible au plan d’épargne programmée

En avril, elle n’excluait pas l’utilisation des reports à nouveau pour doper les dividendes annuels. Le RAN de Pierre Expansion à fin 2019 s’établissait à 5,45 € par part. Soit l’équivalent de plus de deux trimestres de distribution. La SCPI a donc les moyens, si elle le souhaite, de maintenir un revenu identique à celui de l’an dernier. Pour mémoire, la SCPI avait distribué en 2019 un dividende de 11 € par part. Soit un taux de distribution sur valeur de marché de 5%. Fin 2019, elle affichait aussi un taux de rendement interne sur 10 ans plutôt conséquent : 9,39 %. Des arguments qui, outre le recentrage de la stratégie et la mise en place d’un service d’investissement programmé -auquel Pierre Expansion Santé est désormais éligible-, devraient aider à conquérir de nouveaux souscripteurs.

Frédéric Tixier


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A propos de Fiducial Gérance(i)

Fiducial Gérance est l’une des principales sociétés de gestion indépendantes du marché des SCPI. Avec près de 1,9 milliard d’euros d’actifs gérés, répartis sur 6 SCPI, Fiducial Gérance propose une gamme de SCPI complémentaire et différenciante (bureaux, commerce, résidentiel, résidences gérées, diversifiée), couvrant les différents segments du marché, ainsi qu’un fonds de fonds immobiliers, FIDIMMO. Fiducial Gérance gère également 6 groupements forestiers.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Et de 6, aussi, pour la SCPI Néo

La SCPI lancée par Novaxia Investissement en juillet 2019 a elle aussi procédé à sa 6e acquisition. Ce véhicule présenté comme disruptif – notamment en raison d’une commission de souscription égale à zéro – confirme son objectif de rendement de 6% en 2020.  

Les jeunes SCPI, nouvelles venues sur le marché, poursuivent leurs investissements. Après Activimmo, la SCPI dédiée à la logistique du dernier kilomètre lancée en septembre 2019, c’est au tour d’un autre véhicule guère plus ancien, Néo, d’annoncer sa 6e acquisition.

Néo, une SCPI sans commission de souscription

Cette SCPI, ouverte aux souscriptions en juillet 2019, avait défrayé la chronique. En proposant le premier véhicule sans commission de souscription, et présenté comme « le plus accessible du marché ». Avec un ticket d’entrée à 180 €, et un processus de souscription 100% digitalisé, Novaxia Investissement, son gestionnaire, avait de fait l’ambition d’instaurer de nouvelles règles du jeu entre sociétés de gestion et distributeurs. En proposant à ces derniers une rémunération plus essentiellement basée sur les encours gérés. Une proposition en partie bien accueillie par le marché. Fin 2019, Néo avait collecté 16,9 M€. Bien, donc, mais sans plus.

Belle synchronisation entre collecte et investissements

La SCPI avait en revanche parfaitement géré la synchronisation entre sa collecte et ses investissements. Toujours à la fin de l’an dernier, elle avait investi dans 4 actifs immobiliers, en France et en Allemagne. Pour un montant total de 16,4 M€… Engagée sur le créneau de la « rénovation urbaine », Néo vise en priorité les actifs « situés dans des villes et territoires de plus de 200 000 habitants, d’ores et déjà établis. Ou susceptibles de devenir des pôles de compétitivité économique », comme le précisait sa notice d’information. Ces premières opérations, dans les secteurs du bureau ou de l’hôtellerie, lui avaient permis de distribuer en 2019 un rendement supérieur à son objectif initial : 6,47%, au lieu de 5,5%.

Ralentissement pendant le confinement

La crise sanitaire et le confinement ont évidemment en partie impacté cette belle mécanique. En termes de collecte, d’abord. Celle-ci a connu un « ralentissement à partir de fin avril. Et jusqu’à la fin du 2e trimestre », reconnaît d’ailleurs Mathieu Descout, directeur général de Novaxia Investissement, dans le dernier bulletin d’information de la SCPI. Mais celui-ci observe toutefois un retour des souscriptions proches de leur niveau pré-covid, « où la collecte atteignait 3 M€ par mois », rappelle-t-il. Sur l’ensemble du 1er semestre 2020, Néo aura finalement collecté un peu plus de 16 M€. Et porté sa capitalisation à 24,5 M€. Côté investissement, le rythme s’est également ralenti. Néo n’a procédé qu’à une seule acquisition au 1er trimestre : un immeuble occupé par un exploitant de data centers, à Nanterre, pour 6,8 M€. Et générant un rendement à l’acquisition de 6,68%. Et aucune au 2e.

Reprise des acquisitions

L’activité est visiblement repartie depuis juillet. La SCPI a signé l’achat d’un nouvel actif de bureaux d’une superficie de 2 207 m², situé à côté de Toulouse. L’immeuble, « entièrement loué à une fintech française », devrait générer un rendement de 5,35%. Parallèlement, la SCPI dit avoir trouvé une solution avec l’exploitant de l’hôtel qu’elle détient à Brême, en Allemagne. Cet établissement étant fermé en raison du confinement, la SCPI lui a accordé un report d’un trimestre de loyers. Ce différentiel sera remboursé en dix fois. Et la première échéance, celle de juillet 2020, a bien été honorée indique la SCPI. Ce trimestre ne représentant que « 2% des loyers 2020 », Néo reste donc en mesure d’atteindre et de dépasser son objectif de long terme.

6% de rendement cible en 2020

Elle annonce en effet pouvoir tenir un taux de rendement de 6% en 2020, soit un dividende de 10,80 € par part. Rappelons qu’elle avait versé 11,65 € en 2019. La SCPI dispose en outre de réserves, en cas de coup dur, avec un RAN (report à nouveau) correspondant à 105 jours de distributions. Elle estime par ailleurs que la crise pourrait être source d’opportunités, compte tenu de son positionnement. « Les actifs à restructurer devraient être délaissés par les investissements », observe Mathieu Descout. Des opportunités se matérialiseront donc « pour les acteurs de la transformation urbaine, tel Novaxia Investissement à travers Néo », poursuit-il. Dernier détail : Néo reprend le chemin du développement dans des conditions plus saines que fin 2019. A l’époque, son ratio d’endettement atteignait 21%. Il n’était plus que de 0,61% fin juin 2020…

Frédéric Tixier


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A propos de Novaxia Investissement(i)

Novaxia Investissement est une société de gestion agréée par l’Autorité des marchés financiers. Elle crée des véhicules d’investissements immobiliers dédiés à la transformation urbaine. Elle gère une gamme de produits pour le compte d’une clientèle privée (fonds et club deals) dont le montant de souscriptions s’élève de 180 euros à plusieurs millions d’euros. Parmi les différents produits, Novaxia Investissement propose une offre immobilière éligible au PEA/PEA-PME et au réemploi de produits de cession – Novaxia Immo Club 6 – ainsi qu’un nouveau modèle de SCPI moderne, accessible, simple et innovant – NEO.

(i) Information extraite d’un document officiel de la société

La SCPI ActivImmo boucle sa 6e acquisition

La SCPI dédiée au secteur logistique, lancée l’an dernier par Alderan, vient d’acquérir un parc d’activité d’environ 20 000 m². Elle aura investi aux alentours de 20 M€ depuis fin juin. Et confirme son objectif de rendement de 6% en 2020.

Et de 6… Un peu plus d’un an après son lancement, la SCPI ActivImmo vient de boucler sa 6e acquisition. Il s’agit cette fois d’un parc d’activités, « Le Parc des Colonnes », situé dans le département des Deux-Sèvres (79). Il comprend cinq bâtiments à usage mixte d’activités et de bureaux, pour une surface utile d’environ 20 000 m². L’ensemble est loué « dans sa quasi-totalité » à 22 locataires, précise Alderan, la société de gestion de la SCPI.

20 M€ investis depuis fin juin

Comme lors de la précédente opération, annoncée fin juillet – un ensemble immobilier de près de 4 800 m² situé en Seine-et-Marne (77)-, le prix d’acquisition n’a pas été communiqué. Si l’on en croit le dernier bulletin trimestriel de la SCPI, la plateforme seine-et-marnaise a dû se négocier autour de 7 M€. La plateforme deux-sévrienne, quant à elle, autour de 12 M€. La société de gestion annonçait en effet dernièrement un pipe d’acquisition résiduel de l’ordre de 30 M€. Contre 46 M€ fin août… « Ces deux acquisitions représentent un investissement total d’environ 20 M€ », confirme Pauline Collet, directrice des relations investisseurs d’Alderan. Qui annonce également plusieurs autres opérations « signées avant la fin de l’année ».

Objectif de 6% maintenu

ActivImmo semble donc parfaitement en phase avec ses objectifs d’investissements. Nourris par une collecte qui reste conséquente. En avril dernier, les souscriptions, en dépit de la crise sanitaire et du confinement, demeuraient soutenues. Fin juin, la SCPI affichait une collecte cumulée de 27,1 M€. Soit un doublement de sa capitalisation sur le 2e trimestre. Le 3e trimestre s’annonce tout aussi prometteur, puisqu’ActivImmo espère dépasser le seuil des 50 M€ avant la fin de l’année. En termes de rentabilité, les clignotants sont aussi toujours au vert. La profitabilité des dernières acquisitions, et celles envisagées prochainement, permettent à la société de gestion de maintenir l’objectif d’un taux de rendement de 6% en 2020.

Pression sur le secteur logistique ?

Pour 2021, les perspectives restent positives. Mais la baisse des rendements, que l’on constate désormais sur les plateformes logistiques, ne risque-t-elle pas de peser sur les performances futures d’ActivImmo ? Pour l’instant, la SCPI ne s’estime pas touchée par ce recul des taux. Intervenant sur des actifs de bien plus petite taille que les entrepôts XXL -les plus affectés par ce phénomène-, elle ne note pas de recul sensible des rendements à l’acquisition. A suivre.

 

Frédéric Tixier


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A propos d’Alderan(i)

Alderan est une société de gestion créée en 2015 par Rémy Bourgeon. Elle est issue d’un family office immobilier, Ojirel, spécialisé depuis 20 ans en immobilier professionnel, et en particulier dans le secteur des locaux d’activités et la logistique. Alderan agit de manière indépendante sur l’ensemble du cycle de détention : acquisition, gestion et revente. Sa connaissance du marché et son réseau d’apporteurs d’affaires permettent à Alderan d’avoir accès à des opérations exclusives et « off market ».

 (i) Information extraite d’un document officiel

Immobilier coté : des performances contrastées

Le secteur immobilier en Bourse a rebondi en avril. Et faiblement varié en mai. Mais ces évolutions globales masquent de fortes disparités sous-sectorielles. C’est ce qu’analyse Laurent Saint Aubin, gestionnaire actions spécialiste de l’immobilier européen chez Sofidy, dans son dernier commentaire de marché.

Après le fort rebond observé en avril, l’indice de référence de l’immobilier coté, FTSE EPRA Eurozone a, au global, faiblement varié en mai. Si l’on y regarde plus près, les performances des sous-secteurs ont été par contre, une nouvelle fois, singulièrement contrastées.

Fort recul des foncières de commerces en mai

Avec un nouveau recul fort de certaines foncières de commerces (Unibail-Rodamco : -16,3 %). Et des foncières de bureaux non prime (Icade : -10,2 %). Alors que le segment résidentiel a surperformé (Vonovia : +16,7 %). Cette différenciation s’explique sans doute au premier chef par les craintes des investisseurs quant à la capacité des foncières de bureaux et de commerces à collecter les loyers. Le résidentiel conservant, à cet égard, son statut de secteur refuge.

Retour de la thématique des fusions-acquisitions

Le mois de mai a vu, également, un retour modeste de la thématique des fusions-acquisitions dans le secteur. Tant sur le segment du résidentiel en Allemagne (discussions interrompues finalement entre LEG et TAG Immobilien), qu’en commerce. A noter sur ce segment, le rachat par CapCo de la participation de 24,2% détenue par Monsieur Tak Lee dans Shaftesbury, l’opérateur de commerces des quartiers londoniens de Soho et Covent Garden. Avec une décote de 14% sur le dernier cours de bourse. Et de 45 % par rapport à l’ANR Epra à la clôture du dernier exercice (30/09/2019).


Décote sur le retail park

Autre fait notable, le placement par Invesco de sa participation de 19 % dans l’opérateur de retail parks au Royaume Uni, New River Retail, à 69 pences. Soit une décote de 13 % par rapport au dernier cours de bourse. Et de 72 % par rapport à l’ANR EPRA à la clôture du dernier exercice (30/09/2019).

Laurent Saint Aubin



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A propos de Laurent Saint Aubin

Laurent Saint Aubin a débuté sa carrière en 1986 comme analyste financier à la Banque de l’Union européenne avant de rejoindre la société de Bourse Ferri puis le CCF. Il a été ensuite directeur général d’ING France Securities en charge des activités de marché Actions à Paris, puis, à compter de 2006, responsable des activités de vente et de recherche sur l’immobilier coté au sein du groupe Aurel BGC. Membre de la SFAF, il a reçu en 2012 le trophée du meilleur analyste des sociétés d’investissement immobilier cotées (SIIC). Depuis 2014, il gère le FCP Sofidy Sélection 1, où il développe une gestion discrétionnaire visant à « surperformer, via une exposition aux actions du secteur immobilier de l’Union européenne, l’indicateur de référence FTSE EPRA/NAREIT Euro Zone Capped dividendes nets réinvestis ». 

A propos de Sofidy(i)

Depuis 1987, Sofidy conçoit et développe des produits d’investissement et d’épargne (SCPI, OPCI, SCI, SIIC, OPCVM Immobilier, Fonds dédiés) orientés principalement vers l’immobilier de commerces, et de bureaux. Gestionnaire de référence dans le paysage de la gestion d’actifs immobiliers en France et en Europe, Sofidy est régulièrement distingué pour la qualité et la régularité des performances de ses fonds. Sofidy gère pour le compte de plus de 50 000 épargnants, et un grand nombre d’institutionnels, un patrimoine immobilier d’une valeur de près de 6,2 milliards d’euros constitué de plus de 4 200 actifs commerciaux et de bureaux. Sofidy est une filiale de Tikehau Capital.

 (i ) Information extraite d’un document officiel de la société

Le monde immobilier de demain sera-t-il le monde d’hier ?

C’est la question que se pose Laurent Saint Aubin, gestionnaire actions spécialiste de l’immobilier européen chez Sofidy, dans son dernier commentaire de marché. La crise actuelle pourrait notamment avoir pour effet « une moindre demande de surfaces de bureaux ». Ou une « remise en question du modèle du commerce physique existant ». Commentaires.

« L’étape du déconfinement partiel en Europe dans laquelle nous entrons maintenant doit nous conduire à réfléchir sur les impacts sur l’immobilier dans la vie d’après », s’interroge Laurent Saint Aubin, gestionnaire actions spécialiste de l’immobilier européen chez Sofidy.

Des enseignements tirés de l’histoire

« Les exemples historiques de pandémie (peste noire au XIVème siècle, grippes espagnoles puis asiatiques au XXème siècle) peuvent nous orienter », poursuit-il. Même si une réponse immédiate à la question de ce à quoi ressemblera le monde de demain « relève largement de l’ordre de la croyance ». Les exemples historiques permettent toutefois de tirer « quelques points communs quant à la situation post-épidémique », observe le gérant. Parmi lesquels, sur le plan sociétal, des changements dans les relations sociales. Et une remise en cause des élites passées.

Les conséquences sur le plan économique

Sur le plan économique, c’est une tendance à « la concentration de l’économie sur les acteurs les plus forts » avant la crise, selon « une logique malthusienne ». C’est également un recentrage de la production au niveau local, ou régional. Et une réduction du commerce international. Laurent Saint-Aubin pointe aussi un phénomène nouveau : la « probable mise en œuvre massive d’une économie du sans-contact ». Des tendances, telles que la robotisation, l’usage accéléré du commerce électronique, ou le développement du télétravail, « déjà engagées depuis longtemps ». Mais que la crise actuelle a fortement accéléré.

Et leur traduction « immobilière »

Mais quelle pourrait être la « traduction immobilière » de ces tendances ? Le gérant de Sofidy Sélection 1 pointe tout d’abord une possible « moindre demande de surfaces de bureaux ». L’extension du travail nomade, à l’ensemble des actifs, pourrait aussi affecter les zones périphériques. La concentration des échanges par le biais du numérique aurait alors pour conséquences une « hausse de la demande de data centers ». Et la remise en question « du modèle du commerce physique existant jusqu’alors ». A l’inverse, estime Laurent Saint-Aubin, on pourrait parallèlement assister « à l’accélération de la montée en puissance du commerce électronique ». Ainsi que de la « demande d’entrepôts additionnels ».

Conséquences en termes d’allocation de portefeuille

Le gérant en tire déjà des conséquences pratiques en termes d’allocation. « Dans l’attente d’y voir plus clair », précise-t-il, il pourrait être opportun « de mesurer la nécessité et l’utilité sociale des actifs immobiliers ». Et de surpondérer ceux les plus en phase avec le monde de demain. Lesquels ? « Le logement, y compris les résidences étudiantes », répond Laurent Saint-Aubin. Mais aussi les structures d’accueil de personnes âgées. Ou le stockage. Ainsi que les « immeubles conçus pour les services publics ».

Des choix de gestion probants

Une conviction qui a conduit le gérant à conserver, au sein du portefeuille de Sofidy Sélection 1, « une ligne supérieure à 4% dans la foncière scandinave SBB ». Ses choix de gestion sont d’ailleurs plutôt probants. Le fonds Sofidy Sélection 1 affiche, depuis le début de l’année, une contre-performance bien inférieure (-12,1%[1]) à celle de son indice de référence (-23,7%[2]). Un résultat qu’il doit à une sélection de titres « exposés à l’immobilier alternatif, non présents dans l’indice ». Appartenant à des sous-secteurs tels que le stockage pour les particuliers (Shurgard). Ou les entrepôts logistiques (Segro, VIB Vermoegen, VGP). Ainsi que les résidences étudiantes « sur lesquelles nous avons ré-augmenté l’exposition. Jugeant que la baisse était excessive par rapport aux solides perspectives structurelles du segment », précise Laurent Saint-Aubin.


Un volant de liquidité à investir

Celui-ci est aussi présent sur le segment des foncières technologiques (Equinix, Cellnex). Mais ne détient pas certaines valeurs de commerce (Carmila, Lar Espana, IGD) ni de bureaux non prime (Icade, Intervest, CA Immo), particulièrement affectées sur le plan boursier. Prudent, le gérant a toutefois conservé 9% de liquidité. Elles pourront permettre « d’être actifs en cas de creux de marché dans un environnement de volatilité toujours élevée », conclut-il.



Frédéric Tixier


[1] Performance à fin avril.

[2] FTSE EPRA/NAREIT Euro Zone Capped dividendes nets réinvestis


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A propos de Laurent Saint Aubin

Laurent Saint Aubin a débuté sa carrière en 1986 comme analyste financier à la Banque de l’Union européenne avant de rejoindre la société de Bourse Ferri puis le CCF. Il a été ensuite directeur général d’ING France Securities en charge des activités de marché Actions à Paris, puis, à compter de 2006, responsable des activités de vente et de recherche sur l’immobilier coté au sein du groupe Aurel BGC. Membre de la SFAF, il a reçu en 2012 le trophée du meilleur analyste des sociétés d’investissement immobilier cotées (SIIC). Depuis 2014, il gère le FCP Sofidy Sélection 1, où il développe une gestion discrétionnaire visant à « surperformer, via une exposition aux actions du secteur immobilier de l’Union européenne, l’indicateur de référence FTSE EPRA/NAREIT Euro Zone Capped dividendes nets réinvestis ». 

A propos de Sofidy(i)

Depuis 1987, Sofidy conçoit et développe des produits d’investissement et d’épargne (SCPI, OPCI, SCI, SIIC, OPCVM Immobilier, Fonds dédiés) orientés principalement vers l’immobilier de commerces, et de bureaux. Gestionnaire de référence dans le paysage de la gestion d’actifs immobiliers en France et en Europe, Sofidy est régulièrement distingué pour la qualité et la régularité des performances de ses fonds. Sofidy gère pour le compte de plus de 50 000 épargnants, et un grand nombre d’institutionnels, un patrimoine immobilier d’une valeur de près de 6,2 milliards d’euros constitué de plus de 4 200 actifs commerciaux et de bureaux. Sofidy est une filiale de Tikehau Capital.

 (i )Information extraite d’un document officiel de la société

 

Fiducial Gérance ajuste les acomptes trimestriels de ses SCPI

Fiducial Gérance dévoile à son tour l’impact attendu de la crise sur la rentabilité de ses SCPI. Les acomptes trimestriels sur dividendes du 1er trimestre 2020 sont soit maintenus à 100 % de leur niveau 2019. Soit réduits, au pire, à 80 %. Les réductions pourraient être plus sévères au 2e trimestre. Mais la société de gestion n’exclut pas d’utiliser les réserves constituées.

« Les encaissements des loyers au 1er trimestre sont conformes à nos attentes »… Fiducial Gérance, gestionnaire de 5 SCPI investies en immobilier d’entreprise, n’envisage donc pas, dans un premier temps, de réduire trop drastiquement leurs premiers acomptes trimestriels sur dividendes. La situation permet en effet « une distribution au 1er trimestre 2020 proche des objectifs initiaux », explique-t-elle dans un communiqué publié le 28 avril.

Un premier acompte trimestriel « proche des objectifs initiaux »

Proche des objectifs initiaux signifie un niveau de distribution au 1T 2020 plus ou moins identique à celui constaté au 1T 2019. Deux des SCPI d’entreprise de Fiducial Gérance vont ainsi verser un acompte trimestriel équivalent à 100 % de celui de l’an dernier. C’est le cas pour Sélectipierre 2, une SCPI majoritairement investie en bureaux, de taille intermédiaire (396 M€). Et pour Pierre Expansion, une SCPI diversifiée de beaucoup plus petite taille (42 M€). Dont le capital a d’ailleurs été variabilisé l’an dernier. En revanche, pour Ficommerce, la plus importante en termes de capitalisation (700 M€ fin 2019), seul 90,2 % du montant de l’acompte de l’an dernier sera versé. Ficommerce est en effet très exposée au secteur du commerce (81 % de ses actifs sous gestion).

Révisions plus sensibles pour les SCPI exposées au commerce et à l’hôtellerie

Révision de même ampleur pour Buroboutic, avec un versement équivalent à 89,66 % de l’acompte 2019. Cette SCPI n’est pourtant exposée qu’à hauteur de 50 % de son patrimoine aux actifs de commerce. La baisse est en revanche plus rude pour Logipierre 3. Cette SCPI est en effet essentiellement investie en actifs hôteliers et en résidences gérées (95 % fin 2019). Des secteurs « plus sensibles à la crise actuelle », comme le reconnaît Fiducial Gérance. Conséquence : l’acompte du 1er trimestre est fixé à seulement 80 % de son niveau de l’an dernier. Et les révisions, pour l’ensemble de ces SCPI, pourraient être plus drastiques au 2e trimestre. Fiducial Gérance prévient : « l’impact du confinement, et la fermeture d’un grand nombre d’établissements, nous obligeront vraisemblablement à diminuer sensiblement la distribution ». De quelle ampleur ? Fiducial Gérance reste, pour l’instant, relativement vague.


Ajustements spécifiques à chaque trimestre

Les prochains acomptes seront ajustés « en fonction des perspectives d’encaissement, actif par actif, locataire par locataire ». Il faudra attendre le 3e trimestre, et « une meilleure visibilité », pour ajuster « plus sereinement » la distribution annuelle. Fiducial Gérance préfère de fait attendre, comme bon nombre de sociétés de gestion, d’avoir une vision plus précise de l’ampleur de la crise post-confinement. Ce n’est qu’alors que « les réserves pourront le cas échéant être utilisées pour conforter les distributions ». Le niveau de ces RAN (report à nouveau) à fin 2019 n’a pas été communiqué par la société de gestion. L’étude des rapports annuels 2018 des 5 SCPI permet d’avoir une estimation de leur importance.


Utilisation possible des reports à nouveau

La mieux dotée était alors Pierre Expansion, avec un RAN alors équivalent à 240 jours de distribution (du dividende 2018). Venait ensuite Logipierre 3, avec 197 jours. Puis, très en retrait, Sélectipierre 2 et Ficommerce, avec 39 jours. Buroboutic, quant à elle, affichait un RAN de 20 jours seulement. Ces montants ont pu varier depuis lors. Ils permettent simplement de constater que parmi les deux SCPI les plus « exposées », Logipierre 3 semble mieux armée pour résister au choc que Buroboutic… Mais Fiducial Gérance reste confiant. Et rassurant. « Nous sommes convaincus que les revenus de nos SCPI resteront largement positifs », explique la société de gestion. En rappelant que les SCPI vont continuer à offrir à leurs associés une bonne mutualisation des risques. Et une réduction de la volatilité des revenus. « Même si ces derniers ne seront pas au niveau attendu en 2020 ». Dont acte.

Frédéric Tixier


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A propos de Fiducial Gérance(i)

Fiducial Gérance est l’une des principales sociétés de gestion indépendantes du marché des SCPI. Avec près de 1,9 milliard d’euros d’actifs gérés, répartis sur 6 SCPI, Fiducial Gérance propose une gamme de SCPI complémentaire et différenciante (bureaux, commerce, résidentiel, résidences gérées, diversifiée), couvrant les différents segments du marché, ainsi qu’un fonds de fonds immobiliers, FIDIMMO. Fiducial Gérance gère également 6 groupements forestiers.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

ActivImmo verse son premier acompte trimestriel, en phase avec ses objectifs

La SCPI dédiée au secteur logistique, lancée l’an dernier par Alderan, va distribuer son 1er acompte trimestriel. Il correspond à un rendement annualisé de 6,02%. En phase, donc, avec son objectif de 6%. Et ActivImmo, qui vient de finaliser sa 3e acquisition, a bon espoir de maintenir ce niveau de rentabilité sur l’ensemble de l’année…  

Si de plus en plus de SCPI s’intéressent au secteur de la logistique, porteur depuis plusieurs années, certaines ont même choisi d’en faire leur critère d’investissement exclusif. C’est le cas d’ActivImmo, une SCPI lancée l’an dernier par Alderan. Son objectif : investir majoritairement dans des entrepôts, des locaux d’activité, de logistique urbaine ou « du dernier kilomètre ».

Logistique, un secteur qui semble échapper à la crise

La SCPI intervient sur un secteur qui semble, pour l’heure, échapper à la crise. En témoigne la dernière étude publiée par Cushman & Wakefield. Les capitaux investis sur le segment des grands entrepôts ont atteint, au 1er trimestre 2020, un niveau jamais égalé. Supérieur à 1,4 milliard d’euros. Et équivalent à près de 20% de l’ensemble des investissements en immobilier d’entreprise du trimestre… ActivImmo n’intervient pas exactement sur le même marché. Ses « cibles » sont de plus petite taille. « Entre 1 et 5 millions d’euros, soit des locaux d’une surface comprise entre 1 000 m² et 7 000 m² en fonction de leur localisation », précisait la SCPI lors de sa création. Ces actifs n’en présentent pas moins les mêmes caractéristiques sectorielles. Et sont en outre susceptibles d’offrir des niveaux de rentabilité bien supérieurs à ceux délivrés par les plus grandes surfaces.

ActivImmo procède à sa 3e acquisition

Le rendement moyen des deux premières acquisitions réalisées par ActivImmo, en novembre et janvier dernier, serait ainsi supérieur à 8%. Celui de la dernière opération qu’elle vient d’annoncer, ce 28 avril, n’est pas encore communiqué. Mais il devrait se situer dans une fourchette assez proche. ActivImmo s’est en effet portée acquéreur d’un nouveau bâtiment d’activités situé à Lieusaint, en Seine-et-Marne (77). Sa surface locative totale est de 1 556 m². Il est entièrement loué dans le cadre de deux baux d’une durée résiduelle supérieure à 10 ans. Ses locataires sont ATHP Assistance Technique[1] et France Lubrifiants Services[2]. ActivImmo ne compte pas en rester là. « Une acquisition supplémentaire devrait être finalisée d’ici la fin du mois de mai », précise Pauline Collet, directrice des relations investisseurs d’Alderan. Et d’autres opérations, en cours de négociation, pourraient se concrétiser d’ici fin septembre…

Une collecte qui se maintient

Malgré la crise, la SCPI continue donc à investir. Preuve que le marché de l’entrepôt est loin d’être au point mort. Et si ActivImmo peut se permettre de poursuivre des négociations, c’est qu’elle dispose de la trésorerie nécessaire. Sa collecte, modeste dans l’absolu, n’a pas perdu en vigueur. « En mars, nous avons réalisé notre meilleur mois », constate Pauline Collet. Et avril se présente plutôt bien. Le niveau des souscriptions nettes devrait être supérieur à 2 millions d’euros. Un montant certes en retrait par rapport au mois précédent. Mais en phase avec ceux constatés lors des deux premiers mois de l’année. Fin avril, la capitalisation de la SCPI aura franchi les 15,5 M€. Et Alderan a bon espoir que la collecte continue de progresser. Car «de nouveaux distributeurs nous ont rejoints depuis le début du confinement », se félicite Pauline Collet.

Nouvelle augmentation du capital statutaire

La SCPI envisage d’ailleurs une nouvelle augmentation de son capital statutaire. Fixé à 19,2 M€ depuis décembre, il devrait être rehaussé « très fortement ». La société de gestion va convoquer ses associés à une AGE[3] d’ici la fin du mois de mai, afin de valider cet objectif. Si les clignotants sont au vert côté collecte et investissement, qu’en est-il côté dividende ? Vert également… ActivImmo va en effet verser d’ici la fin de la semaine son premier acompte trimestriel. Fixé à 9,18 € par part, « ce versement correspond à un rendement annualisé de 6,02 %, légèrement au-dessus de notre objectif de 6 % », précise la société de gestion.

Objectif de rendement annuel de 6% maintenu

Sera-t-elle en mesure de maintenir ce niveau de distribution sur l’ensemble de l’exercice ? La réponse est, pour l’instant, oui. Sous condition, toutefois. Que le « pipe » d’acquisitions en cours se concrétise. Si tel était le cas, les loyers générés par ces nouveaux actifs devraient permettre de tenir le cap fixé…

Frédéric Tixier


[1] Une entreprise de maintenance et d’ingénierie d’équipements industriels, de systèmes oléo-hydrauliques et de pneumatiques
[2] Une entreprise spécialisée dans la distribution de combustibles et produits annexes
[3] Assemblée Générale Extraordinaire


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A propos d’Alderan(i)

Alderan est une société de gestion créée en 2015 par Rémy Bourgeon. Elle est issue d’un family office immobilier, Ojirel, spécialisé depuis 20 ans en immobilier professionnel, et en particulier dans le secteur des locaux d’activités et la logistique. Alderan agit de manière indépendante sur l’ensemble du cycle de détention : acquisition, gestion et revente. Sa connaissance du marché et son réseau d’apporteurs d’affaires permettent à Alderan d’avoir accès à des opérations exclusives et « off market ».

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

 

Perial AM précise le niveau d’exposition de ses SCPI à un risque de défaut de paiement des loyers… et son impact sur leurs rendements

Perial AM a renforcé le degré de suivi et d’analyse des locataires de ses SCPI PF Grand Paris, PFO et PFO2. Fin mars, le risque de solvabilité -de non-paiement des loyers- ne serait considéré comme significatif que pour 17% à 27% des locataires des trois SCPI. Qui voient donc leurs perspectives de distribution de dividendes revues à la baisse…

Perial Asset Management, face « au contexte de crise sanitaire », a mis en place « un suivi financier régulier de l’ensemble des locataires de ses 3 SCPI ». Dans un communiqué publié aujourd’hui, la société de gestion annonce avoir eu recours aux services d’Altarès, un expert de l’information sur les entreprises, membre du réseau Dun & Bradstreet.

Classification des locataires en fonction du risque de non-paiement des loyers

Ce spécialiste de la Big Data, qui revendique plus de 10 milliards de données sur les entreprises, lui a permis d’établir un suivi plus fin des locataires de son parc immobilier. Et notamment de « proposer un plan de paiement des loyers adapté à la situation particulière de chacun qui en fait la demande ». Surtout, ce suivi mensuel débouche sur un scoring de solvabilité de chacune des entreprises locataires. Perial AM est donc désormais en mesure de les classifier en fonction du risque de non-paiement des loyers.

Un risque faible de défaut pour 73% à 83% des locataires des SCPI Perial

Les premiers résultats, établis au 1er avril, tendent à établir que 73% à 83% des locataires des trois SCPI gérées par Perial AM présentent « un risque faible de défaut de paiement des loyers ». Ce score est de 83% pour PFO2. De 82% pour PF Grand Paris. Et de seulement 73% pour PFO. Le score plus faible -et donc le niveau de risque plus élevé- obtenu par PFO s’explique en partie par la composition sectorielle du patrimoine de cette SCPI. C’est en effet la plus exposée des trois aux deux catégories d’activités les plus touchées par la crise : le commerce et le tourisme. 27% de ses actifs sont des commerces. Et 20% des hôtels. Les bureaux, la catégorie pour l’heure jugée la plus résiliente, ne représentent que 59% de son patrimoine. Contre 91% pour PFO2. Et 94% pour PF Grand Paris.

Des différences en termes de répartition sectorielle et géographique

PFO est également moins bien lotie en termes d’exposition aux grandes entreprises. Cette catégorie d’acteurs, « pour la plupart solides financièrement », et « non concernés par la possibilité de suspendre leurs loyers automatiquement », ne représente que 73% de ses locataires. Contre 83% pour PF Grand Paris. Et 87% pour PFO2. A cela s’ajoute une plus forte présence en régions. La encore, les entreprises situées en province sont pour l’heure réputées plus risquées, globalement, que les groupes implantés dans les capitales. PFO compte 44% de son patrimoine en régions. Contre 37% pour PFO2. Et seulement 14%, fort logiquement, pour PF Grand Paris dont le champ d’investissement est clairement concentré sur la région francilienne.

Des qualités qui deviennent des défauts…

Rappelons toutefois que ce qui peut apparaître aujourd’hui comme les « défauts » de PFO sont précisément ceux qui, avant la crise, lui ont permis d’afficher des rendements supérieurs (4,92% en 2019) à ceux de PFO2 (4,61%) et de PF Grand Paris (4,30%). Et qu’en outre PFO est actuellement la plus présente sur les marchés européens. A hauteur de 25% de ses actifs. Contre 18% pour PFO2. Et … 0% pour PF Grand Paris. Or, dans certains pays, l’impact de la crise peut être moins important qu’en France. PFO est d’ailleurs très majoritairement investie en Allemagne et aux Pays-Bas (20% au total), que l’on sait actuellement moins touchés, sur le plan économique, que la France.

Quel impact sur la rentabilité des SCPI Perial ?

En revanche, il convient de noter que PFO qui était, jusqu’à présent, la moins endettée des trois, est repassée en tête au cours du 1er trimestre 2020. Son taux d’endettement est aujourd’hui de 18,6% (14,9% fin 2019). Contre respectivement 16,6% et 17,6% pour PFO2 et PF Grand Paris. Cet effort de transparence de Perial AM sur le risque associé à chacune de ses SCPI est louable. Mais il demandait à être complété par une estimation plus précise de l’impact de ces risques identifiés sur la rentabilité à venir de ses véhicules sous gestion. C’est chose faite via la mise à jour des trois bulletins d’information des SCPI, publiés également aujourd’hui.


Des perspectives de rendement révisées à la baisse

Comme il fallait s’y attendre, ce sont les perspectives de résultat de PFO qui sont les plus dégradées. « Afin de prendre en compte ce nouvel environnement économique, et compte-tenu des scénarios que nous anticipons, nous avons fixé une nouvelle fourchette de dividende prévisionnelle 2020. Elle se situe entre 38,4€ et 44€ par part. Soit un rendement potentiel compris entre 4% et 4,6%. Ce qui reste compétitif dans l’environnement actuel de l’épargne », explique Perial dans son dernier bulletin trimestriel. Une anticipation qui conduit, selon nos calculs, à un recul du dividende compris entre -18,3% (fourchette basse) et -6,38% (fourchette haute) par rapport au dividende 2019 (47€).

Des dividendes prévisionnels amputés de plus de 18%, au pire

Pour PFO2, la correction est moins forte. La fourchette de dividende prévisionnelle se situe entre 8€ et 9€ par part. Soit un rendement potentiel compris entre 4,1% et 4,6%. Ce qui correspond à un recul de -11% dans l’hypothèse basse, et à un maintien à l’identique dans l’hypothèse haute, par rapport au dividende 2019 (9€). Pour PF Grand Paris, enfin, la fourchette est placée entre 20€ et 22€ par part. Soit un rendement potentiel compris entre 3,75% et 4,15%. Le recul n’est donc que de -9,09%  en fourchette basse par rapport au dividende 2019 (22 €). Globalement, l’anticipation dévoilée par Perial conduit à des révisions assez conséquentes. Mais pas forcément plus que d’autres sociétés de gestion. Certaines ont en effet décidé de réduire encore plus fortement leur premier acompte prévisionnel.

Des 1er acomptes moins fortement touchés

Car la distribution effectuée au titre du 1er trimestre 2020 ne répercute pas l’intégralité de la perte potentielle attendue. L’acompte de PF Grand Paris est même identique à celui versé au 1er trimestre 2019 (5,25€). Celui de PFO2 recule légèrement. A 2,10€, vs 2,20€ en 2019. Soit un repli de 4,76%. Quant à PFO, l’acompte est plus fortement amputé. Il passe de 11,5€ à 10€. Soit un recul de 15%. Mais pourquoi ne pas avoir pris en compte l’ensemble des pertes potentielles dès ce 1er trimestre ? Perial AM, comme d’autres sociétés de gestion, espère que les effets de la crise seront moins forts qu’escompté. Et envisage d’ailleurs, comme d’autres là encore, de compenser une partie des pertes, une fois que celles-ci se seront matérialisées, par l’utilisation des réserves des SCPI.


Utilisation des RAN envisagée

Ces reports à nouveaux (RAN) sont relativement conséquents. 39 jours de distribution pour PFO. 45 jours pour PFO2. Et jusqu’à 108 jours pour PF Grand Paris. C’est la bonne nouvelle. « En fonction des résultats de fin d’année, nous pourrons envisager d’en distribuer tout ou partie pour compenser d’éventuelles pertes locatives », explique de fait Perial AM dans les derniers bulletins trimestriels. Tout en restant rassurante. La société de gestion rappelle que sa stratégie d’arbitrage a permis « d’améliorer la qualité des patrimoines ». Et que les immeubles qui les composent sont « modernes, bien entretenus, et localisés sur des marchés porteurs ». Perial AM reste donc confiant dans sa capacité « à traverser la crise sanitaire ». Et à « bénéficier de la dynamique de rebond économique post-Covid 19 » …

Frédéric Tixier


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A propos de Perial Asset Management(i)

Perial Asset Management gère 4,3 milliards d’euros au 31/12/2019. Il distribue des produits SCPI, OPCI par l’intermédiaire des CGP, banques privées, compagnies d’assurance, réseaux nationaux et investisseurs institutionnels. Perial Asset Management compte 550 immeubles en portefeuille pour les fonds gérés, plus de 1500 entreprises locataires et 44 000 associés, porteurs de parts de SCPI et d’OPCI.

A propos d’Altarès(i)

Expert de l’information sur les entreprises, Altares collecte, structure, analyse et enrichit les données BtoB afin de les rendre « intelligentes » et faciliter la prise de décision pour les directions générales et opérationnelles des entreprises. Le groupe propose son expertise sur toute la chaine de valeur de la data. Partenaire exclusif en France, au Benelux et au Maghreb de Dun & Bradstreet, 1er réseau international d’informations BtoB, Altares se positionne comme le partenaire de référence des grands comptes, ETI, PME et organisations publiques, en leur offrant un accès privilégié à ses bases de données sur plus de 350 millions d’entreprises dans 220 pays..

(i) Information extraite d’un document officiel de la société

Sofidy estime l’impact de la crise sur le rendement de ses SCPI

Le gestionnaire des SCPI Immorente et Effimmo1 a pris le temps de la réflexion. Après avoir simulé diverses hypothèses, dont un scénario noir, il envisage une baisse de rendement d’au maximum 10% sur leurs rendements 2020. Car il n’hésitera pas, si nécessaire, à piocher dans leurs réserves pour amortir le choc de la crise.  

« Nous n’anticipons pas de décrochage brusque ni des valeurs, ni des rendements »… Dans un document adressé aux porteurs de parts de ses SCPI, Sofidy adopte une communication en phase avec son style de gestion : prudente. La société de gestion aux plus de 6 milliards d’euros d’encours en immobilier y dévoile son estimation de l’impact de la crise sur son activité locative. Et, par voie de conséquence, sur le rendement attendu, en 2020, pour ses SCPI.

Scénario de « stress test »

A l’instar d’autres gestionnaires, Sofidy a construit son scénario de « stress test ». Pour estimer le « choc » sur les recettes locatives, il a retenu plusieurs hypothèses. A partir de diverses projections (sur la durée du confinement, le rythme de reprise de l’activité selon les secteurs…), il estime ainsi que la crise pourrait conduire, au maximum, à une annulation totale des loyers et des charges de ses locataires dont l’activité a été stoppée administrativement depuis le début du confinement. La perte maximale, sur les autres locataires, est estimée à 25 %. Et ce, pour une période de deux mois. Enfin, au-delà, c’est-à-dire pour les 3e et 4e trimestres de l’année 2020, Sofidy s’attend à une baisse de l’ordre de 5 % des revenus générés par l’ensemble de ses actifs sous gestion.

Chute de 20 % du résultat par part en 2020

Au final, ce scénario du pire pourrait conduire « à une chute du résultat par part d’environ 20 % en 2020 », estimait ainsi Jérôme Grumler, Deputy SEO chez Sofidy, lors d’une conférence en ligne. Et de l’ordre de 10 % sur les résultats 2021. « Il s’agit bien sûr de l’hypothèse la plus extrême », tient à rappeler Jean-Marc Peter, le directeur général. Et qui ne vaut d’ailleurs que pour les deux principales SCPI du groupe, Immorente et Effimmo1. Faut-il donc s’attendre à une baisse, dans les mêmes proportions, des dividendes de ces deux véhicules ? La réponse est non. Car, même à supposer que ce scénario du pire se réalise, Sofidy pourra alors utiliser les réserves constituées par ces deux SCPI pour « amortir le choc ».

Impact limité à 10 % au maximum sur les dividendes annuels

Immorente affiche en effet un report à nouveau (RAN) de 2,05 € par part. Soit environ 50 jours de distribution, sur la base du dividende 2019 (15,50 €). Idem pour Effimmo1 (RAN de 1,56 €, vs 11,64 € de dividende en 2019). Et d’autres provisions (pour gros travaux, notamment) s’ajoutent à ces réserves. De quoi, effectivement, compenser une partie du résultat éventuellement perdu en 2020. Sofidy prévoit donc d’activer cette option afin de limiter l’impact sur le résultat 2020 à environ 10 %. Conséquence : le dividende 2020 d’Immorente sera compris dans une fourchette de 90 % à 98 % du dividende 2019. Et celui d’Effimmo1, dans une fourchette de 89% à 97%… Sofidy estime en effet que le dividende 2020 d’Immorente se situera « entre 14 € et 15,25 € » (contre 15,50 € en 2019). Et « entre 10,40 € et 11,30 € » pour celui d’Effimmo1 (contre 11,64 € en 2019).

Quelle conséquence sur le prix de la part ?

Cette utilisation partielle des réserves pourrait en revanche conduire à une diminution de la valeur des parts. Jean-Marc Peter rassure. « L’impact sera très faible. De l’ordre de 0,5 %, au maximum », estime-t-il. Une variation d’autant plus indolore que les deux SCPI affichent des valeurs de reconstitution égales ou légèrement supérieures à leurs prix de souscription. Celle d’Immorente se situe à 337,60 €. Pour un prix de part à 337 €. Et celle d’Effimo1 à 246,91 €. Pour un prix de part à 237 €. Et ces deux véhicules ont en outre, selon Sofidy, d’autres arguments à faire valoir pour passer la crise dans des conditions « tenables ». Le groupe rappelle en effet les fondamentaux de sa gestion. D’abord, une très grande mutualisation du patrimoine de ses SCPI. Ces dernières détiennent en effet plus de 4 200 actifs immobiliers en Europe. Loués par plus de 3 400 locataires, présents dans tous les secteurs économiques.

Une gestion résiliente

Ensuite, une stratégie d’investissement qui assure une forte résilience en période de crise. Depuis de nombreuses années, les acquisitions du groupe ont privilégié la qualité des emplacements. Et les zones géographiques les plus dynamiques. Ce qui permet une relocation a priori plus rapide, en cas de locataire défaillant. Les loyers pratiqués sont en outre souvent inférieurs ou égaux aux valeurs locatives du marché. Une situation qui « en temps normal, permet d’envisager une augmentation lors de la relocation ». Et, « dans ce contexte particulier, s’avère particulièrement protectrice », estime Sofidy. Pour l’heure, les taux d’occupation sont dans le haut de la fourchette (93,61 % pour Immorente). Les véhicules gérés par le groupe sont par ailleurs également fortement mutualisés, côté passif. Car détenus par des milliers de petits porteurs.

Une trésorerie excédentaire

Enfin, les SCPI Sofidy n’affichent pas des taux d’endettement démesurés. Ils ne se situent néanmoins pas dans la fourchette basse du marché. Le ratio d’endettement d’Immorente se limite à 13,1 % de la valeur du patrimoine. Celui d’Effimmo1 grimpe à 19,7 %. Ceux d’Immorente2 et de Sofiprime sont en revanche très élevés, à respectivement 34,3 % et 42,8 %. Mais ces niveaux d’endettement s’expliquent par la spécificité des gestions mises en œuvre sur ces deux véhicules. En contrepartie, et d’une manière générale, les SCPI de Sofidy disposent d’une trésorerie abondante : 600 M€ au total. Dont 161 M€ pour Immorente. Et 100 M€ pour Effimmo1. Des liquidités que Sofidy compte mettre à profit prochainement pour « saisir des opportunités immobilières, comme au sortir de la crise de 2008 », précise-t-il.


Révision possible en fin d’année

Toutes ces précisions – Sofidy a livré l’essentiel des ratios de ses SCPI – et prévisions ne sont bien sûr valables qu’à l’instant t. « Le bilan ne pourra être réalisé qu’en fin d’année », reconnaît la société de gestion. Mais, pour l’heure, les porteurs de parts de ses véhicules ont au moins une vision un peu plus précise de ce qui les attend pour les prochains mois. Et bénéficient d’un premier dividende trimestriel très faiblement amputé. Ceux d’Immorente et d’Effimmo1 se situent à un peu moins de 96 % du 1er acompte 2019. Ceux d’Immorente2 et de Sofiprime ne subissent aucune réduction.

Frédéric Tixier


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A propos de Sofidy(i)

Depuis 1987, Sofidy conçoit et développe des produits d’investissement et d’épargne (SCPI, OPCI, SCI, SIIC, OPCVM Immobilier, Fonds dédiés) orientés principalement vers l’immobilier de commerces, et de bureaux. Gestionnaire de référence dans le paysage de la gestion d’actifs immobiliers en France et en Europe, Sofidy est régulièrement distingué pour la qualité et la régularité des performances de ses fonds. Sofidy gère pour le compte de plus de 50 000 épargnants, et un grand nombre d’institutionnels, un patrimoine immobilier d’une valeur de près de 6,2 milliards d’euros ; constitué de plus de 4 200 actifs commerciaux et de bureaux. Sofidy est une filiale de Tikehau Capital.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société