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OPCI : collecte et performance en retrait

Les OPCI grand public subissent un recul de leur collecte encore plus marqué au 3e qu’au 2e trimestre.  Par rapport à l’an dernier, le repli est de 60%. Côté performances, le bilan n’est guère plus positif. Mais la baisse reste limitée.

Les OPCI ne font pas mieux que les SCPI. En termes de collecte, la moisson du 3e trimestre (248 M€) s’affiche en recul de 25% par rapport au trimestre précédent. Quand les SCPI redressent la tête, avec un petit +15% sur la même période. En termes de performance, les OPCI sont toujours en repli sur un an glissant : -1,4%. Contre un rendement global d’encore 4,8% pour les véhicules SCPI.

Une collecte annuelle encore en progression

Après un 1er trimestre 2020 historique, avec une collecte en progression de 130%, les OPCI sont donc encore loin d’avoir retrouvé leur rythme de croissance d’avant-crise. Les 3 premiers mois de l’année permettent néanmoins encore à ces supports d’afficher, sur 9 mois glissants, une collecte nette en progression (+1,4%) par rapport à l’an dernier (1 847 M€). Mais le chiffre du seul 3e trimestre 2020 peut inquiéter. Il est en retrait de près de 60% par rapport au 3e trimestre 2019 (616 M€). Et s’avère être le plus mauvais trimestre enregistré par les OPCI depuis 2015…


Des résultats contrastés selon les sociétés de gestion

Si le recul est global, il n’est toutefois pas uniformément réparti entre tous les véhicules. Opcimmo, le leader du marché – avec plus de 8,6 Md€ d’encours – affiche par exemple une collecte en hausse par rapport au 2e trimestre (72,9 M€ vs 30,3 M€). On reste loin néanmoins du record du 1e trimestre (346,5 M€). D’autres OPCI sont aussi en rebond, par rapport au 2e trimestre. C’est le cas notamment d’AXA Selectiv’Immoservice, dont la collecte est multipliée par 3. Mais l’autre produit géré par AXA Reim, AXA Selectiv’Immo, subit une tendance inverse. Sa collecte trimestrielle fond de près de 90 M€ (19,3 M€ vs 110,2 M€). D’autres connaissent également des reculs. Comme Swisslife Dynapierre ou BNP Paribas Diversipierre, mais moins importants. Globalement, les leaders du marché, en collecte, restent en place. Avec, toujours, Amundi Immobilier en pole position.

Nouveau recul de la performance annualisée

Côté performance ou, plutôt, contre-performance, le bilan s’alourdit. Fin juin 2020, les OPCI étaient déjà  passés dans le rouge : ils affichaient une perte de -0,2% sur un an glissant. Fin septembre, le recul s’accentue. Il passe à -1,4%. On est loin des scores de l’an dernier. Fin septembre 2019, la performance des OPCI ressortait alors à +3,4%. C’est bien évidemment la poche immobilier coté détenue par les OPCI – dans des proportions plus ou moins importantes selon les véhicules – qui est en cause. L’indice Euronext IEIF SIIC France, qui mesure la performance des foncières cotées à Paris, avait déjà reculé de 32,4% sur le 1er semestre. Il a encore perdu 15% au cours du 3e… La bonne nouvelle, c’est que la reprise des marchés qui s’opère depuis quelques semaines va donc profiter aux OPCI. L’indice SIIC a déjà rebondi de 26% sur le mois écoulé[1]

Frédéric Tixier

[1] Au 17 novembre


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A propos de l’IEIF(i)

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion.
L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement), les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, FIA) et le financement.

A propos de l’ASPIM(i)

L’Association française des Sociétés de Placement Immobilier (ASPIM) représente et défend les intérêts de ses adhérents, les gestionnaires de fonds d’investissement alternatif (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI et autres FIA « par objet »). Créée en 1975, l’ASPIM est une association à but non lucratif qui réunit tous les acteurs du métier de la gestion des fonds immobiliers non cotés. En France, au 31 décembre 2019, les FIA en immobilier représentaient une capitalisation totale de 231 milliards d’euros.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

OPCI : la performance plus impactée que la collecte

Sur l’ensemble du 1er semestre 2020, les OPCI affichent une collecte en progression par rapport à l’an dernier. Ils font donc mieux, de ce point de vue, que les SCPI. Mais, côté performance, le bilan est moins positif. La faute à la poche foncières cotées…

Les OPCI ont eux aussi pâti de la période de confinement. Ces véhicules immobiliers s’étaient offerts un 1er trimestre 2020 historique, avec une collecte en progression de 130%. Une croissance stoppée nette par la crise sanitaire.

Forte chute du rythme de la collecte mensuelle

Alors que leur collecte mensuelle dépassait encore les 500 M€ en février et mars, « les souscriptions nettes ont chuté à 130 M€ en avril », constatent l’ASPIM et l’IEIF dans leur communiqué du 25 août dernier. En mai, les OPCI n’auront même collecté que 34 M€. Le mois de juin amorce, avec 168 M€, un semblant de reprise. Mais, au total, le second trimestre se termine avec un solde certes positif (332 M€), mais en retrait de 50% par rapport au second trimestre 2019. Un recul important, mais néanmoins inférieur à celui subi par les SCPI sur la même période (-60%). Surtout, les OPCI affichent un 1er semestre 2020 en progression. Avec une collecte de 1,6 Md€, ils progressent de 32% par rapport au 1er semestre 2019. Contre un repli, rappelons-le, de 20% pour les SCPI.


Contre-performance des OPCI

Côté performance, le bilan est moins positif. Alors que les SCPI, sur un an glissant à fin juin, rapportaient encore en moyenne 5,35%, les OPCI, eux, étaient passés dans le rouge : -0,2%. Cette contre-performance, mesurée par l’indice IEIF OPCI Grand Public, s’explique surtout par les résultats du 1er semestre 2020. L’indice des OPCI recule, sur cette période, de 2,6%. La faute, essentiellement, à la poche d’immobilier coté dont sont pourvus, dans des proportions plus ou moins importantes, la quasi-totalité des OPCI. Les foncières cotées ont, on le sait, à l’instar de l’ensemble des actions, été fortement corrigées durant la crise sanitaire. Même si certains sous-secteurs ont mieux tiré leur épingle du jeu (secteur résidentiel et logistique, notamment), le repli a été massif. L’indice Euronext IEIF SIIC France, par exemple, a reculé de 32,4% sur le 1er semestre…

Un 3e trimestre peu porteur

Compte tenu de la poursuite de la baisse des Bourses, au comportement de plus en plus erratique, il a peu de chances que la performance des OPCI se redresse au cours du 3e trimestre. En juillet, elle s’était toutefois reprise, avec un gain de 0,16%. Mais le recul de l’immobilier coté, qui s’est encore creusé depuis fin juin (-37,64% pour l’indice Euronext IEIF SIIC France au 4 septembre[1]) débouchera nécessairement sur un repli encore plus accentué pour les OPCI sur les 9 premiers mois de l’année. La collecte, elle, à l’instar de ce qu’anticipent les gestionnaires sur le segment des SCPI, pourrait fort bien se reprendre…

Frédéric Tixier

[1] Performance depuis le 1er janvier 2020


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A propos de l’IEIF(i)

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion.

L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement), les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, FIA) et le financement.

A propos de l’ASPIM(i)

L’Association française des Sociétés de Placement Immobilier (ASPIM) représente et défend les intérêts de ses adhérents, les gestionnaires de fonds d’investissement alternatif (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI et autres FIA « par objet »). Créée en 1975, l’ASPIM est une association à but non lucratif qui réunit tous les acteurs du métier de la gestion des fonds immobiliers non cotés. En France, au 31 décembre 2019, les FIA en immobilier représentaient une capitalisation totale de 231 milliards d’euros.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

OPCI : une collecte 2019 à 2,6 milliards d’euros

La collecte 2019 des OPCI a bondi de 20% par rapport à 2018. La capitalisation de ces véhicules immobiliers progresse de 21,7%, pour atteindre 18,4 Md€. C’est Amundi Immobilier qui se place en pole position cette année.

2,6 Md€ : c’est le montant de la collecte nette des OPCI en 2019. Comme attendu, le chiffre publié aujourd’hui par l’IEIF confirme la reprise du marché observée sur les 9 premiers mois de l’année. Celui-ci affiche une progression de plus de 20% par rapport à 2018. On reste en revanche toujours très loin des records de collecte établis en 2016 et 2017. Années où les souscriptions nettes avaient frôlé les 4 Md€…

OPCI : une collecte particulièrement dynamique au 3e trimestre 2019

Ce résultat annuel, très positif, masque toutefois d’importantes disparités trimestrielles. Sur le 1er semestre de l’année écoulée, les OPCI n’enregistraient en effet une hausse de leur collecte que d’environ 9%, par rapport au 1er semestre 2018. Au 3e trimestre, ils affichaient en revanche un net rebond par rapport au 3e trimestre 2018 : + 60 %. Avec 621 M€ de capitaux nets engrangés. Le 4e trimestre s’inscrit lui aussi à la hausse. Mais dans des proportions moins importantes. A 749 M€, les fonds collectés progressent de 18,6%. Un volume trimestriel inférieur à celui de 2016 ( 1 052 M€), la «grande année» des OPCI. Mais qui se rapproche de celui observé en 2017 (762 M€). Les OPCI terminent donc l’année sur une note positive. Avec une capitalisation annuelle en hausse de 21,7%, à 18,4 Md€.



Amundi Immobilier reprend le leadership en termes de collecte

Comme au 3e trimestre, 4 principaux gestionnaires et/ou promoteurs d’OPCI trustent près de 80% de la collecte annuelle. Mais, alors qu’AXA REIM s’était arrogé la 1ère place aux 1er et 3e trimestres, Amundi Immobilier retrouve son leadership. Aussi bien trimestriel, avec 23,8% de la collecte, qu’annuel, avec 23% de parts de marché, et 618 M€ de souscriptions nettes. Mais la tendance observée début 2019 se confirme. Désormais, la filiale du groupe de gestion d’actifs ne fait plus cavalier seul. Alors qu’elle pouvait représenter jusqu’à 50% de la collecte annuelle, elle se cantonne dorénavant à un petit quart du marché. Qu’elle partage assez équitablement avec AXA REIM (20,3%) et BNP Paribas REIM France (19,2%). 2019 s’affiche donc comme une année de rééquilibrage du marché entre les différents opérateurs.



Montée en puissance de nouveaux opérateurs

Car si la collecte nette d’Amundi Immobilier baisse (de 39% vs 2018), celles d’autres sociétés de gestion progressent fortement. Parmi les plus imposantes en termes absolus, celle de BNP Paribas REIM France affiche une hausse de 86%. Swiss Life Asset Managers France connaît un rythme de croissance encore plus fulgurant. Sa collecte nette est passée de 74 M€ en 2018 à 368 M€ en 2019. Soit une collecte multipliée par 5. Côté « petits opérateurs », c’est-à-dire dont la collecte annuelle reste encore inférieure à 100 M€, le meilleur résultat 2019 revient à A Plus Finance (+246%). Suivi de Sofidy (+233%). Et de Groupama GAN REIM (+202%). Mais Amundi Immobilier demeure, et de loin, à la première place en termes de capitalisation, avec 8,5 Md€…


Frédéric Tixier


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A propos de l’IEIF(i)

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion. L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés et les fonds immobiliers. L’IEIF compte aujourd’hui plus de 120 sociétés membres. Le patrimoine immobilier des membres investisseurs représente une valeur globale de près de 300 milliards d’euros.

(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

 

OPCI : reprise de la collecte au 3e trimestre 2019

Elle a bondi de 60% par rapport au 3e trimestre 2018. Sur les neuf premiers mois de l’année, la collecte des OPCI représente déjà 85% du volume total de l’an dernier. Et elle est désormais plus équitablement répartie entre les 4 principaux collecteurs.

On est encore très loin des records de collecte établis en 2016 et 2017, avec près de 4 Md€ de capitaux engrangés en année pleine (voir « Nouveau record historique de collecte pour les SCPI et les OPCI grand public en 2017 »). Mais, comparé à l’année 2018, où le volume s’était totalement effondré à quelque 2 Md€ (voir « Collecte 2018 SCPI et OPCI : 7,2 Md€ »), le marché des OPCI donne, sur le troisième trimestre 2019, des signes de reprise.

Collecte OPCI au 3T 2019 : +60% par rapport au 3T 2018

Après un 1er trimestre relativement dynamique (voir « OPCI : la collecte rebondit, mais moins que celle des SCPI »), les OPCI n’avaient pas réellement transformé l’essai sur l’ensemble du 1er semestre. Fin juin, avec une collecte cumulée d’un peu plus de 1,2 Md€, leur progression, comparée au 1er semestre 2018, ne s’affichait qu’à + 9 %. Au 3e trimestre, avec 621 M€ de capitaux nets engrangés, ils affichent en revanche un net rebond par rapport au 3e trimestre 2018 : + 60 %. Un volume trimestriel qui reste inférieur à celui atteint en 2016 (949 M€), la « grande année » des OPCI, mais se rapproche de celui observé en 2017 (666 M€). Quelles perspectives pour l’ensemble de l’année 2019 ? Sur les 9 premiers mois de l’année, la collecte des OPCI s’établit à près de 1,9 Md€, soit déjà 85% du total annuel 2018. Il y a donc de fortes chances pour que les OPCI fassent mieux en 2019 que l’année passée…


Axa REIM reprend le leadership sur le 3e trimestre 2019

Le niveau des souscriptions du 4e trimestre devrait en tout cas se jouer entre les 4 principaux gestionnaires et/ou promoteurs d’OPCI qui, à eux seuls, représentent plus de 80% de la collecte du 3e trimestre. Il est à noter que le « match » entre les sociétés de gestion d’OPCI est désormais plus équilibré. En 2018, Amundi Immobilier, incontestable leader du marché sur ce créneau avec une capitalisation de près de 7,6 Md€ en fin d’année dernière (soit 50% de la capitalisation totale), affichait une part de marché, en termes de collecte, aux proportions similaires (47% des souscriptions nettes). Mais sa suprématie relative s’est largement érodée depuis le début de l’année. En raison d’un très net recul de sa collecte (environ 50% de moins par rapport aux 9 premiers mois de 2018), son statut de premier collecteur du marché lui a même été ravi au 1er trimestre, et de nouveau au 3e, par Axa REIM.


Une collecte désormais plus équitablement répartie entre les 4 principaux acteurs

Surtout, d’autres sociétés de gestion sont montées en puissance : BNP Paribas REIM France, qui affiche pour l’heure une collecte multipliée par plus de 2 par rapport à 2018 ; ou Swiss Life Asset Managers France, qui connaît un rythme de croissance encore plus fulgurant (collecte multipliée par près de 5 !). Résultat, alors qu’Amundi en représentait environ 50%, la répartition des souscriptions nettes entre ces 4 principaux intervenants tient désormais dans un mouchoir de poche, s’échelonnant entre 23% (pour Axa REIM) et 17% (pour Swiss Life Asset Managers France). Il suffirait donc qu’un seul d’entre eux accélère encore davantage pour que la collecte des OPCI reparte résolument de l’avant…

Frédéric Tixier


A propos de l’IEIF

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion. L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement) et les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, autres FIA).
L’IEIF compte aujourd’hui plus de 120 sociétés membres (2/3 d’investisseurs, 1/3 d’autres acteurs : promoteurs, banques, experts immobiliers, conseils en immobilier, etc.). Le patrimoine immobilier des membres investisseurs représente une valeur globale de près de 300 milliards d’euros. L’IEIF s’appuie sur une équipe de 20 personnes issues à la fois des mondes de la finance et de l’immobilier, dont 6 chercheurs associés. Il dispose de nombreuses bases de données économiques, financières et immobilières, dont certaines ont plus de 30 ans d’historique.

A propos de l’ASPIM

L’Association française des sociétés de placement immobilier (ASPIM) promeut, représente et défend les intérêts de ses adhérents, les gestionnaires de fonds d’investissement alternatif (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI et autres FIA « par objet »). Créée en 1975, l’ASPIM est une association à but non lucratif qui réunit tous les acteurs du métier de la gestion des fonds immobiliers non cotés. En France au 31 décembre 2018, les fonds d’investissement alternatifs (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI, OPPCI et autres FIA) avaient une capitalisation globale de 180 milliards d’euros. Le nombre total des membres de l’ASPIM est de 97, dont 84 adhérents qui sont des sociétés de gestion de portefeuille (SGP) de SCPI, OPPCI, OPCI et autres FIA en immobilier agréées par l’AMF, qu’elles soient filiales de groupes bancaires, d’assurance, de gestion immobilière étrangère ou entrepreneuriales, et 13 experts correspondants qui sont des professionnels de l’écosystème immobilier (avocats, consultants, auditeurs et experts).

Nouveau semestre historique pour la collecte des SCPI et les OPCI. Les premières recueillent 3,8 Md€ de souscriptions nettes (+56% vs le 1er semestre 2016), les seconds 2,7 Md€ (+36% vs 1S 2016). Leur capitalisation globale frise désormais les 60 Md€. Et les OPCI représentent à présent près de 20% de l’ensemble de ces fonds immobiliers non cotés…

Les superlatifs manquent… Les SCPI, mais aussi désormais les OPCI, signent de nouveau un semestre record en termes de collecte. Comme l’indique l’ASPIM dans son communiqué, il s’agit d’une nouvelle preuve « de la confiance que les ménages manifestent dans ces véhicules régulés par l’AMF ».

Nouvelle collecte record, tous produits confondus

Sur le 1er semestre écoulé, les 178 SCPI recensées par l’IEIF, en liaison avec l’ASPIM, ont en effet collecté 3,8 Md€, soit 56% de plus qu’au 1er semestre 2016. Les professionnels s’attendent de ce fait à une nouvelle année record, avec un volume global de collecte pour 2017 estimé entre 8,5 et 8,7 Md€. A comparer au niveau de collecte 2016 (5,6 Md€), et surtout au rythme constaté entre 2010 et 2014, compris entre 2,46 et 2,93 Md€… Côté OPCI, la dynamique est encore plus frappante. La progression enregistrée au 1S 2017 (+2,7 Md€) a beau être moins élevée (+36% vs 1S 2016) que celle des SCPI, elle confirme l’explosion de la collecte de ces « petits frères » des SCPI qui, depuis maintenant 3 ans, représentent plus de 40% de la collecte globale des véhicules de la pierre-papier.

Nouveaux sommets en termes de capitalisation

Un rééquilibrage que l’on constate également désormais très clairement en termes de capitalisation. Les 14 OPCI recensés par l’IEIF au 30 juin dernier représentent en effet à présent près de 20% de l’encours total des SCPI et OPCI. Une proportion qui n’était que de 6% à peine en 2014, date de début de l’essor de ces produits désormais fortement commercialisés via les contrats d’assurance-vie. L’ensemble du secteur de la pierre-papier non cotée franchit elle aussi une nouvelle étape, puisqu’il frise désormais les 60 Md€ de capitalisation, soit plus de 2,5 fois le niveau de 2010 (22,5 Md€)… Si les projections se confirment pour le second semestre, l’encours à fin 2017 pourrait alors dépasser les 66 Md€.

Les SCPI de bureaux et spécialisées toujours en vedette

Le 1er semestre 2017 confirme par ailleurs la suprématie des SCPI immobilier d’entreprises qui drainent l’essentiel de la collecte, pour ne pas dire la totalité (99,12%), les SCPI de bureaux se taillant une nouvelle fois la part du lion (54,6% des SCPI d’entreprises). Les SCPI spécialisées affermissent également leur montée en puissance, avec une nouvelle forte progression du montant de leurs souscriptions nettes (703 M€), faisant désormais quasiment jeu égal avec les SCPI de commerces (726 M€). En termes de capitalisation, les forces en présence sont en revanche relativement stables, les SCPI de bureaux conservant leur pole position, avec 31 Md€ d’encours, suivies des SCPI de commerces (7,1 Md€), les SCPI résidentiels (3,97 Md€), et les diversifiées (3 Md€), les spécialisées, en débit de leur forte progression, ne cumulant que 1,93 Md€ d’encours.

Meilleurs collecteurs 2016 : toujours Amundi au global, toujours Primonial en SCPI

Les dernières données collectées par l’IEIF pour l’ASPIM constatent, une nouvelle fois, la suprématie d’Amundi Immobilier. Avec une collecte nette, tous produits confondus, de 1 337 M€, elle conserve la première position occupée depuis maintenant deux ans aux dépens de Primonial REIM. Cette dernière conserve en revanche le leadership sur la collecte SCPI (928 M€). Le lancement, cette année, de son 1er OPCI Grand Public, Preimium, lui permet d’engranger ses premières souscriptions dans cette catégorie. Mais il faudra sans doute quelques années avant qu’elle puisse concurrencer Amundi dans ce domaine…

 


A propos de l’IEIF
L’Institut de l’Epargne Immobilière et Foncière est depuis plus de 20 ans un organisme d’études et de recherche indépendant. Il fournit des informations, des analyses et des prévisions sur les marchés et les investissements immobiliers en France et en Europe. Il est constitué de quatre pôles complémentaires : SCPI, OPCI, Immobilier coté, Immobilier physique et d’un club « Analyse et Prévision ». L’IEIF est aussi le cercle de réflexion des professionnels de l’immobilier et de la finance.

A propos de l’ASPIM
L’Association française des Sociétés de Placement Immobilier (ASPIM) est la structure de représentation de la gestion des fonds immobiliers non cotés que sont les SCPI et les OPCI. Dans ses relations avec les autorités françaises et internationales en charge des sujets intéressant ses adhérents, sociétés de gestion agréées par l’AMF, l’ASPIM défend et promeut les intérêts des investisseurs de ces fonds et s’attache à démontrer les apports à l’économie nationale de ce secteur professionnel.