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Laurent Gauville, Gestion 21 : « Le secteur des foncières cotées doit travailler à réduire la volatilité »…

Laurent Gauville, directeur général délégué de Gestion 21, est l’invité de l’émission « Les acteurs de la pierre-papier ». Au programme : le bilan 2020 et les perspectives 2021 pour les foncières cotées. Mais aussi les défis que le secteur doit relever pour retrouver la faveur des investisseurs. Interview.



Petit rappel : Gestion 21 est une société de gestion d’actifs financiers que vous avez cofondée en 2007. Elle gère environ 330 millions d’euros d’actifs, via plusieurs fonds ou mandats. Dont le fond Immobilier 21, que vous pilotez, et qui, comme son nom l’indique, investit exclusivement dans les foncières cotées européennes. Première question, sur le bilan boursier 2020. On ne va pas se mentir : ce n’était pas une année exceptionnelle pour les foncières… Mais comment expliquer que ce compartiment de la cote ait aussi mal résisté, comparativement à l’ensemble des marchés financiers ? Et à l’immobilier physique ?

Laurent Gauville – Ce n’était pas une année exceptionnelle en termes de performances, oui. Mais c’était aussi une année inédite, avec ce contexte très particulier de confinement/déconfinement. Comparaison avec l’immobilier physique ? Il faut bien comprendre que le secteur immobilier coté offre de la liquidité. Quand les marchés sont en stress, c’est donc sur le compartiment coté qu’ils vont chercher de la liquidité. Pas sur le marché immobilier physique. C’est une première explication à cette décorrélation.

Et la deuxième ?

Laurent Gauville – La seconde tient à la structure bilantielle des foncières. Une foncière, c’est de l’immobilier, mais c’est aussi de la dette. Or, pour la première fois, un certain nombre de segments de l’immobilier coté n’a plus offert de visibilité en termes de résultats. Ce qui a conduit à déporter le centre d’attention des investisseurs. De l’analyse des comptes de résultats, ils sont passés à l’analyse des bilans et des risques chaînés qu’ils révélaient. Je pense notamment aux centres commerciaux, dont les performances boursières ont de fait été très, très mauvaises. On parle de reculs de plus 50% en 2020…

On est toutefois maintenant passé au stade « résultats ». La plupart des foncières viennent de les publier. Ils ne sont pas forcément très bons. Que peut-on en dire aujourd’hui ?

Laurent Gauville – Une interprétation simple et rapide, c’est de dire qu’effectivement des secteurs comme les centres commerciaux, qui ont vu leurs actifs fermés, sont en bas de cycle en termes de performances économiques. C’est tout à fait naturel. Quand vous subissez 2 à 3 mois de fermetures, vous ne pouvez pas vous attendre à dégager de bons résultats. Même si, sur ce secteur, le fait de toucher des loyers durant 3 mois vous assure de ne pas faire de pertes. Tout simplement parce que 3 mois de loyer suffisent à couvrir les frais financiers et généraux d’une année entière…

Ce qui signifie que, même dans les périodes de crise, ces sociétés continuent à dégager des bénéfices ?

Laurent Gauville – C’est effectivement le cas, et les résultats 2020 en attestent. Mais je rappelle que les opérateurs boursiers ne s’intéressent pas au résultat annuel stricto sensu, mais bien à la variation du résultat annuel. Et à d’autres indicateurs…

Où en est-on, d’ailleurs, en termes de ratio cours sur bénéfice ?

Laurent Gauville – En termes de ratio cours sur bénéfice, notre fonds Immobilier 21 est à 13 fois. Le secteur est à 16 fois. Si l’on est à 13 fois, c’est tout simplement parce que notre positionnement « value » nous conduit à privilégier des multiples plus faibles que celui du secteur.

Vous avez récemment émis certaines critiques vis-à-vis de la communication financière des foncières. Que lui reprochez-vous précisément ?

Laurent Gauville – En fait, une foncière, c’est quoi ? C’est effectivement un actif – l’immobilier -, et de la dette et des fonds propres. La direction financière, et donc la communication financière, ont vocation à prendre en charge la communication sur les fonds propres et la dette. Mais l’investisseur a besoin de repères. Il en a d’autant plus besoin lors de périodes inédites. Or, en 2020, le repère de la distribution (de dividendes) a disparu pour certains secteurs de l’immobilier. Il a pu être maintenu dans le secteur résidentiel ou celui de la logistique. Ou au cas par cas sur le segment du bureau et du commerce. Mais l’immobilier, globalement, a plus subi la « coupure du dividende » que d’autres secteurs de la cote. Et les communications financières n’ont pas proposé de repères alternatifs.

C’est-à-dire ?

Laurent Gauville – En expliquant, par exemple, que dans le secteur des centres commerciaux, un mois de fermeture équivaut à une baisse de 12% des cash-flows. Autrement dit, en permettant à l’investisseur de se projeter dans le temps. Car si, effectivement, une mauvaise année peut être lourde de conséquences, elle doit être relativisée dans une analyse de plus long terme, sachant que les investisseurs qui achètent le secteur acceptent de payer 16 années de bénéfices…

Passons précisément aux perspectives. 2021 sera-t-elle une bonne année, une année de reprise, pour les foncières ? Sous réserve, évidemment, que l’on sorte du contexte de crise sanitaire…

Laurent Gauville – Que l’on sorte du contexte de crise sanitaire, ou, tout au moins, que l’on réduise la pression sanitaire. Ce qui pourrait intervenir, espérons-le, dans le courant du 2e trimestre. Dans cette hypothèse, ce sont a priori les secteurs aujourd’hui les plus décotés -comme les centres commerciaux, dont le niveau de décote frôle les 50%- qui devraient le plus rebondir. Bien évidemment, des secteurs comme le résidentiel restent à privilégier dans le cadre d’une allocation structurelle. Je rappelle que le résidentiel, en Bourse, ce ne sont pas les 10 000 euros au mètre carré parisien, ou les 5 000 euros des grandes métropoles françaises. C’est essentiellement le résidentiel allemand, valorisé à environ 2 000 euros le mètre carré. C’est-à-dire en dessous de sa valeur de construction. Ce résidentiel là est donc structurellement « value ».

Les valeurs qui ont le plus de chance de rebondir sont donc, logiquement, celles dont les niveaux de valorisation sont au plus bas. Ce sont d’ailleurs ces valeurs qui ont le plus souffert en 2020…

Laurent Gauville – Exactement, il y a une parfaite symétrie. Les baisses constatées sur certains segments en 2020 ne s’expliquent pas pour des raisons économiques. Elles ouvrent donc un potentiel de rebond pour 2021.

Parlons de votre fonds, Immobilier 21. Quelle allocation aujourd’hui ?

Laurent Gauville – Notre positionnement, comme je l’ai déjà rappelé, est résolument value. Le résidentiel, pour les raisons que je viens d’évoquer, représente environ 40% de nos positions. Les centres commerciaux sont présents à hauteur de 25%. Pour bénéficier de ce rebond potentiel, sachant que les cours sont actuellement au même niveau qu’en mars 2020. Sur le segment du bureau, nous sommes plus sélectifs. Nous privilégions la thématique du bureau allemand, qui nous semble plus défensive. Le poste logistique se situe à environ 5%.

La logistique est pourtant très recherchée actuellement. Pourquoi seulement 5% ?

Laurent Gauville – Parce qu’il n’y a, en réalité, que 4 titres « logistique » dans le secteur immobilier coté en zone euro. Deux valeurs présentent des multiples compris entre 25 et 35 fois les bénéfices. Ce qui est incompatible avec notre discipline de gestion. Les deux autres sont plus « value compatibles ». Mais, pour des raisons de liquidité cette fois -un critère important dans notre style de gestion-, il ne serait pas raisonnable d’y allouer plus de 5% du portefeuille.

 


Contrairement à leur « habitude », si je puis dire, la volatilité des foncières a été très élevée en 2020. Quid de 2021  ?

Laurent Gauville – Qu’est-ce que la volatilité, en fin de compte ? C’est certes une tendance à la fluctuation. Mais c’est aussi une situation dans laquelle les sociétés ont un coût du capital tellement élevé que leur accès au marché coté n’est plus compétitif. L’année 2020, de ce point de vue, est un échec, et une grande déception. Le secteur doit travailler à réduire cette volatilité. A réduire la décote, pour que les foncières retrouvent un coût du capital compétitif. Cet objectif passera nécessairement par une obligation de distribution réaffirmée. Et pas une obligation de distribution qui mélange revenu et capital. On a bien vu l’argument mis en avant pour ne pas verser de dividende en 2020 : les pertes subies par les filiales. A procéder ainsi, on détruit l’engagement de distribution.

Il y a aussi l’attitude des investisseurs…

Laurent Gauville – Oui, la volatilité élevée constatée en 2020 est aussi liée au fait que les investisseurs qui souhaitaient réduire leur exposition au secteur immobilier ont vendu de l’immobilier coté. Parce que la vente d’immobilier physique est un processus long. C’est d’ailleurs tout l’intérêt de l’immobilier coté : la liquidité.

Autre sujet pour 2021, l’éventuel retour de l’inflation. Quel impact sur les cours des foncières cotées ?

Laurent Gauville – Tous les baux sont, peu ou prou, indexés. L’immobilier est donc un « proxy » face à l’inflation. C’est l’aspect positif. Maintenant, quand on parle de possible retour de l’inflation, on parle aussi de possible remontée des taux d’intérêt. Ce qui aurait un impact -négatif cette fois- sur les valorisations. C’est en tout cas la première analyse que font les marchés financiers : hausse des taux d’intérêt égale baisse des cours des foncières cotées. En réalité, la situation est aujourd’hui un peu plus compliquée. Car tout dépend du niveau auquel se situe la prime de risque. Il n’y a donc pas, selon moi, de relation systématique entre niveau des taux d’intérêt et valorisation des foncières.

Certaines foncières sont néanmoins plus endettées que d’autres ?

Laurent Gauville – Oui, mais sur des maturités de l’ordre de 6 à 7 ans. Ce qui signifie que l’impact économique est bien plus fort sur la partie revenus que sur la partie dettes. L’indexation des baux s’applique en effet à 100% du patrimoine. La hausse des taux, elle, ne porte que sur la dette, soit environ 40% des actifs engagés.

Dernier point : Immobilier 21 a innové sur le marché l’an dernier en mettant en place une distribution trimestrielle des dividendes. Avec quel objectif ?

Laurent Gauville – Il s’agissait à la fois de répondre à une demande de nos clients et de réaffirmer une conviction : la dimension « rendement » du secteur. Le principe mis en place est celui d’une distribution d’acomptes trimestriels (pour les parts AD), sur la base d’un rendement annuel indicatif. C’est une démarche qui se rapproche du modèle économique de l’immobilier non coté…

Propos recueillis par Frédéric Tixier


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A propos de Gestion 21(i)

Gestion 21 est une société de gestion indépendante créée en 2007. Son métier consiste à gérer des actions à long terme pour le compte d’investisseurs via des OPC ou des mandats institutionnels. Elle propose son expertise sur deux classes d’actifs : les actions françaises et les foncières cotées de la zone euro. Forte de l’expérience accumulée par ses gérants-fondateurs depuis plus de 20 ans, de ses travaux de recherche appliqués, du suivi approfondi et des rencontres avec les entreprises, l’équipe de gestion travaille avec patience et rigueur dans le but de réaliser des investissements profitables à long terme.

(i) Information extraite d’un document officiel de la société

Les résultats Unibail-Rodamco-Westfield confirment l’embellie sur les centres commerciaux

La foncière internationale publie des résultats de bonne facture. Le chiffre d’affaires des commerçants de ses centres commerciaux français progresse largement plus que l’ensemble du marché, qui montre toutefois lui aussi des signes de reprise. Et attire de nouveau les investisseurs…

Fréquentation des centres commerciaux européens en hausse de 3,1%, chiffre d’affaires des commerçants en progression de 5,2% : les derniers résultats d’Unibail-Rodamco-Westfield (URW), à fin septembre, démontrent que, sur certains segments, l’activité commerce physique n’est pas aussi atone qu’on pouvait le craindre.

URW : une progression du chiffre d’affaires des commerçants supérieure aux indices nationaux

La foncière internationale aligne certes des chiffres qui surperforment largement les indices nationaux. Quand le chiffre d’affaires des commerçants présents dans les centres commerciaux européens d’URW progresse, sur les neufs premiers mois de l’année, de 5,2% (et même de 5,5% pour les flagships du groupe), celui recensé par les principaux indices de mesure nationaux – comme celui de l’Institut français du libre-service (IFLS), en France – n’augmente que de 1,9%. Une surperformance qui reflète, selon URW, « la qualité supérieure des centres commerciaux » du groupe. Elle est particulièrement sensible sur le seul marché français sur lequel, précise URW, le chiffre d’affaires des commerçants URW affiche une hausse supérieure de respectivement 363 points de base à l’indice IFLS et de 453 points de base à l’indice CNCC[1].

Commerces : retour en grâce auprès des investisseurs ?

Il n’en reste pas moins, comme le souligne Cushman & Wakefield dans une étude qui vient de paraitre[2], qu’une embellie semble globalement se dessiner dans le secteur du commerce, et plus particulièrement sur le segment des commerces de centre-ville et celui des retails park. La reprise de la consommation des ménages (+1,1% en 2019, contre 0,9% en 2018) profite en effet aux commerçants. Et suscite de nouveau l’intérêt des investisseurs. Selon le courtier, l’activité enregistrée sur le 3e trimestre a « bel et bien coupé court aux conjectures des « retail bashers » inondant le marché depuis de nombreux mois ». Cushman & Wakefield rappelle qu’avec plus de 2,6 milliards d’euros investis en immobilier de commerce, « le volume dépasse de 10% celui relevé à la même période de l’année dernière ».

URW : reprise des cours

Pour URW, qui intervient sur le segment le plus porteur (celui des retail parks, notamment), l’optimisme est en tout cas de rigueur. Le leader mondial des centres commerciaux, dont le chiffre d’affaires des neufs premiers mois de l’année est boosté (+11,4%) par l’intégration du groupe Westfield, maintient un objectif de résultat récurrent par action pour 2019 dans une fourchette de 12,10 €/12,30 €. Le titre, qui avait plus que d’autres souffert du « retail bashing », affiche encore une sous-performance de plus de 17,5% sur un an glissant par rapport à l’indice EPRA Eurozone. Mais, en reprise depuis début septembre, il surperforme désormais cet indice de 7,34% sur les trois derniers mois (13,85% vs 6,51%), dont 5% sur les trente derniers jours…

Frédéric Tixier


A propos d’Unibail-Rodamco-Westfield(i)

Unibail-Rodamco-Westfield est le premier créateur et opérateur global de centres de shopping de destination, avec un portefeuille valorisé à 65,0 Mds€ au 30 juin 2019, dont 86% en commerce, 7% en bureaux, 5% en sites de congrès & expositions et 2% en services. Aujourd’hui, nous possédons 92 centres de shopping, incluant 55 « flagships » dans les villes les plus dynamiques d’Europe et des Etats-Unis. Présents sur 2 continents et dans 12 pays, nos centres accueillent chaque année 1,2 milliard de visites. Nous disposons d’un portefeuille de projets de développement à hauteur de 10,3 Mds€. Grâce à nos 3 700 employés et à une expérience et un savoir-faire inégalés, nous sommes en position idéale pour générer de la valeur et développer des projets d’envergure internationale.

A propos de Cushman & Wakefield(i)

Leader mondial des services dédiés à l’immobilier d’entreprise, Cushman & Wakefield (NYSE : CWK) conseille et accompagne investisseurs, propriétaires et entreprises dans toute leur chaîne de valeur immobilière, de la réflexion stratégique jusqu’à l’aménagement des locaux. Le groupe conseille ses clients utilisateurs et investisseurs internationaux, dans la valorisation de leurs actifs immobiliers en combinant perspective mondiale et expertise locale à forte valeur ajoutée, à une plate-forme complète de solutions immobilières. Fort de 51 000 collaborateurs, 400 bureaux et 70 pays dans le monde, Cushman & Wakefield a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires de 8.2 milliards de dollars via ses principales lignes de métiers : facilities et project management, transaction, capital markets, valuation..

(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

[1] Conseil national des centres commerciaux.
[2] Marketbeat France Commerces – 3e trimestre 2019 – «Le retail contre-attaque » – Cushman & Wakefield.

Les centres commerciaux de Klépierre en grande forme

Le leader des centres commerciaux européens annonce des revenus locatifs en hausse sensible. Ses principaux indicateurs sont en amélioration. Les analystes restent positifs sur le potentiel de hausse du titre de la foncière.

Revenus locatifs, à périmètre constant, en hausse de 3,2% ; chiffre d’affaires des commerçants présents dans ses centres commerciaux en progression de 1,9% ; et poursuite de la croissance confirmée : Klépierre, le leader des centres commerciaux européens, vient de livrer des résultats trimestriels de qualité.

Klépierre : revenus des centres commerciaux en hausse

La foncière, dans un marché des centres commerciaux « qui demeure globalement contrasté », affiche donc sur les neuf premiers mois de l’année un niveau d’activité plus que satisfaisant. Klépierre explique cette performance par un fort taux de relocation des surfaces commerciales, une bonne indexation des loyers et la contribution du commerce éphémère. La foncière ajoute notamment, grâce à la signature de 1 224 nouveaux baux, 27,9 M€ de loyers additionnels aux revenus locatifs nets de ses centres commerciaux, portant ces derniers à 829,3 M€, soit une progression de 3,2% à périmètre constant et de +0,7% à périmètre courant. Les revenus locatifs bruts, à 929 M€, reculent en revanche de -0,7%.

Klépierre : important programme de cessions

La croissance organique de Klépierre, comme le souligne le bureau d’analyse Invest Securities, est en effet « plus que compensée par le désinvestissement net des derniers semestres ». La foncière, qui s’est engagée dans une gestion active de son portefeuille, a en effet cédé sept centres commerciaux depuis le début de l’année, ainsi que d’autres actifs de commerce en France et en Europe, pour un total de 275 M€. « En tenant compte des actifs sous promesses de vente, dont en particulier quatre centres commerciaux en Hongrie, le montant total des cessions depuis le 1er janvier 2019 s’élève à 531 M€ », précise Klépierre. Selon Invest Securities, ces cessions programmées dégageraient une prime de 5,5% sur leurs dernières valeurs d’expertise.

Klépierre : amélioration des principaux indicateurs

Pour le bureau d’analyse, les éléments communiqués par la foncière dans sa publication trimestrielle du 21 octobre, permettent « de constater l’amélioration des principaux indicateurs du groupe ». Invest Securities réitère donc sa recommandation à l’achat, avec un objectif de cours à un an maintenu à 37 €, compte tenu d’un « potentiel de rendement total de +20,3% ». Le broker rappelle toutefois que Klépierre « a nettement surperformé ses concurrents cotés sur le segment commerce depuis le début de l’année ». Cette dernière affiche une performance de +29,3% (dividendes réinvestis), contre +18,5% pour l’indice EPRA Eurozone, +12,7% pour l’indice EPRA Eurozone Commerce et +9,8% pour Unibail-Rodamco.

Klépierre vs Unibail-Rodamco

Invest Securities souligne également que ce dernier, leader mondial des centres commerciaux, affiche des niveaux de valorisation qui se comparent avantageusement à ceux de Klépierre : un multiple de résultat de 11,6, contre 12,2 pour Klépierre ; un rendement du dividende de 7,7%, contre 6,8% pour Klépierre ; et une décote sur ANR triple net de -29,8%, contre seulement -13,4% pour Klépierre….

Frédéric Tixier


A propos de Klépierre(i)

Klépierre, leader européen des centres commerciaux, associe une expertise en termes de développement, de gestion locative et d’asset management. Le portefeuille de la société est estimé à 24,0 milliards d’euros au 30 juin 2019, et compte de grands centres commerciaux dans 16 pays en Europe continentale, qui accueillent au total 1,1 milliard de visites par an. Klépierre détient une participation majoritaire (56,1 %) dans Steen & Strøm, première société foncière scandinave de centres commerciaux. Klépierre est une Société d’investissement immobilier cotée (SIIC) française, dont les actions sont admises aux négociations sur Euronext Paris, et est membre des indices CAC Next 20, EPRA Euro Zone et GPR 250. Elle est aussi membre d’indices éthiques, comme le DJSI World et Europe, FTSE4Good, STOXX® Global ESG Leaders, Euronext Vigeo France 20 et World 120, et figure sur la « Liste A » du CDP. Ces distinctions soulignent l’engagement du Groupe dans une démarche proactive de développement durable, ainsi que le leadership mondial du Groupe dans la lutte contre le changement climatique.

A propos d’Invest Securities(i)

Invest Securities est une société d’intermédiation indépendante, disposant d‘un pôle de métiers complémentaires : brokerage, bureau d’analyse et services aux émetteurs. Nous apportons des solutions adaptées aux entreprises, investisseurs institutionnels ainsi qu’aux gestionnaires de fonds. Au sein d’Allinvest, Invest Securities bénéficie des synergies de la compagnie financière et se place comme le premier introducteur sur les marchés Euronext et Alternext.

(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

Performances boursières positives, progression des ratios financiers : les foncières cotées de la zone euro seraient-elles reparties dans une dynamique haussière ? Les gérants d’Immobilier 21, fonds dédié à ce secteur, livrent leur analyse.

Après une année de repli, en 2018 (- 9,01 %), les foncières cotées de la zone euro sont repassées en territoire positif dès le début de l’année 2019. Mais, depuis le fort rebond de janvier (+ 10,48 %), leurs performances (mesurées par l’indice IEIF Europe dividendes nets réinvestis) sont plus erratiques.

Foncières zone euro : rebond boursier en 2019

Sur les 8 premiers mois de l’année, à fin août, leur progression s’affiche à +12,75%, soit un niveau encore inférieur à celui de l’indice généraliste de la zone euro (+16,94%¹). Même si le rebond relatif des foncières, sur le seul mois d’août (+1,61%), vis-à-vis de l’ensemble du marché (-1,16%), peut laisser espérer que ces dernières soient en train de retrouver leur statut traditionnel de valeur « sécuritaire » (voir « L’immobilier coté joue de nouveau son rôle de refuge »)…


Foncières zone euro : résultats récurrents par action et valeur du patrimoine en hausse au 1er semestre 2019

Sur le plan des résultats financiers, les foncières de la zone euro affichent en outre des ratios en amélioration. Laurent Gauville et Pierre Pougnet, gestionnaires du fonds Immobilier 21, chez Gestion 21, analysent ces progressions dans leur dernière lettre mensuelle. Les conditions locatives et de financement sont clairement plus favorables. « Le taux d’occupation, à 95,4%, est en progression de 40 points de base par rapport au 1er semestre 2018. Et la croissance organique des loyers s’établit à 2,3% », constatent-ils. Conséquence : avec un coût de la dette lui aussi plus attractif (1,9% vs 2% fin 1S 2018), les résultats des foncières de la zone euro sont en hausse de 6,2% sur le 1er semestre. Idem côté patrimoine. « La hausse des patrimoines de 2,4% permet aux actifs nets réévalués (ANR), au 30 juin 2019, de progresser de 1,2% par rapport à fin 2018, malgré le détachement des dividendes », précisent les deux gérants.


Foncières zone euro : quelles perspectives pour les mois à venir ?

Quelles sont alors les perspectives des foncières cotées de la zone euro pour les mois à venir ? Laurent Gauville et Pierre Pougnet apportent des réponses sectorielles. Concernant les foncières de centres commerciaux, ils restent convaincus que les valeurs continentales – par opposition aux titres britanniques – « présentent des fondamentaux plus solides et un niveau de valorisation historiquement attractif » (voir « Foncières de centres commerciaux : le brouillard anglais pèse sur la zone euro »). Côté foncières résidentielles, ils estiment qu’une approche plus sélective est indispensable. Considérant que le cas berlinois n’est pas encore tranché, ils ont préventivement cédé l’intégralité des titres exposés à ce segment de marché au cours du printemps. Mais conservent cependant leur exposition aux autres valeurs résidentielles, « le thème d’investissement du résidentiel allemand hors Berlin restant inchangé ». Enfin, les foncières spécialisées en logistique n’ont plus leur faveur. Car l’intérêt porté par le marché à ce type de valeur a conduit « à des niveaux de valorisation très élevés », estiment-ils…

Frédéric Tixier


A propos de Gestion 21(i)

Gestion 21 est une société de gestion indépendante créée en 2007. Son métier consiste à gérer des actions à long terme pour le compte d’investisseurs via des OPCVM ou des mandats institutionnels. Elle propose son expertise sur deux classes d’actifs : les actions françaises et les foncières cotées de la zone euro. Gestion 21 a créé deux FCP : Actions 21 et Immobilier 21. Actions 21 est investi en actions principalement françaises de toutes capitalisations. Immobilier 21 est investi en actions de la zone euro sur le secteur des sociétés foncières et immobilières cotées. Forte de son expérience accumulée par ses gérants-fondateurs depuis plus de 20 ans, de ses travaux de recherche appliqués, du suivi approfondi et des rencontres avec les entreprises, l’équipe de gestion travaille avec patience et rigueur dans le but de réaliser des investissements profitables à long terme.

(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

[1] Indice Dow Jones Euro Stoxx 50.

Gestion 21, gestionnaire notamment du fonds Immobilier 21, dédié aux foncières cotées, analyse les différences entre les foncières de centres commerciaux britanniques et leurs homologues européennes. Pour tenter le lever le brouillard qui pèse sur les foncières continentales…

« A l’heure où le sentiment de marché négatif sur les foncières de centres commerciaux américaines se dissipe, le brouillard anglais se dépose sur celles de la zone euro », écrivent les gérants d’Immobilier 21 dans leur dernière lettre mensuelle.

Mettre en exergue les différences entre foncières britanniques et continentales

Pour tenter de comprendre la descente aux enfers des foncières de commerces britanniques (plus de 40% de repli en 2018), Laurent Gauville et Pierre Pougnet, qui se sont à plusieurs reprises étonnés du « retail bashing » à l’encontre des foncières de centres commerciaux européennes (voir « Immobilier 21 croit toujours aux foncières de commerce », et « Gestion 21 argument en faveur des centres commerciaux des foncières cotées »), tentent cette fois-ci de mettre en exergue les différences entre les foncières britanniques spécialisées sur ce créneau et leurs homologues de la zone euro. Leur méthodologie : la comparaison des principaux indicateurs des deux principales foncières de centres commerciaux britanniques cotées en Grande-Bretagne (Intu Properties – 1,16 Md€ de capitalisation au 30 juin -, n°1 de la détention et de la gestion de centres commerciaux au Royaume-Uni, et Hammerson – 2,4 Md€ de capitalisation -, foncière pan-européenne, mais disposant d’un important portefeuille d’actifs en Grande-Bretagne), face à un échantillon de foncières cotées de la zone euro¹.

Fortes décotes pour les foncières britanniques

Rappelons, comme l’écrit Béatrice Guedj dans sa dernière lettre « Minds and Markets »², qu’Intu Properties affiche actuellement une décote de 70% sur son actif net réévalué. Une situation résultant en partie de la chute de son cours de Bourse, suite à la décision du gérant d’actif canadien Brookfield de ne pas se porter acquéreur de la foncière britannique. « Il semblerait, constate Béatrice Guedj, que Brookfield n’ait pas jugé que le portefeuille d’Intu soit assis sur une réserve foncière suffisante »… La décote d’Hammerson qui pâtit, à l’instar des autres foncières de centres commerciaux britanniques, « du ralentissement anticipé de la consommation et probablement d’un effet richesse négatif sur le marché résidentiel », rappelle Béatrice Guedj, est quant à elle supérieure à 65%…

Risques plus élevés pour les foncières d’outre-Manche

Les gérants d’Immobilier 21 (le fonds dédié aux foncières de la zone euro chez Gestion 21) s’intéressent plus particulièrement aux risques revenu et bilantiel des foncières britanniques. Sur le premier point, les deux indicateurs « les plus éclairants » ne sont pas en leur faveur. « Avec un taux d’effort³ pour les centres flagships d’Hammerson au Royaume-Uni de 22,6%, contre une moyenne de 11,4% pour les foncières de la zone euro, les loyers au Royaume-Uni sont les plus vulnérables », constatent ainsi Laurent Gauville et Pierre Pougnet. Autre point négatif : les perspectives d’évolution de la fréquentation et du chiffre d’affaires des commerçants, « négatives au Royaume-Uni, et positives en zone euro », expliquent les gérants. Quant au risque bilantiel, il est également, selon eux, plus élevé outre-Manche. « Nous considérons que les taux de capitalisation plus élevés pour les foncières de la zone euro offrent une protection relative, alors même que les risques économiques, de taux d’intérêt, et les niveaux d’endettement sont plus faibles sur le continent », estiment-ils.

Préférence pour les continentales

Considérant qu’il n’est pas possible d’extrapoler la situation des foncières britanniques aux foncières de la zone euro, et compte tenu de l’issue incertaine du Brexit, Laurent Gauville et Pierre Pougnet préfèrent finalement prendre l’angle de vue en « données absolues ». Ce sont alors, sur la base des cours au 30 juin de l’échantillon des foncières de la zone euro, une nouvelle fois ces dernières qui s’avèrent les plus attractives, avec « un rendement sur dividende moyen de 8,3%, un multiple de résultat récurrent de 9,8 fois, et une décote moyenne sur ANR de 33% ». Le brouillard se lèvera-t-il sur la zone euro ?

Frédéric Tixier


A propos de Gestion 21(i)

Gestion 21 est une société de gestion indépendante créée en 2007. Son métier consiste à gérer des actions à long terme pour le compte d’investisseurs via des OPCVM ou des mandats institutionnels. Elle propose son expertise sur deux classes d’actifs : les actions françaises et les foncières cotées de la zone euro. Gestion 21 a créé deux FCP : Actions 21 et Immobilier 21. Actions 21 est investi en actions principalement françaises de toutes capitalisations. Immobilier 21 est investi en actions de la zone euro sur le secteur des sociétés foncières et immobilières cotées. Forte de son expérience accumulée par ses gérants-fondateurs depuis plus de 20 ans, de ses travaux de recherche appliqués, du suivi approfondi et des rencontres avec les entreprises, l’équipe de gestion travaille avec patience et rigueur dans le but de réaliser des investissements profitables à long terme.

(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

[1] Altaréa, Carmila, Citycon, DES, IGD, Klépierre, Lar España, Mercialys, Unibail et Wereldhave, sous condition de disponibilité des données.
[2] M² = Minds and Markets, « Signaux sur le marché immobilier coté » – Juillet 2019 – SwissLife Asset Managers.
[3] Le taux d’effort mesure le rapport entre le loyer payé par le locataire et le chiffre d’affaires qu’il réalise.

Gestion 21, gestionnaire notamment du fonds Immobilier 21, dédié aux foncières cotées, vient de réaliser une étude poussée sur la thématique des centres commerciaux. Pour la société de gestion, les foncières spécialistes de ce secteur se sont adaptées à la nouvelle donne du commerce en ligne, et affichent des résultats opérationnels qui ne justifient pas leur sanction boursière…

Après le conseil CBRE, auteur d’une étude visant à « dépasser le retail bashing », c’est au tour de Gestion 21 d’argumenter en faveur des centres commerciaux. La société de gestion cofondée par Laurent Gauville et Daniel Tondu croit toujours aussi fermement que les foncières spécialisées sur ce segment de marché, qui pâtissent depuis plusieurs mois d’un sentiment de marché négatif, constituent, au contraire, une véritable opportunité d’investissement. Au point d’envisager la constitution d’un fond d’investissement dédié à cette thématique…

Les foncières se sont adaptées

Sans nier la montée en puissance du e-commerce – dont le développement capte 100% de la croissance de la consommation en France -, Gestion 21 commence par rappeler que les propriétaires de centres commerciaux, tout du moins l’essentiel de ceux détenus par les foncières de commerces cotées – qui possèdent 93% des 30 plus importantes zones commerciales de l’hexagone -, se sont déjà préparés à cette nouvelle concurrence. En se dotant de moyens humains supplémentaires ; en augmentant la taille (+91% en 5 ans) et la valeur moyenne (+93%) de leurs actifs ; et en adaptant leurs offres aux goûts de consommateurs et aux nouveaux besoins des enseignes. Les foncières ont notamment fait évoluer le « mix sectoriel » des enseignes, en réduisant la part des secteurs les plus concurrencés par le commerce en ligne – la mode, par exemple -, et en renforçant la part de ceux les moins affectés. Ou en favorisant l’omnical, qui représente aujourd’hui 50% des ventes en ligne…

Des résultats probants

Et les résultats sont là. Alors que l’ensemble du secteur du commerce accuse une baisse de fréquentation depuis 2014 (avec encore -4,2%, en moyenne, en 2017), les centres commerciaux détenus par les foncières cotées affichent, eux, des scores positifs. Que ce soit en termes de fréquentation (+1,2% au 1er semestre 2018), de chiffre d’affaires des enseignes locataires (+0,50%), de taux d’occupation (97% en 2017, un ratio inchangé depuis 2013), ou de croissance des loyers (+2,1% croissance organique, en 2017). Cette bonne tenue des loyers s’est en outre opérée, comme le souligne Laurent Gauville, « sans dégradation du taux d’effort du locataire », le rapport entre loyer payé et chiffre d’affaires réalisé restant stabilisé à 11% depuis 2014.

Opportunité d’investissement

En conséquence, Gestion 21 considère, chiffres à l’appui, que tous les indicateurs des foncières de commerce cotées sont au vert. Sauf un : leur performance boursière. Après avoir accusé un repli de 1% en 2017 (contre +17% pour l’ensemble des foncières cotées de la zone euro), leurs cours ont encore reculé de 17% sur les 10 premiers mois de l’année (-4% pour l’ensemble des foncières). L’effet de ciseau entre hausse des indicateurs opérationnels et baisse des valorisations boursières rend de ce fait les foncières de commerces comparativement attractives. Pour Gestion 21, c’est clair, ces valeurs offrent un couple rendement/risque particulièrement attrayant. Que l’on regarde du côté du rendement de leurs dividendes (7,3%, contre 4,7% pour l’ensemble de l’immobilier coté), de leur décote sur ANR (-25% contre, par exemple, 0% pour les SCPI spécialistes des murs de magasins), ou de leur rentabilité explicite (6,4%, à comparer au taux de rendement des actifs « prime », de l’ordre de 3%), tout milite pour que les foncières de centres commerciaux fassent l’objet, à un moment ou à un autre, d’une recovery boursière…

Rebond en 2019 ?

Ce rebond, rappelle Gestion 21, est déjà en cours pour les foncières de commerces américaines. Ces dernières, qui avaient atteint un plancher de valorisation en février dernier avec un multiple de cash-flow¹ à 12 (contre 20 au plus haut, en juillet 2016), ont bondi de 14% en quelques semaines. Laurent Gauville espère qu’un phénomène identique se produira en Europe. Peut-être en 2019 ?

Frédéric Tixier


A propos de Gestion 21(i)

Gestion 21 est une société de gestion indépendante créée en 2007. Son métier consiste à gérer des actions à long terme pour le compte d’investisseurs via des OPCVM ou des mandats institutionnels. Elle propose son expertise sur deux classes d’actifs : les actions françaises et les foncières cotées de la zone euro. Gestion 21 a créé deux FCP : Actions 21 et Immobilier 21. Actions 21 est investi en actions principalement françaises de toutes capitalisations. Immobilier 21 est investi en actions de la zone euro sur le secteur des sociétés foncières et immobilières cotées. Forte de son expérience accumulée par ses gérants-fondateurs depuis plus de 20 ans, de ses travaux de recherche appliqués, du suivi approfondi et des rencontres avec les entreprises, l’équipe de gestion travaille avec patience et rigueur dans le but de réaliser des investissements profitables à long terme.

(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

[1]Ratio du prix de l’action / cash-flow de la société

Fréquentation globale en baisse, recul significatif du commerce spécialisé, stagnation des investissements : le secteur des commerces est à la peine. Selon la dernière étude de Cushman & Wakefield consacrée à ce marché, seuls « les actifs prime et dominants sur leur secteur font preuve d’une forte résilience ».

Comme l’écrivent les spécialistes de Cushman & Wakefield dans leur dernière étude consacrée au secteur des commerces, l’horizon de ce marché et de ses acteurs apparaît aujourd’hui « légèrement brumeux ». Même si la consommation des ménages reste globalement orientée à la hausse, certaines branches du commerce de détail accusent en effet des ralentissements très significatifs de leurs chiffres d’affaires. C’est le cas notamment du commerce spécialisé, en recul de 3,4% depuis le début de l’année (et de -11% sur le seul mois de septembre).

Les centres commerciaux prime résistent

Cette baisse de l’activité et de la fréquentation impacte de manière plus ou moins marquée les différents segments du marché. Elle affecte plus particulièrement les centres commerciaux de centre-ville. Si, à Paris, petites et grandes surfaces arrivent à maintenir leur niveau de valeur locative, ce n’est plus le cas pour les surfaces moyennes, pour lesquelles une « correction à la baisse est actuellement en cours », détaille Cushman & Wakefield. Ce décrochage des valeurs locatives touche également les villes de province de taille moyenne, tout type de surfaces confondu. Les centres commerciaux « prime », en périphérie, font en revanche de la résistance, car ils sont « toujours très recherchés par les enseignes internationales qui se développent en France », explique Christian Dubois, Head of Retail Services France chez Cushman & Wakefield. « Les valeurs locatives sur ce type d’actif sont néanmoins de plus en plus challengées par les enseignes, pour lesquelles les critères de négociation s’étendent au-delà des considérations locatives pures» ajoute-t-il.

Faible volume d’investissements

Cette pression sur les loyers accentue visiblement encore la défiance des investisseurs vis-à-vis de ce segment de marché. Déjà échaudés depuis plusieurs mois par l’impact inéluctable du e-commerce sur le commerce physique, ces derniers n’ont consacré en 2018 que 13% de leurs nouveaux investissements à l’acquisition d’actifs de commerces (contre 15% en 2017). Depuis le début de l’année, le total des opérations dédiées à ce secteur atteint toutefois près de 2,2 Md€ (à fin septembre), laissant apparaître une légère progression par rapport à l’an dernier sur la même période (2,1 Md€). Sur le 3trimestre, signale Cushman & Wakefield, aucune transaction n’a dépassé la barre des 50 M€, confirmant le recul des opérations portant sur le segment des retail parks (11% des transactions en 2018 vs 27% en 2017). Ce sont, a contrario, les commerces de centre-ville qui boostent l’activité, avec la moitié des montants investis. Autre constat, préoccupant pour le secteur, la valeur vénale des typologies d’actifs les plus exposésà l’érosion de leur fréquentation – comme les galeries d’hypermarchés – commenceà baisser. « Si cette tendance se confirme, les ajustements pourraient devenir significatifs dans les mois à venir », prévient le courtier. Heureusement, précise-t-il, les actifs « prime et dominants sur leur secteur » font quant à eux « preuve d’une forte résilience ».

Frédéric Tixier


A propos de Cushman & Wakefield(i)

Leader mondial des services dédiés à l’immobilier d’entreprise, Cushman & Wakefield accompagne ses clients dans la transformation des modes de travail, de consommation et de vie. Nos 45 000 collaborateurs implantés dans plus de 70 pays conseillent leurs clients, utilisateurs et investisseurs internationaux, dans la valorisation de leurs actifs immobiliers en combinant perspective mondiale et expertise locale à forte valeur ajoutée, à une plate-forme complète de solutions immobilières. Cushman & Wakefield compte parmi les leaders mondiaux de services en immobilier d’entreprise avec un chiffre d’affaires de 6 mds de dollars réalisé via ses lignes de métiers principales : transaction, investissement, gestion d’actifs immobiliers, facility management (sous la marque C&W Services), conseils aux utilisateurs, asset management (sous la marque DTZ Investors), project management et expertise.

(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

Les gérants d’Immobilier 21, un fonds dédié à l’univers des foncières cotées, considèrent que le couple rendement/risque des foncières spécialistes des centres commerciaux est toujours aussi attractif. Et que la gestion active de leur patrimoine qu’elles déploient aujourd’hui va leur permettre de s’adapter aux nouveaux modes de consommation.

« Malgré des publications satisfaisantes, les foncières de centres commerciaux souffrent d’un sentiment de marché très négatif », constatent une nouvelle fois les gérants d’Immobilier 21. Depuis le début de l’année, ce segment de marché accuse en effet un repli boursier de 11%, quand l’ensemble du secteur – mesuré par l’indice IEIF Zone Euro dividendes nets réinvestis – progresse de +4%.

Des résultats en ligne avec ceux du secteur

En mars dernier, Laurent Gauville et Daniel Tondu, gérants et fondateurs de Gestion 21, la société de gestion d’Immobilier 21, relevaient déjà que les spécialistes des centres commerciaux « prime » offraient des valorisations nettement plus attractivesque celles de l’ensemble du secteur. Les foncières de commerce ont, qui plus est, publié des résultats satisfaisants, parfaitement en ligne avec ceux du secteur. Certains indicateurs, comme le taux d’occupation, sont même supérieurs à la moyenne: 97% à la fin du 1ersemestre pour le segment des centres commerciaux, contre 94,7% pour l’ensemble des foncières de la zone euro. Un décalage quelque peu paradoxal, quand on sait que le « questionnement lancinant » qui affecte le parcours boursier des foncières de centres commerciaux – pour reprendre l’expression de Laurent Saint Aubin, gérant du fond Sofidy Sélection 1-, est précisément la crainte que ces derniers -les centres commerciaux- soient confrontés à une baisse tendancielle de fréquentation…

Des valorisations toujours aussi attractives

D’un strict point de vue financier, les foncières de centres commerciaux présentent donc toujours, pour les gestionnaires d’Immobilier 21, des indicateurs de valorisation très attractifs. En zone euro, les projections effectuées sur la base des estimations 2018 les positionnent nettement au-dessus de la moyenne du secteur. Ainsi, calculent les gestionnaires, leur multiple de cash-flow ressort à 12 fois (contre 18 fois pour le secteur dans son ensemble), le rendement sur dividende à 6,8% (contre 4,4%), et leur décote sur ANR à -20% (contre 0% pour la moyenne des foncières). Il n’en reste pas moins que ce segment de marché n’a plus, dorénavant, la cote auprès des investisseurs. « La défiance des investisseurs a commencé aux Etats-Unis en 2016, avec l’essor des ventes sur internet, puis s’est diffusée à l’Europe », rappellent de fait les gestionnaires de Gestion 21, Laurent Gauville et Pierre Pougnet. Mais cet amalgame entre foncières américaines et européennes est-il justifié ?

Un contexte européen et français a priori moins anxiogène

« Les exemples américains et britanniques, perçus comme des marchés plus matures, sont à cet égard alarmants. Pourtant, les SIIC françaises n’ont pas la même stratégie que leurs consœurs anglo-saxonnes : les françaises sont plus diversifiées géographiquement, avec un patrimoine en général plus concentré sur des actifs régionaux, donc forcément moins vulnérables au e-commerce », considéraient pour leur part Béatrice Guedj et Hélène Gace dans leur dernier commentaire sur le marché des SIIC européennes¹. Un sentiment visiblement partagé par Laurent Gauville et Pierre Pougnet, qui soulignent en outre la capacité de rebond des spécialistes des centres commerciaux. «Notre opinion, écrivent-ils, est qu’ils mènent une gestion active de leurs actifs leur permettant de s’adapter aux nouveaux modes de consommation ». Raison pour laquelle le couple rendement/risque de ces délaissés du rebond boursier du secteur des foncières – en surperformance sur l’ensemble du marché – leur semble particulièrement attractif…

Frédéric Tixier


A propos de Gestion 21(i)
Gestion 21 est une société de gestion indépendante créée en 2007. Son métier consiste à gérer des actions à long terme pour le compte d’investisseurs via des OPCVM ou des mandats institutionnels. Elle propose son expertise sur deux classes d’actifs : les actions françaises et les foncières cotées de la zone euro. Gestion 21 a créé deux FCP : Actions 21 et Immobilier 21. Actions 21 est investi en actions principalement françaises de toutes capitalisations. Immobilier 21 est investi en actions de la zone euro sur le secteur des sociétés foncières et immobilières cotées. Forte de son expérience accumulée par ses gérants-fondateurs depuis plus de 20 ans, de ses travaux de recherche appliqués, du suivi approfondi et des rencontres avec les entreprises, l’équipe de gestion travaille avec patience et rigueur dans le but de réaliser des investissements profitables à long terme.
(i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

[1]Les indices IEIF en Bourse – La référence de l’immobilier coté – juin 2018.

siec13Internet, renouveau du commerce physique mais aussi stratégie foncière des distributeurs ont animé les conférences d’ouvertures du SIEC 2013. Georges Plassat refuse de démentir l’intérêt de son groupe pour un rachat des galeries vendues à Klepierre au début des années 2000.

La journée de conférence inaugurant le SIEC, salon de l’immobilier commercial qui se tient au CNIT de la Défense du 18 au 20 juin a été l’occasion de remettre en perspective l’évolution du commerce physique face à la montée en puissance des ventes sur Internet. Cette confrontation s’inscrit dans un contexte de crise aigüe, notamment pour la distribution d’articles textiles. Dans ce secteur, Paolo De Cesare, Président-directeur général des magasins Printemps, a rappelé que la croissance des ventes sur la toile était à deux chiffres chaque année, alors que dans le même temps le marché s’était contracté de plus de 40 % en 5 ans… Pour autant faut-il incriminer le développement du e-commerce dans les difficultés ressenties par les enseignes physiques ? Non, répond catégoriquement Albert Malaquin, Président de RueDucommerce, la filiale d’Altarea-Cogedim qui s’inscrit comme la première foncière multicanal. Prenant appui sur les exemples de Darty ou d’Yves Rocher, le dirigeant met en avant la complémentarité des deux modes de distribution : les ventes de ces enseignes sont sensiblement plus élevées (25 à 30 %) quand ces sociétés bénéficient d’une implantation physique dans une zone de chalandise. Cependant Darty, comme d’autres distributeurs, pourraient être amenés rapidement à redéfinir le rôle de leurs magasins, en les redimensionnant notamment. Ce qui ne sera pas sans conséquences pour les bailleurs de ces enseignes.

D’autres foncières spécialisées dans la détention de centres commerciaux n’ont pas fait le choix d’Altarea-Cogedim pour une place de marché virtuelle, sans pour autant délaisser le media internet et l’intégrer à l’animation de leurs sites. Mais pour le nouveau président d’Unibail-Rodamco, Christophe Cuvilier l’venir du commerce est ailleurs. Le leader européen de l’immobilier commercial pense qu’à côté d’internet le commerce physique restera dominant. A côté du commerce de proximité, Unibail-Rodamco entend jouer sa partition dans le « commerce d’expérience » où les grands centres commerciaux le disputeront aux artères animées des centres-villes. Pour cela les atouts à maitriser sont le design, l’accueil et la rotation des enseignes pour accueillir de nouvelles « locomotives ».

Comme Georges Plassat, le PDG de Carrefour, tous s’entendent sur l’impérieuse nécessité de renforcer le lien avec les clients en leur proposant un personnels d’accueil compétent et  capable d’empathie à leur égard. Ce derneir croit au retour en force des hypermarchés. Et pour mettre tous les atouts de son côté, il défend une stratégie de maîtrise foncière des centres où carrefour est installée. Face à cette profession de foi, Georges Plassat a été interrogé sur la rumeur qui voudrait qu’il rachète à Klépierre une partie des 160 galeries commerçantes que son groupe avait cédé en 2002 à la Foncière pour près de 1,1 milliard d’euros et qui correspondent mal à la stratégie développée par l’Américain  Simmon property group qui a pris les commandes de la filiale de BNP Paribas depuis un an.  Quelque peu madré, le patron du groupe de distribution n’a pas voulu répondre. Mais il n’a pas démenti !

pierrepapier.fr 

avLa croissance des ventes par Internet ralentit (sont-elles en train d’entrer dans une phase maturité ?) mais continue toujours de grignoter, voire de mordre, dans la part de marché des distributeurs « physiques » dans un environnement européen où la consommation est en berne. Posséder des points de ventes dans les meilleurs emplacements ne suffit plus pour attirer les clients. Les propriétaires de centres commerciaux doivent s’adapter et développer un environnement « favorable » au shopping dans l’espoir d’améliorer l’expérience client, plutôt que de simplement s’occuper de la gestion des murs et du toit de leurs malls (centre commerciaux).

Comme les foncières sont avant tout des acteurs de la « Pierre », nous laisserons de côté les tentatives de mettre un pied dans l’univers du shopping virtuel comme l’a fait Altarea-Cogedim via l’acquisition du site marchant RueduCommerce.com en 2011.

La « stratégie de différenciation » mise en œuvre par Unibail-Rodamco, la nouvelle marque « intu » des actifs de CSC, le recentrage de Corio sur son concept « Favourite Meeting Places » sont autant de tentatives pour renforcer les flux de visiteurs. Ces visiteurs sont les éléments générateurs de revenus : ils sont indispensables pour attirer de nouveaux locataires et augmenter les loyers au m². Les foncières se rapprochent donc des clients finaux pour comprendre les attentes des consommateurs et pas seulement les besoins des distributeurs. Cette stratégie passe par une gestion appropriée de l’offre présente dans les centres commerciaux (comprenant également des restaurants, des services et des loisirs, voir l’acquisition d’intérêts par Land Securities dans X-Leisure Unit Trust) mais elle doit également être mise en avant pour être identifiable par les consommateurs quand ils cherchent un endroit où faire du shopping.

Longtemps, les hypermarchés ont été la force d’attraction des malls. Ce modèle est terminé. Il revient désormais aux foncières propriétaires de centres commerciaux de donner une « identité » à leurs actifs. De fait, ces foncières deviennent des agences de communications et de marketing (voir la stratégie « Foncière Commerçante » de Mercialys), des organisateurs d’évènements et un nom qui évoque un univers auprès des clients finaux en plus de leurs activités traditionnelles (que sont la gestion des actifs, l’ingénierie financière et l’arbitrage du portefeuille).

Ces qualités existent déjà dans les groupes immobiliers mais elles deviennent primordiales aujourd’hui et sont au centre du business model. Évidemment, la question est de savoir si les investisseurs sont prêts à payer pour ces talents marketing en plus du fait de détenir des murs de centres commerciaux. Les marges pourraient probablement être impactées puisque des services supplémentaires ont un coût, si leur but n’est que de protéger les loyers futurs. Toujours est-il qu’en regardant la baisse régulière des coûts de personnel (11,5% du chiffre d’affaires en moyenne en 2007 contre 9,3% attendus pour 2014) comme un indicateur, les gérants de centres commerciaux ont une certaine marge de manœuvre pour investir dans une « meilleure expérience client » et protéger leur pré carré.

Pierre-Loup Etienne
Analyste foncières, AlphaValue