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Avec un total de 3,1 Mds€ de cessions (2,5 Mds€ en 2015) pour 2,2 Mds€ d’acquisitions (4 Mds€ en 2015), l’année 2016, comme l’année précédente, aura été une année de forte rotation des patrimoines des SIIC. Les commentaires d’Aurore Vialatte, analyste senior Immobilier Coté à l’IEIF.

Au cours du 4e trimestre 2016, les SIIC sont restées vendeuses nettes d’immobilier tout comme lors du trimestre précédent, avec 739 M€ de cessions pour 559 M€ d’acquisitions.

Deux cessions importantes pour Unibail-Rodamco – Les cessions de ce trimestre sont dominées par une opération importante : la vente par Unibail-Rodamco de deux immeubles de bureaux (38 927 m²) situés à Puteaux et à Issy-les-Moulineaux (92) pour un montant total de 311 M€, soit 42% des cessions du trimestre. Ainsi, sur le trimestre, les SIIC ont cédé une majorité d’actifs de bureaux (59%) mais également des parcs d’affaires (19%) et des centres commerciaux (18%), le résidu étant constitué de locaux mixtes (4%). La majeure partie des actifs cédés par les SIIC se situent en région parisienne (64%). Toutefois, elles ont également vendu des actifs implantés à Paris (17%), à l’étranger (18%) ou en province (1%). Sur le trimestre, les investissements des SIIC comprennent notamment la prise de possession par Icade d’un immeuble de bureaux (21 500 m²) situés dans le 15e arrondissement de Paris pour 202 M€, soit 36% du total des acquisitions du trimestre. La plupart des achats ont porté sur des actifs de bureaux (90%), cependant elles se sont également portées acquéreuses de retail park (10%). Les actifs acquis par les SIIC se situent en région parisienne (64%) et à Paris (36%). A noter, qu’au cours des trois mois écoulés, une opération intra-secteur a eu lieu, il s’agit de la cession par Icade du parc d’affaires « Nanterre Seine » et de l’immeuble de bureaux « Défense 3 » (84 000 m²) à la Société de la Tour Eiffel pour 145 M€.

Année de forte rotation des patrimoines – Avec un total de 3,1 Mds€ de cessions (2,5 Mds€ en 2015) pour 2,2 Mds€ d’acquisitions (4 Mds€ en 2015), l’année 2016, comme l’année précédente, aura donc été une année de forte rotation des patrimoines des SIIC. Après une année faste en acquisitions, les SIIC ont donc su profiter du haut de cycle de l’immobilier pour céder un certain nombre d’actifs. Du côté du marché du financement, ce trimestre a été assez calme avec seulement 742 M€ de fonds levés contre 2 Mds€ au trimestre précédent. Les SIIC ont eu recours à l’émission de fonds propres (191 M€) de manière moins importante que lors du trimestre précédent (556 M€) mais ce dernier était dominé par l’opération de prise de contrôle de Foncière de Paris par Eurosic (497 M€). L’opération la plus importante de ces trois mois a été réalisée par la Société de la Tour Eiffel illustrée par une augmentation de capital de 140 M€ afin notamment de renforcer ses fonds propres.

Profiter du contexte de taux bas – Par ailleurs, les SIIC ont continué de profiter du contexte de taux bas en se finançant grâce à l’émission d’obligations mais dans une proportion moins grande : 0,55 Md€ d’obligations émises au 4e trimestre (1,1 Md€ au 3e trimestre 2016). Il s’agit de deux opérations. Icade a émis 500 M€ d’obligations à échéance 2025 assortis d’un taux de 1,125%. Il s’agit du plus faible taux d’émission obligataire de la foncière. Altarea-Cogedim a, quant à elle, contracté un emprunt obligataire d’un montant de 50 M€ dont la maturité est de 10 ans et portant un coupon de 2,45%, son plus faible taux d’émission également. Ce trimestre n’a donc pas été le témoin d’une remontée des taux des émissions obligataires des foncières. Au final, en 2016, les émissions nettes de capitaux des SIIC se sont élevées à près de 6 Mds€ (11 Mds€ en 2015) composées pour près des trois quarts par des obligations (71%). Si on exclut l’opération phare de l’année 2015, à savoir le rachat par Klépierre de la foncière néerlandaise Corio (4,3 Mds€), les SIIC émettent environ 6 Mds€ de capitaux en moyenne depuis 2012. Ainsi, dans un contexte de probables hausses de taux dans les années à venir, les SIIC ont largement su abaisser le coût de leur dette et sont d’ores et déjà armées pour relever les nouveaux défis qui s’annonceront à elles. Au niveau des opérations de marché, une seule opération s’est poursuivie sur le marché des SIIC. Il s’agit de la finalisation du rachat par Eurosic de la Foncière de Paris SIIC. Eurosic aura encore déboursé 250 M€ au cours de ce trimestre (238 M€ en OPA, 22 M€ en OPE). Cette opération, qui restera sans aucun doute l’opération phare de cette année 2016, aura coûté environ 1,2 Md€ à la foncière.

A propos de l’IEIF
Créé en 1986, l’Institut de l’Epargne Immobilière et Foncière est un organisme d’étude et de recherche indépendant qui met à disposition des décideurs immobiliers des outils de veille, d’analyse et de prévision. Il a pour vocation d’être un incubateur d’idées pour la profession et un cercle de réflexion des professionnels de l’immobilier et de la finance. L’IEIF s’articule autour de quatre pôles d’activité : les marchés immobiliers (Tertiaire et Logement) ; les fonds immobiliers non cotés (SCPI-OPCI) ; les fonds immobiliers cotés (SIIC-REITs) ; le Club Analyse et Prévision.

Aurore Vialatte est Analyste Senior Immobilier Coté à l’IEIF.

Vialatte-presseContrairement au mois précédent, les indices immobiliers ont moins bien résisté en septembre que les indices de référence notamment européens. L’indice Euronext IEIF REIT Europe a perdu 2,4% sur le mois de septembre, contre un recul de 0,6% pour le Dow Jones Stoxx 50. Sur un an, l’indice immobilier français Euronext IEIF SIIC France reste néanmoins positif, avec une performance de +14,6% tandis que les autres indices ont des performances négatives. L’analyse d’Aurore Vialatte, analyste senior Immobilier Coté à l’IEIF.

Le mois de septembre a été avant tout le théâtre d’annonces politiques et économiques assez négatives plongeant ainsi un peu plus les investisseurs dans l’incertitude. En effet, après les propos tenus par le Premier Ministre anglais, Theresa May et ceux du Président français, François Hollande, dévissant la livre sterling de plus de 6% par rapport au dollar, le discours de Mario Draghi sur l’inefficacité des politiques monétaires accommodantes sur la relance économique à long terme a jeté un froid sur les marchés. En outre, la révision à la baisse des prévisions économiques du FMI participe au pessimisme ambiant et les effets d’aubaine induits par un pétrole bon marché risquent de se tarir dans les mois à venir en cas de gel effectif de la production des pays de l’OPEP.

Statu quo monétaire américain – Outre-Atlantique, la Fed a, une nouvelle fois, opté pour le statu quo, appuyant sa décision sur le fait que l’inflation n’augmente pas assez rapidement vers son objectif des 2% mais également sur la lenteur du redressement du marché du travail. Toutefois, les membres du comité de direction de l’Institution américaine laissent fortement entrevoir qu’une remontée des taux avant la fin de l’année pourrait avoir lieu. Bien que la croissance du PIB au 2e trimestre ait été révisée à la hausse à 1,4% en rythme annuel (1,1% en précédente estimation), le marché de l’emploi américain a surpris : une remontée du taux de chômage à 5% (4,9% précédemment) et des créations de postes dans le secteur privé, publiées par l’enquête ADP, inférieures aux attentes, 154 000 emplois créés en septembre (173 000 attendus).

Evolution positive de l’économie – Du côté des indicateurs conjoncturels, les données dans l’ensemble dressent une évolution positive de l’économie américaine. En effet, tandis que l’indice PMI manufacturier indique une légère contraction de l’activité reculant à 51,4 en août (52 en août), les autres indicateurs sont assez encourageants. On notera ainsi un indice PMI des services de 52,3 (contre 51 en août), un indice ISM manufacturier en progression à 49,7 (48,3 en août) et un indice ISM des services en fort rebond à 57,1 (51,4 en août). Les consommateurs, quant à eux, se montrent très optimistes avec un indicateur de confiance une nouvelle fois en forte augmentation à 104,1 (contre 101,8 en août) associée à une hausse des ventes au détail (+2,7% en septembre après -0,3% en août).

Essoufflement immobilier –  Sur le marché immobilier, on note un certain essoufflement quoique la période est soit souvent synonyme de ralentissement. Tandis que les permis de construire restent stables (-0,4%) à 1,139 million d’unités en rythme annualisé en août (contre 1,144 en juillet), les ventes de logements stagnent dans l’ancien (5,33 millions contre 5,38 millions en juillet) et ralentissent dans le neuf à 609 000 unités en août (659 000 en juillet, en rythme annualisé). Les mises en chantier reculent de 5,8% et s’établissent à 1,142 million en août (1,2 million en juillet). Pour autant les professionnels du secteur immobilier sont confiants comme le montre l’évolution positive de l’indice NAHB qui est de 65 en septembre après 59 en août.

Pas de reprise de l’Asie – En Asie, l’amélioration économique initiée au mois d’août ne s’est pas poursuivie en septembre. Au Japon, le président de la Banque Centrale a annoncé qu’il prendrait les mesures nécessaires à l’atteinte de son objectif d’inflation. Il a donc mis un terme aux spéculations d’arrêt de rachats de titres d’emprunt d’Etats affirmant la poursuite de rachats massifs arguant de la nécessité de maintenir les taux d’intérêts aux niveaux voulus. Il a également évoqué la possibilité d’abaisser un peu plus les taux de l’Institution nippone en territoire négatif si cela s’avérait nécessaire. Les statistiques japonaises publiées justifient de tels propos, comme par exemple, l’indice des prix à la consommation en recul pour le 6e mois consécutif, de 0,5% sur un an au mois d’août. En sus, le moral des grandes entreprises manufacturières est au plus bas, elles ont ainsi revu à la baisse leurs perspectives de bénéfices.

Indicateurs conjoncturels atones en Chine – Du côté des statistiques chinoises, la situation n’est guère plus réjouissante. En effet, les différentes mesures prises ou annoncées par le gouvernement ne semblent pas encore avoir d’effets bénéfiques sur l’économie. Bien que l’on remarque un rebond de l’indice des prix à la consommation (+1,9% sur un an en septembre après 1,3% en août) ainsi qu’un redressement de celui de la production (+0,1% après -0,8% en août), les indicateurs conjoncturels ne reflètent pas de nette amélioration. La production industrielle reste peu dynamique comme l’indique la stabilité de l’indice PMI manufacturier à 50,1 (contre 50 en août) et de l’indice PMI des services à 52 (contre 52,1 en août). Quant aux exportations, elles continuent de ralentir mais de manière plus prononcée avec -10% en septembre sur un an (184,5 Mds$), tandis que les importations repartent à la baisse avec -1,9% (142,5 Mds$). L’excédent commercial est donc en recul de 30% sur un an et s’établit à 42 Mds$.

L’impact du Brexit tarde – En Europe, dans leur ensemble, les statistiques ne donnent pas encore de réelle indication quant à l’impact du Brexit sur les économies. En effet, les ventes de détail au Royaume-Uni affichent une légère augmentation (+0,4% en septembre) confirmant la robustesse de la consommation britannique malgré l’éventuel Brexit. Toutefois, l’absence de réformes structurelles importantes et nécessaires pèsent de plus en plus sur les économies. Le Président de la BCE a rappelé qu’une politique monétaire accommodante ne pouvait à elle seule générer une croissance réelle et durable à long terme. Selon lui, les gouvernements du Vieux Continent se doivent d’agir avant que les effets négatifs du QE deviennent plus importants que les effets positifs. Il a insisté sur le fait que l’inaction des gouvernements européens mettait en danger le modèle social européen et participait à la baisse des perspectives de croissance de la zone euro.

Ralentissement de la croissance en zone euro – Côté statistiques, la croissance au 2e trimestre en zone euro a ralenti pour s’établir à + 0,3% au 2e trimestre (+1,6% sur un an). Cela confirme la révision à la baisse des prévisions du FMI d’une croissance de 1,7% en 2016. Malgré le redressement de l’indice PMI manufacturier de la zone euro à 52,6 en septembre (contre 51,7 en août), la conjoncture ne paraît pas s’améliorer comme l’indique le recul de l’indice PMI du secteur des services à 52,2 en septembre (52,8 en août). En France, bien que la croissance s’essouffle à 0% sur le trimestre après 0,6% le trimestre précédent, les indicateurs conjoncturels témoignent d’une légère amélioration de l’économie. L’indice PMI manufacturier remonte à 49,7 en septembre (contre 48,3 en août) tandis que l’indice PMI des services consolide son avancée à 53,3 (52,3 en août). Cependant, la croissance française reste en deçà de la moyenne européenne (1,3% prévu). Enfin, en Allemagne, l’indice PMI manufacturier atteint 54,3 en septembre (contre 53,6 en août), alors que l’indice PMI des services recule à 50,9 en septembre (après 51,7 en août). Du côté du moral des acteurs, les évolutions sont encourageantes. Alors que l’indicateur du sentiment économique ZEW des investisseurs en zone euro se stabilise à 0,5 (0,5 en août), celui publié par la Commission Européenne (CE) s’améliore et se situe à 104,9 en septembre (contre 103,5 en août). L’indice du climat des affaires de la zone euro a, également, rebondit à 0,45 (contre 0,02 en août). En France, le climat des affaires augmente légèrement à 102 (101 en août). Côté consommateur, la confiance se redresse encore ce mois-ci avec un indice atteignant -8 (contre -9 en août) en Europe.

Moindre résistance des indices immobiliers – Au mois de septembre, les indices immobiliers ont moins bien résisté que les indices de référence notamment européens. En effet, l’indice de performance globale Euronext IEIF REIT Europe a perdu 2,4% sur le mois de septembre, tandis que l’indice Dow Jones Stoxx 50 affiche un recul de 0,6%. L’indice Euronext IEIF SIIC France a une performance négative de -0,7%, alors que l’indice CAC 40 repasse en positif avec +0,4% sur le mois. Sur un an, l’indice immobilier français Euronext IEIF SIIC France affiche une belle performance positive avec +14,6% tandis que les autres indices ont des performances négatives. L’indice Euronext IEIF REIT Europe perd 9% sur un an, l’indice CAC 40 baisse de 0,8% et l’indice Dow Jones Stoxx 50 recule de 5,4%.

A propos de l’IEIF
Créé en 1986, l’Institut de l’Epargne Immobilière et Foncière est un organisme d’étude et de recherche indépendant qui met à disposition des décideurs immobiliers des outils de veille, d’analyse et de prévision. Il a pour vocation d’être un incubateur d’idées pour la profession et un cercle de réflexion des professionnels de l’immobilier et de la finance. L’IEIF s’articule autour de quatre pôles d’activité : les marchés immobiliers (Tertiaire et Logement) ; les fonds immobiliers non cotés (SCPI-OPCI) ; les fonds immobiliers cotés (SIIC-REITs) ; le Club Analyse et Prévision.
Aurore Vialatte est Analyste Senior Analyste Senior, Responsable pôle Immobilier Coté à l’IEIF.

Vialatte-presseAu moment où Foncière des Régions vient d’annoncer sa première émission obligataire « verte », Aurore Vialatte, analyste senior Immobilier Coté à l’IEIF revient sur les opérations menées par les SIIC au cours du 1er trimestre 2016. Rompant avec la tendance des trimestres précédents, les foncières sont aujourd’hui vendeuses nettes d’immobilier. Elles continuent à privilégier le recours aux marchés obligataires comme source de financement, à des conditions toujours aussi attractives.

Le premier trimestre 2016 dénote avec les trimestres de l’année passée. Les SIIC sont, ainsi, à nouveau vendeuses nettes d’immobilier avec 1,7 Md€ de cessions, pour 595 M€ d’acquisitions.

Des cessions dominées par l’opération « Gecimed » – Néanmoins, il convient de relativiser ces chiffres car les cessions sont largement dominées par une seule opération, à savoir la cession par Gecina de son portefeuille d’actifs de santé (anciennement Gecimed) à un pool d’investisseurs menés par Primonial, pour 1,35 Md€. Si l’on exclue cette opération, les SIIC n’ont donc que vendu 394 M€ d’actifs, uniquement des bureaux principalement situés en Ile-de-France (69% hors Paris et 24% Paris intra-muros). On notera pour exemple la cession par Unibail-Rodamco de l’actif situé au 2-8 rue Ancelle à Neuilly-sur-Seine au profit d’une société constituée d’ACM Via SA et de fonds gérés par Amundi Immobilier pour 270,8 M€ (17 200 m² de bureaux). On retiendra également la cession par Acanthe Développement de trois immeubles situés dans le QCA parisien pour 95 M€ (5 741 m² de bureaux et parkings).

Acquisitions en Allemagne pour Foncières des Régions – Les SIIC ont également procédé à un certain nombre d’acquisitions au titre desquelles figure le rachat par Foncière des Régions d’actifs en Allemagne, pour 241,4 M€ (41% du total des acquisitions). Les autres investissements des SIIC se répartissent de manière égale entre la province et la région parisienne (59%). Les SIIC ont acquis des actifs commerciaux (24%) tout comme des bureaux (32%), des actifs résidentiels (28%) et des actifs mixtes (16%). Parmi les opérations à retenir, citons l’acquisition de l’actif de bureaux “BE ISSY” (25 000 m²) par Gecina auprès de PRD Office pour 157,8 M€, et la prise de possession par Frey d’actifs commerciaux situés dans des retail park en France pour 143,5M€.

Les émissions obligataires toujours plébiscitées – Du côté du marché du financement, comme lors du dernier trimestre, les SIIC ont émis très peu de fonds propres et quasi-fonds propres avec 65 M€ (31M€ au trimestre précédent), dont 32 M€ résultant de la finalisation du rachat de Pitch Promotion par Altarea-Cogedim. Toutefois, les SIIC ont continué de se financer sur les marchés obligataires avec 1,3 Md€ d’émissions (contre 1,1 Md€ au 4e trimestre 2015). Il s’agit de trois opérations. La première a été réalisée par Klépierre et consiste en l’émission de 500 M€ d’obligations d’une maturité de 10 ans et portant un coupon de 1,875%. La deuxième opération, lancée par Unibail-Rodamco, a les mêmes caractéristiques (500 M€, 10 ans) hormis le taux d’intérêt de 1,375%. Enfin, la troisième opération correspond à l’émission d’un emprunt obligataire de 300 M€ sur 6 mois à un taux de 0,05% par Gecina. Alors que les coupons associés à ces opérations restent très attractifs, en légère baisse par rapport aux émissions de fin d’année dernière (2,2% – 3%), les maturités de 10 ans semblent devenir la norme.

Finalisation de l’opération Cegereal – Au total, les SIIC ont émis plus de 1,4 Md€ de capitaux au premier trimestre (1,2 Md€ au T4 2015) dont plus de 90% en obligations. Au niveau des opérations de marché, une seule offre publique a été relevée ce trimestre. Elle concerne la finalisation du rachat de Cegereal par Northwood pour 184 M€. En sus, Northwood, désirant garder le régime SIIC pour sa nouvelle filiale, s’est associé avec le fonds souverain singapourien GIC Private auquel il a rétrocédé 25% du capital de Cegereal. La consolidation du secteur se poursuit encore à travers notamment le renforcement de Foncière des Régions au capital de sa filiale Foncières des Murs et le rachat de Foncière de Paris SIIC par Eurosic. Ces deux opérations devraient aboutir au cours de l’été.

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L’IEIF, centre de recherche indépendant, est le lieu privilégié d’échanges et de réflexions pour les professionnels de l’immobilier et de l’investissement. Sa mission est de fournir de l’information, des analyses et des prévisions, et d’être un incubateur d’idées pour la profession. Aurore Vialatte est analyste senior immobilier coté à l’IEIF.

Vialatte-presseCe début d’année est pour le moins chaotique sur les marchés financiers. Inquiétés par les tensions dues à un nouvel effondrement des prix du pétrole, une croissance mondiale dont les prévisions sont régulièrement abaissées par les organismes internationaux et le ralentissement de la 2économie mondiale devenu palpable, les marchés boursiers ont connu un mois de janvier chahuté. En outre, l’annonce de potentielles faillites de sociétés pétrolifères ou gazières à horizon 2017, ainsi que les inquiétudes liées à la solidité du système bancaire italien n’ont fait que renforcer le marasme ambiant. La question de l’équilibre entre les deux premières économies mondiales à travers le rapport de leur monnaie respective paraît être au coeur des préoccupations des marchés financiers.

Outre-Atlantique, la Fed commence à émettre des réserves quant aux perspectives de l’économie américaine principalement en raison des possibles répercussions de chocs extérieurs. Ce faisant, l’Institution américaine a maintenu ses taux inchangés en janvier arguant du ralentissement économique mondial et des turbulences ayant touchées les marchés financiers. Du côté du marché de l’emploi, les créations de postes publiées par l’enquête ADP sont moins bonnes que prévues avec 151 000 emplois créés (contre 185 000 attendus), loin des 262 000 postes créés en décembre. Toutefois, le taux de chômage a baissé pour s’établir à 4,9% soit son plus bas niveau en 8 ans. Pour autant, le recul de la production industrielle (-3,4% en taux annualisé) associé à celui des prix à la production (-1% sur un an) et à l’aggravation du déficit commercial (-2,7% en décembre) ne font que nourrir les interrogations des investisseurs.

Du côté de l’activité industrielle et des services, l’évolution des indicateurs alimentent les doutes concernant la solidité de la croissance de l’économie américaine. On notera notamment un indice PMI manufacturier de 53,2 en janvier (54,3 en décembre), un indice PMI des services de 53,7 (contre 54,3 en décembre et 54 attendu), un indice ISM des services de 53,5 (55,3 en décembre et 55 anticipé), et surtout un indice ISM manufacturier de 48,2 (contre 48,2 en décembre). De plus, les acteurs économiques dévoilent leur perplexité à travers la stagnation des dépenses des ménages au mois de janvier et de l’indice de confiance de l’Université du Michigan à 92,6.

Sur le marché immobilier, l’évolution reste paradoxale. Tandis que les permis de construire reculent à 1,23 millions d’unités (contre 1,29 millions d’unités en décembre), que les mises en chantier perdent également du terrain à 1,15 millions d’unités (contre 1,18 millions en décembre) et que le moral des promoteurs continue de se voiler à travers l’indice NAHB qui atteint seulement 60 (après 61 en décembre et prévu) ; l’indice Case-Shiller atteint des sommets avec une hausse de 5,8% sur un an, son plus fort niveau depuis juillet 2014.

En Asie, les données publiées renforcent l’idée que le ralentissement chinois est certainement plus important qu’il n’y paraît. Au Japon, les exportations ont baissé de 8% en décembre sur un an après -3,3% en novembre, cependant la balance commerciale progresse à 36,6 MdsYens en janvier contre 22,4 en décembre. La confiance des acteurs reste relativement fébrile avec un repli de l’indicateur de confiance dans l’industrie à 12 au 4e trimestre (contre 15 au 3e) et surtout un recul de la consommation des ménages plus important que prévu à 0,8% sur le 4e trimestre (0,6% attendu). Au 4e trimestre, la contraction de la croissance japonaise de -1,4% (en rythme annualisé) aura été plus importante que prévue. En 2015, l’économie nippone n’atteindra que 0,4% de croissance économique. Cela explique pourquoi, après avoir pris de larges mesures d’assouplissement quantitatif, et emboîtant le pas d’autres banques centrales, la Banque Centrale du Japon a décidé de passer ses taux en territoire négatif (-0,1%). Du côté des statistiques chinoises, le ralentissement de l’Empire du Milieu a été confirmé par les chiffres publiés avec notamment une croissance au 4e trimestre 2015 de 6,8% traduisant une croissance de 6,9% pour l’année écoulée. Les exportations, moteur de la croissance chinoise, affichent leur 7e mois de recul avec -11,2% en termes annualisés, la production industrielle s’est contractée de près de 6% sur un an en décembre. Enfin, les IDE (Investissements Directs Etrangers) fondent, atteignant 12,23 Mds$ soit -5,8% sur un an (+6,4% en 2014). Néanmoins, certaine données laisseraient penser que les mesures prises par le Gouvernement soutiendraient la croissance dans certains pans de l’économie. On soulignera un indice PMI manufacturier à 48,4 (contre 48,2 en décembre), un indice PMI des services de 52,4 (contre 50,2 en décembre). Malgré cela, les investisseurs doutent toujours de l’efficacité des mesures prises par Pékin. Les sorties de capitaux deviennent assez massives entraînant la chute des cours, les réserves de change touchent leur plus bas en 3 ans à 3 230 Mds$ alors que la Banque Populaire de Chine a injecté, au cours du mois de janvier, près de 1 915 milliards de Yuans (242 Mds$) dans le système financier afin de soutenir la nécessaire liquidité du marché.

En Europe, bien que l’accélération de la croissance paraisse acquise, des questions se posent sur la résistance de l’économie européenne face à de potentiels chocs extérieurs. L’indice PMI manufacturier de la Zone Euro atteint seulement 52,3 en janvier (contre 53,2 en décembre), l’indice PMI du secteur des services se stabilise 53,6 en janvier (53,6 en décembre et prévu). En France, même si la croissance donne des signes de véritable progression, la baisse de l’indice PMI manufacturier à 50,2 (contre 50,5 en décembre et prévu), ainsi qu’un indice PMI des services en net recul à 56,3 (58,7 en décembre) obligent à rester prudent. L’Allemagne commence à inquiéter les investisseurs, l’indice de la production industrielle se tend à 108,1 (contre 108,3 en novembre) et la balance commerciale se détériore légèrement à 19,7 Mds€ (contre 20,5 Mds€ en novembre) révélant peut être les premiers signes de l’impact du ralentissement chinois sur la première économie européenne.
Du côté du moral des acteurs, la situation se révèle peu enthousiasmante avec un indice IFO du climat des affaires en janvier à 108,6 (108,7 en décembre) et un indice du sentiment économique ZEW des investisseurs pour la Zone Euro qui plonge à 22,7 en janvier (après 33,9 en décembre). A cela s’ajoute, un excédent d’épargne de 312 Mds€ sur un an en Zone Euro, qui témoigne de la présence de fortes liquidités qui ne pourront qu’influencer les marchés dans les mois à venir, et surtout le retour du spectre de la déflation.

Bien que les indices immobiliers européens aient suivi la chute généralisée des marchés financiers, ils affichent tout de même une certaine résistance à cette spirale baissière notamment en France. En effet, l’indice de performance globale Euronext IEIF REIT Europe a perdu 5,9% sur le mois de janvier, tandis que l’indice Dow Jones Stoxx 50 a reculé de 6,3%. L’indice Euronext IEIF SIIC France a une performance négative de 0,7%, alors que l’indice CAC 40 a chuté de 4,7% en janvier. Sur une période annualisée, les indices français, immobiliers et de référence, affichent de meilleures performances que celles des indices européen ou américain. Les indices Euronext IEIF REIT Europe et Dow Jones Stoxx 50 perdent respectivement 3,8% et 6,3%, tandis que l’indice Euronext IEIF SIIC France enregistre un recul de 3% et que l’indice CAC 40 ne baisse que de 1%.

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