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L’ASPIM et l’IEIF chiffrent à 1 milliard d’euros la collecte nette des SCPI sur le 3e trimestre. C’est 45% de moins que l’an dernier. Les véhicules immobiliers redressent toutefois la tête par rapport au 2e trimestre, avec une progression de 15% des souscriptions. Mais peut-on vraiment parler de rebond ?

C’est mieux. Avec une collecte nette, véhicules dédiés à l’immobilier d’entreprise et résidentiel non fiscal confondus, de 1 004,3 M€, les SCPI repassent la barre du milliard de souscriptions nettes trimestrielles. Par rapport au 2e trimestre 2020, marqué par un véritable trou d’air et un point bas quasi historique (875 M€), la reprise est bien là. Mais ces 15% de progression sont un peu décevants. Car le marché espérait un véritable rebond…

Attentisme persistant

« La reprise de la collecte post-confinement n’a pas été aussi forte qu’espérée, du fait de l’attentisme persistant des épargnants », reconnaît d’ailleurs Jean-Marc Coly, le nouveau président de l’ASPIM. Cet attentisme, il est à craindre qu’il ne perdure encore plusieurs mois. « La réplique du confinement pourrait avoir un nouvel impact », estime d’ailleurs l’ASPIM. Mais « plus marginal, car atténué par les mesures du gouvernement visant à accompagner les bailleurs qui consentiraient à abandonner les loyers », ajoute l’association. On est toutefois en droit de se demander en quoi des « abandons de loyers » constitueraient un facteur de nature à lever les réticences des investisseurs… Qui s’interrogent toujours, plus globalement, sur la capacité des SCPI à traverser la crise. C’est-à-dire à maintenir des rendements corrects. Tout en conservant des valeurs de parts inchangées.


Un niveau de collecte à relativiser

Si les chiffres de la collecte du 3e trimestre témoignent de l’impact persistant de la crise sur le moral et l’appétit des épargnants pour le placement SCPI, ils sont toutefois à relativiser. Il est clair que la dynamique haussière réamorcée en 2019 semble brisée. Mais le flux des souscriptions reste néanmoins à un niveau historiquement élevé. Rappelons qu’avant 2015, les SCPI collectaient moins de 3 Md€ par an. Soit une collecte trimestrielle moyenne inférieure à 750 M€. Et que ce 3e trimestre 2020 n’est pas si éloigné des scores obtenus aux 3e trimestres 2017 et 2018 (avec 1,1 milliard de souscriptions nettes chacun). Le tassement de la collecte ne doit d’ailleurs pas apparaître comme un risque, tout du moins à court terme, pour les porteurs de parts de SCPI. Il pourrait le devenir si le marché secondaire en était affecté.

Un marché secondaire toujours liquide

Ce n’est pas le cas pour l’instant. « Le marché secondaire des parts de SCPI fonctionne normalement, avec un montant des parts en attente de cession aussi faible que l’an dernier », relèvent d’ailleurs Béatrice Guedj et Pierre Schoeffler, senior advisors à l’IEIF, dans l’une de leur dernière analyse[1]. Fin septembre, 89,7 M€ de parts étaient en attente de cession. Soit à peine 0,14% de la capitalisation totale des SCPI. La diminution de la collecte nette de ces véhicules pourrait en revanche être plus problématique pour les sociétés de gestion. Elle implique moins de commissions de souscription, à court terme. Et moins de commissions de gestion futures. Mais, plus globalement, une moindre collecte signifie surtout moins d’investissements dans les actifs immobiliers.

Impact sur le marché sous-jacent de l’investissement en immobilier d’entreprise

C’est le vrai sujet. Depuis plusieurs années, les SCPI figurent en bonne place parmi les investisseurs en immobilier d’entreprise en France. L’an dernier, elles représentaient 15,3% des montants investis dans l’Hexagone. Et encore 16,8% à la fin du premier semestre 2020. Au 3e trimestre, les SCPI ont investi plus qu’elles n’ont collecté : 2,5 Md€, dont environ 1,9 Md€ sur le marché français. Mais, déjà, leur part relative, sur un marché lui-même déclinant, est en réduction. Ces 1,9 Md€ ne représentent plus que 10,5% des 17,7 Md€ investis au 3e trimestre[2]. « L’activité d’investissement sur l’immobilier d’entreprise est en baisse de 40% par rapport à 2019 », rappelle d’ailleurs l’IEIF dans l’étude précitée. Ajoutant : « cela correspond à la baisse de la collecte nette des SCPI investies en immobilier d’entreprise durant le troisième trimestre par rapport au même trimestre de l’année dernière ». Dont acte…

Frédéric Tixier


[1] Flash Analyse & Prévisions 7 – 10 novembre 2020 – IEIF

[2] Source : BNP Paribas Real Estate – “At a glance 2020 T3”


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A propos de l’IEIF(i)

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion.
L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement), les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, FIA) et le financement.

A propos de l’ASPIM(i)

L’Association française des Sociétés de Placement Immobilier (ASPIM) représente et défend les intérêts de ses adhérents, les gestionnaires de fonds d’investissement alternatif (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI et autres FIA « par objet »). Créée en 1975, l’ASPIM est une association à but non lucratif qui réunit tous les acteurs du métier de la gestion des fonds immobiliers non cotés. En France, au 31 décembre 2019, les FIA en immobilier représentaient une capitalisation totale de 231 milliards d’euros.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Altixia Cadence XII : révision à la hausse du dividende 2020

La SCPI lancée en 2019 par Altixia REIM vient de procéder à sa troisième acquisition depuis le début de l’année. Son rendement prévisionnel, abaissé à 4,50% pendant le confinement, est révisé cette fois à la hausse. Son objectif 2020 est dorénavant fixé à « plus de 5,10% ».

Présentée comme « disruptive » lors de son lancement, en mars 2019, Altixia Cadence XII fait en tout cas preuve de réactivité. La SCPI qui a choisi de distribuer sur un rythme mensuel ses acomptes sur dividende a en effet décidé d’en réviser une nouvelle fois le montant. A la hausse, cette fois.

Révision à la baisse des acomptes du 2T 2020

Le bulletin trimestriel du 1er trimestre 2020, publié en pleine période de confinement, annonçait en effet une réduction assez drastique de cet acompte. Il passait de 1,01 € par mois à 0,60 € par mois à compter du mois d’avril. Ce qui conduisait à un rendement prévisionnel 2020 de 4,5%. « Ce dividende tient compte de la baisse des encaissements pendant cette période exceptionnelle de crise sanitaire », expliquait alors Altixia REIM, la société de gestion de la SCPI. Qui précisait toutefois que ce montant serait « potentiellement réévalué au cours de l’année au fil des encaissements de loyers du 2e trimestre reportés sur les périodes à venir ». Une hypothèse validée par le bulletin du 2e trimestre.

Et à la hausse pour le 3T

La situation s’étant « clarifiée », notamment vis-à-vis des encaissements de loyers et des dates de livraison des actifs en construction, la société de gestion prévoit dorénavant un « rendement prévisionnel de plus de 5,10% ». Les acomptes prévisionnels ont en conséquence été réajustés. Les porteurs de parts de la SCPI Altixia Cadence XII ont touché 0,70 € par part en août, au titre du mois de juillet. Et 0,85 € en septembre (au titre d’août). Un montant identique leur sera versé fin octobre, au titre de septembre. Une bonne nouvelle donc, pour les 317 associés[1] de cette SCPI qui a affiché l’an dernier l’un des meilleurs taux de rendement du marché, à 6,12%.

Baisse de la collecte au 2T 2020

Le rendement 2020, qui sera donc à priori inférieur à celui de 2019, reste toutefois à confirmer. Il devrait néanmoins s’établir dans la fourchette cible annoncée par la SCPI lors de sa création, de 5% à 6% de rendement. Côté collecte, la crise sanitaire aura aussi eu un impact. Alors qu’Altixia Cadence XII collectait entre 7 et 9 M€ par trimestre, le niveau de ses souscriptions s’est tassé à un peu moins de 4,5 M€ au 2e trimestre 2020. La SCPI a néanmoins poursuivi ses recherches d’actifs. Concrétisant au cours du mois d’avril son deuxième investissement annuel : un immeuble de bureaux situé à Saint-Grégoire, à côté de Rennes. Son coût d’acquisition : 5,24 M€, pour un rendement de 6,34%.

Nouvel investissement en septembre

Après près de 5 mois d’attentisme, Altixia Cadence XII vient d’ailleurs de réaliser une nouvelle opération. Elle prend cette fois pied dans la métropole bordelaise. Situé à Mérignac, cet actif de bureaux de 1 008 m², acquis pour 1,65 M€, est actuellement occupé à hauteur de 81% par deux locataires, Econocom et Ametra. La SCPI espère commercialiser 183 m² supplémentaires et 8 places de parking. Ce qui lui permettrait de porter le rendement de l’actif de 5,27% à 6,45%. Soit un niveau supérieur au rendement moyen brut de la SCPI, qui s’établissait à 6,21% fin juin.


Frédéric Tixier

[1] A fin juin 2020


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A propos d’Altixia REIM(i)

Société de gestion, Altixia Reim présidée par Sonia Fendler est composée d’une équipe expérimentée. L’entreprise se démarque en proposant des montages réservés aux professionnels ou à une clientèle avertie (OPPCI, clubs, deals, SAS…) et des montages adaptés aux particuliers (SCPI et OPCI). Altixia Reim agit en totale indépendance dans le choix des investissements. Et dispose d’un savoir-faire en création de valeur rendu accessible aux particuliers.

 (i) Cette information est extraite d’un document officiel de la société

Primonial REIM conserve la pole position en termes de collecte

La société de gestion des SCPI Primopierre et Primovie se place une nouvelle fois au premier rang en termes de collecte nette sur le 1er semestre. Et sur les 8 premiers mois de l’année, elle revendique une collecte nette de 1,3 milliard d’euros pour l’ensemble de ses fonds immobiliers grand public.

Primonial REIM confirme son statut de leader en termes de collecte en SCPI. Comme en 2019, comme en 2018, comme en 2017, la société de gestion se place en tête des sociétés de gestion les plus collectrices sur le 1er semestre 2020.

Une collecte nette globale de 1,3 Md€ fin août

Avec une collecte nette de 429 M€ sur le premier semestre pour ses seules SCPI, Primonial REIM fait mieux que ses trois principaux compétiteurs. La Française REIM se place à la deuxième place (395 M€). Amundi Immobilier et BNP Paribas REIM aux 3e et 4e rangs. Ces deux sociétés se positionnent en revanche à la 1re (744 M€) et 2e places (610 M€). Si l’on ajoute la collecte en OPCI. Devant, cette fois, Primonial REIM (472 M€). A ces chiffres validés par l’ASPIM et l’IEIF, Primonial REIM ajoute ses propres données à fin août. La société de gestion revendique sur les 8 premiers mois de l’année une collecte de 572 M€ pour ses SCPI. Et une collecte globale, tous supports confondus, de 1,3 milliard d’euros. Ses UC immobilières et OPCI afficheraient en effet une collecte de 787 M€ fin août.


Confiance dans la résilience de la stratégie d’investissement

Pour expliquer ce niveau de collecte « malgré les incertitudes liées au contexte sanitaire », Primonial REIM met en avant la « solidité de son modèle ». Et la « confiance des épargnants » dans ses solutions d’investissement. « Primonial REIM a construit ses politiques d’investissement immobilier et son allocation d’actifs pour résister à des chocs économiques majeurs », explique la société de gestion. La preuve ? « La valeur du patrimoine de Primonial REIM au 30 juin 2020 est quasiment identique à sa valeur au 31 décembre 2019 », argumente-t-elle. Le portefeuille immobilier du groupe (22 Md€ fin juin) bénéficie d’une bonne mutualisation. Le secteur commerce y est minoritaire (10%). Les bureaux dominent (55%). Ils sont en outre « occupés principalement par des groupes internationaux solides ». L’immobilier de santé, secteur reconnu comme résilient, est aussi très présent (29%).

Taux de recouvrement des loyers à 95%

Conséquence et autre point positif de cette allocation d’actifs, un taux de recouvrement des loyers qui s’affiche à 95% fin août. Ce qui a permis à la société de gestion de distribuer des acomptes sur dividende, au 2e trimestre, « très proches » de ceux du 2e trimestre 2019. C’est effectivement le cas pour les deux SCPI vedettes de la société de gestion. Primopierre (3,2 Md€ de capitalisation) a distribué au 2T 2020 un acompte de 2,34 € par part. Identique à celui du 2T 2019. Primovie (3,1 Md€ de capitalisation) a quant à elle distribué 2,23 € ce deuxième trimestre. Contre 2,30 € en 2019. Soit 97% de l’acompte 2019. L’affirmation ne fonctionne pas en revanche pour Patrimmo Commerce. L’acompte du 2T 2020 (1,20 €) s’avère en effet ne représenter qu’un peu plus de 50% de celui du 1T 2019 (2,21 €)…

Distribution du revenu « naturel »

Mais quel objectif pour l’ensemble de l’année 2020 ? Primonial REIM affirme envisager « avec confiance » la capacité de la société de gestion « à tenir ses engagements ». En rappelant que, l’année dernière, ses SCPI avaient distribué des rendements compris entre « 4,03% et 5,92% ». La stratégie de Primonial REIM reste en tout cas, comme l’expliquait Daniel While en mai dernier, celle d’une distribution du revenu « naturel ». Autrement dit, de distribuer les loyers effectivement perçus. Si le taux de recouvrement global reste effectivement à ce niveau de 95%, il y a donc de fortes chances pour que les taux de rendement des SCPI de Patrimonial en 2020 soient eux aussi « très proches » de leur niveau de 2019. Tout du moins pour les meilleures d’entre elles…

Frédéric Tixier

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A propos du groupe Primonial(i)

Primonial, leader indépendant en gestion de patrimoine et en asset management, propose une gamme complète de solutions d’épargne investies dans un large éventail de classes d’actifs, en architecture ouverte. Le groupe Primonial intervient principalement dans les domaines de l’assurance vie, de l’asset management et de l’Immobilier, en s’appuyant sur des équipes d’investissement reconnues pour leur expertise. Avec plus de 45 milliards d’euros d’actifs gérés ou conseillés, le groupe Primonial déjà présent dans plusieurs pays affirme son empreinte européenne.

(i) Information extraite d’un document officiel de la société

SCPI : trou d’air dans la collecte du 2e trimestre confirmée

Selon les chiffres établis par l’ASPIM et l’IEIF, la collecte des SCPI a reculé de 60% au 2e trimestre. Sur l’ensemble du 1er semestre, la baisse s’établit à -20%, grâce à un 1er trimestre record. Mais les gestionnaires de SCPI espèrent un rebond au 3e trimestre.

Recul confirmé… Les chiffres publiés par l’ASPIM/IEIF fin août sont venus conforter les premières analyses du marché de la collecte des SCPI établies par certains courtiers dès le mois de juillet. Le confinement a bien eu un effet fortement négatif sur les souscriptions. Le 2e trimestre 2020, avec une collecte nette de seulement 875 M€, s’inscrit en recul de 60% par rapport au 2e trimestre 2019 (2,2 Md€).

Un premier semestre en repli de 20%

Sur l’ensemble du semestre, le repli est moins prononcé, grâce à un premier trimestre record. En dépit d’un mois de mars en partie amputé, les SCPI avaient en effet enregistré un nouveau plus haut historique sur les 3 premiers mois de l’année, à 2,5 Md€. Le 1er semestre 2020 (3,43 Md€) s’inscrit ainsi en retrait de seulement 20% par rapport au 1er semestre 2019. Du côté de l’ASPIM, on souligne en outre que la collecte, durant le confinement, est restée positive. Ce qui n’est pas le cas de tous les produits d’épargne… Des flux qui auront notamment permis de « maintenir une excellente liquidité sur le marché des parts de SCPI », précise l’ASPIM.


Pas de problème de liquidité

Si le marché secondaire s’est accéléré au 2e trimestre (300 M€ de retraits compensés par des souscriptions, en hausse de 33% par rapport au 1er trimestre), il est en effet resté parfaitement fluide. Le taux de rotation des parts, qui mesure la part de la capitalisation totale des SCPI changeant de main sur une période donnée, est en effet demeuré stable. Il s’établissait à seulement 0,86% sur le 1er semestre 2020, en phase avec le chiffre enregistré l’an dernier sur la même période (0,82% au 1er semestre 2019, selon l’IEIF). La preuve que les détenteurs de SCPI n’ont pas massivement cherché à revendre leurs parts durant le confinement… Et que ceux qui ont procédé à des rachats n’ont eu aucun mal à trouver une contrepartie.

Des espoirs de reprise au 3e trimestre

Le trou d’air du 2e trimestre a en outre toutes les chances d’être rapidement effacé. Selon plusieurs courtiers, une forte reprise de l’activité s’est fait sentir dès le mois de juin. Une tendance que confirment plusieurs sociétés de gestion interrogées fin juillet. Chez Amundi, par exemple, on observe que la collecte est repartie dans les réseaux début juillet. Même son de cloche chez Sofidy, qui constatait une relance dès la mi-juin, « confirmée en juillet ». Même les petites sociétés de gestion, à l’instar de Foncières & Territoires, notaient l’intérêt de nouveaux associés pour la formule SCPI…

Pas de pause dans les investissements

Les gestionnaires de SCPI espéraient d’ailleurs sans doute ce retour des souscriptions. Ils n’ont en tout cas pratiquement pas levé le pied en termes d’investissements durant le confinement. Selon les chiffres ASPIM/IEIF, les SCPI ont investi 3,5 Md€ au cours du 1er semestre 2020. Soit pratiquement autant qu’au cours du 1er semestre 2019 (3,6 Md€). En termes de classe d’actifs, les bureaux sont restés la cible majoritaire (57% des acquisitions). Et, poursuite et accentuation d’une tendance amorcée depuis désormais plusieurs années, ce sont les opérations hors de France qui s’arrogent la part du lion, avec 43% des investissements en valeur sur le 1er semestre.

Baisse -temporaire ? – des rendements

Le bilan global du placement SCPI s’avère finalement, en comparaison avec d’autres placements de long terme, relativement positif. L’un de ses points noirs serait la poursuite de la baisse des rendements qui s’est enclenchée au 2e trimestre, avec la réduction des acomptes sur dividendes. Selon les chiffres publiés en juillet dernier par l’IEIF, 52% des SCPI avaient procédé à une révision baissière de l’acompte du 1er trimestre. Les acomptes s’affichent en retrait de 10% sur l’ensemble du 1er semestre, comparativement à 2019. La situation pourrait toutefois s’améliorer au second semestre, espère l’ASPIM, en raison d’une « amélioration des taux de recouvrement ». L’indice EDHEC IEIF SCPI d’entreprise, qui avait amorcé un mouvement baissier en avril dernier, s’est d’ailleurs repris en juin dernier. A la fin du semestre, il affichait une performance globale de 5,3% sur un an glissant. Contre 3,54% à fin mai… A suivre.



Frédéric Tixier


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A propos de l’IEIF(i)

Créé en 1986, l’IEIF est un centre d’études, de recherche et de prospective indépendant spécialisé en immobilier. Son objectif est de soutenir les acteurs de l’immobilier et de l’investissement dans leur activité et leur réflexion stratégique, en leur proposant des études, notes d’analyses, synthèses et clubs de réflexion. L’approche de l’IEIF intègre l’immobilier à la fois dans l’économie et dans l’allocation d’actifs. Elle est transversale, l’IEIF suivant à la fois les marchés (immobilier d’entreprise, logement), les fonds immobiliers (cotés : SIIC, REIT ; non cotés : SCPI, OPCI, FIA) et le financement.

A propos de l’ASPIM(i)

L’Association française des Sociétés de Placement Immobilier (ASPIM) représente et défend les intérêts de ses adhérents, les gestionnaires de fonds d’investissement alternatif (FIA) en immobilier (SCPI, OPCI et autres FIA « par objet »). Créée en 1975, l’ASPIM est une association à but non lucratif qui réunit tous les acteurs du métier de la gestion des fonds immobiliers non cotés. En France, au 31 décembre 2019, les FIA en immobilier représentaient une capitalisation totale de 231 milliards d’euros.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

SCPI : un trou d’air dans la collecte - et les rendements - au 2e trimestre ?

Selon les chiffres communiqués par la plateforme France SCPI, les SCPI n’auraient collecté que 900 M€ au 2e trimestre 2020. Leur rendement moyen serait également en baisse, passant sous la barre des 4 %. Des résultats qui devraient toutefois s’améliorer au second semestre…

Le résultat était prévisible… Durant le confinement, les sociétés de gestion de SCPI ont subi, comme l’ensemble des collecteurs d’épargne, une baisse sensible des souscriptions. La bonne nouvelle, à l’époque, était que les flux ne s’étaient pas inversés. Autrement dit, que les flux acheteurs restaient supérieurs aux demandes de rachats. La liquidité des SCPI demeurait donc assurée.

Une collecte nette d’environ 900 M€

Restait cependant à chiffrer ce recul des souscriptions du 2e trimestre. C’est la plateforme France SCPI qui vient d’en publier les premières estimations. Selon ce courtier spécialisé, la collecte nette des SCPI des mois d’avril, mai et juin s’établirait à environ 900 M€. Un véritable trou d’air par rapport au trimestre précédent, où les SCPI, en dépit d’un mois de mars légèrement amputé, avaient établi un nouveau record historique, à 2,5 Md€. Et un recul très significatif par rapport au 2e trimestre 2019 (2,2 Md€). Vis-à-vis des 2e trimestres 2018 (1,2 Md€) et 2017 (1,4 Md€), le repli est moins prononcé. Mais réel. Les SCPI n’en affichent pas moins l’une « des plus faibles collectes nettes trimestrielles depuis le début des années 2010 », rappelle France SCPI.

Forte reprise de l’activité en juin

Ce passage à vide serait toutefois déjà de l’histoire ancienne. Ce sont surtout les mois d’avril et de mai qui se sont avérés peu performants. Selon la plateforme, « une forte reprise de l’activité s’est fait sentir au mois de juin », premier mois complet de déconfinement. Et devrait se poursuivre dans les prochains mois. Des chiffres en phase avec ceux publiés par la FFSA sur l’assurance-vie. Le dernier mois du 1er semestre marque lui aussi un « retour à la normale ». Les contrats d’assurance-vie ont en effet enregistré une collecte brute de 9,9 Md€. Contre respectivement 6,4 Md€ et 5,7 Md€ en avril et mai. Il convient toutefois de noter qu’à la différence des SCPI, l’assurance-vie aura subi une forte décollecte durant les mois de confinement : 6,9 Md€, selon la FFSA…

Un rendement annualisé moyen sous la barre des 4 % au 1er semestre

En termes de rendement, la crise sanitaire n’aura en revanche pas totalement épargné les SCPI. Plusieurs sociétés de gestion avaient décidé, pour la distribution de l’acompte sur dividende du 1er trimestre, intervenue en plein confinement, d’anticiper des possibles pertes de revenus. Et d’abaisser, en conséquence, ce premier versement. Selon l’IEIF, 52 % des SCPI avaient de fait réduit leur acompte. Conduisant à une baisse moyenne du rendement des SCPI de l’ordre de 15 %. Selon les données recueillies par France SCPI, intégrant les distributions prévisionnelles du 2e trimestre, le rendement annualisé moyen sur l’ensemble du 1er semestre s’établirait à 3,93 %. Contre, rappelons-le, un taux de rendement annuel de 4,40 % en 2019. Des prévisions qui sont, là encore, en phase avec la mesure de l’indice EDHEC IEIF SCPI d’entreprise, en recul de 2,14 % sur le mois de mai…

De possibles rattrapages d’ici la fin de l’année

Mais, là encore, les rendements sur l’année pleine ont de fortes chances de remonter. On le sait, plusieurs acteurs ont fait preuve d’une prudence sans doute excessive. A supposer que les effets de la crise économique ne soient pas aussi massifs que les résultats des « stress tests » auxquels se sont livrées les sociétés de gestion durant le confinement, des rattrapages devraient s’opérer au 3e et surtout 4e trimestre 2020. Selon les gestionnaires interrogés par France SCPI, le rendement annuel 2020 des SCPI serait en conséquence supérieur à 4 %. Toutes les sociétés de gestion ne sont toutefois pas aussi optimistes pour 2021. Puisque certaines, selon France SCPI, « prédisent une forte baisse des rendements » l’an prochain.

Des écarts de performances importants selon le secteur d’intervention

Une chose est sûre : toutes les SCPI ne seront pas logées à la même enseigne. Celles dont l’activité a été la plus touchée par la crise sanitaire sont évidemment les plus fragiles. Les produits spécialisés sur le secteur de l’hôtellerie accusent le plus fort recul en termes de performance : 1,86 % de rendement semestriel annualisé, selon France SCPI. Les SCPI de commerces sont également sous la moyenne, avec un taux de 3,6 %. A l’autre extrême, les spécialistes des secteurs les plus résilients affichent des rendements d’avant-crise. Jusqu’à 6 % pour les SCPI dédiées au secteur résidentiel ou logistique. Et plus de 4,5 % pour les SCPI positionnées sur l’immobilier de santé.

Intérêt accru pour les SCPI diversifiées

Jouer une spécialité, surtout en période de crise, peut donc s’avérer un pari gagnant… ou perdant. La prudence recommande de plutôt privilégier les produits qui répartissent leurs investissements entre plusieurs classes d’actifs immobiliers. Les souscripteurs semblent d’ailleurs avoir intégré cette nouvelle donne. Les SCPI dites diversifiées ont représenté 32 % de leurs souscriptions au 2e trimestre. Contre 24 % seulement au 1er trimestre…

Frédéric Tixier


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A propos de France SCPI(i)

France SCPI est un site qui permet à ses utilisateurs de comprendre simplement les SCPI, de réaliser des comparatifs, des simulations, de les choisir mais aussi d’y souscrire en ligne de manière totalement digitalisée. Leader dans le domaine de la pierre-papier, France SCPI répond également aux personnes qui voudraient être conseillées et orientées grâce à une équipe d’experts. Créée en 2015, la plateforme donne accès à toute l’offre SCPI existante et compte désormais plusieurs centaines de clients, particuliers, entreprises ou associations

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Daniel While, Primonial REIM : « Historiquement, le futur n’est jamais le présent au carré… »

Daniel While, directeur recherche et stratégie chez Primonial REIM, répond aux questions de pierrepapier.fr. Quel sera l’impact de la crise sur les associés des SCPI du groupe ? Faut-il s’attendre à une baisse de valeurs des actifs immobiliers ? Et que penser de ces tendances qui pourraient reconfigurer le monde immobilier de demain ? Interview.

Primonial REIM est-il resté actif, en termes d’acquisition, durant le confinement ?

Daniel While – Très actif. Le groupe a réalisé plusieurs transactions. L’acquisition de l’immeuble de bureaux « le Valmy », à Montreuil, a été réalisée juste avant le confinement. Nous finalisons en ce moment l’acquisition d’un portefeuille de maisons de retraite, en Allemagne. Nous avons un pipe line significatif en immobilier de bureaux. Mais aussi une importante acquisition prévue dans le domaine du logement intermédiaire, avec l’un des leaders du secteur. Nous sommes toujours résolument acheteurs. Surtout de ces trois classes d’actifs – bureaux, immobilier de santé, logement – que nous avions identifiées comme prioritaires, avant la crise. Et qui représentent aujourd’hui 90 % de notre allocation globale. Le contexte Covid-19 a prouvé qu’il s’agissait des classes d’actifs les plus résilientes. Nous continuons donc à les privilégier. Mais en étant encore plus attentifs qu’auparavant aux critères de sélection des actifs immobiliers.

Acheteur, et éventuellement opportuniste ? Anticipez-vous un « repricing » du marché immobilier ?

Daniel While – Ce repricing, c’est-à-dire une baisse des prix actée dans les transactions, n’a pas encore eu lieu. Mais il est très probable. Le marché va en effet prendre davantage en compte le risque locatif. La valorisation sera donc davantage déterminée en fonction du risque spécifique attaché à chaque locataire. Pierre Schoeffler, à l’IEIF, estime que ce repricing pourrait être d’environ 60 points de base. Cette baisse des valorisations, si elle est aussi légère qu’anticipée, nous semble d’ailleurs relativement saine. Elle va permettre de rehiérarchiser les risques. Avant la crise, on observait une convergence des taux. La prime, c’est-à-dire l’écart de prix entre les différents actifs (quels que soient leur emplacement, qualité, secteur…) avait tendance à diminuer. Le repricing va mettre fin à cette convergence. Les actifs les mieux situés, avec une qualité du bâti et loués à des locataires financièrement solides, seront sans aucun doute récompensés. 

Ces baisses de valeur ne pourraient-elles pas être plus violentes ?

Daniel While – Il y a effectivement une seconde vague de repricing possible : le repricing par la prime de liquidité. Elle pourrait intervenir si le nombre de transactions chutait drastiquement. Les valorisateurs pourraient alors appliquer une décote. Certaines transactions ont certes été suspendues. Pas annulées. Et nous n’observons pas, pour l’instant, de ventes forcées. La hausse de la prime de liquidité nous semble donc peu probable.

Avez-vous scénarisé l’impact de la crise sur les SCPI Primonial REIM ?

Daniel While – Nous avons privilégié une approche de stress test. Autrement dit, la projection d’un niveau d’impayés maximal. Et l’estimation, à partir de ce niveau maximal de risque, du rendement qu’il sera possible de délivrer. Quitte à le réajuster par la suite, en fonction du niveau constaté d’impayés. Notre démarche est en outre totalement transparente. Nous n’allons pas chercher à faire varier le niveau de distribution en fonction de tel ou tel critère. Au 1er trimestre 2020, nous avons versé des acomptes sur dividendes identiques à ceux du 1er trimestre 2019. Pour les trois prochains trimestres, notre politique va consister à distribuer le revenu « naturel », c’est-à-dire les loyers effectivement perçus.


D’autres sociétés de gestion ont également publié leurs stress test. Les résultats oscillent entre 10 % et 30 % d’impayés potentiels, en risque maximal. Où vous situez-vous ?

Daniel While – Cette fourchette est parfaitement cohérente, et correspond à nos propres stress tests. Le taux d’impayés potentiels varie évidemment en fonction de la classe d’actifs sous-jacents. Notre SCPI Primovie, investie dans le secteur de l’immobilier de santé, est la moins exposée. Même si, en raison de la crise, les cliniques privées pratiquent prioritairement des actes d’urgence, moins rentables que les actes médicaux de confort. Une stratégie à laquelle, en tant que bailleurs responsables, nous adhérons totalement. D’autant que l’impact financier est marginal. Primopierre, exclusivement positionnée sur des actifs de bureaux occupés majoritairement par de grandes entreprises, est également assez peu touchée par la problématique du recouvrement des loyers. Pour ces deux SCPI, nous maintenons d’ailleurs les objectifs de distribution définis en début d’année.


Quid de l’utilisation éventuelle des reports à nouveau ?

Daniel While – Nos SCPI ont effectivement des réserves. Mais je ne crois pas qu’il faille se concentrer sur ce ratio. Le niveau des reports à nouveau, et leur éventuelle utilisation, ne sont pas le critère principal pour juger de la capacité d’une SCPI à traverser la crise. Je rappelle en effet que si le rendement des actifs sous gestion permet de dégager beaucoup de report à nouveau, c’est que ces actifs sont a priori plus exposés aux risques du marché. Inversement, moins de rendement additionnel signifie généralement moins de risques additionnels. D’une certaine façon, ce que la SCPI « gagne » en RAN, elle le perd en vulnérabilité. Les deux mois de confinement ont eu, certes, un impact sur la rentabilité de certaines SCPI du marché. Mais il ne s’agit que du « premier tour ». Le second tour, celui qui s’amorce aujourd’hui, aura des conséquences bien plus importantes.

C’est-à-dire ?

Daniel While – Fin 2020, nous aurons une vision plus précise de la façon dont les entreprises – c’est-à-dire les locataires – auront résisté à la récession. Et lesquelles auront survécu. Le sujet de ce « second tour » n’est donc pas lié aux niveaux des reports à nouveau, ou du pourcentage de loyers impayés ou reportés. Le sujet, c’est la qualité des actifs sous gestion et la solvabilité des locataires qui les occupent.

L’indicateur phare de la santé des SCPI est donc la pertinence de leurs investissements…

Daniel While – Exactement. En sachant que les SCPI, en tant que produits de placement de long terme, ont d’autres atouts pour surmonter ou atténuer les effets de la crise. D’abord, parce que les SCPI sont des produits « lents » en termes de revalorisation. Je rappelle en effet que le prix des parts ne réplique pas « en temps réel » les valeurs d’expertise. Ce prix peut en outre varier dans une fourchette de plus ou moins 10 % autour de ces valeurs d’expertise. Ou, plus exactement, de la valeur de reconstitution. C’est une marge de manœuvre dont dispose la société de gestion. Elle permet de ne pas pénaliser les porteurs de parts en cas de crise ponctuelle. Donc, même si le repricing était plus important que prévu, il n’affecterait pas mécaniquement et immédiatement la valeur des parts de SCPI.

Qu’en est-il de la liquidité des SCPI. N’est-ce pas là que se situe le principal risque ?…

Daniel While – C’est effectivement un risque. Mais il n’est heureusement pas d’actualité. L’une des raisons -et c’est un autre des atouts des SCPI aujourd’hui -, est la taille moyenne des véhicules. En dix ans, leur capitalisation a fortement augmenté. Certaines SCPI pèsent désormais plus de 2 milliards d’euros. C’est un facteur de protection pour les porteurs de parts. On est très loin de la configuration du marché des années 90, période au cours de laquelle des problèmes de liquidité sont effectivement apparus. Aujourd’hui, contrairement à cette époque, les SCPI sont plus solides, mieux capitalisées. Et leur marché secondaire est beaucoup plus fluide et mieux organisé.

Pas de vague de rachats à signaler, donc…

Daniel While – La situation, là encore, ne ressemble en rien à celle qui prévalait en 2008. A l’époque, des rachats massifs ont effectivement pesé sur la valorisation des parts. Aujourd’hui, ces demandes de rachat sont marginales. Et, surtout, les SCPI continuent à collecter. Cette collecte est notamment soutenue par l’assurance-vie. Depuis le changement de politique des assureurs, en fin d’année dernière, sur le fonds en euro, les SCPI, ainsi que d’autres unités de compte immobilières, entrent en effet plus systématiquement dans les allocations dites « sécurisées ». Il n’y a pas, a priori, de raison pour que ce flux se tarisse. D’autant que durant le confinement, plus de 55 Md€ d’épargne forcée se sont constitués. Une partie de ces sommes a vocation à être investie…

La crise, et ses conséquences, peuvent-elles transformer l’industrie de la gestion d’actifs immobiliers ?

Daniel While – Il y aura nécessairement une prime pour les grands acteurs. Ceux qui auront les moyens de maintenir leur activité, en déployant par exemple des stratégies sur d’autres univers d’investissement. Ou de diversifier leurs acquisitions à l’international. Je rappelle en effet que la crise du Covid-19, et son impact économique, peuvent différer fortement d’un pays à l’autre. Y compris en Europe. Ce sont aussi les grandes sociétés de gestion qui seront les plus à même de digitaliser leurs processus selon une logique industrielle. Je précise d’ailleurs que cette digitalisation ne doit pas rimer avec désintermédiation. La SCPI est un produit qui requiert du conseil. Les réseaux de distribution doivent être associés à ces processus de digitalisation. Car l’industrie de la gestion d’actifs, c’est aussi l’industrie de la distribution…

La crise ne risque-t-elle pas également de revisiter l’usage – et la demande – des actifs immobiliers ? Plusieurs entreprises ont annoncé leur volonté de maintenir une grande partie leurs collaborateurs en télétravail. Et donc leur intention de réduire leur « consommation » d’actifs tertiaires. Côté logement, on estime également que les résidences secondaires pourraient monter en puissance. Au détriment du logement collectif urbain…

Daniel While – Ces tendances étaient déjà à l’œuvre avant la crise sanitaire. Le sujet du ratio mètre carré par poste, de l’optimisation des surfaces, préoccupait déjà le marché des bureaux. Qui s’est toujours adapté aux tendances managériales, elles même fluctuantes pour des raisons d’efficacité. La crise va accentuer ces tendances. Elles offraient déjà une prime aux actifs neufs et flexibles. Cette prime va s’accentuer. Mais le télétravail ne va pas « remplacer le bureau ». L’immeuble de bureau restera un lieu incontournable de lien social pour les salariés et la vitrine du savoir-faire des entreprises. Le télétravail sera inclus systématiquement dans la thématique plus large de l’optimisation de la mobilité des salariés. Il ne faut donc pas voir cette inclusion comme une menace pour les actifs de bureaux. Mais plutôt comme l’accélération d’un phénomène de flight to quality.


Et l’impact sur le résidentiel ?

Daniel While – Quant au sujet de l’arbitrage entre résidence proche du lieu de travail ou résidence plus lointaine avec télétravail, il me semble un peu prématuré. D’autant plus que ce genre de décision relève autant des employeurs que des salariés… En période de crise, on a souvent entendu des discours exagérément prospectifs. Certains observateurs prennent la situation présente, extrapolent, et estiment que le futur sera la situation présente puissance deux. Mais, historiquement, le futur n’est jamais le présent au carré…

Propos recueillis par Frédéric Tixier


Accédez aux études de l’impact du Covid-19 sur les secteurs de l’immobilier, par Primonial REIM

7 – La note de conjoncture au 8 mai
6 – La note de conjoncture au 24 avril
5 – La note de conjoncture au 17 avril
4 – La note de conjoncture au 3 avril
3 – La note de conjoncture au 27 mars
2 – La note de conjoncture au 20 mars
1 – La note de conjoncture au 12 mars


A propos du groupe Primonial(i)

Primonial, leader indépendant en gestion de patrimoine et en asset management, propose une gamme complète de solutions d’épargne investies dans un large éventail de classes d’actifs, en architecture ouverte. Le groupe Primonial intervient principalement dans les domaines de l’assurance vie, de l’asset management et de l’Immobilier, en s’appuyant sur des équipes d’investissement reconnues pour leur expertise. Avec plus de 45 milliards d’euros d’actifs gérés ou conseillés, le groupe Primonial déjà présent dans plusieurs pays affirme son empreinte européenne.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société 

Jean-Pierre Quatrhomme, Immovalor Gestion : « Nous serons prudents pour l’acompte d’Allianz Pierre du 1er trimestre ».

Jean-Pierre Quatrhomme, président-directeur général d’Immovalor Gestion, répond aux questions de pierrepapier.fr. Comment la filiale d’Allianz gère-t-elle ses SCPI, notamment fiscales, depuis le début de la crise ? Quel impact sur leur rentabilité ? Et quelles perspectives pour l’industrie de la gestion d’actifs immobiliers une fois la période de déconfinement passée ? Interview.

Que peut-on dire, aujourd’hui, de l’état des marchés immobiliers ?

Jean-Pierre Quatrhomme – Ils sont évidemment fortement impactés par les conséquences du confinement. On le sait, cet impact est plus ou moins important selon les secteurs. L’hôtellerie, le tourisme, le commerce sont les plus affectés. Dans le secteur tertiaire – les bureaux -, la mise en place de procédures de travail à distance permet à une grande partie des entreprises locataires de maintenir leur activité. Le résidentiel et le secteur de la santé souffrent moins. Encore que, sur le marché du neuf, l’arrêt des chantiers aura des conséquences importantes. Les tensions qui étaient déjà présentes avant le début de la crise risquent de s’accentuer…

Quelles conséquences, aujourd’hui, sur l’activité d’Immovalor Gestion ?

Jean-Pierre Quatrhomme – Nous avons pris les mesures nécessaires nous permettant d’assurer la continuité de l’exploitation. Toute l’industrie immobilière n’étant pas « figée », la gestion du patrimoine de nos véhicules immobiliers se poursuit. Les cessions d’actifs envisagées avant la crise se poursuivent. Des signatures sont en cours de finalisation. Idem côté investissements. Nous maintenons nos programmes d’acquisitions. Nous rencontrons en revanche plus de difficultés sur les ventes des actifs résidentiels opérées dans le cadre de la liquidation de certaines de nos SCPI fiscales. Les visites « physiques » étant suspendues, il est difficile de convaincre les acheteurs potentiels…

Qu’en est-il côté loyers ?

Jean-Pierre Quatrhomme – Immovalor Gestion a décidé, comme l’ensemble de la profession, d’accepter le reports de loyers des TPE et PME en difficulté. A ce jour, nous avons reçu un certain nombre de demandes émanant de nos locataires. Ces demandes représentent environ 20% de la masse locative de notre SCPI d’entreprise, Allianz Pierre. Elles sont étudiées, tout comme l’ensemble des encaissements, au jour le jour par nos équipes de gestion. Celles-ci travaillent à la mise en place d’un échéancier, locataire par locataire. Aujourd’hui, sur la base d’un scénario de stress « maximum », nous estimons que les reports de loyers pourraient représenter jusqu’à 30% de la masse locative de la SCPI. En pratique, nous nous attendons à ce que ce pourcentage soit moins élevé. Certains locataires nous ont en effet déjà fait part de leur capacité à reprendre prochainement le versement de leurs loyers…

Et côté collecte ?

Jean-Pierre Quatrhomme – La collecte du 1er trimestre sur notre SCPI d’entreprise, Allianz Pierre, est en forte hausse par rapport à 2019. De l’ordre de 35%. Nous avons certes observé une nette dégradation durant les 15 derniers jours du mois de mars. Mais la collecte n’est pas à l’arrêt. Elle s’est poursuivie sur la première quinzaine d’avril. Les demandes de retrait – autrement dit, les rachats – sont quant à elles stables. Nous n’identifions donc pas, à l’instar de la plupart de sociétés de gestion de SCPI, de risque de liquidité à court terme.

Plusieurs sociétés de gestion d’actifs immobiliers ont déjà décidé de réduire le prochain acompte trimestriel versé par leurs SCPI. Qu’en est-il pour Allianz Pierre ?

Jean-Pierre Quatrhomme – Je précise d’abord qu’Allianz Pierre a réalisé un excellent premier trimestre. Son taux d’occupation financier s’est encore amélioré, pour atteindre 92,13 % fin mars 2020. La structure et la qualité de son patrimoine, très majoritairement exposé à la classe d’actifs bureaux (plus de 88% fin 2019), la rendent moins sensible que d’autres à la crise actuelle. La valeur de son patrimoine s’est d’ailleurs encore appréciée l’an dernier (de plus de 3,5%). Elle dispose de réserves importantes (plus de 18 M€). Et elle n’est pas du tout endettée. Bref, Allianz Pierre, en raison également de sa taille (près de 1,4 Md€ fin 2019), dispose de fondamentaux solides. Nous avons toutefois décidé d’adopter une démarche prudente en termes de distribution. Le 1er acompte, qui sera versé ces prochains jours, a été fixé à 3,15 € par part. Soit environ 9% de moins que le 1er acompte distribué l’an dernier.

Il faut donc s’attendre à un dividende en baisse pour l’exercice 2020 ?

Jean-Pierre Quatrhomme – Rien n’est encore décidé. La réduction de ce 1er acompte, d’un pourcentage somme toute assez faible, est destinée à étaler sur l’année un risque éventuel d’impayés. Aucune décision n’est encore prise pour les acomptes suivants. Elle dépendra de la situation qui prévaudra à la fin des deuxième et troisième trimestres. Notre objectif est de maintenir une politique de distribution régulière, échelonnée dans le temps. En évitant, dans tous les cas, de « sur-distribuer » lors d’un acompte trimestriel.


Immovalor Gestion gère également plusieurs SCPI fiscales. Sont-elles aussi impactées par la crise ?

Jean-Pierre Quatrhomme – A la différence des SCPI d’entreprise, nous n’observons pas de problème sur l’encaissement des loyers. Il est revanche devenu plus difficile, voir impossible, de procéder à la relocation des logements vacants. Mais ce phénomène est marginal, et n’affecte que très faiblement les revenus de nos SCPI. Celles qui sont en train de constituer leur patrimoine subissent toutefois des retards dans le rythme de leurs acquisitions. Plusieurs livraisons d’immeubles, prévues en avril et septembre prochain, ont par exemple déjà été repoussées. L’immobilier neuf, en revanche, est moins impacté que l’ancien en termes de commercialisation. Les investisseurs continuent en effet à acheter sur plan…

Comment anticipez-vous la sortie de crise. Quel impact, notamment, sur les niveaux de valorisation des différents secteurs de l’immobilier ?

Jean-Pierre Quatrhomme – Pour rester sur le segment de l’immobilier résidentiel, je pense que l’une des conséquences de la crise sera l’accentuation de la fragmentation du marché. Autrement dit, l’impact sera moins important sur les prix des logements à Paris et dans les grandes métropoles régionales que dans les autres localisations. Dans les grandes métropoles, il pourrait y avoir, dans un premier temps, des baisses des prix. En raison de la mise sur le marché de biens par des vendeurs « pressés ». Mais, à terme, la dynamique d’avant-crise, en termes de volume et de prix, devrait revenir. Sur l’immobilier d’entreprise, la question est plus délicate. Et la visibilité plus faible. Notre sentiment est que les actifs bien placés, de bonne qualité, et bien loués, seront faiblement impactés. Pour l’instant, le seul critère que l’on puisse retenir, c’est la stabilité et la pérennité des flux locatifs…

Quels enseignements les sociétés de gestion d’actifs immobiliers doivent-elle tirer de la crise ?

Jean-Pierre Quatrhomme – Le confinement a mis au jour des lacunes dans les procédures de digitalisation. Pour, d’ailleurs, l’ensemble de l’industrie immobilière. La crise a et aura pour effet d’accélérer la transformation digitale. Et c’est une bonne chose. Il est en revanche prématuré d’imaginer l’impact qu’elle aura sur l’industrie de la gestion d’actifs immobiliers. Celui-ci dépendra de l’ampleur et de la durée de la dégradation économique. Mais je pense qu’elle conduira à un certain retour aux « fondamentaux » de la gestion d’une SCPI. Qu’il est préférable, par exemple, de diversifier ses investissements entre plusieurs classes d’actifs. Plutôt que de se concentrer sur un seul secteur. Que les principaux critères de sélection d’un immeuble sont liés à sa qualité. Et à sa « durabilité », dans tous les sens du terme, y compris environnemental. Et, qu’enfin, il n’est guère prudent de trop utiliser l’effet de levier du crédit…

Propos recueillis par Frédéric Tixier



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A propos d’Immovalor Gestion(i)

Créée en 1983, Immovalor Gestion est une société de gestion de portefeuille agréée par l’Autorité des marchés financiers, qui gère des SCPI pour le compte de 30 624 associés. C’est une filiale à 100% du Groupe Allianz. Elle gère actuellement 4,994 milliards d’euros actifs (valeur brute estimée au 31/12/2019) représentant 2156 appartements résidentiels et 700 000 m² d’immobilier d’entreprise. Au travers de 1 SCPI de bureaux, 8 SCPI fiscales, 2 SCI (sociétés civiles immobilières – unités de compte), et 5 OPPCI (organismes professionnels de placement collectif immobilier).

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société

Amundi Immobilier précise le niveau de réduction des acomptes trimestriels de ses SCPI

Amundi Immobilier avait prévenu qu’elle pourrait être amenée à réduire l’acompte trimestriel distribué par ses SCPI. Le niveau de cette diminution vient d’être précisé, et communiqué à l’ensemble des porteurs de parts. Pour les SCPI d’entreprise, l’acompte prévisionnel est réduit de 30%.

 « Nous devons anticiper une diminution des encaissements des loyers et des charges pour le 2e trimestre et probablement pour le début du 2e semestre »… Dans une lettre adressée à l’ensemble des porteurs de parts de ses SCPI, Amundi Immobilier motive les raisons qui l’ont poussé à prendre « un certain nombre de mesures de précaution en matière de distribution de dividendes ».

Acomptes prévisionnels réduits de 20% à 30%

La première d’entre elles est la réduction des prochains acomptes trimestriels. Jean-Marc Coly, directeur général d’Amundi Immobilier, expliquait dès le 3 avril dernier que cette solution était à l’étude. Ayant privilégié une approche « maximaliste » pour estimer l’impact de la crise sanitaire sur les revenus des SCPI du groupe, Amundi Immobilier s’interrogeait néanmoins encore pour savoir si « ce pire anticipé » ne devait pas, d’ores et déjà, être « matérialisé dans les acomptes prévisionnels des SCPI ». La décision est donc prise. Dans son communiqué, la société de gestion précise que « dès le 1er trimestre 2020 », les acomptes prévisionnels seront diminués « de 30% pour les SCPI d’entreprise », et de « 20% pour les SCPI résidentielles »

L’utilisation des réserves envisagée, mais pas décidée

Ce niveau de réduction, qui vaut donc pour le 1er acompte de l’année, ne sera pas nécessairement reconduit à l’identique. Amundi Immobilier rappelle que ses SCPI disposent de « réserves importantes ». Pour ses trois SCPI d’immobilier d’entreprises, le niveau des « reports à nouveau » (RAN) est effectivement impressionnant. Près de 180 jours de distribution pour la « moins disante », Rivoli Avenir Patrimoine. Et jusqu’à 537 jours pour L’Oustal des Aveyronnais… Ces réserves pourront donc être utilisées « pour conforter les distributions ». Et les rapprocher de celles initialement « envisagées ». Sur ce point, Amundi Immobilier ne s’engage pas vraiment. Il faudra attendre au moins le 3e trimestre pour savoir à quel point les RAN seront mis à contribution.

Réponse au 3e trimestre

« Avec une meilleure visibilité sur le 1er semestre écoulé, et les anticipations de revenus du 2e semestre, nous pourrons ajuster plus sereinement la distribution annuelle et l’utilisation de ces réserves », précise Amundi Immobilier dans son communiqué. A suivre, donc.

Frédéric Tixier


Toutes les communications de crise d’Amundi Immobilier

Information aux porteurs de SCPI sur la distribution, point produits au 15 avril

Flash infos Amundi Immobilier du 20 mars

Communication spécifique sur Opcimmo

Flash Covid-19 du 6 mars


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L’interview de Jean-Marc Coly, directeur général d’Amundi Immobilier

L’impact prévisionnel de la crise coronavirus sur les SCPI… d’Amundi Immobilier


A propos d’Amundi Immobilier(i)

Amundi Immobilier, filiale dédiée dans la gestion d’actifs immobiliers d’Amundi (N°1 de l’asset management en Europe et dans le top 10 mondial), est spécialisée dans le développement, la structuration et la gestion de fonds immobiliers axés sur le marché européen. Avec 37,6 Mds d’euros sous gestion fin 2019, elle est n°1 en France en collecte et en capitalisation pour les SCPI et OPCI grand public.

 (i) Information extraite d’un document officiel de la société