Un été plutôt frais pour les foncières cotées

logo-alpha-valueIl n’est pas surprenant que la remontée régulière des taux longs ait tout simplement coupé les jambes au secteur immobilier. La première moitié de l’année jusqu’à mai dernier est maintenant de l’histoire ancienne. Au sein de la couverture AlphaValue (455 valeurs pour 31 secteurs), les 17 titres suivis des grandes foncières européennes ont enregistré ensemble la moins bonne performance sectorielle sur 3 mois (-7.1%) et sur 1 mois (-3.4%).

Un coût du capital plus élevé pour une activité très capitalistique n’est certainement pas de bon ton. Le traitement brutal qu’a reçu le secteur (après un premier semestre solide) résulte en partie  de « corporate spread » très mince. Ainsi il n’y aucune marge pour que de tels spreads absorbent des taux sans risque plus élevé.

Dans notre couverture, la débâcle d’IVG Immobilien qui ne parvient pas à se refinancer à des conditions acceptables nous rappelle également que la liquidité n’est disponible que pour les grands acteurs du secteur. De sorte qu’il reste des points d’interrogation sur les prix de marché des actifs. La consolidation que l’on peut observer sur le secteur résidentiel en Allemagne (Deutsche Wohnen et GSW) est une bonne nouvelle mais reste un phénomène essentiellement allemand.

À plus long terme, des doutes sont également présents sur l’immobilier de commerce puisque les loyers deviennent des charges de plus en plus lourdes pour des locataires pénalisés par une croissance de leur chiffre d’affaires à bout de souffle (pouvoir d’achat des consommateurs en berne et concurrence de plus en plus accrue d’internet). Nous conservons des recommandations à « Alléger » sur Unibail-Rodamco, Klépierre et Hammerson, qui représentent environ un tiers de la capitalisation boursière totale de notre couverture, malgré leurs récentes corrections. Nous ne pensons pas qu’il faille se précipiter sur ces valeurs actuellement.

 Pierre-Loup Etienne
Analyste foncières, AlphaValue